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Interview   

Sebastian Bach maintient son rythme d’enfer


Sebastian Bach enchaîne les albums et nous, on prend toujours plaisir à découvrir ses nouvelles fournées de hard sleaze et moderne. Finalement, c’est un peu comme les interviews de l’ex-Skid Row : on sait que ce sera passionné et généreux, peut-être parfois même un peu exagéré, mais c’est ce tempérament qui fait sa force. Quoi que Sebastian Bach semble vouloir se calmer sur les déclarations choc, comme dans l’interview qui suit où il prend soin d’éviter d’en dire trop sur autrui – que ce soit son ancien guitariste Nick Sterling qu’il a mit à la porte ou Mötley Crüe pour lequel il avait déclaré avoir auditionné, provoquant une polémique médiatique en fin d’année dernière – ou sur les réseaux sociaux où, dès qu’il déclare quelque chose, même sur le ton de l’humour, « on en fait les gros titres dans toutes les publications rock du monde. »

Ce qui ne l’empêche pas d’avoir toujours autant de bagou, surtout lorsqu’il s’agit de parler de sa musique qu’il aime passionnément, de rigoler franchement ou d’exposer des réalités que certains jugeront peut-être cyniques, comme lorsqu’il explique que, selon lui comme dans la plupart des groupes de rock, il n’a pas besoin de s’entendre humainement avec les musiciens avec lesquels il joue, citant de manière très pertinente, et hilarante, une certaine chanson de Rammstein…

« Je veux pouvoir être en mesure de t’attraper par le col, de te secouer et de te dire : ‘Oh mon dieu, il faut impérativement que tu entendes ça, mec !’ Cet enthousiasme, on le retrouve dans chacun de mes albums. »

Radio Metal : La dernière fois que nous avons discuté, au Hellfest en 2012, tu as déclaré : « Je ne crois pas que le public se rende compte des efforts, de l’argent et du temps qu’il faut pour faire un album vraiment bon. » Donc en termes d’efforts, d’argent et de temps, qu’est-ce qu’il t’a fallu pour faire ce nouvel album ?

Sebastian Bach : J’ai littéralement écouté Give ‘Em Hell sous une forme ou une autre pendant un an, au moins, peut-être même plus. C’est mon métier. La technologie moderne fait qu’il est très facile d’emmener sa musique avec soi où qu’on aille, donc je rassemble la musique qu’ont fait mes amis John 5, Duff McKagan et Steve Stevens, je la mets dans mon Iphone, je me fais une playlist de nouvelles démos, et ensuite je l’écoute tous les jours jusqu’à ce que j’en sois satisfait [rires]. Ça m’a pris à peu près un an. Pour l’album précédent, Kicking & Screaming, c’était allé un peu plus vite parce que la plupart des chansons étaient plus achevées, mais j’aime tellement Give ‘Em Hell, c’est un album super heavy. Voilà ma technique : je vais courir et j’écoute la playlist. Il me faut du temps pour aimer ce que j’écoute mais quand ça me plaît, ça plaît aux gens aussi. C’est comme ça que je fonctionne depuis dix ans.

Tu sembles de plus en plus enthousiaste à chaque nouvel album, tu es même allé jusqu’à dire que tu es passé à l’étape supérieure en termes d’enregistrement avec ce disque. Est-ce que tu penses que tu apprends de chaque expérience pour parfaire ta musique ?

Oui. Il y a une chose que j’ai apprise en vieillissant : le travail en studio est très différent de la scène, et j’aimerais arriver à un point où l’expérience live se rapproche de celle en studio. En live, tout est fou, fort, dingue, alors qu’en studio, tout est sous contrôle, donc je pense différemment. En studio, l’atmosphère est complètement différente, et quand j’écoute l’album il est génial à écouter, donc oui, j’apprends beaucoup. Lorsque je parle d’une étape supérieure en termes d’enregistrement, je parle de fichier audio. Bob Marlette, le producteur, ainsi que Tom Baker, le mec qui s’est occupé du mastering de l’album, sont les meilleurs dans leur domaine, et j’ai travaillé avec eux sur mes derniers albums. Je parle du son et de la manière dont la production ressort lorsqu’on l’écoute au casque, la voix, les cris, la guitare etc., voilà ce que j’entends par l’étape supérieure. Pour moi, c’est l’album de Sebastian Bach le mieux produit. Peut-être que j’ai tort mais peut-être aussi que j’ai raison [rires] !

