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Interview   

Saxon : vétérans du riff


Un peu comme les trains, parfois un album en cache un autre. C’était le cas de Saxon avec son album de reprises Inspirations, enregistré à la bonne franquette dans une maison et paru en mars 2021, histoire de s’occuper pendant une pandémie qui s’éternisait. Seulement, à ce moment-là, Carpe Diem, le vingt-troisième album des Anglais était déjà bien avancé. Composé en 2019 et en partie enregistré début 2020, il a vu son processus se heurter à deux contretemps majeurs : une crise cardiaque du chanteur Biff Byford et, évidemment, une nouvelle maladie du nom de Covid-19 qui a mis le monde à l’arrêt. Suspendant la sortie de l’album en attendant des jours meilleurs, les membres de Saxon en ont profité pour vaquer à d’autres occupations.

Deux ans plus tard, Carpe Diem voit le jour. Si la situation reste incertaine, l’album, par son titre – profite du moment présent –, a au moins le mérite d’apporter un peu de philosophie et de positivité. Nous nous sommes de nouveau entretenus (pour la seconde fois en moins d’un an) avec Biff Byford pour revenir sur la conception d’un album qui, par la force des choses, aura mis du temps à venir et les circonstances autour de celle-ci.

« Personne n’écrit de la musique comme Saxon actuellement. »

Radio Metal : Vous avez eu pas mal de difficultés autour de la réalisation de Carpe Diem : déjà, tu as eu une crise cardiaque en septembre 2019 et ensuite, deux ou trois mois plus tard, le Covid-19 est arrivé. Comment est-ce que ça a affecté l’album ?

Biff Byford (chant) : Ça impliquait que nous ne pouvions pas le finir quand nous le voulions ! Nous avons commencé à le composer en 2019 et Nigel [Glockler] a enregistré la batterie en février 2020, et Nibbs [Carter] a fait la basse. Nous avions donc prévu de le sortir fin 2020, c’était le plan, mais évidemment, il n’a eu de cesse d’être repoussé. De mon côté, j’étais à l’hôpital pendant trois semaines avant d’avoir mon opération et je m’ennuyais pas mal, j’avais beaucoup de temps de libre, donc j’écrivais des idées, des paroles et des titres de chansons, car pour dire la vérité, il n’y a pas grand-chose à faire dans un hôpital, on ne fait qu’attendre. J’ai écrit le texte de « Pilgrimage » et quelques autres trucs là-bas. Puis j’ai eu cinq mois de repos quand je suis sorti de l’hôpital, mais je continuais à écrire des paroles. En un sens, je travaillais, mais en vérité, je n’étais pas très actif. Je ne faisais qu’écrire, construire des maquettes, etc. juste pour occuper mon esprit. Il m’a fallu du temps pour que mes cordes vocales refonctionnent, car quand on ne chante pas pendant quelques mois, notre voix a tendance à ne plus marcher. Nous avons continué à travailler pendant le Covid-19 quand nous le pouvions. Paul [Quinn] et Doug [Scarratt] sont allés au studio d’Andy Sneap, puis ils sont venus dans mon studio et j’ai fait le chant ici. En gros, nous avons fait l’album entre les pics de confinement.

Ayant survécu à une crise cardiaque, penses-tu avoir mis encore plus de passion et de vie dans ta prestation ?

Je ne sais pas trop. Je ne peux pas répondre à cette question. Si tu penses que c’est le cas, qu’il en soit ainsi, mais je ne sais pas. Je veux dire que je prends des médicaments et je vais devoir en prendre le reste de ma vie. Il y a des effets secondaires qui vont avec. Mais globalement, ça ne m’empêche pas de chanter et de faire des concerts, donc ça a l’air d’aller. Ceci étant dit, il y a beaucoup d’énergie dans ce nouvel album. Certains riffs de guitare sont joués de manière assez agressive. Globalement, je pense que cet album est plus positif, car nous nous sommes sortis de pas mal d’épreuves. Il y a toujours beaucoup d’adversité actuellement avec le Covid-19 qui n’arrête pas de revenir, mais nous avons réussi à finir l’album, ce qui est super. Et nous avons pu faire quelques autres albums entre deux. Nous avons fait l’album Inspirations et j’en ai moi-même fait un avec le groupe de mon fils, Heavy Water. J’ai donc été assez occupé, en fait, durant la pandémie.

Penses-tu que tu vas devoir changer ton mode de vie, notamment en tournée ?

