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Scorpions au Power & Prog Fest, attention à la morsure !


Artistes : Crazy Mothers Fuckers From HellAnwynnBurden Of FleshNo BrainHaircut That’s KillPythiaMax PieVirus IVDo Or DieAstraIvanhoeDreamscapeAdagioDGMPagan’s MindScorpionsMachine Gun
Lieu : Mons (Belgique)
Salle : Lotto Mons Expo
Date : 10-04- 2010
Public : Salle comble

Photos : Olivier
Live Reports : Painkiller et Olivier

La période des festivals estivaux n’est pas encore commencée mais déjà le Power & Prog Fest propose une entrée en matière alléchante et variée. La dénomination du festival sera scrupuleusement respectée et les amateurs de prog et de metal ne seront pas déçus, à en croire l’affluence plus qu’honorable pour les prestations de chaque groupe.

Après un passage au guichet et par la sécurité, nous voici dans l’immense salle qu’est le Lotto Mons Expo. Quelques stands de nourriture, de boissons et autres merchandising précèdent cette entrée. A l’intérieur, d’autres stands, cette fois consacrés aux groupes du jour. On a également la possibilité de découvrir les clichés de Michel Janvier, auteur des BDs Les Musicos et photographe professionnel depuis de nombreuses années.
Durant la journée, la foule naviguera entre une petite scène sur la gauche et une grosse scène sur la droite avec des avancées sur les côtés, un vrai pit photographe et des lights très professionnels.
La grandeur des lieux pourra sans doute expliquer, en partie, la difficulté à obtenir un son d’une qualité constante…

Pile à l’heure, The Crazy MotherFuckers From Hell, groupe montois entame sur la petite scène cette journée placée sous le signe de la bonne humeur. Comme le dit l’adage, plus on est de fous… Voici donc un groupe à 9 musiciens dont 4 chanteurs qui tentent de faire remuer le public, avec leur hardcore dynamique et c’est plutôt réussi.


Anwynn – Amandine (chant)

Anwynn propose un style à des années lumière du hardcore et surfe sur la vague du metal lyrique. Certes la base est heavy, Maiden n’est pas loin derrière, mais le chant est plus dans la tradition de Nightwish avec une touche gutturale puisque Amandine, au chant, est secondée par un hurleur à la carrure imposante. Les références gaéliques ne s’arrêtent pas au nom du groupe car on note dans la musique quelques mélodies folks et visuellement, les guitaristes sont vêtus de kilts rouges. Comme il s’agit d’un groupe local, Anwynn jouera devant une foule significative quoique pas très réceptive aux tentatives de motivation du chanteur.

Retour sur la petite scène pour Burden Of Flesh, en provenance de Liège. Le groupe met en avant un aspect metal à gros riffs. A noter que c’est le batteur qui assure le chant au sein du groupe.


No Brains

Le hardcore est à nouveau mis en avant avec No Brain de Mons. Le public ne s’y trompe pas et répond présent à l’appel du chanteur lorsque celui-ci demande une ovation pour « le metal, le hardcore, l’organisation et le public ». Si les retours sont là, c’est parce que No Brain connait son sujet en matière de hardcore metal « traditionnel ». Les membres du groupes ont fait leurs armes dans d’autres formations avant de se lancer dans ce projet, ce qui a pour résultat un hardcore efficace et sans fioritures à la Pro-Pain


Haircuts That Kill

Tournai est à son tour représentée par son groupe de metal sur la petite scène : Haircuts That Kill. Après une intro toute en douceur, les riffs défèrlent. Un soupçon d’Overkill flotte sur les compos, mâtinées d’une pincée de Grim Reaper pour le côté 80’s. Le chanteur, si l’on oublie son look à la Tankard, lorgne du côté de Grave Digger. Le public adhère à cette recette sans prétention, qui fait ressortir le côté power du fest. Le tout sera malheureusement desservi par un son brouillon. Le chanteur en aura peut-être d’ailleurs perdu ses repères puisqu’il nous dira bonsoir… en plein jour !


