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Interview   

Scorpions n’en a pas encore tout à fait fini


Il y a un an et demi de cela, interviewant le guitariste Matthias Jabs, nous pensions que c’était sans doute la dernière occasion que nous aurions de lui parler en tant que membre des Scorpions puisque le groupe avait annoncé peu de temps auparavant sa décision de démarrer une tournée d’adieux.

Aujourd’hui, nous nous entretenons à nouveau avec Matthias, leur tournée ne cesse de s’allonger (sans doute jusqu’à 2013 nous avouera-t-il) et ils nous taquinent avec leur album, composé de réenregistrements de certains de leurs classiques des années 80 et de reprises de titres des années 60. Des groupes, et plus généralement une époque, qui ont représenté une influence considérable. Le nom de ce disque est Comeblack, comme un jeu de mots qui signifierait : « Vous croyez qu’on ne part pour de vrai ? Eh bien, on va prendre l’air de revenir pour de faux avec ce titre. ».

C’est donc autour de la nature et de la composition de ce nouveau disque que nous avons axé nos questions. Alors qu’en 2010, le guitariste nous affirmait que le groupe n’aime pas faire de duo (« Nous n’avons jamais aimé enregistrer des duos, même si les maisons de disques ne demandent que ça, pour des raisons marketing et non musicales »), nous n’avons pas manqué de l’interroger sur leur reprise controversée de « Still Loving You » avec la chanteuse Amandine Bourgeois. Quant au travail effectué sur les reprises, il a été minutieux, le groupe ayant même refusé d’enregistrer telle ou telle reprise, ne la jugeant pas assez convaincante.

C’est avec sincérité que Matthias nous a parlé des problématiques que seul un groupe d’une telle notoriété peut rencontrer : Quand s’arrêter ? Comment et où s’arrêter ? Comment concevoir une setlist mondiale et couvrant 40 ans de carrière ?

Un entretien qui revient également sur les différents projets que le groupe souhaite réaliser avant de définitivement tourner la page.

Interview.

« Nous avons déclaré que Sting In The Tail serait notre dernier album studio comportant nos propres chansons. Nous n’avons jamais dit que ce serait notre dernier projet »

Radio Metal : Au cours de votre carrière, vous avez souvent sorti des expériences live originales : vous avez ainsi joué avec un orchestre, sorti le DVD Amazonia, et aujourd’hui, vous travaillez sur une expérience live en 3D. Est-ce important pour vous d’expérimenter de nouvelles façons de faire vivre un concert ?

Matthias Jabs (guitare) : Tout à fait. La 3D est une nouvelle technologie et Scorpions a toujours essayé d’être au premier plan en matière de nouvelles expériences et d’expérimentations. Nous avons été le premier groupe à jouer dans certaines parties du monde et, aujourd’hui, nous essayons de jouer un rôle de premier plan en ce qui concerne la technologie. Nous savons qu’il faudra un téléviseur 3D pour profiter correctement de ce DVD mais je pense que, tôt ou tard, les gens passeront à la 3D. C’est une expérience formidable.

Pendant cette tournée d’adieux, où avez-vous trouvé le temps d’enregistrer Comeblack ?

Bonne question ! [rires] Nous avons commencé au printemps, vers mars ou avril, quand nous ne donnions pas de concerts. Nous avons sélectionné les chansons à ce moment-là et l’enregistrement s’est fait au mois d’août. Je crois me souvenir que notre dernier concert en Europe a eu lieu à Colmar le 6 août (ndlr : Scorpions ouvrait le festival de la Foire aux Vins de Colmar le 5 août dernier). Après ça, nous sommes entrés en studio pour enregistrer les chansons. Aujourd’hui, le CD s’apprête à sortir, et nous à repartir sur les routes car il reste beaucoup d’endroits où nous n’avons pas encore joué. La prochaine étape, c’est la France !

Comeblack sera-t-il vraiment le tout dernier disque de votre carrière ?