Pas énormément, je ne pense pas. Ça devrait aller. Il faut juste que je prenne mon traitement tous les jours, c’est tout. Enfin, personne n’a dit qu’on ne peut pas se saouler et s’amuser [rires], donc je suis sûr que ce sera assez similaire sur la route. Peut-être qu’il faudra que je fasse plus attention à ne pas trop brûler la chandelle par les deux bouts.

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu nous as dit que pour obtenir une super chanson, il faut juste un super riff et une super mélodie. Est-ce que ça ne devient pas parfois difficile de trouver un nouveau riff ou une nouvelle mélodie qui soit valable après plus de quarante ans de carrière ?

Je suppose, mais personnellement, je suis très focalisé. Je suis sûr que le groupe doit penser que je suis cinglé parce que je suis tout le temps en train de travailler, de pousser et de préparer le truc suivant. Je suis très motivé. Les gars m’envoient des idées de riffs – évidement, j’ai moi-même des idées de riffs. Je reçois toutes ces idées et ces riffs, et j’ai tous les titres de chansons prêts et quelques paroles et mélodies. J’essaye d’intégrer tout ça aux différentes parties. Je voulais que le point de départ de cet album soit le riff de guitare, au lieu de faire commencer les morceaux par un simple rythme ou un genre de son de clavier. Je voulais remettre le riff de guitare au centre des débats, qu’il soit plus important. Je pense que cet album est beaucoup moins expérimental. On y trouve moins de parties prog. Il est rentre-dedans. Mais c’est toujours ainsi que je travaille, ceci dit. Je travaille toujours à partir d’une partie de guitare, principalement. C’est ainsi que je compose la musique de Saxon. Ça a toujours été pareil. Je veux dire que dans les années 80, c’était très similaire. En 81, 82, tous les super riffs de guitare venaient en premier, même s’il a pu m’arriver d’avoir des idées de titres ou des paroles avant. Dans tous les cas, il faut toujours attendre que la super musique se présente à nous.

« Cet album, c’est un peu comme le premier album d’un groupe, pour lequel il a plusieurs années pour écrire les chansons ; ces premiers albums peuvent être géniaux grâce à ça. »

Penses-tu que l’expérience aide ou, au contraire, que ça peut parfois être un obstacle par rapport à l’époque où vous étiez naïfs et aviez envie de faire vos preuves ?

Je suis toujours naïf ! Nous nous efforçons toujours de faire nos preuves. Je veux dire qu’à chaque album, j’essaye de trouver des idées fraîches. On peut établir un pont avec nos albums passés, mais je ne crois pas que ce soit bien de les copier. Donc nous cherchons toujours quelque chose de frais, que ce soit une partie de guitare ou une bonne mélodie. Je pense que « Remember The Fallen » est une des chansons fortes de l’album et peut-être qu’elle renvoie au passé – la mélodie mène la chanson plutôt que l’inverse. Je pense que ça n’arrête pas de tourner en rond. Tous les dix ans, nous avons tendance à revenir un peu aux années 80. Donc je pense que cet album a clairement un lien avec les débuts du groupe. Je veux dire que « Remember The Fallen », « Pilgrimage » ou « Living On The Limit » auraient pu facilement figurer aux côtés des morceaux de Strong Arm Of The Law. Il faut se demander : « Ces chansons sont-elles suffisamment bonnes ? Ou ne font-elles que du sur-place ? » Il faut écouter l’album et je pense que la conclusion, c’est que oui, les chansons sont super ! Je pense que personne n’écrit de la musique comme Saxon actuellement. J’ai trouvé que le dernier album de Judas Priest était super. Je n’ai pas écouté le nouvel album d’Iron Maiden, j’ai seulement écouté deux ou trois morceaux et ils sonnaient très bien. Mais je pense que Saxon se dépasse vraiment. Nous ne sommes pas un jeune groupe, mais l’album est assez rafraîchissant. Nous sommes capables de faire ça. Il n’y a pas de méthode secrète. C’est juste que nous sommes très focalisés et intenses avec notre musique, nous essayons toujours de faire un meilleur album.

Tu as dit que « personne n’écrit de la musique comme Saxon actuellement ». Penses-tu que vous soyez un modèle pour la nouvelle génération ?

Les jeunes musiciens doivent écouter nos albums, voir ce que nous faisons, et écouter les chansons et les structures pour voir comment nous faisons. C’est facile de voir comment nous faisons, ce n’est pas compliqué. Ça n’a aucun intérêt d’avoir dix chansons qui sonnent toutes pareil. L’album doit passer par différentes atmosphères. C’est ainsi que nous pensons nos albums, nous allons de « Carpe Diem » à « Lady In Gray »… Il y a différents riffs et différents trucs, alors que plein d’albums de plein de groupes aujourd’hui sonnent toujours pareil.

