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Interview   

Scorpions débranche les guitares mais ne raccroche pas les gants


« Nous n’avons pas de plan ! » s’exclame le chanteur des mythiques Scorpions Klaus Meine en riant. Nous lui demandions ce qu’ils ont prévu pour l’année ou les deux à venir, mais le fait est qu’ils profitent de la vie au jour le jour en faisant traîner en longueur cette promesse de retraite faite à la sortie de Sting In The Tail. Que ce soit la fin ou pas importe peu. Ils se sont surtout mis dans une position débarrassée de toute contrainte, de toute pression. Que le public soit au rendez-vous ou pas ce n’est que du bonus et, par chance, bientôt quatre ans après l’ultime opus, il faut croire que le public est toujours bel et bien là.

« C’est bien plus difficile que nous ne l’imaginions » confesse-t-il également quant à la décision de prendre leur retraite. Plus de quarante ans de carrière – c’est plus que les deux tiers de sa vie ! – ne s’abandonnent pas en quelques claquements de doigts, alors on peut comprendre que le groupe fasse traîner, on peut comprendre les doutes aussi, on peut comprendre, au bout du compte, qu’ils profitent comme ça vient sans trop réfléchir au futur.

Et profiter était apparemment le mot d’ordre de l’exercice du légendaire MTV Unplugged fraichement immortalisé. Deux disques de chansons réarrangées pour le contexte acoustique, avec des arrangements parfois surprenants. Des chansons rares pour certaines, de complètement inédites pour cinq d’entre elles. Ils avaient même envisagés de se passer de leurs incontournables hits, avant toutefois de se faire rappeler à l’ordre par la maison de disques.

Mais on parle de tout ceci avec le très agréable, enthousiaste et loquace Klaus Meine dans l’entretien qui suit. Avec en prime un appel lancé à l’intention de notre Johnny Hallyday national !

« Nous voulions surprendre nos fans avec un set complètement inédit et pas leur ressortir les mêmes chansons, surtout les gros classiques encore et encore. »

Radio Metal : Vous avez déjà sorti un album live acoustique intitulé Acoustica il y a douze ans. En quoi l’expérience a été différente cette fois-ci ?

Klaus Meine (chanteur) : Eh bien, c’était différent. Cette fois-ci, c’était le légendaire MTV Unplugged qui frappait à notre porte pour nous dire : « Et si Scorpions faisait un MTV Unplugged ? » Après toutes ces années, et même si nous en avions déjà un peu parlé dans les années 80 sans que ça ne se concrétise jamais, je trouve que c’est un grand honneur de se voir demander de participer à ça, parce que même si MTV n’est plus ce que c’était dans les années 80, la franchise MTV Unplugged est toujours très prestigieuse. C’est une marque de qualité pour des artistes vraiment remarquables, et en y participant, tu fais toi aussi partie de cette famille illustre. Du coup, nous avons répondu : « Oui, c’est formidable, allons-y ! » En même temps, c’était aussi un challenge, et c’était différent de ce que nous avions fait pour Acoustica, notre premier album live acoustique. Mais cette fois c’est MTV, hey, quand même ! [rires] L’objectif n’était pas de faire un gros concert de rock, mais de se concentrer sur la musique et uniquement la musique. Ils exigent que les artistes soient sur des tabourets, le public doit être assis… Ça a été cool qu’ils nous suivent à Athènes, parce que pour MTV Berlin, en général ce genre de production se passe en studio, devant quelques centaines de fans assis autour de la scène… Cette fois a été complètement différente dans l’histoire de MTV Unplugged, car c’était la toute première fois que ça se passait en plein air, face à 3200 personnes. C’était vraiment différent des débuts, et nous étions très contents que MTV nous ait suivi quand nous avons dit : « Faisons ça à Athènes, en Grèce, dans un de ces magnifiques amphithéâtres ! » Ça a été un voyage fabuleux et nous avons adoré ça.

Sur ce MTV Unplugged, on retrouve beaucoup de chansons assez anciennes. Est-ce que c’était important pour vous de remonter plus loin dans votre histoire cette fois, par rapport à Acoustica ?