Je ne dirais pas ça. Lorsque nous avons annoncé notre tournée d’adieux, nous avons déclaré que Sting In The Tail serait notre dernier album studio comportant nos propres chansons. Nous n’avons jamais dit que ce serait notre dernier projet. En complément de cette dernière tournée, nous allons sortir un DVD du tout dernier concert. Nous avons également une équipe de tournage avec nous. Quant à Comeblack, l’objectif était d’enregistrer des chansons des années 60 qui nous ont inspirés à nos débuts. C’est quelque chose que nous avons toujours voulu faire et, aujourd’hui, nous avons la liberté nécessaire. Je ne sais pas si ce sera notre seule sortie. On sortira peut-être quelque chose d’autre l’an prochain si on a le temps d’aller en studio. Quelque chose qui sorte de l’ordinaire. Jusqu’à présent, nous avons toujours écrit et enregistré nos propres chansons ; c’est comme ça que nous avons bâti notre carrière. Mais, en tant que musicien, c’est toujours agréable de faire autre chose à côté. Scorpions n’a jamais vraiment fait ça. Tous les autres groupes travaillent sur d’autres projets, avec d’autres musiciens. Aujourd’hui, nous avons la liberté de faire ce que nous voulons. Je ne peux pas dire qu’il s’agit du dernier disque. Je dirais plutôt qu’il faut s’attendre à voir arriver d’autres projets.

« Nous avons aussi essayé de reprendre un titre de Led Zeppelin qui a eu une grande influence sur Scorpions. Mais nous avons réalisé qu’on ne peut pas toucher à certaines chansons. On ne peut tout simplement pas. Led Zeppelin a une certaine magie. »

Pourquoi avoir sélectionné si peu de vos propres chansons pour cet album ? Il n’y en a que sept…

En fait, nous en avons enregistré quelques autres. Elles sortiront en tant que bonus. Nous les avons enregistrées sur une très courte période, je crois que nous en avons neuf au total. Il y a aussi « Big City Nights » et « Bad Boys Running Wild », si je me souviens bien. Je ne suis pas sûr à propos de « Send Me An Angel ». Nous avons commencé à l’enregistrer, puis nous l’avons laissée de côté parce que nous n’avions plus le temps. On reviendra peut-être là-dessus plus tard. Le problème n’était pas que nous n’aimions pas les originaux, mais avec la technologie moderne, les chansons sont incroyablement plus percutantes. On s’est dit qu’en écoutant les anciennes versions, on passait à côté de quelque chose. Alors, juste pour le plaisir, on les a réenregistrées. Nous étions toujours capables de jouer et de chanter comme on était censés le faire et on s’est bien amusé. J’espère que les fans apprécieront aussi. Personnellement, quand j’écoute les groupes que j’aime, je préfère toujours les versions remasterisées. Par exemple, AC/DC a toujours eu un bon son mais les nouvelles versions sonnent mieux dans ma voiture ou dans mon studio. J’aimerais voir plus de groupes réenregistrer leurs propres chansons pour avoir un son plus moderne.

Les chansons présentes sur l’album sont celles jouées sur cette tournée. Était-ce voulu ?

Nous avons choisi les grands favoris des années 80, à l’exception de « Wind Of Change », qui date à la base de 1989 mais qui est sortie en 1990. Nous avons choisi des chansons des années 80, et les reprises datent des années 60. Ces titres comptent parmi nos préférés, ceux qu’on joue aussi sur scène. Ce sont les chansons que les gens veulent entendre. Quand un groupe tourne pendant longtemps, les fans veulent entendre certains titres bien précis. Tout le monde a sa propre liste. Nous avons vérifié sur Internet et nous jouons en gros les chansons les plus demandées, même si parfois nous aimerions jouer quelque chose de totalement différent. Tout le monde viendrait se plaindre si nous ne jouions pas celles-là ! Toi-même, tu as peut-être tes chansons préférées et nous recevons parfois des e-mails de fans nous demandant pourquoi nous ne jouons pas tel ou tel titre. Mais étant donné que nous tournons avec un spectacle multimédia, nous ne pouvons pas nous permettre d’être spontanés. Par exemple, si nous décidions de jouer « Don’t Make No Promises » de Animal Magnetism, cela voudrait dire que nous n’aurions pas de contenu multimédia. Il faudrait demander au responsable vidéo de trouver quelque chose, ce qui lui prendrait une dizaine de jours. Alors seulement nous pourrions jouer la chanson. C’est comme ça que ça se passe avec un show professionnel.

« C’était une époque formidable pour la musique. Si tu écoutes la chanson ‘Children Of The Revolution’, ça parle de révolution dans la musique, dans le style vestimentaire, dans le comportement, partout. […] C’était l’époque des grands changements et des manifestations, ça nous a tous influencés. Les gens se laissaient pousser les cheveux. Aujourd’hui, c’est normal, mais à l’époque, c’était une vraie sensation. »

L’album comporte six reprises. Étant donné qu’il s’agit de groupes des années 60, était-ce une façon de dire que sans ces groupes, Scorpions n’existerait pas ?