Pythia

Après avoir mis l’accent sur la scène locale, l’Angleterre frappe à la porte de la Belgique avec Pythia. Après une intro classique avec du clavecin et des voix féminines, le groupe arrive sur scène, en costume. Le combo trouvera ses marques à partir du troisième titre. Emily Alice Ovenden, au chant interpellera le public, voulant voir comment « moshe » la Belgique. Insistant sur des références vampiriques ou lyriques, Emily rappelle, lors de l’exécution du titre «No compromise», que Pythia veut jouer un metal sans compromis. Cela dit, scéniquement parlant, il faudra attendre le dernier morceau pour que cela commence à s’agiter…


Max Pie

On ne sait pas trop s’il s’agit de la fin du soundcheck ou d’un faux départ, toujours est-il que Max Pie commence son set sans prévenir. On trouve à la tête de ce groupe de hard-rock, Tony Carlino, organisateur de ce généreux festival. Il est donc normal qu’il se fasse plaisir. Le chant est cependant très particulier avec une étrange tendance à insister sur les voyelles en fin de phrases.


Virus IV

Virus IV investit la grande scène et va enfin réussir à réveiller le public. Un vent de motivation souffle dans la salle. L’interaction se met en place et on assiste à une belle complicité entre public et musiciens. Les membres de Virus IV ont officié dans d’autres combos qui ont fait leur chemin – Over Us Eden, Dyslesia, Headline – et de ce fait, la scène est bien maîtrisée par l’équipe franco-belge. Magalie Luyten est la première à s’avancer sur les côtés de la scène et la présence d’un second guitariste, renforce l’énergie des compos. Les nouveaux morceaux présentés sont plus enlevés tout en conservant la qualité de riff que l’on connaît à Virus IV. La réaction du public a de quoi encourager le combo à persévérer sur cette voie.
Epaulés par un jeu de lumière judicieux et une chanteuse à l’énergie dévorante, Virus IV se met le public dans la poche et remporte la première véritable ovation de la journée.

En raison d’une interview calée à ce moment là, nous manquerons le set de Do Or Die, set qui aura néanmoins semblé convaincre le public.


Astra

Premier groupe italien représenté sur cette journée, Astra avait commencé sa carrière en tant que groupe de reprises de Dream Theater, ce qui leur avait permis de remporter plusieurs concours. On s’attend donc à une démonstration de metal prog’. Et cela aurait pu être le cas si la prestation n’avait pas été gâchée par un son confus ne mettant pas en valeur la précision de l’interprétation. On notera néanmoins les indéniables capacités du guitariste rythmique (et également claviériste) – que l’on peut également retrouver chez DGM – ainsi que sa complicité avec le bassiste/chanteur. Globalement, la mise en place de la section rythmique est à mettre au crédit du groupe. A revoir dans de meilleures conditions.


Ivanhoe

On continue dans le registre du metal progressif avec un groupe culte de la scène allemande, Ivanhoe. Qualifié à l’époque du 1er album de « réponse allemande à Dream Theater », Ivanhoe a développé un style bien différent des Américains avec des parties de clavier plus ambiantes, des riffs plus acérés et urgents. Au fil des années, ces caractéristiques se sont affirmées et le groupe a forgé sa personnalité malgré les changements fréquents de line up.
Aidé, cette fois-ci, par un son clair, le groupe surprendra par la rigueur de sa prestation : chaque membre se montre à la fois professionnel et accessible. Les mélodies et les riffs ressortent terriblement bien sur scène et le jeu de scène de Mischa Mang, habitué à vivre les émotions sur scène, sublime les morceaux.
A noter qu’un petit groupe de fans acharnés attirera régulièrement l’attention du chanteur. Un concert d’Ivanhoe, c’est plutôt rare, ce qui rendra cette fin de journée culte.