C’est intéressant, tu dis vouloir que l’expérience live se rapproche de celle en studio alors que généralement, les groupes de rock essaient de faire l’inverse : ils essaient de rendre l’expérience studio plus proche de l’expérience live, en enregistrant le groupe en live etc.

Tout le monde est différent. Il se trouve que quand j’écoute de la musique, j’ai tendance à écouter beaucoup d’albums enregistrés dans les années 70, comme Steely Dan, The Eagles ou ce genre de groupes qui ont des albums très bien produits, qui ont vraiment un super son. Je pense que faire un album est un art en soi. C’est plus cérébral, là où le live, c’est plus physique, c’est une histoire de sueur, d’énergie et de folie. Je pense que YouTube a changé beaucoup de choses : tout le monde filme chaque note à chaque show puis met la vidéo sur sa chaîne YouTube. Ça a changé l’expérience live et pas pour le meilleur [rires]…

Tu as viré ton guitariste Nick Sterling il y a deux ans, et Devin Bronson est arrivé dans le groupe l’année dernière. Comment expliques-tu le fait que tu changes de guitariste à chaque album ? C’est si difficile que ça de trouver la bonne personne ?

Oui, ça l’est. C’était tout simplement que mon ancien guitariste ne voulait pas apparaître dans le nouveau DVD de Sebastian Bach intitulé Abachalypse Now. Donc, s’il ne voulait pas en faire partie… Je n’ai pas envie de me battre avec un membre de mon groupe, tu vois, il est hors de question que ça arrive… [Rires] C’est un très bon guitariste et je lui souhaite plein de bonnes choses. Duff McKagan, qui a écrit la chanson « Harmony » avec moi sur Give ‘Em Hell, et qui joue de la basse sur la moitié de l’album, m’a présenté à Devin, qui joue sur la majorité des chansons et qui a fait un super boulot. Il joue aussi en live avec moi. Steve Stevens du groupe de Billy Idol joue sur trois chansons, et John 5 sur une seule. Tu sais, tu me demandes si c’est difficile de trouver la bonne personne : John 5 serait définitivement la bonne personne mais il est très occupé [rires]. Mais il a un peu de temps pour moi quand même, ce qui est génial. Il a écrit la chanson « Temptation », le premier single et le premier clip qui devrait sortir sur les écrans d’un jour à l’autre (ndlr : interview réalisée le 25 mars).

Tu dis que Nick ne voulait pas apparaître dans le DVD live… Pourquoi ?

Il faut que tu lui demandes à lui ! Il n’a pas voulu signer la décharge que tous les autres ont dû signer pour la retransmission en live à la télé. Il a refusé de la signer alors que même moi j’ai dû le faire… C’est à lui que tu dois poser cette question !

Il ne t’a pas donné de raison ?

J’étais très occupé ce jour-là, j’allais passer en live à télévision dans tous les États-Unis. Des centaines de milliers, peut-être même des millions, de gens allaient me regarder chanter ce soir-là donc je n’avais pas le temps d’écouter quelque raison que ce soit pour m’expliquer pourquoi il ne pouvait pas le faire. J’avais un boulot à faire [rires].

« Personne n’a envie d’écouter un Sebastian Bach timide et embarrassé, les gens veulent entendre un Sebastian Bach enthousiaste, marrant et heureux. »

Comment fais-tu pour que ta musique reste cohérente même en changeant systématiquement de guitariste, qui est un musicien important ?

Parce que je suis… Comment répondre à cette question ?! OK, mon Dieu… [soupir puis pause] Il faut que je puisse vraiment aimer les choses sur lesquelles mon nom apparaît et je n’insisterai jamais assez là-dessus. C’est tout simplement moi. Et ça remonte à l’époque du premier album de Skid Row. Quand j’ai chanté « 18 And Life » en studio, j’aimais la chanson de tout mon cœur. « I Remember You », je l’ai chantée en m’y mettant corps et âme à 100 %. Personne au monde, même pas les autres membres du groupe, ne peuvent me dire ce que j’aime ou ce que je n’aime pas et il n’y rien que j’aie jamais sorti que je n’aimais pas de tout mon cœur. Donc quand tu me demandes comment ma musique reste cohérente, voilà la raison. Je la fais pour moi [rires], c’est tout ! Je veux pouvoir être en mesure de t’attraper par le col, de te secouer et de te dire : « Oh mon dieu, il faut impérativement que tu entendes ça, mec ! » Cet enthousiasme, on le retrouve dans chacun de mes albums avec Skid Row et chacun de mes albums solo. Voilà comment je reste cohérent. Je n’essaie pas de me mentir. Je m’assure de vraiment aimer ce que je fais, c’est ce qui me permet ensuite d’en parler en interview et de le chanter sur scène… Personne ne peut m’enlever cette sensation, je la connais vraiment bien. La sensation authentique.