Oui ! Dès le départ, nous avons voulu nous concentrer sur des chansons que nous n’avions jamais jouées en live. Nous voulions surprendre nos fans avec un set complètement inédit et pas leur ressortir les mêmes chansons, surtout les gros classiques encore et encore. Notre position à nous, c’était : « Faisons ce concert sans « Wind Of Change », sans « Still Loving You », sans ces gros hits. » Bien entendu, notre label, Sony Music, a répondu : « Allez les gars, c’est impossible ! » D’accord, et en fin de compte ils avaient raison et nous avons joué certaines de ces chansons avec des invités et des arrangements différents, ce qui leur a donné un nouveau souffle… Tout a bien marché en fin de compte, mais même, nous étions nettement concentrés sur la musique. Nous n’avions jamais joué en live une grande partie de ces morceaux. C’était délibéré. Ensuite, dans la foulée, nous avons ajouté cinq nouvelles chansons, et en fin de compte tout ça a formé un set très efficace. Et nous avons fini à Athènes, à jouer un concert de deux heures et demi, c’était comme un show complètement nouveau !

« Quand nous avons commencé à réfléchir aux invités, nous avons d’abord pensé ‘hard’ et ‘heavy’ : ‘Ce serait génial d’avoir Lemmy, Slash, Richard Sambora, Doro Pesch…’ Mais c’est MTV Berlin qui s’en occupait, et ils nous ont donné une liste d’artistes dont, pour la plupart, je n’avais jamais entendu parler. »

Acoustica a été enregistré au Portugal et ce nouveau live a donc été enregistré en Grèce. Est-ce qu’il y a une raison en particulier pour laquelle ces deux albums acoustiques ont été enregistrés dans des pays du sud de l’Europe ? Est-ce qu’ils vous semblent plus réceptifs à la musique acoustique ?

Oui, peut-être que ça fonctionne mieux… Cela dit, nous aurions pu le faire en France, aussi, ou en Russie, à pas mal d’endroits… Je pense que nos fans de longue date les plus dévoués le sauront, mais nous avons enregistré une partie du World Wide Live à un concert à Bercy et la chanson « Holiday » était également acoustique, mais c’était il y a longtemps. Je ne sais pas si nous allons délibérément dans le sud de l’Europe… Bien sûr, nous y allons pour tous les fans que nous avons en Grèce depuis toutes ces années, mais aussi pour le climat, car lorsque tu dois jouer dehors, tu dois pouvoir être sûr du temps qu’il fera. Nous avons enregistré en septembre, sur une scène non couverte ! Où est-ce qu’il est possible de faire ça en Europe à ce moment de l’année ? C’est pratiquement impossible. Mais en Grèce, tu sais que tu peux laisser ton parapluie chez toi, il ne pleuvra pas. Et là-bas, à dix heures du soir voire minuit, il faisait encore 28°C ! C’était magnifique : la lune, les étoiles… Le paysage était magnifique. Et évidemment, nous avons tellement de fans en Grèce après tout ce temps, comme en France d’ailleurs, mais dans le sud, les gens sont très émotifs… Je ne sais pas, il faut le voir pour le croire ! Quand tu verras les images et le DVD, tu comprendras. Les gens sont vite émus. Il y avait par exemple cette belle actrice grecque, Dimitra Kokkori, qui devait réciter un passage de « Born To Touch Your Feelings ». Elle était magnifique. Elle est montée sur scène à la fin de la chanson, elle a parlé – elle devait dire quelques lignes de cette chanson – et après le show, le réalisateur m’a dit : « Klaus, est-ce que tu as vu les images ? Tu ne vas pas le croire ! Elle s’est mise à pleurer ! Elle pleurait ! » La caméra zoomait, et on voyait ses larmes couler… Elle était en larmes parce qu’elle était submergée d’émotion, et d’une certaine manière, c’est la réaction de tout le public grec qu’on voit ici. Ils sont très sensibles, et pas seulement à nos gros hits ; ils connaissaient aussi les chansons de nos débuts. Nous avons joué des chansons comme « Born To Touch Your Feelings », « Pictured Life », « Speedy’s Coming », toutes ces vieilles chansons, « Where The River Flows », « You Came Into My Life », et il y a eu une telle vague d’émotion… C’était comme ça. Les émotions fortes, c’était ce que nous cherchions, mais nous ne voulions pas jouer que des ballades pour autant. Nous voulions faire un concert de rock, même acoustique, avec beaucoup de chansons up tempo, de nouvelles chansons comme « Dancing In The Moonlight », « Rock’n’roll Band », et même « Rock You Like A Hurricane » avec un arrangement presque grec, avec une mandoline jouée par Mikael Nord Andersson. Lui et Martin Hansen sont des producteurs suédois avec lesquels nous travaillons depuis Sting Of The Tail. Mikael nous a dit : « C’est tellement génial de partager la scène avec vous ! » Il a raconté à quelqu’un : « Je vais jouer sur scène, je vais mettre le feu avec les Scorpions ! » et quand la personne lui a demandé ce qu’il jouait, il a répondu : [avec une petite voix] « Euh… De la mandoline » [rires] Et c’était formidable ! Ils ont tous fait un boulot fantastique. Quand nous étions en studio, nous avons aussi eu une discussion : « Est-ce que nous devrions avoir des choristes, comme trois belles filles qui feraient les chœurs ? » C’est ce qui se fait, habituellement, mais les mecs nous ont dit : « Non, cette fois-ci, le groupe va faire les chœurs. Nous faisons partie du groupe ! Allez Klaus, fais-nous passer une audition ! Chantons pour toi et dis-nous si nous sommes assez bons. » Ils ont passé une vraie audition ! Je ne me souviens pas précisément de la chanson que c’était mais ils ont chanté des harmonies tellement magnifiques, j’étais soufflé ! Je leur ai dit : « Sérieusement les mecs ? ‘Si nous sommes assez bons’ ? C’est fantastique ! » Je crois que nous n’avons jamais eu d’aussi bons choristes dans un show de ce genre. C’était fantastique. Ils ont fait un boulot extraordinaire. Nous les appelons les couteaux suisses parce qu’ils jouent de tous les instruments que tu peux vouloir ! Nous avons eu non seulement de la mandoline mais aussi de l’accordéon, de l’harmonica, du piano, toutes sortes de guitares, des guitares slide, des guitares hawaïennes… Ce sont de très bons musiciens. Nous avons aussi embauché un octuor à cordes, huit musiciens athéniens. En tout, nous étions dix-huit sur scène, et c’était formidable.