Dreamscape

Après avoir écumé les salles en compagnie de Sieges Even et de Symphony X, Dreamscape, présent depuis 25 ans, va donner l’ampleur de son talent sur la grande scène. Les musiciens sont carrés et à l’aise. L’italien Frank Marino sied tout à fait à la carrure prog prononcée de Dreamscape : son chant est juste, clair et il fait preuve une certaine aisance pour atteindre les aigus. Il a su s’approprier les morceaux des précédents albums et le fait de voir l’ancien chanteur, Mischa Mang, venir sur scène pour partager un morceau nous permettra de juger les qualités de chacun : techniques pour l’un, scéniques pour l’autre. Ce passage sera le moment phare du show avec également la venue de Giulia, chanteuse de Ravenscry et épouse du chanteur actuel de Dreamscape. Emotion garantie ! L’idée de multiplier les voix pour servir une musique progressive finalement très traditionnelle s’avère être un coup de maître qui aura fait, espérons-le, sortir Dreamscape de l’ombre. Nous attendons avec impatience le prochain album Everlight.

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Adagio – Mats Leven

Retour sur la petite scène avec Adagio, unique groupe français de l’affiche. Et non des moindres puisqu’en termes de prog, le groupe sait y faire. Et lorsqu’il s’agit de se faire puissant, Adagio répond également présent. Cependant, il faut que la limpidité du son suive afin qu’Adagio puisse donner toute sa mesure. La prestation sera bonne sur certains points mais le son l’aura quelque peu desservi. Ainsi, difficile d’entendre les growls de Stephan Forté ou encore les soli de clavier de Kevin Codfert. Reste qu’une dizaine de jours après avoir vu le groupe en première partie de Kamelot, on pourra constater que Mats Leven a encore gagné en aisance sur des morceaux comme «Second Sight» ou «Fear Circus» et qu’une complicité s’est bel et bien installée avec le reste du combo. La bonne humeur, malgré une légère fatigue, est de mise, et les acclamations du public finiront par rendre le concert fort agréable. Le fait de voir Mats Leven chanter avec des tonalités à la David Coverdale sur des parties instrumentales extrêmes et Stephan Forté jouer ses soli comme s’il les créait directement sur scène constituent deux originalités.


DGM

Avant de rejoindre l’Allemagne nous effectuerons un dernier détour vers l’Italie et la Norvège. C’est donc à 20h20 que DGM débarque sur la grande scène. Malgré la qualité de sa discographie, DGM mettra essentiellement en avant les deux dernières sorties du groupe avec Different Shapes et Hereafter, légèrement plus axées sur le côté « power » que prog. Chaque musicien est suffisamment habile pour être à l’aise côté technique avec une mention spéciale à Emmanuel Casali, qui a joué avec Astra un peu plus tôt dans l’après-midi. L’attente de ce soir concerne surtout le chant. En effet, Mark Basile a pour mission de faire oublier l’audacieux précédent chanteur, Titta Tanni. N’étant pas un groupe qui tourne régulièrement, DGM est attendu au tournant pour sa première date en Belgique. Heureusement Mark Basile réussira cette épreuve autant au niveau vocal que scénique grâce à son énergie et ses petits pas de danse très particuliers. Il s’essouflera néamoins sur la fin du set, après avoir épuisé toute son énergie à faire bouger la foule.


Pagan’s Mind

Les Norvégiens de Pagan’s Mind ont la lourde tâche de jouer avant les Scorpions. La foule a gonflé et se masse déjà devant la grande scène pour assister au show. Les réglages des lumières terniront d’ailleurs l’espace réservé à Pagan’s Mind sur la petite scène, située en face de la grande, rappelons-le. Le chanteur, Nils K Rue, demandera d’ailleurs avec ironie ce qui se passe en face. Il n’empêche que le groupe a le sourire aux lèvres, surtout le guitariste Jorn Viggo Lofstad. De son côté, Ronny Tegger mime le batteur lorsqu’il ne joue pas du clavier. Nils K Rue prendra une guitare pour jouer sur le morceau «God’s Equation», pour ce qui ressemblera à une imitation de Jorn. L’ambiance est donc bonne, le son puissant et fort chez Pagan’s Mind et la foule répond comme un seul homme.

Voilà donc ce qui termine le déferlement des groupes de Prog, Hardcore et Hard Rock. Le Lotto Mons Expo est bien rempli et fébrile à l’idée de ne plus revoir Scorpions sur ses terres. Pourtant, mieux vaut se concentrer sur le concert de ce soir que d’être déjà nostalgique d’un temps que les moins de vingt ans ne pourront pas connaître.