Est-ce qu’à l’époque de Skid Row, on a essayé de te faire chanter des chansons que tu n’aimais pas vraiment ?

Oui ! Oui, c’est une bonne question. Je me souviens que lorsque j’ai rejoint le groupe, quand j’ai entendu « 18 And Life », j’ai dit : « OK, c’est fait, on la garde, il n’y a rien qui cloche là-dedans [rires], cette chanson est terminée, suivante ! » Puis on arrivait à une autre chanson qui ne me plaisait pas trop, et je disais : « OK, sois gentil, tout n’est pas à jeter là-dedans mais viens au micro et essaie de chanter ça… » Je me souviens que Michael Wagener (producteur du premier album de Skid Row) était avec nous en répétition, j’ai essayé de chanter le premier couplet, puis ma bouche s’est fermée, tout simplement ! [Rires] Je me sentais timide et mal à l’aise parce que je ne l’aimais pas et je me disais : « Qu’est-ce que je suis en train de faire ?! » [Rires] Donc ça n’a pas fonctionné. L’une des raisons pour lesquelles les gens s’identifient à moi en tant que chanteur, c’est parce qu’ils peuvent ressentir ce que je ressens. Personne n’a envie d’écouter un Sebastian Bach timide et embarrassé, les gens veulent entendre un Sebastian Bach enthousiaste, marrant et heureux. Personne n’aime l’autre Sebastian [rires].

Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de cette chanson ? Est-ce qu’ils l’ont réutilisée plus tard ou est-ce qu’ils l’ont mise à la poubelle ?

Non, c’est ce qui fait la beauté du groupe, comme pour tous les groupes. Il y a des tensions au sein de tous les bons groupes, comme les Stones, Led Zeppelin, Möltey Crüe ou Guns N’ Roses. Skid Row n’était pas différent. Lorsque nous aimions tous les cinq quelque chose, ça donnait « 18 And Life ». Quoi que tu penses du résultat, le processus pour y arriver n’est pas toujours une partie de plaisir [rires]. On n’a rien sans rien !

Devin Bronson est surtout connu pour avoir travaillé avec des stars pop rock comme Avril Lavigne ou Pink. C’est assez surprenant parce qu’il sonne très heavy dans Give ‘Em Hell ! Est-ce que tu as l’impression que ton groupe lui a permis de vraiment s’épanouir en tant que guitariste ?

Oui, il travaille aussi beaucoup avec Isaac Carpenter, le batteur de Loaded. Isaac Carpenter a coécrit une chanson sur Give ‘Em Hell intitulée « All My Friends Are Dead ». Voilà un truc sur le fait de travailler avec moi, Bobby Jarzombek et Bob Marlette : il faut être un bon musicien. Si Marlette te dit : « Hé, essaie ça », il faut être suffisamment bon pour pouvoir mettre cette idée immédiatement en pratique. J’ai travaillé avec des mecs qui n’avaient pas le niveau suffisant et ils devaient aller répéter la partie puis revenir… Désormais, nous avons largement dépassé ce stade ! [Rires] Donc David est suffisamment bon pour travailler avec Bob en studio et il fait des parties de guitare fantastiques. Et aussi Steve Stevens apparaît sur trois chansons, c’est incroyable. Il a toujours été l’un de mes guitaristes préférés. C’est un super album de guitare, c’est sûr.

Comme tu viens de le dire, Duff McKagan, Steve Stevens et John 5 apparaissent sur cet album. Comment se sont-ils retrouvés à y participer ?

J’ai travaillé avec Duff et Steve dans un super groupe en Australie où nous avons fait la première partie d’Aerosmith et de Van Halen dans un même show ! [Rires] C’était génial ! Et j’ai tout simplement dit à Duff : « Eh mec, je travaille sur un nouvel album, ça te dit d’en être ? », et il a répondu : « Baz, est-ce que je peux faire le sale ? », c’était à mourir de rire. C’est cool de travailler avec Duff à nouveau, je suis complètement fan de lui. J’ai participé à l’un de ses albums solo intitulé Believe In Me en 1993 et nous voilà en 2014 à faire une nouvelle collaboration ! Il apparaît aussi dans deux des clips, « Temptation » et « All My Friends Are Dead ». C’est fantastique pour les fans de nous voir lui et moi ensemble dans une vidéo. C’est génial. J’en suis très heureux.