En partie, oui. Nous avons aussi essayé de reprendre un titre de Led Zeppelin qui a eu une grande influence sur Scorpions. Mais nous avons réalisé qu’on ne peut pas toucher à certaines chansons. On ne peut tout simplement pas. Led Zeppelin a une certaine magie. Mais tu as raison, c’est la musique des années 60 qui nous a incités à commencer un instrument et à fonder un groupe qui a fini par devenir Scorpions. C’était une époque formidable pour la musique. Si tu écoutes la chanson « Children Of The Revolution », ça parle de révolution dans la musique, dans le style vestimentaire, dans le comportement, partout. Beaucoup plus qu’aujourd’hui. C’était l’époque des grands changements et des manifestations, ça nous a tous influencés. Les gens se laissaient pousser les cheveux. Aujourd’hui, c’est normal, mais à l’époque, c’était une vraie sensation. Ça nous a effectivement inspirés.

Comment avez-vous choisi les chansons ? Chaque membre du groupe a-t-il apporté sa suggestion ?

Au départ, nous avons fait une liste de chansons et il y avait pas mal de choix. Mais le plus important, c’est que le chanteur soit capable d’interpréter les chansons correctement. Nous avions choisi entre quinze et dix-huit chansons et nous avons commencé à les adapter dans les grandes lignes : un couplet, le refrain, peut-être un pont. Ensuite, il fallait voir si Klaus pouvait chanter. Pour certains titres, il s’en sortait très bien, et pour d’autres, il n’était pas très convaincant. Nous avons donc sélectionné les chansons pour lesquelles le chant était solide, puis nous avons commencé à enregistrer la musique. C’est comme ça qu’il faut travailler, il n’y a aucun intérêt à se lancer si les chansons ne sont pas convaincantes. Étant donné que Klaus est un grand fan des Beatles, il a toujours dit qu’il ne pouvait pas chanter les Rolling Stones. De mon côté, je suis un très grand fan des Stones, donc je suis ravi qu’il ait pu interpréter « Ruby Tuesday » aussi bien ! C’est l’un de mes titres favoris sur cet album. Il fallait voir si ça pouvait marcher.

Quel est le sens du titre de l’album ? Le mot « Comeblack » est-il une plaisanterie pour dire : « Ce n’est pas un vrai comeback » ?

Klaus a eu l’idée d’un jeu de mots. À l’origine, la signification était totalement différente. Nous savons tous que ce mot n’existe pas, c’était la même chose pour Lovedrive, l’un des premiers albums auxquels j’aie participé. Ce mot-là n’existe pas non plus dans la langue anglaise, mais c’est un titre fort. Nous avons réfléchi à d’autres titres pendant un bon moment. Par exemple, nous avions pensé à « Diamonds And Pearls » : les diamants pour les vieilles reprises de Scorpions et les perles pour les reprises des années 60, ou le contraire. Quelque chose de précieux, comme une boîte à bijoux. Mais nous avons découvert que Prince avait déjà utilisé ce titre. C’est très difficile aujourd’hui de trouver un nouveau titre étant donné que des millions de CD sont sortis et que tous les titres sont déjà pris ! Nous avons alors pris une voie différente, la voie de ce qui n’existe pas ! Si on laisse le « l » de côté, on obtient « comeback ». C’est assez ironique pour ceux qui aiment réfléchir comme ça. Mais non, ce n’est pas un comeback !

(NDLR : à propos de « Still Loving You ») »J’ai remarqué il y a longtemps que les fans de hard rock étaient très conservateurs. Ils n’aiment que leur musique, ils ne sont pas ouverts. Ils sont très limités dans ce qu’ils font. […] Dès que le moindre changement pointe son nez et leur première réaction est toujours : ‘Non ! J’aime pas !' »

Sur cet album, vous avez enregistré une version française de « Still Loving You » avec Amandine Bourgeois. Pourquoi la France ? Avez-vous une relation particulière avec ce pays ?

