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Chronique   

Scorpions – Return To Forever


Et ils décidèrent de continuer, encore et encore. On pourrait faire comme les éternels médisants et dire que Scorpions est revenu sur sa décision de mettre fin à sa carrière pour des questions d’argent, profitant de la manne financière tant qu’elle n’est pas tarie. Mais on a aussi envie de croire le chanteur Klaus Meine lorsqu’il nous dit en 2013 que « c’est bien plus difficile qu[ils] l’imagin[aient] » ou plus récemment qu’ils « s’amuse[nt] tous beaucoup trop pour raccrocher les guitares. » L’ivresse provoquée par la foule qui siffle à l’unisson « Wind Of Change » ou chante à tue-tête le riff de « Rock You Like A Hurricane », et puis la sensation, après 50 ans de carrière, d’être encore dans le cœur des gens alors qu’il y a quelques années on pouvait se sentir un peu has-been… Bref, Scorpions a encore envie. Et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

Après diverses sorties depuis Sting In The Tail – le supposé dernier album du groupe -, Scorpions revient avec Return To Forever, un alléchant projet de recueil de chansons constitué à partir de chutes inachevées des époques Blackout (1982) et Love At First Sting (1984) – généralement vues comme le sommet de la carrière du combo allemand -, et ayant ensuite évolué pour finalement devenir un nouvel album à part entière, notamment grâce à l’ajout de nouvelles idées. Et ça aussi c’est plutôt une bonne nouvelle, même si le poids de la référence au glorieux passé sera lourd à porter pour un album qui sera forcément comparé à l’incomparable. Et, d’ailleurs, toute comparaison amènera au même constat : les époques précitées sont révolues. Pourtant Return To Forever est loin de démériter et honore même en bonne partie sa promesse d’offrir des chansons « old school ». Ainsi l’opus apporte son lot de « rockers » : « Going Out With A Bang », « Rock My Car », « Rock N Roll Band » (qu’on avait pu découvrir en acoustique sur le MTV Unplugged et qui semble avoir chipé son riff au « Burn » de Deep Purple ; d’ailleurs, serait-ce un orgue Hammond qu’on entend dans le fond ?), « Hard Rockin’ The Place », toutes possédant ce côté bluesy intemporel qui balance et fera chavirer nos cœurs de vieux hardos. Il y a aussi « All For One » dont le rythme de batterie à la cloche renvoie à une certaine nostalgie ou le boogie en diable « The Scratch » qui, avec son petit grain de folie, fera bouger plus d’un arrière-train.

Mais Scorpions tombe aussi dans quelques travers, à savoir certaines mièvreries assez typiques de ces dernières années, même si jamais exemptes de feeling, avec « We Built This House », « Rollin’ Home » (que Nickelback aurait pu faire en guise de single radio) ou « Eye Of The Storm ». Dans la série, on retiendra surtout « House Of Cards » toute en sensibilité acoustique et « Gypsy Life », dont la tristesse et l’émotion des couplets pourra rappeler un « Holiday ». Oui, tout ceci constitue une forte concentration de ballades et power-ballades, quoi que réparties de manière équilibrée, mais c’est aussi là le format de chanson qui a fait exploser le groupe et qu’une frange plus « populaire » de son public attend de sa part. Au bout du compte Return To Forever est un album 100% Scorpions qui ne manquera pas de ravir les fans du groupe, trop heureux de récupérer du « rab ». Plutôt une bonne nouvelle, non ?

Album Return To Forever, sortie le 20 février 2015 chez Columbia.



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