Tu parles de ton super groupe avec Duff McKagan. Pourquoi n’as-tu pas continué avec celui-ci ?

C’était juste un groupe de reprises. C’était un groupe qui ne jouait que des chansons d’autres groupes. Tu te retrouves vite limité avec un tel groupe. [Give ‘Em Hell] est un album de chansons inédites, ce qui est complètement différent.

Oui, mais n’aurais-tu pas voulu écrire des chansons originales avec eux ?

Eh bien entre vouloir et pouvoir, il y a un monde [rires]. Bien sûr que j’aurais voulu, mais là, je l’ai vraiment fait.

Il y a une chanson sur l’album qui s’appelle « Rock N Roll Is A Vicious Game » [« le rock’n’roll est un jeu dangereux »]. À quel point le rock’n’roll a-t-il été dangereux pour toi ?

Le rock’n’roll en soit est la meilleure chose qui me soit arrivé. Ce sont d’autres choses, dans ma vie personnelle, qui n’ont pas été si géniales… Mais cette chanson est une sorte de message adressé aux petits jeunes que je croise dans le business et qui ont l’impression que tout leur est dû à partir du moment où ils sont dans un groupe… Les vrais rockeurs de ce monde, les gens comme Lemmy, Joan Jett ou moi, nous avons compris qu’il faut d’abord tout sacrifier au rock’n’roll, et qu’ensuite peut-être un jour quelqu’un aimera ce que tu fais. Mais personne ne te doit quoi que ce soit. Il faut que tu donnes tout ce que tu as, et même dans ce cas, c’est un jeu dangereux. Il faut donc en profiter un maximum sur scène. C’est un message pour tous les jeunes mecs qui se brûlent les ailes à cause du rock’n’roll.

« Mon boulot jusqu’à la fin de ma vie va être de monter sur scène, me mettre devant le micro, et chanter ’18 And Life’. »

Tu as aussi une chanson qui s’appelle « All My Friends Are Dead » [« Tous mes amis sont morts »]. Est-ce que c’est vraiment le cas [rires] ?

[Rires] C’est juste une blague, ce titre, même si la chanson est très heavy. Tu sais, il y a deux jours, on a perdu Dave Brockie, le chanteur de Gwar, c’était l’un de mes amis et il est mort. J’apparais dans une vidéo de Gwar (ndlr : Skulhedface), je joue une rockstar, c’est un rôle de composition [rires]… Chaque jour, chaque semaine, l’un de mes amis meurt. C’est aussi une manière de désigner des personnes qui sont toujours vivantes mais qui ne font plus partie de ma vie. Nous avons été amis, et puis maintenant, c’est comme si tu étais mort pour moi… Ça pourrait aussi être une des significations du titre.

Tes setlists sont constituées majoritairement de chansons de Skid Row. Dans tes dernières setlists, il n’y a que cinq de tes chansons solo. Maintenant que ta carrière solo est acclamée et que tu en es visiblement fier, n’as-tu pas envie de mettre en valeur ces chansons ?

Si, j’en ai envie mais c’est lié au temps que j’ai sur scène. Je vois ce que tu veux dire et je suis d’accord avec toi, mais quand on me dit que j’ai 40 minutes sur scène devant 60 000 personnes au Hellfest en France alors que je ne parle pas français, je vais faire tout ce que je peux pour rentrer en contact avec le public. Et tu ne peux pas nier le pouvoir de chansons comme « I Remember You », « 18 And Life », « Youth Gone Wild » ou « Monkey Business ». Et ça, ça fait déjà presque 40 minutes [rires] ! Donc je vois ce que tu veux dire mais je ne suis pas le seul dans l’industrie musicale à jouer ses plus grands hits en concert. Ça dépend plus des fans que de moi. J’essaie de faire un bon show et si j’ai plus de temps, si je suis tête d’affiche, là, je peux faire plus de chansons qui ne sont pas des hits très connus. Je ne sais pas quoi te dire. C’est plus pour les fans que pour moi.