Après un peu de « Back in Black » pour patienter, apparaîssent sur un écran vidéo des images du festival de San Bernado Valley de 1983 où Scorpions à joué devant plus de 300 000 personnes et dont on retrouve des traces sur le live World Wide Live.
Un panache de fumée digne d’un volcan islandais envahit la scène, la batterie s’élève à la façon d’un grand show à l’américaine et les premières notes de «Sting In The Tail» rebondissent dans l’enceinte du bâtiment de Mons. Incroyable à quel point les morceaux du dernier album résonnent déjà comme des classiques sur scène ! L’enchaînement avec «Make It Real» d’Animal Magnetism ravit la foule, et jusqu’au quart d’heure ballade, c’est un défilé de classiques et de raretés, («We’ll Burn The Sky ») qui crée une ambiance conviviale.


Scorpions – Klaus Meine

Puis se glissent «Always Somewhere», «Send Me An Angel» et «Holiday». Une vague de bien-être déferle tranquillement sur la Belgique. Le public en profite pour se reposer car il sait que la machine va repartir de plus belle. Juste avant un «Raised On Rock» du dernier album et le talk box de Mathias Jabs instauré sur The Zoo, Klaus Meine et les Scorpions reçoivent une ovation sur « Holiday ». Le chanteur se promène sur les avancées et récupère un drapeau qu’il pose sur la batterie.

Une semi-ballade du dernier album, «The Good Die Young», fonctionne bien sur scène, même sans la présence de Tarja. Puis Scorpions revient à la patte dure de son répertoire avec un «Tease Me, Please Me» énergique et repris par la foule.
Le combo se rapproche ensuite de son registre actuel avec «321» de Humanity Hour I et demande «If we are ready to rock !» L’audience répond d’une seule voix.

Vient ensuite le moment de gloire du batteur. James Kottak verse dans le grand spectacle en tapant sur ses cymbales china comme si c’était le dernier coup de batterie de sa vie, participe aux choeurs et se livre à un solo de batterie, intitulé «Kottak Attak». L’homme nous fait penser à la fois à Tommy Lee pour le show et à Lars Ulrich pour la ressemblance physique. Il frappe debout, enlève ses gants, boit un pichet de bière, en en renversant la moitié par terre. Klaus Meine fait ensuite l’affront de demander aux fans s’ils peuvent chanter « Blackout »…

C’est alors le début d’une autre succession de classiques tels que «Blackout», «Big City Night», «Still Loving You» – accompagnée sur l’écran vidéo de roses rouges et de couples qui s’enlacent dans le public. Vient ensuite «Wind Of Change» – et son sifflement toujours aussi enchanteur – et enfin un «Rock You Like A Hurricane» pas piqué des vers.


Scorpions – Mathias Jabs

Le sourire était sur les lèvres de chacun, autant sur scène que parmi les fans. Klaus Meine sait manier la foule avec sa force tranquille, Mathias Jabs semble toujours autant s’éclater à jouer ses riffs intemporels. Rudolph Shenker, très actif au début du concert, s’essouffle un peu en deuxième partie. Mais il assure tellement musicalement qu’on lui pardonne. Pawel Maciwoda-Jastrzêbski court d’un bout à l’autre de l’énorme scène et James Kottak « attacks » !

Personne n’a envie de quitter les Allemands à la fin du show. La Belgique a été le premier pays à accueillir les Scorpions pour ses premiers concerts hors-Allemagne et le chant du cygne de ce soir bouclera plus de 40 ans d’une carrière exceptionnelle et d’un sens de la scène professionnel et magique. Il vous reste encore quelques mois pour vous faire piquer par les Scorpions on stage, ne ratez pas cette occasion !

Un ultime concert, comme la cerise sur le gâteau, se joue sur la petite scène pour prolonger encore un peu cette excellente soirée. Machine Gun offre ses reprises d’AC/DC aux fans des Australiens. Résultat des courses, nous espérons tout simplement voir le Power & Prog Fest se tenir l’année prochaine !




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