Tu as déclaré que vous essayez d’« emmener le style [classique] de Saxon dans la musique d’aujourd’hui, mais avec un style plus moderne ». A quel point ça peut être délicat de réussir à faire ça, c’est-à-dire combiner classicisme et modernité ?

Comme nous faisons appel à Andy Sneap maintenant et que ça fait quatre ou cinq albums que nous travaillons avec lui, nous avons une bonne équipe. Je travaille dans mon studio, il travaille dans le sien. Nous connaissons les sons de guitare et ce qui sonne bien pour Saxon. Ma voix ne change pas vraiment. Ça fait longtemps qu’elle est comme elle est maintenant. Il y a donc un fil rouge sur tous les albums, c’est-à-dire ma voix qui sonne comme moi. Les guitares sonnent toujours très classic rock. Elles ne sont pas gonflées, ce n’est pas un son de guitare typé hardcore moderne. Nous ne nous sous-accordons pas en Do ou quoi que ce soit. La manière de jouer des gars et le son que nous obtenons, ça reste assez classic rock.

Vous avez donc composé et commencé à enregistrer cet album avant le Covid-19. Comme tu l’as dit, entre-temps, vous avez fait l’album de reprises Inspirations. Tu nous avais dit que vous aviez décidé de faire ce dernier pour vous divertir car vous vous ennuyiez. Seulement, on sait maintenant que vous aviez un nouvel album dans les tuyaux, alors pourquoi ne pas avoir continué dessus ?

Parce que nous ne voulions pas le sortir en pleine pandémie et en plein confinement. Nous aimons tourner avec nos albums. Je pense que les fans aiment aussi acheter l’album, puis aller voir le groupe en concert qui joue les chansons de l’album. C’est généralement comme ça que le système fonctionne. Nous ne voulions donc pas le sortir alors que nous ne pouvions pas tourner avec. Nous avons pensé que ce serait plus sûr de le sortir en février 2022. Je ne sais pas si c’est sûr ou pas au final [rires], mais on verra bien ! C’était bien amusant, ceci dit, de chanter sur l’album Inspirations. Je n’avais jamais chanté de chanson de Led Zeppelin avant. C’était très intéressant d’utiliser ma voix autrement. De même, le bon côté, à cause du Covid-19, est que nous avions beaucoup de temps à notre disposition. Enfin, moi j’avais beaucoup de temps, notamment pour penser aux paroles et aux mélodies. Les gars ont fait leurs guitares rythmiques, la batterie et la basse très tôt. Je crois que Paul et Doug ont fait leurs guitares en avril et mai 2020. Les bases étaient posées. Ils m’attendaient. J’ai pu prendre mon temps parce que le management et la maison de disques ont dit qu’ils ne voulaient pas sortir l’album en 2020, parce que la situation avec la pandémie était très mauvaise. Nous en avons profité pour essayer de changer des choses. Quand je voulais modifier une partie musicale pour coller à mes idées, nous avons pu le faire, car nous avions un peu plus de temps. Pour autant, j’avais déjà fini de chanter avant que nous fassions Inspirations. J’ai peut-être fait « Remember The Fallen » plus tard – c’était la dernière chanson que j’ai chantée. Cet album, c’est un peu comme le premier album d’un groupe, pour lequel il a plusieurs années pour écrire les chansons ; ces premiers albums peuvent être géniaux grâce à ça.

« Je n’arrive pas à rester là à ne rien faire pour devenir gros et fainéant. Autant devenir gros et être occupé [rires]. »

Carpe Diem signifie « profite du moment présent » en latin : est-ce que ça a été une devise, personnellement et avec le groupe ?

C’est ma nouvelle devise ! Mais de toute façon, nous avons toujours eu des chansons du type « Never Surrender » et « Stand Up And Be Counted ». Ça colle bien au style de Saxon. Je trouve que ça fonctionne bien. C’est une devise très courte, profite du moment présent ou vis l’instant présent, vis tant que tu le peux… La chanson en soi est inspirée du mur d’Hadrien. Le mur n’est qu’à une heure de là où j’habite. J’y suis allé plusieurs fois, mais après ma crise cardiaque, ma femme m’y a emmené pour de petites vacances. Nous avons visité tous les musées là-bas et j’ai trouvé que c’était un truc sympa à propos duquel écrire. Partout où on va, il y a le signe Carpe Diem et ce genre de chose. Ça m’a plu, tout simplement. C’est de là que vient l’idée à l’origine. Mais je pense effectivement que je profite davantage du moment présent maintenant. Par exemple, je suis déjà en train de travailler sur un second Inspirations. Je travaille tout le temps. Si la situation avec le Covid-19 se détériore à nouveau, ça veut dire que nous ferons encore un peu plus de boulot. C’est le plan.