En novembre 2012, tu as posté une photo de toi sur Facebook disant que tu étais en train d’enregistrer « un projet top secret qui [allait] révolutionner la musique populaire telle qu’on la [connaissait]. » C’est assez fort comme déclaration ! [Rires]

[Rires] C’était une blague, rien de plus ! Parfois j’aime bien m’amuser et faire de l’humour sur Twitter, mais il faut que je fasse attention parce qu’une fois par exemple, le 1er avril – je ne sais pas comment ça se passe chez vous mais c’est une fête nationale aux États-Unis où on joue des tours aux autres – ma copine a publié sur mon compte Twitter : « Oh yeah, le groupe se reforme ! » Et Fox News, FOX NEWS, FOX… NEWS a dit à la télé : « Ressortez votre laque à cheveux, c’est l’heure des années 80, Skid Row est de retour ! » [Rires]. Je déconnais, je n’ai même pas dit de quel groupe je parlais, ça aurait très bien pu être de mon groupe du lycée ! Je plaisantais sur Twitter le 1er avril, et Fox News en a fait toute une histoire. Parfois il faut que je fasse attention à ce que je publie sur Twitter, c’est sûr [rires]…

Tu as qualifié Twitter de « nouveau magazine rock » et tu sembles trouver fou que ta page Twitter soit une source de news pour tous les médias rock du monde. Est-ce que tu vois ça comme une dérive ou comme un effet pervers des réseaux sociaux et d’internet ?

Oui, parce que quand j’étais gosse, je m’achetais Rock Scene Magazine et Circus et c’était comme ça que j’avais des nouvelles de mes groupes favoris. Maintenant, j’ai à peu près 800 000 fans sur Facebook, donc à chaque fois que j’y poste quelque chose, il y a presque un million de gens qui aiment ce que je fais qui le voient [rires] ! Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est plutôt chouette et c’est ce que je voulais dire lorsque j’ai écrit que Twitter est le nouveau magazine rock. C’est comme ça que les gens trouvent leur rock, de nos jours.

Sur un autre sujet : comment était-ce de jouer une rock star morte dans la saison 6 de Californication, juste à rester allonger dans un cercueil ?

C’était un rôle plutôt facile à jouer ! Ce n’était pas compliqué ! [Rires]

Comment t’es-tu retrouvé à faire cette apparition assez spéciale ?

J’ai fait énormément d’apparition dans des séries et je suis connu pour ça… J’apparais dans pas mal de scènes d’une série qui s’appelle Gilmore Girls, donc je suis connu pour ça. Je fais beaucoup de télé, c’est tout. J’apparais aussi dans d’autres séries. Je viens de tourner une série pour ABC Television qui s’appelle Sing Your Face Off et qui va sortir aux États-Unis en juin. C’est une série de 8 épisodes avec John Lovett, Carmen Electra et tous ces gens… Donc dans le milieu, à la télé, quand ils ont besoin d’une rock star, morte ou vive, ils appellent Sebastian Bach ! [Rires]

Est-ce que tu as pu rencontrer David Duchovny ?

Oui, il est très cool, c’est un mec très sympa.

Est-ce que tu sais s’il a un peu du côté rock’n’roll et des goûts musicaux de Hank Moody, son personnage ?

David Duchovny aime le rock’n’roll à 100 %. Il adore ça, c’est vraiment son truc. Nous avons parlé de rock’n’roll, d’histoires de cœur, de nos copines, de mariage, nous avons vraiment passé une super journée ensemble. C’est un mec très sympa. Je pourrais lui envoyer un sms là tout de suite pour lui dire à quel point il est sympa là, si je voulais ! [Rires]

Quel sont ses groupes préférés, alors ?

Il parlait de jouer de la guitare, de prendre des cours et de jouer beaucoup de rock des années 70. Voilà de quoi on parlait, si je me souviens bien.

Il y a eu une sorte de polémique à la fin de l’année dernière : tu as dit que tu avais un jour passé une audition pour Mötley Crüe et qu’ils voulaient que tu rejoignes le groupe mais Nikki Sixx a complètement nié. Pourquoi ? Pourquoi Nikki Sixx ne l’aurait pas reconnu si c’était vrai ?

En fait, quelqu’un a posté une interview de lui sur YouTube où il dit à MTV que j’avais répété avec eux… Le principal, c’est que Vince Neil est le chanteur de Möltey Crüe et qu’il le restera toujours. Il est le seul chanteur de Mötley Crüe. Je suis complètement fan de ce groupe… Je suis en train d’écrire un livre et tout ce que j’ai à dire à ce sujet sera dans ce livre. Mais j’adore Mötley Crüe, j’adore la voix de Vince Neil, aucune autre voix n’irait à ce groupe.