« Je ne lis pas l’avenir, mais tout ce que je sais, c’est que nous serons toujours des musiciens, des artistes, des compositeurs… Mais tourner aussi intensément… Nous allons ralentir un peu. »

À ce propos, pour ces concerts vous avez choisi d’inviter Johannes Strate de Revolverheld et Morten Harket, le chanteur du groupe de pop norvégien A-Ha. Vous auriez pu en choisir beaucoup d’autres. Pourquoi eux spécifiquement ?

Quand nous avons commencé à réfléchir aux invités, nous avons d’abord pensé « hard » et « heavy » : « Ce serait génial d’avoir Lemmy, Slash, Richard Sambora, Doro Pesch… » Mais c’est MTV Berlin qui s’en occupait, et ils nous ont donné une liste d’artistes dont, pour la plupart, je n’avais jamais entendu parler pour être honnête, à l’exception bien sûr de Morten Harket qui est un chanteur très connu, la voix légendaire d’A-Ha. Il est venu nous voir en Russie l’année dernière, à notre show à Ekaterinburg, et je crois qu’il a été époustouflé quand il a entendu tous les fans russes chanter « Wind Of Change ». C’est le premier à s’être consacré à ce projet. Il m’a dit : « Klaus, j’adorerais chanter ‘Wind Of Change’ avec toi ! » Il a choisi cette chanson et a fait un travail formidable. Grâce à lui, la chanson a vraiment une nouvelle expression. Pour Johannes, c’est MTV qui nous a dit : « Vous devriez jeter un œil sur ce mec, c’est un super jeune chanteur. » Finalement, l’idée de soutenir de jeunes artistes allemands encore inconnus en dehors de leur pays en leur offrant l’opportunité de se présenter au monde entier – MTV Unplugged va sortir dans 50 pays ! – nous a beaucoup plu. À Athènes, quand ils sont montés sur scène, personne ne les connaissait, mais ils ont très bien fait leur boulot. Johannes m’a dit : « J’ai grandi avec votre musique et ‘Hurricane’ est l’une de mes chansons préférées, j’adorerais la chanter avec vous ! », et je lui ai répondu : « C’est un bon choix ! » Le public grec a adoré, le résultat est tellement fort… Je trouve que Johannes a fait un boulot formidable. Cäthe est une jeune artiste indépendante, pas très connue même en Allemagne. Nous avons fait une émission de télé avec elle en Allemagne il y a quelques temps, nous jouions des chansons de l’album, et lorsque je lui ai demandé : « Qu’est-ce que tu vas faire ensuite ? », elle m’a répondu : « Je vais faire 25 concerts d’ici Noël » et je me suis dit : « Quoi ?! C’est génial ! » Elle était très gentille mais aussi très nerveuse. C’est une jeune fille adorable avec une belle voix rock. Je voulais chanter « In Trance », donc c’est moi qui ait choisi la chanson. Le résultat est plutôt chouette, je trouve, et les fans ont immédiatement accroché.