Votre rôle en tant que groupe de heavy metal est de divertir les gens, mais penses-tu que ce soit aussi de les aider dans leur quotidien avec les messages que vous délivrez ?

Avec Saxon, nous ne chantons pas beaucoup sur le futur, parce que je n’ai pas de boule de cristal, je ne peux pas prédire ce qui se passera dans le futur. Personne ne le peut. On peut faire une chanson de science-fiction, peut-être, qui parle de l’avenir, et nous l’avons déjà fait, mais une majorité des sujets sur lesquels nous chantons sont dans le passé et une grande partie d’entre eux sont des messages positifs hérités du passé. Je suppose que « Remember The Fallen » est ancré dans le présent parce que ça parle du Covid-19, évidemment. J’ai réfléchi avant de faire cette chanson. J’avais les paroles et tout, mais j’étais partagé, je me demandais si je devais faire une chanson sur le Covid-19 ou pas. Finalement, je me suis dit : « Et puis merde, je vais la faire. » Je voulais vraiment faire un morceau pour qu’on se souvienne de toutes les personnes qui sont parties à cause du Covid-19 et durant la pandémie. Plein de gens sont morts aussi parce qu’ils ne pouvaient pas se faire opérer, c’est aussi lié au Covid-19. En dehors de ça, je pense qu’il faut que les albums soient divertissants et qu’ils fassent du bien aux gens. Donc, d’une certaine façon, nous leur offrons un album dans l’espoir de les mettre de bonne humeur. C’est toute l’idée. Nous parlons à nos fans au travers de notre musique, en quelque sorte.

Tu as parlé de « Remember The Fallen », et on a aussi perdu beaucoup de musiciens dernièrement : en voyant tous ces pairs disparaître, ressens-tu parfois une forme d’urgence ?

Peut-être, mais j’ai toujours été assez urgent. J’adore écrire de la musique. C’est mon métier – écrire de la musique et ensuite la jouer. Je suppose qu’il y a un peu plus d’urgence maintenant parce que je n’arrive pas à rester là à ne rien faire pour devenir gros et fainéant. Autant devenir gros et être occupé [rires]. Je me sens mieux, mentalement et physiquement, quand je travaille. Je ne me suis jamais vraiment retrouvé à ne pas travailler, en fait. Je n’en ai pas le souvenir. Je n’ai jamais cessé de travailler, et c’est probablement la raison pour laquelle, en premier lieu, j’ai eu une crise cardiaque. J’ai donc toujours eu ce sentiment d’urgence, mais je pense qu’il est un peu plus présent maintenant parce qu’il n’y a rien d’autre à faire !

Te considèrerais-tu comme un hyperactif ?

Je ne pense pas. Je l’ai probablement été quand j’étais plus jeune. J’ai pas mal ralenti ces cinq ou six dernières années parce que je vieillis et on ne peut pas continuer à avoir cette espèce d’hyper énergie. Mais oui, j’ai probablement été hyperactif pendant longtemps.

« Je ne me suis jamais vraiment retrouvé à ne pas travailler, en fait. Je n’en ai pas le souvenir. Je n’ai jamais cessé de travailler, et c’est probablement la raison pour laquelle, en premier lieu, j’ai eu une crise cardiaque. »

Vous êtes l’un de ces groupes de heavy metal classiques qui – un peu comme Iron Maiden – n’ont cessé de sortir des albums. Je veux dire que Carpe Diem est votre vingt-troisième album de chansons originales ! Je vais donc te poser la question que nous avons posée à Bruce Dickinson : Saxon pourrait facilement capitaliser sur son passé, or vous ne le faites pas. Qu’est-ce qui vous pousse à continuer de sortir des albums et à être créatifs ? Cela pourrait-il être une forme d’addiction ?

