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Live Report   

Seasick Steve : un bluesman qui ne se prend pas la tête


Seasick Steve Paris show artworkAvec Seasick Steve, nous vous proposons un voyage aux Etats-Unis, aux confins de notre univers musical certes, mais avec cette musique qui puise ses racines dans la country et le blues. Et la connexion se fait, via ce blues à l’origine du rock et de notre metal à nous. Sans souci, Seasick Steve aurait sa place en première partie d’AC/DC ! Il y a tellement d’énergie dans ce bonhomme. Et de cœur, grand comme ça ! Sans oublier des prestations live toujours très percutantes. Là aussi, la connexion se fait. Par cette vie que l’homme insuffle à ses concerts empreints de blues qui racle.

Du blues, de l’énergie, il ne nous en fallait pas plus pour vous parler de cet artiste et d’ajouter une éventuelle corde à l’arc de votre connaissance musicale. Un peu pompeux comme formulation ? Vous avez raison, d’autant que ce n’est vraiment pas le genre de la maison Seasick qui se présente avec un jean qui en a vu d’autres et un T-Shirt usé ! Et des guitares de bric et de broc, un festival !

Artistes : Seasick SteveNina Attal
Date : 21 mai 2015
Salle : Bataclan
Ville : Paris [75]

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Nina Attal

En ouverture de cette soirée, Nina Attal. Difficile de relier la jeune fille à l’univers metal, hard rock ou même rock. Son univers à elle, c’est la soul, musique ô combien respectable et procureuse de beaux frissons. Alors pourquoi ne pas s’offrir un peu de douceur soul dans notre monde metal ? Du haut de sa vingtaine d’années, la chanteuse française a déjà un EP et deux albums à son actif, dont le dernier WHA enregistré à New-York et sorti en octobre dernier. Son contact avec le public attentif et qui semble apprécier est plutôt bon. Tout sourire, charmante, charmeuse, elle donne rendez-vous à ceux qui veulent au stand merchandising, explique qu’elle a été prévenue deux jours plus tôt qu’elle assurerait cette première partie et qu’elle ressent de drôles de sensations car habituellement un groupe l’accompagne. Ce soir, en effet, elle jouera seule avec guitare électrique ou acoustique face à une salle encore timidement remplie. Elle se postera aussi au clavier pour un titre ou deux.

La voix est très agréable et vous enveloppe de sa volupté soul. On pense parfois à du Sade avec cette douceur suave et sensuelle qui peut se dégager des morceaux. Toute seule, Nina s’en sort plutôt bien dans un exercice finalement périlleux, maîtrisant son art sans soucis, offrant pendant la demi-heure de son concert une mise en bouche toute tranquille. Une remarque toutefois avant la tête d’affiche. Découvrir un(e) artiste, seul(e) sur scène, dans une configuration minimaliste inédite pour lui (elle) peut ne pas être la meilleure des présentations qui soit. Nina nous a montré une de ses facettes mais est-ce son vrai visage ?

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Seasick Steve : assis mais actif !

Même si le balcon du Bataclan est fermé, la salle est honnêtement remplie quand Seasick Steve, sa bouteille de vin rouge, et son Suédois de batteur Dave Magnusson arrivent sur scène. L’accueil du public est chaleureux, enthousiaste, les spectateurs présents ne sont pas là par hasard. Les applaudissements sur « Summertime Boy » montrent en plus que les fans apprécient le dernier album du barbu à casquette John Deere, marque de tracteur américaine. Qu’ils apprécient le bonhomme tout simplement. Il faut dire qu’avec sa gouaille, son abord simple et sympathique, son air quelque peu rigolard, il a de quoi séduire la foule. Et ce n’est pas la jeune fille qu’il invite à monter sur scène pour « Walkin Man » qui dira le contraire. Cet exercice est un passage obligé des concerts de Seasick Steve. Il assoit une fan en face de lui pendant qu’il joue pour elle cette jolie ballade country. Lui-même est assis sur un fauteuil en bois, position qu’il tiendra la plupart du temps. Et attention ! Si l’invitée détourne le visage, Seasick lui redressera amicalement la tête pour qu’elle le regarde bien dans les yeux. L’ambiance est plus que chaleureuse. L’homme brise avec brio la distance entre lui et son public. En deux coups de cuillère à pot.