Vous avez commencé à travailler sur un nouvel album fait de chansons inachevées écrites pour Blackout et Love At First Sting. Où en est ce projet ?

Oui, nous avions commencé à revoir des chansons datant des années 80 en 2011 déjà, et nous avons trouvé de bonnes choses. La plupart sont inachevées, la plupart des paroles sont inexploitables tout simplement parce qu’elles n’ont jamais été finies, je travaillais dessus à l’époque. Il y a deux chansons que nous avons déjà enregistrées en version électriques et qui ont été intégrées au show acoustique : « Dancing With The Moonlight » et « Rock’n’Roll Band ». Nos producteurs suédois les ont choisies et nous ont dit : « Elles seraient cool dans le show. » « Dancing With The Moonlight » est devenu notre premier single en Allemagne, il commence déjà à passer un peu partout, c’est cool. Ensuite, dans le feu de l’action, nous avons écrit de nouvelles chansons comme « Delicate Dance », Matthias [Jabs, guitariste] a écrit un morceau instrumental, Rudolf [Schenker, guitariste] a écrit « Love Is The Answer » et j’ai écrit une nouvelle chanson intitulée « Follow Your Heart ». Ces chansons ont été écrites en 2013. Nous reviendrons peut-être sur cet « album d’outtakes » l’année prochaine, et nous enregistrerons peut-être une version électrique de ces chansons aussi. Il y a beaucoup de matière, et nous voulons le faire comme une sorte de rappel pour nos fans, parce que les années 80 ont été une époque formidable durant laquelle nous avons été très créatifs, et qu’il y a de très bonnes choses qui ne demandent plus qu’à être finies.

« Nous n’avons pas de plan ! [rires] Nous prenons les choses comme elles viennent. […] Nous retournerons peut-être en studio cette année pour finir ce que nous avons commencé en 2011. Mais en dehors de ça, nous n’avons rien de prévu ! »

Est-ce qu’on peut s’attendre à du tout nouveau matériel de la part de Scorpions dans le futur ?

Je ne sais pas si nous nous lancerons dans un nouvel album… Pour le moment, nous sommes complètement concentrés sur le MTV Unplugged, ensuite, nous allons sans doute nous atteler à ce projet d’outtakes, et il y a déjà beaucoup de chansons qui seront nouvelles pour le public comme elles n’ont jamais été sorties… Je trouvais que l’une des autres chansons aurait été parfaite pour le MTV Unplugged, mais en fait nous nous sommes retrouvés avec deux chansons de ces sessions et trois nouvelles chansons, ce qui fait cinq chansons inédites, ce n’est pas mal ! Mais pour cet album, je pense qu’il y aura beaucoup de choses que personne n’a jamais entendu, donc il y aura de nouvelles chansons. Mais nous verrons bien. Je ne lis pas l’avenir, je ne sais pas, nous allons sans doute faire quelques concerts l’année prochaine, peut-être même revenir en France, mais avec ce show pour le MTV Unplugged, nous ne ferons que quelques dates parce que c’est tellement compliqué de voyager avec tant de musiciens… Si nous étions amenés à revenir en France, ce serait génial de faire un duo avec Johnny Hallyday, non ? Ce serait génial ! Johnny, si tu m’entends, je pense que ce serait fantastique ! [rires]

Depuis la sortie de Sting In The Tail il y a maintenant plus de trois ans, vous avez tourné intensivement et vous avez sorti plusieurs albums, live ou compilations. Vous n’avez pas l’air de ralentir ! Est-ce qu’en fait, c’est plus difficile que vous le pensiez de prendre votre retraite ?