[Rires] Je ne pense pas que ce soit une addiction. Tout d’abord, je pense que Maiden et Saxon ont suivi un peu la même route depuis le début. Notre second album et leur premier album en 1980 représentaient un grand moment au Royaume-Uni. Je crois que quand Bruce est arrivé, ils ont aussi commencé à écrire des chansons un peu plus historiques. Même si les deux groupes sont différents, quand vous écoutez Maiden ou Saxon ou les deux, je pense que vous obtenez un bon aperçu de ce qui se passait en 1980 aux Royaume-Uni. Et bien sûr, les deux groupes existent toujours et continuent à faire de super albums. Ces gars sont aussi très focalisés. Que ce soit les fans qui aiment le groupe depuis les années 80 ou ceux qui ont découvert le groupe avec Thunderbolt, en gros, nous tenons à faire de la très bonne musique pour les gens qui suivent notre groupe. Je pense que les fans adorent quand les groupes comme Saxon ou Iron Maiden sortent un excellent album pour leur vingt-troisième, leur vingtième ou peu importe. C’est ce que nous faisons, nous sommes des musiciens professionnels, nous n’avons pas d’autre boulot à côté. Ce n’est pas une question d’être accro. C’est juste que nous ne savons pas faire autre chose, donc nous devons continuer à faire fonctionner notre corps et notre esprit. Nous sommes toujours prêts à recevoir de l’inspiration. Parfois on attend longtemps, parfois ça vient rapidement. C’est la beauté de la chose – c’est dans la nature de la bête. Surtout quand tu écris des paroles poétiques qui riment, ça peut être assez difficile de trouver les bons mots. C’est difficile d’écrire à propos de certains sujets comme nous le faisons, mais c’est intéressant et gratifiant.

D’où crois-tu que l’inspiration vienne ?

Aucune idée ! [Rires] Quelque part là-haut ou quelque part là en bas. Je ne sais pas d’où ça vient, mais heureusement elle continue à venir, donc c’est une bonne chose. Si un jour ça s’arrête, alors il faudra probablement arrêter de faire des nouvelles musiques.

Tu as mentionné l’album de Heavy Water que tu as fait avec ton fils Seb : est-ce que c’est ta façon de lui passer le flambeau ?

Non, je ne pense pas. Il n’a pas besoin de moi, c’est un super chanteur et compositeur. Il a son propre style et il aime faire ça. Nous nous sommes juste dit : autant faire un album ensemble. C’était vraiment amusant. C’est un style de musique légèrement différent. Ça reste du heavy rock, mais un peu plus bluesy. C’était super de jouer de la basse et de jammer avec Seb et le batteur, Tom. C’était un moment agréable parce que nous pouvions écrire ensemble et au lieu que ce soit moi qui mène la barque, c’était Seb le capitaine, car il est le guitariste et le chanteur. Donc nous avons fait ça ensemble.

Quelle sorte d’influence, musicalement parlant, as-tu eue sur lui ?

Evidemment, il a connu Saxon toute sa vie. Seb, un peu comme moi, aime beaucoup de choses. Il aime plein de musiques des années 60 et 70, mais il aime aussi pas mal de musiques des années 90, comme Soundgarden. Certaines de ses influences diffèrent des miennes, même s’il peut m’arriver d’écouter si ça passe quand nous sommes en voiture. C’est ce qui fait notre personnalité musicale, je suppose. Mais nous n’avons pas écouté beaucoup de musique en studio, pour dire la vérité. En gros, nous avons composé la musique et nous l’avons enregistrée. Ce n’est pas génial d’écouter trop de musique pendant qu’on fait ça parce qu’après, on est trop influencé. Il faut rester focalisé et essayer de faire son propre truc.

Interview réalisée par téléphone le 20 décembre 2021 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Steph Byford.

Site officiel de Saxon : www.saxon747.com

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  • Déçu ! Bien en dessous de Thunderbolt qui était déjà pas top ! Mais si çà peut engendrer une tournée alors on ira !!

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  • Assez d’accord avec Django sur l’ensemble du CD : j’avais espéré un grand final pour the Pilgrimage, hélas ils sont passés à côté… c’est pas pour dire du mal d’un groupe qui m’avait bien plu à l’époque mais à mon grand regret,il semblerait que Saxon n’ait plus l’inspiration ou la créativité de leurs débuts ! Qui pourrait leur en vouloir ? Pas moi, c’est sûr, une page vient sans doute de se tourner pour la bande à Byfford… on ira les voir en concert malgré tout…

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  • « J’avais les paroles et tout, mais j’étais partagé, je me demandais si je devais faire une chanson sur le Covid-19 ou pas. »
    Cela aurait peut être été préférable de réfléchir un peu plus longtemps… Tout comme sur la maturité de l’album. Je n’ai que 3 écoutes au compteur de Carpe Diem (quel titre au rabais!) mais nous ne sommes clairement pas dans un bon moment pour Saxon, après l’inutile Inspirations. Bill fait beaucoup de comparaisons avec Maiden dans cette interview. Sauf que Steve Harris vient de sortir un album magnifique et essaie toujours d’avancer vers l’avant sur chaque nouvelle oeuvre. Ca ne m’empêchera pas d’allez les voir en tournée mais Carpe Diem est une déception

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