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Live Report   

SCORPIONS AU ZENITH DE STRASBOURG



Artistes : ScorpionsKarelia
Ville : Strasbourg (France)
Lieu : Zénith
Date : 25-10-2008
Public : 10 000 personnes, sold-out.


Une affiche alléchante

En arrivant vers 17h devant le ZĂ©nith de Strasbourg, on constate d’emblĂ©e une foule imposante qui s’amasse devant les grilles. Pour une fois, la moyenne d’âge tend plus vers la quarantaine, voire la cinquantaine ! La nostalgie a donc fait venir plus d’un fan de Scorpions. Et ce depuis l’Italie, l’Allemagne, les pays de l’Est…bref ce soir nous savons que nous allons assister Ă  un vĂ©ritable Ă©vĂ©nement !

Un petit nombre de fans privilĂ©giĂ©s ont la chance de se trouver dans l’enceinte du ZĂ©nith pendant les soundchecks, attendant un petit signe de leurs idoles Klaus Meine (chanteur du groupe), ou encore James Kottak (batteur). Et c’est d’ailleurs très gentiment que les Scorpions discutent avec leurs fans. 19h : ouverture des portes. Nous avons dĂ©jĂ  droit Ă  un vrai moment d’exception. En effet, en voyant les deux portes de la salle s’ouvrir, on assiste Ă  une course effrĂ©nĂ©e des fans jusqu’Ă  la scène ! Un vrai spectacle ! Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des parents avec leurs enfants, des coureurs de marathon et mĂŞme des claudicants sur leurs bĂ©quilles ! On attendra toutefois 20h pour le dĂ©but du set de Karelia, groupe rĂ©gional, qui arrive avec une bonne Ă©nergie. Le combo ouvre avec la très bonne chanson « Restless » qui donne son nom Ă  leur dernier album.


Matt : un chanteur surmotivé !

On sent la motivation lĂ©gitime des Karelia qui souhaitent convaincre les 10 000 personnes prĂ©sentes en face d’eux. Un coup de pub pareil sur la scène de Scorpions, ça ne se refuse pas ! Et dès la première chanson, il faut bien avouer que le public suit. Les mains en l’air, les applaudissements : tout est lĂ  pour donner confiance Ă  Karelia qui, du coup, encourage encore plus le public Ă  la participation.


Le cowboy de la soirée : Jack de Karelia !

Si la set-list a le mĂ©rite de convaincre, on peut toutefois regretter la prĂ©sence de trois reprises sur un set de quarante minutes. Il est vrai que les trois covers de Karelia sont très bons. Une version « avec testicules » de « Lift Me Up » de Moby, le lĂ©gendaire « The Show Must Go On » de Queen et enfin « Losing My Religion » des cĂ©lèbres REM. Toutefois, mĂŞme si ces reprises sont prĂ©sentes sur le CD, on aurait apprĂ©ciĂ© plus de compos personnelles. En effet, le groupe ne joue aucun titre des deux prĂ©cĂ©dents albums. Au contraire, le combo alsacien se permet mĂŞme de jouer des titres (dont « The Show Must Go On » justement) de leur prochain opus dont nous ne verrons la couleur qu’en 2010 ! Et oui, Karelia a pour habitude de composer très tĂ´t ses morceaux avant l’enregistrement. Original, plaisant, mais aussi frustrant de devoir par la suite attendre qu’un titre entendu sur scène sorte sur CD !


Matt et sa camisole de force !

Pour en revenir Ă  la prestation, durant l’une des dernières chansons, Matt arrive sur scène en camisole de force et joue (assez bien d’ailleurs) le fou dangereux derrière son micro. A la fin du set, il se fait emmener de force par des gros bras en t-shirts du staff de Karelia ! IntĂ©ressante mise en scène qui a le mĂ©rite de faire sourire ! Sans ĂŞtre sensationnel, le jeu de scène du combo est très efficace. Matt a vraiment un chant irrĂ©prochable ainsi qu’un charisme naturel sĂ»rement dĂ» Ă  son expĂ©rience de l’enseignement du marketing ! LoĂŻc Jenn a Ă©galement une prĂ©sence non nĂ©gligeable derrière ses fĂ»ts tandis que les autres, sans ĂŞtre timides, restent plutĂ´t statiques. Les Karelia ressortent donc probablement satisfaits de leur prestation et de l’accueil plus que bon d’un public ouvert d’esprit qui a apparemment apprĂ©ciĂ© leur musique. Bien jouĂ© les mecs !

Mais, on ne va pas se leurrer, les 10 000 personnes prĂ©sentes ce soir sont avant tout rĂ©unies pour Scorpions. Ainsi, lors de la coupure entre les 2 groupes, la tension monte d’un cran et l’impatience brille dans les yeux des fans du premier rang. Les lumières s’Ă©teignent et on constate un mouvement de foule vers l’avant et, bien-sĂ»r, une bonne clameur pour l’arrivĂ©e des rockeurs allemands.


Le chanteur Klaus Meine

Les musiciens dĂ©boulent donc logiquement sur scène sous les acclamations. Rudolph Schenker, un des guitaristes, a le look le plus dĂ©jantĂ©. Des cheveux courts blonds platine et un slim rose pailletĂ© : Ă  60 ans ça ne s’invente pas ! Le set commence avec « Coming Home » reprise en ch?ur par un public strasbourgeois exaltĂ©. Un Ă©cran gĂ©ant au fond de la scène prĂ©sente en grosse lettres blanches sur fond noir le nom du groupe. On note Ă©galement la prĂ©sence de deux autres Ă©crans gĂ©ants de chaque cĂ´tĂ© de la scène qui retransmettent le concert pour les personnes qui se trouvent loin des premiers rangs.