« Still Loving You » a eu un succès fou en 1984-85. Il me semble que le titre a été premier en France pendant un an. Le succès a été mondial mais nous avons un lien spécial avec la France et le public français. Le label nous a demandé d’enregistrer une version avec un artiste français et ils ont choisi Amandine. Elle chante très bien. Elle est venue à notre studio et a enregistré avec Klaus. Nous étions très impressionnés. Pour les fans, cette chanson a un côté sacré, on ne peut pas en faire n’importe quoi. Mais dans ce cas, le résultat était si convaincant, Amandine a tellement bien chanté, que nous avons décidé de tenter le coup. Le label français savait que, si on ajoutait des paroles en français, la chanson passerait davantage à la radio. Il me semble que vous avez une restriction à la radio, les stations doivent passer un certain nombre de chansons en français. Ça devait également être une de leurs raisons. Mais pour le groupe, c’était important musicalement. C’est comme un hommage aux fans français qui sont si loyaux et fidèles à Scorpions depuis des années, voire des décennies. C’est notre façon de dire : « Hello et merci ! ».

En France, les réactions par rapport à cette chanson sont mitigées. Amandine Bourgeois vient d’une émission de télé-réalité, et la plupart des fans de hard rock et de metal détestent ce genre de choses. Il y a eu beaucoup de réactions négatives sur cette chanson avant même sa sortie.

Je peux le comprendre, jusqu’à un certain point. J’ai remarqué il y a longtemps que les fans de hard rock étaient très conservateurs. Ils n’aiment que leur musique, ils ne sont pas ouverts. Ils sont très limités dans ce qu’ils font. L’avantage, c’est qu’ils aiment ce qu’on fait et qu’ils nous sont fidèles. Mais dès que le moindre changement pointe son nez et leur première réaction est toujours : « Non ! J’aime pas ! » Et avec le temps, ils finissent par aimer. Je me souviens de notre tournée en Angleterre en 1979. Nous jouions « Holiday » en version acoustique. Le promoteur nous a dit : « Vous ne pouvez pas faire ça, le public va vous tuer ». On l’a jouée en acoustique malgré tout et le public en avait les larmes aux yeux. « Non » est toujours la première réponse, mais, plus tard, quand les gens prennent le temps de réécouter, ce n’est pas si mal. Mais je ne peux pas vraiment juger. J’aime beaucoup cette jeune dame, elle a une très belle voix. Je sais qu’elle vient du « Idol » français, on a ce genre d’émissions ici aussi. Mais pourquoi ne pas donner sa chance à un jeune talent ? Il faut aussi envisager les choses sous cet angle. C’est suffisamment difficile pour les jeunes artistes d’avoir une chance en ce moment, alors si un groupe comme nous, qui bénéficie d’une belle reconnaissance, a l’occasion d’aider un petit jeune, je pense que c’est une bonne chose.

« Nous voulons qu’on se souvienne de nous comme d’un groupe très actif sur scène, pas comme de musiciens qui restent plantés là à jouer. Je suis sûr que je serai toujours capable de jouer notre musique quand j’aurai 85 ans, mais la question est de savoir si j’aurais envie de courir partout comme aujourd’hui ! […] J’en pense que certains groupes auraient déjà dû s’arrêter »
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Vous avez déclaré que vous souhaitiez arrêter votre carrière car vous ne vouliez pas décliner ou décevoir vos fans. Penses-tu que, d’ici quelques années, vous ne serez plus capables physiquement de jouer live avec l’énergie dont vous faites preuve aujourd’hui ?

Personnellement, je n’ai aucun problème. Je suis le plus jeune des trois Allemands, mais Klaus et Rudolf ont 63 ans. Les Stones sont toujours sur les routes et ils s’en sortent très bien. L’idée est d’être en forme jusqu’au tout dernier concert. On ne veut pas abuser des bonnes choses. Pour le moment, nous sommes en forme. Nous voulons qu’on se souvienne de nous comme d’un groupe très actif sur scène, pas comme de musiciens qui restent plantés là à jouer. Je suis sûr que je serai toujours capable de jouer notre musique quand j’aurai 85 ans, mais la question est de savoir si j’aurais envie de courir partout comme aujourd’hui ! C’est une bonne décision, je crois. Nous allons jouer toute l’année 2012 mais nous n’avons pas encore arrêté de concert final. Ça se passera sans doute quelque part en 2013.

À l’inverse, certains groupes n’ont aucune envie de s’arrêter et joueront jusqu’à leur mort. On n’imaginerait pas Lemmy ou Ozzy mettre un terme à leurs carrières. Qu’en penses-tu ?

J’en pense que certains groupes auraient déjà dû s’arrêter. Ce n’est pas toujours agréable d’aller les voir. Je ne suis pas très enthousiaste quand je vais voir un artiste qui était bien meilleur il y a vingt ans. Certains groupes n’ont plus l’énergie nécessaire pour me convaincre, ils auraient dû s’arrêter il y a longtemps. Pour Lemmy et Ozzy, évidemment, c’est toute leur vie. Mais c’est aussi le cas pour nous. Nous voulons simplement conclure sur une note positive.