J’ai fait une interview avec un journaliste américain il y a quelques jours et il m’a demandé : « Alors Klaus, ça fait comment d’être retraité ? » et je lui ai répondu : « Si c’est ça, la retraite, alors c’est génial, j’adore ça ! » [rires] Je ne sais pas. En effet, c’est bien plus difficile que nous ne nous l’imaginions. Dire : « C’est fini, c’est le dernier album, la dernière tournée » après toutes ces années, ça semblait logique. Nous voulons toujours ralentir un peu. Quand tu roules à 200 à l’heure, c’est impossible de freiner et de t’arrêter d’un coup en disant : « Salut tout le monde, c’est terminé ! » C’est ce que nous avons découvert, et en plus, lors de notre tournée d’adieu, nous ne sommes pas allés partout. Nous avons fait beaucoup de concerts dans beaucoup de pays, mais nous ne sommes pas allé au Japon, ni en Grande Bretagne, ni en Espagne. Nous avons annoncé une date à Madrid au printemps prochain, mais toutes les places ont été vendues tellement vite que nous avons dû en ajouter une autre juste après ! Il y a tellement d’endroits où nous ne sommes pas allés durant notre tournée d’adieu… Nous allons continuer, mais moins intensivement qu’avant, à jouer 100 soirs par an comme les trois dernières années. Et dis-toi que lorsque nous avons joué en France, à Bercy il y a deux ans, j’étais complètement malade ! Nous avons passé trois jours ici et pendant que tout le monde allait faire du shopping, la seule chose que je faisais, c’était aller à la pharmacie pour me racheter des anti-douleurs ! J’étais complètement malade. Le docteur que je suis allé voir à Paris – encore merci à lui ! – a ausculté mes cordes vocales, et m’a dit : « Klaus, j’ai tout vérifié, vous pouvez jouer demain soir, tout va bien. » C’est ce que j’ai fait, et ça a été un super concert et un grand succès, nous avons ensuite fait quelques autres dates mais quand je suis rentré chez moi, je me suis écroulé, et la fin de l’année 2011 a été très difficile. J’en ai bavé. Ça a l’air tellement facile – et ça doit avoir l’air facile – mais ça va faire plus de quarante ans que je fais ça, donc maintenant, être assis sur des tabourets, je trouve ça pas mal [rires]. Je ne lis pas l’avenir, mais tout ce que je sais, c’est que nous serons toujours des musiciens, des artistes, des compositeurs… Mais tourner aussi intensément… Nous allons ralentir un peu. Nous ne splittons pas bien entendu, nous aimons beaucoup trop ce que nous faisons, et en plus, nous avons un nouveau public en face de nous. Sur Facebook, nous avons plus de 4,3 millions de fans, et la tranche d’âge la plus représentée est celle des 17-27 ans. C’est formidable, et ça retranscrit bien ce que nous voyons tous les soirs depuis la scène, ici en France, comme ailleurs. Il y a tellement de gosses juste devant nous qui sont complètement dingues ! Nous, nous nous disons : « Vous êtes venus pour nous ?! », et eux, ils deviennent complètement dingues ! C’est génial de voir qu’après quarante ans de carrière, notre musique touche les nouvelles générations rock, c’est fantastique.

« Si nous étions amenés à revenir en France, ce serait génial de faire un duo avec Johnny Hallyday, non ? Ce serait génial ! Johnny, si tu m’entends, je pense que ce serait fantastique ! [rires] »

L’année prochaine sortira le documentaire de Katja Von Garnier intitulé « Big City Nights ». Qu’est-ce qu’on peut espérer apprendre dans ce documentaire qu’on ne connaisse pas déjà au sujet de Scorpions ?

Katja et son équipe étaient avec nous pendant nos concerts à Bangkok, Paris (le concert dont je viens de parler à Bercy), Los Angeles, Moscou etc., et nous avons fait un documentaire qui racontera la vie de Scorpions. Ça commence il y a bien longtemps, quand nous étions petits et que nous commencions à faire de la musique. Nous l’avons vu pour la première fois il y a quelques semaines, et ça rend plutôt bien. Il y a encore quelques finitions à faire. Nous voulons le sortir en salles, je pense qu’il sortira aussi en DVD, peut-être aussi à la télé… Katja Von Garnier est réalisatrice, elle a beaucoup d’expérience et fait de très bons films. Nous avons passé de très bons moments avec elle et son équipe. Il y a encore du travail à faire mais ça devrait sortir l’année prochaine, nous ne savons pas encore quand exactement. Il y a encore des détails à régler, nous allons devoir regarder ça de plus près, mais d’après ce que j’ai vu, je pense que les fans vont adorer.