Scorpions are not dead !

Dès la première chanson, Klaus avec ses traditionnels bĂ©ret et lunettes de soleil tend le micro au public. L’Ă©nergie du groupe est incroyable ! Une prĂ©sence scĂ©nique bien plus importante que beaucoup de jeunes combos actuels ! Les Scorpions passent leur temps Ă  courir partout sur scène tout en trouvant le temps de venir voir leurs fans de près grâce Ă  l’avancĂ©e de la scène…vraiment impressionnant. La voix nasillarde de l’ami Klaus est restĂ©e la mĂŞme et ne dĂ©raille que très rarement. Les tubes s’enchaĂ®nent: “Bad Boys Running Wild”, “The Zoo”, “No Pain, No Gain”…tout y passe ! Malheureusement pour nous, les photographes doivent partir après seulement 2 chansons, ce qui nous empĂŞche d’avoir des photos des invitĂ©s du jour…dommage.


Scorpions live !

Car comme le dit Klaus Meine, c’est une rĂ©union de famille ce soir. Uli Jon Roth, Hermann Rarebell, l’ancien batteur, tout comme Rudy Lenners…mĂŞme les anciens membres du groupe sont prĂ©sents pour rendre ce concert encore plus exceptionnel. D’ailleurs, lorsqu’Uli Jon Roth arrive, on est littĂ©ralement transportĂ©s quelques dizaines d’annĂ©es en arrière. Le bonhomme aux longs cheveux et Ă  la barbe grise arrive très calme dans un costume directement sorti de la pĂ©riode hippie, le foulard nouĂ© sur la tĂŞte compris. Magnifique ! Et si le grand monsieur de la musique compte 54 printemps, il n’a pour autant rien perdu de son don pour la gratte. C’est donc un des nombreux moments d’Ă©motion de la soirĂ©e que nous offre Uli, avec son air impassible parfois illuminĂ© d’un petit sourire.

Le set se poursuit avec la belle ballade « Send Me An Angel » et l’entraĂ®nante « Holiday », avec un public qui semble connaĂ®tre les paroles aussi bien que Klaus Meine. Nous avons aussi droit Ă  un moment grandiose avec le solo de batterie de James Kottak. Ce dernier n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre en avant son grain de folie tout en montrant au public son incroyable talent. Il massacre sa batterie de coups de fĂ»ts tout en poussant le public Ă  hurler Ă  chaque interruption. A la fin du set, James monte sur sa batterie, expose son dos tatouĂ© de la phrase « Rock’n Roll Forever » au public en dĂ©lire. Un grand moment de transe. Pour continuer dans la lignĂ©e des moments de batterie d’anthologie, James est rejoint sur scène par les ex-batteurs de Scorpions ! Hermann et Rudy, bien Ă©videmment prĂ©sents Ă  l’instar de chaque musicien, se prĂ©sentent chacun avec leur tambour, pour un petit boeuf très sympathique.

Les hits comme « Fly To The Rainbow », ou encore «Big City Nights» s’enchaĂ®nent, avec des images des capitales du monde en arrière-plan. Les Scorpions saluent et sortent de scène en remerciant « Strassssbuurg » une Ă©nième fois. Mais bien-sĂ»r, la soirĂ©e ne peut pas se terminer ainsi. L’Ă©cran gĂ©ant diffuse la phrase « Do you want more ?! », qui suscite immĂ©diatement une ovation de la part d’un public rĂ©ceptif. Les musiciens reviennent et explosent tout avec THE chanson de Scorpions : « Still Loving You » bien sĂ»r ! On a beau connaĂ®tre cet hymne par c?ur…avant de l’avoir vu en live, on ne peut pas complètement maĂ®triser son intensitĂ©. Le public ne peut que verser sa petite larme, sur son visage ou dans son c?ur, tant Klaus Meine paraĂ®t habitĂ© par cette chanson et la chante Ă  la perfection. On continue avec « Humanity » magnifique titre Ă©ponyme de leur dernier album, accompagnĂ© entre-autres d’images du 11-Septembre et de bombardements… Mais Ă  dĂ©faut de plomber l’ambiance, ces images nous apportent juste l’Ă©motion nĂ©cessaire pour comprendre la signification du titre. Le mythique « Wind Of Change » n’a pas Ă©tĂ© oubliĂ© et reste l’un des plus beaux grands moments de la soirĂ©e car presque entièrement chantĂ© par un public dĂ©cidĂ©ment comblĂ©. Des lumières de briquets ou des tĂ©lĂ©phones portables illuminent la salle…magnifique.


Les Scorpions sur scène : un véritable événement !

La soirĂ©e se termine avec le monstrueux « Rock You Like A Hurricane », et le public est triste de voir les membres du groupe quitter la scène après un beau salut des membres actuels et des anciens. Sans oublier un dernier « Happy Birthday » pour Matthias Jabs. Mais une chose est certaine : après plus de 2 heures de show et 37 ans (!!!) d’expĂ©rience, ce n’est pas Ă  un vieux scorpion qu’on apprend Ă  faire du rock !




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