À quels groupes penses-tu lorsque tu dis qu’ils ne sont plus convaincants, aujourd’hui ?

Je n’ai pas envie de donner de noms, je ne veux pas critiquer qui que ce soit ! C’est un avis personnel, donc je ne te le dirai pas. On pourrait croire que je ne les apprécie plus, alors que je pense seulement qu’on les a assez vus.

Au début de cette tournée, tu avais confié ne pas savoir comment tu allais te sentir une fois qu’elle serait terminée. Après un an et demi, commences-tu à réaliser ?

Un peu, oui. Mais je ne parviens toujours pas à imaginer ce que ne plus jouer avec Scorpions représentera. Même si nous faisons une pause en ce moment, que je suis chez moi et que le prochain concert à Genève, n’est pas prévu avant le 4 novembre, je sais qu’il y aura d’autres concerts, c’est donc différent. Mais rester chez moi en sachant qu’il n’y aura plus de concert avec Scorpions… Ça, je n’arrive toujours pas à me le représenter. Je peux y penser, mais je ne sais pas ce que je ressentirai réellement. Y aura-t-il un sentiment de vide ou serons-nous tellement occupés avec nos autres projets et le film que l’on continuera à se voir régulièrement ? Je n’imagine toujours pas, mais je commence à m’en approcher.

Vous avez décidé de prolonger votre tournée et d’aller jouer dans des villes françaises autres que Paris et Lyon. Penses-tu que les groupes oublient parfois que la France ne se résume pas à Paris ?

Les groupes dépendent beaucoup des promoteurs. On ne choisit pas les villes nous-mêmes, on veut que le promoteur suggère des villes où aller jouer. Si on nous dit : « Commençons par Paris et Lyon, et peut-être une ville dans le sud », c’est une chose. Mais si le promoteur nous dit : « Le groupe est vraiment populaire, on pourrait envisager d’autres villes », on lui fait confiance parce qu’il connaît le marché mieux que nous. On aime jouer n’importe où, mais parfois on nous dit de ne pas aller dans telle ville ou de passer par telle autre. Et on suit les conseils parce que c’est le plus logique. J’ai été surpris d’apprendre qu’après ces dates en novembre, le promoteur avait déjà suggéré d’autres villes françaises pour l’an prochain. Il y a six ou sept concerts supplémentaires, je crois. Je n’ai pas encore compté ! Mais il pense que ça en vaut la peine, et c’était une agréable surprise.

Quand nous avons discuté l’an dernier, tu as dit que, pour le dernier concert, tu aimerais jouer en Allemagne, gratuitement, et inviter le monde entier. À l’époque, tu pensais que c’était totalement impossible. Y as-tu réfléchi depuis ? Cela te semble-t-il toujours impossible ? En as-tu parlé avec tes collègues ?

C’est une idée que j’ai eue mais aucun promoteur sur la planète n’acceptera de le faire ! [rires] C’était l’idée naïve d’un simple musicien. Je ne sais pas si nous donnerons le dernier concert en Allemagne, j’ai dit ça uniquement parce que c’est là que le groupe a débuté. On aimerait tout autant faire le dernier concert en Grèce, au Brésil, à Paris ou à Los Angeles. Nous n’avons pas encore décidé. Ce serait logique de jouer en Allemagne et d’avoir un public aussi important que possible. Mais généralement, quand c’est gratuit, ce n’est pas possible. Nous avons besoin de quelqu’un pour organiser le concert. Nous devons travailler avec d’autres gens et, en règle générale, ces gens ne travaillent pas gratuitement !

Interview réalisée le jeudi 20 octobre 2011 par phoner
Traduction et Retranscription : Saff’

Site Internet Scorpions : www.the-scorpions.com



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  • Ian et Destriyer : Ne parlez pas de Scorpions comme ça surtout sans les avoir vu sur scène. J’ai eu l’occasion et le bonheur d’être dans la fosse en face de Mathias Jabs durant le concert et ce sont vraiment (encore et toujours) des bêtes de scène. Leur tournée d’adieux n’a rien à voir avec le fric… Les comparer à Johnny est une insulte!! Non c’est un vrai et pur groupe de hard des année 80 et putain ce qu’on les aime!! Je reste persuadée qu’ils n’arrêteront pas la scène, ils aiment trop ça… Leur tournée d’adieux ne durerait pas aussi longtemps sinon ^^ D’ailleurs pour ceux qui sont de chez moi ils passent bientôt à Marseille, au Dôme c’est là une nouvelle occas de passé une magnifique soirée en compagnie d’un groupe vraiment superbe!!