Quels sont vos plans pour l’année ou les deux à venir ?

Rien du tout. Nous n’avons pas de plan ! [rires] Nous prenons les choses comme elles viennent. Bien sûr, nous allons faire quelques shows avec MTV Unplugged, nous allons en faire quelques-uns avec un orchestre symphonique en Russie au printemps, il y aura peut-être d’autres concerts ici et là, mais pas de grosse tournée… Comme je l’ai dit, nous retournerons peut-être en studio cette année pour finir ce que nous avons commencé en 2011. Mais en dehors de ça, nous n’avons rien de prévu !

Tu chantes dans Scorpions depuis presque 45 ans. Comment fais-tu pour garder ta voix en forme après toutes ces années ?

C’est la clé. Faire ce genre de projet, c’est fun et agréable uniquement si ta voix est là, surtout un projet comme le MTV Unplugged parce que tu ne peux pas te cacher derrière un mur de guitares, quand bien même il y a beaucoup de guitares acoustiques [rires]. Un projet comme celui-ci est un vrai défi pour le chanteur, et ça n’est amusant que si ta voix est là. J’essaie de prendre soin de moi, de ma voix… Il faut prendre soin de son instrument, j’essaie de ne plus la saccager comme j’ai pu le faire par le passé et de la garder en forme. Faire des concerts est une bonne chose, tu restes dans le coup et ta voix est plus présente quand tu joues que quand tu ne le fais pas. Il faut un moment pour s’échauffer et qu’elle soit au top pour faire une bonne performance. Ce n’est pas si simple. Plus je vieillis, plus ça fait longtemps que je le fais, plus c’est un privilège, et je suis très heureux que ma voix soit toujours là. Je prends les shows les uns après les autres et je donne le meilleur de moi-même pour les fans. Tant que ma voix est là, je suis l’homme le plus heureux de la Terre !

Interview réalisée le 9 décembre 2013 par Chloé.
Questions : Amphisbaena et Spaceman.
Retranscription et traduction : Chloé.
Introduction : Spaceman

Site internet officiel de Scorpions : www.the-scorpions.com

Album Scorpions : MTV Unplugged in Athens, sorti le 29 novembre 2013 chez RCA.



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  • Scorpions fait parti des groupes de Hard mythiques et leur longévité est exceptionnelle.
    Normal qu’apres toutes ces décennies de tournées et d’albums, ils lèvent le pied, et c’est surtout super qu’ils ne s’arretent pas définitivement !
    Pour les avoir vu en concert au milieu des 80’s (leur grande époque!)et l’an dernier, je peut dire qu’ils ont toujours une pêche d’enfer et que Klaus Meine a gardé la même force et le même timbre de voix .

    [Reply]

    PhilippeBilou

    Scorpions fait parti des groupes de Hard mythiques et leur longévité est exceptionnelle.
    Normal qu’apres toutes ces décennies de tournées et d’albums, ils lèvent le pied, et c’est surtout super qu’ils ne s’arretent pas définitivement !
    Pour les avoir vu en concert au milieu des 80′s (leur grande époque!)et l’an dernier, je peut dire qu’ils ont toujours une pêche d’enfer et que Klaus Meine a gardé la même force et le même timbre de voix .

  • En tout cas, je trouve que c’est une bonne chose d’expliquer les raisons de leur « fausse retraite ».
    Tout le monde s’est un peu moqué d’eux, genre « ils disent qu’ils prennent leur retraite mais en fait ils continuent tant que le pognon rentre »… je trouve que son explication tient la route, ils ne peuvent pas arrêter du jour au lendemain comme si de rien n’était.

    Et au moins, maintenant on sait ce qui s’est passé… pas comme avec un certain Judas Priest…

    [Reply]

  • Une longévité hors norme qui fait placer le groupe allemand définitivement dans l’histoire du hard au top pour la bonne cause:on peut les comparer aux Rolling stone dans un autre style:intemporels

    [Reply]

  • putain un duo avec johnny sa pourrait être sympa à voir si cela se fera ou non 🙂

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