Après avoir libéré la jeune fille, il s’adresse à l’assistance pour remercier la radio OUI FM de passer ses titres notant par la même occasion qu’il est peu fréquent que ses morceaux soient diffusés. « Are you allright ? » s’enquiert-il ensuite avant d’expliquer par le menu la composition de sa nouvelle guitare. Manche de banjo, plaque minéralogique du Mississipi, washboard (instrument blues par excellence dérivé des planches à laver et battre linge). L’homme se lève et montre à tout le monde son instrument, le retournant pour que tous les spectateurs profitent de cette « guitare ».

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« C’est pas beau ça sérieux ?! »

Il prend son temps et lance le plus remuant « Roy’s Gang » non sans s’être enfilé un dé à coudre sur le doigt, bien fixé avec un pansement. Pourquoi un pansement ? Parce que, dixit le maestro lui-même non sans humour, cela va devenir vraiment mouvementé et que si le dé à coudre venait à partir, il pourrait blesser quelqu’un ! Le retrait de cette « installation » donnera l’occasion à Seasick de montrer quel plaisantin facétieux il peut être. « Baby, Please Don’t Go », classique repris en son temps par AC/DC version Bon Scott lui donnera l’occasion de jouer avec le public, lui faisant chanter le refrain. L’homme se lève, boit son vin, se rassoit, prend son temps et explique que, contrairement aux Américains, les Européens comprennent le jazz et le blues et que c’est pour cette raison que les bluesmen des années 60, les Mississipi Fred McDowell, les T-Bone Walker venaient ici car ils y recevaient de l’amour. Il continue en ajoutant que c’est un honneur pour lui d’être ici. Succès assuré auprès du public.

Les titres s’enchaînent, les changements de guitare aussi et les spectateurs apprécient. Quelques fans dansent, un peu trop remuants au goût d’autres qui ne s’attendaient pas forcément à un contact si rapproché. Et oui, vous êtes dans une salle de concert, en configuration debout ! Mais dans l’ensemble, c’est un public calme et attentif qui apprécie la prestation sans effusions particulières. L’assistance répartie en âge, même si la moyenne sera au-dessus de l’adolescence, et en sexe écoute Seasick raconter les histoires de ses titres. « Barracuda 68 » par exemple n’est pas à propos de la voiture Barracuda, plutôt un peu à propos de l’année 68, un peu à propos de beaucoup de choses finalement. On sent quelque chose chez cet homme, différent de la plupart des artistes. Seasick Steve a été un hobo, errant sur les rails de l’Amérique, pas né au départ pour être musicien. Il parlera des rêves que l’on poursuit et racontera qu’il jouait au départ pour son chien avant de lancer « Keep on Keepin On ». Peut-être que ces racines expliquent son attitude, la perception que nous pouvons avoir de sa prestation, originale, hors des standards habituels.

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Le vin c’est bien.

Toujours bavard, il remerciera sa compagnie de disques française même si a priori, il n’aime pas ce type de structure. Mais il reconnaît les qualités de celle qui s’occupe de lui en France. [NDA : il s’agit de Caroline Records]. Avant « Thunderbird », blues qui partira en délire instrumental débridé mais jouissif, il placera un mot élogieux sur Nina Attal. Sympa, tout à fait dans l’esprit de cet artiste sans prise de tête qui prouve qu’à deux, même assis la plupart du temps, il est possible d’offrir une prestation de haute volée. La réaction du public parisien qui l’applaudit chaleureusement montre que les spectateurs approuvent.

Au bout d’une heure trente de musique soutenue par un excellent son, le spectacle se termine malheureusement. Il aura rencontré un franc succès auprès du public qui ovationne Dave et Steve qui restent encore longtemps à saluer les fans, serrer des mains, dédicacer ce qu’on leur tend, un CD, une casquette, manifestement au-delà du temps réglementaire. Encore une preuve supplémentaire de la générosité de ces artistes clairement hors des cadres formatés auxquels nous sommes tous habitués. Et s’il y a bien une chose que nous pouvons espérer, c’est que Seasick Steve « Keep On Keepin On » encore longtemps !

SetList Seasick Steve (source Setlist.FM) :

My Donny
Bring It On
Summertime Boy
Walkin’ Man
Roy’s Gang
Baby, Please Don’t Go (reprise de Big Joe Williams)
Don’t Know Why She Love Me But She Do
Right On Time
Barracuda ’68
Keep on Keepin’ On
Thunderbird

Rappels :

Gentle On My Mind (reprise de John Hartford)
Dog House Boogie

Live report et photos : Lost.

A voir également :

Galerie photos Seasick Steve.



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