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  • DIEGODELAVEGA dit :

    Aux 2 derniers zozos (ian et destriyer) … ce n’est pas parce que vous n’aimez pas un groupe qu’il faut se défouler dessus … cela ressemble à de la frustration et/ou de la jalousie … et enfin c’est complètement gratuit. Si vous aviez été les voir en live, vous sauriez que ce sont de vrais talents et de vrais bêtes de scène !!! Evidemment l’âge altère un peu la voix de Klaus mais cela reste de très grande qualité !! Tous les musicos du groupe sont excellents et si ils remplissent les Zénith et autres salles ce n’est pas par hasard !! A bon entendeur

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  • ce groupe est juste une parodie de lui-même…. je ne sais pas quoi rajouter de plus à leur égard… honnêtement ils sont la risée du rock et feraient mieux de se ranger et de taire à jamais leurs cacophonies insupportables … ( je m’excuse pour les propos que je viens de rapporter ^^ je donne simplement mon point de vue personnel )

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  • Une facon de remercier le publique francais ? ou plutot une facon de se faire du pognon ? Ce groupe est finit depuis longtemps.. Leur soit disant tournée d’adieu est juste un moyen pour vendre leur place plus cher un peu comme johnny .. c’est les johnny allemand en quelque sorte !

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  • Arena Goiania 2008, inesquecivel

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  • Mon « intégrale » Scorpions s’arrête en 84. J’aurai vu ces mecs en 82 tournée Blackout. Quelle baffe.

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  • super interview, merci.

    ps: faute d’orthographe à la 2ème réponse « au moins d’août » => « au mois d’août »

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    Doc'

    Merci c’est rectifié pour la phauthe. 😉

    WhoDoYouThinkIAm

    Puisk’on en ait aux fotes : « c’est la musique des années 60 qui nous a incités ». Pour moi, pas de ‘s’ à ‘incité’

    Saff'

    Ah non, là je suis sûre de moi, sur le « s ». 😉

    Tu dirais bien : « Les tartes, c’est moi qui les ai faites », non ? (Pardon pour l’exemple, j’ai envie de gâteaux…)

  • Tout à fait d’accord. J’adore le métal mais ça ne m’empêche pas d’écouter du prog, blues, du jazz, du funk et tout un tas d’autres musiques. Le problème n’est pas de savoir si le style est bien ou non, c’est plutôt est-ce que le groupe est bon ou non. Je suis déjà allé à pas mal de concerts de blues ou de rock au sens large et il y a des groupes qui sonnent bien plus métal que certains groupes de Métal. Voir Tony Levin et ses Stickmen sur scène, je peux vous dire que c’est plus Métal et violent que pas mal de groupes de chevelus !!!

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  • Chocapic.Man dit :

    Je suis d’accord Avec Mathias, Les Hardeux devraient s’ouvrir plus des fois. L’on peut y découvrir de nouvelles colorisations dans la musique. ^^

    [Reply]

    Breizhwarrior

    Faut pas non plus trop généraliser, je suis métalleux, mais j’écoute de tout 🙂

    Hé-mec!!

    @Breizhwarrior
    voilà, tout à fait! aujourd’hui il faut aimer tout le monde, écouter de tout, surtout n’émettre aucune critique sur rien, sinon on n’a tout de suite tort, c’est ça ?

    j’ai et je fais comme ma maman me le disait quand j’étais mioche, « faut toujours goutter, après on a le droit de dire qu’on aime pas »

    moi j’écoute pas de tout et je le revendique! savoir faire la différence entre de la crotte et du foie gras moi j’appelle ça avoir du goût, en musique c’est pareil!

    certains trucs sont vraiment de la crotte!

    Chocapic.Man

    @Hé-mec!!
    Attention, je n’ai pas dis qu’il fallait aimer Tout et Tout le monde, pas du tout.

    J’avertiss qu’il serait dommage de ne pas se laisser prendre aux plaisirs d’une musique qui nous plaît juste parce que les artistes ne font pas de metal. Il m’est arrivé de rencontrer des gens qui pensaient ainsi, on aurait dit du racisme musical.

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