« Si quelqu’un veut jouer la musique pendant que je la chante, ça me va. […] Voilà la bite, voilà la chatte, allons-y, où est le problème ? » [Rires]

Alors pourquoi n’as-tu pas rejoint le groupe, s’ils t’ont proposé de le faire ?

Je venais de terminer l’album Slave To The Grind et il était très important pour moi, c’est tout ce que je veux en dire, parce que la dernière chose dont j’ai envie, c’est de me battre avec Mötley Crüe alors qu’ils sont mon groupe préféré. C’est tout… J’écris un livre et tout ce qu’il me reste à dire sera dans le livre. J’adore Mötley Crüe ! Écris ça dans ton article [rires].

Comme tu viens de le dire, tu vas sortir un livre. Qu’est-ce qu’on peut en attendre ? Est-ce qu’on y trouvera des anecdotes inédites ?

Évidemment, je ne vais pas publier des choses que vous connaissez déjà ! Ça va être une compilation de mes écrits à propos de ce qu’il s’est passé dans ma vie, de photos… À peu près chaque rock star a son livre à part moi et les gens veulent mon livre donc voilà ! Il va sortir bientôt.

Sais-tu quand il verra le jour ?

Non, je ne sais pas. Il sortira quand il sera fini ! [Rires] HarperCollins (ndlr : une maison d’édition américaine appartenant au groupe News Corporation) le veut tout de suite mais c’est moi qui décide quand il sera terminé.

Tes anciens collègues de Skid Row sont toujours réticents à parler de toi, alors que toi, tu as toujours semblé n’avoir aucun problème à parler de Skid Row. Comment expliques-tu cette différence ?

C’est absolument pas vrai ! Ce qui se passe, c’est que si j’en dis deux mots, ou cinq mots, on en fait les gros titres dans toutes les publications rock du monde. Cette histoire avec Mötley Crüe n’était à l’origine qu’une réponse que j’ai faite à un fan sur Twitter, et c’est devenu toute une histoire. Lorsque j’ai parlé du 25e anniversaire de mon premier album l’autre jour, c’est devenu cette histoire gigantesque. J’ai peut-être dit deux phrases à ce sujet, mais comme ce que je dis est bien plus publié que ce qu’ils disent, eh bien voilà [rires] ! Je n’en parle pas plus qu’eux, c’est juste que les gens publient beaucoup plus ce que je dis que ce qu’ils disent. Et généralement, je parle de moi, je parle d’albums que j’ai faits et qui se sont vendus à des millions d’exemplaires. Mon métier, c’est de faire des albums, donc évidemment je ne vais pas ne pas parler de mes plus grands succès, ce serait complètement stupide ! [Rires] Je serais censé ignorer 20 millions de ventes ? C’est n’importe quoi, c’est complètement dingue !

Tu dis souvent que tu ferais des concerts de réunion avec Skid Row sans hésiter juste pour faire plaisir aux fans et prendre l’argent. Mais est-ce que ça a vraiment un sens si les membres du groupe ne s’entendent plus du tout ensemble ?

Mon boulot jusqu’à la fin de ma vie va être de monter sur scène, me mettre devant le micro, et chanter « 18 And Life ». C’est mon métier. Si quelqu’un d’autre est à la basse, ça me va, pas de problème. Si tu joues de la basse, vas-y [rires] ! Je chanterai cette chanson jusqu’à la fin de ma vie. Si quelqu’un veut jouer la musique pendant que je la chante, ça me va. Ce n’est pas un problème. Où est le putain de problème ? C’est quoi déjà la chanson de Rammstein ? « You’ve got a dick, I’ve got a pussy, so what’s the fucking problem » ? (ndt: “tu as une bite, j’ai une chatte, alors quel est le putain de problème ? ») [Rires] C’est quoi le souci ? Voilà la bite, voilà la chatte, allons-y, où est le problème ? [Rires]

Tu es en train de dire que tu n’as pas besoin de spécialement bien t’entendre avec tes collègues sur scène ?

Non en effet, je n’ai pas besoin de ça. Il y a beaucoup de groupes dans le monde dont les membres ne peuvent pas se blairer, mais qui vont sur scène et qui jouent leurs chansons. Je peux te donner le nom de mille groupes qui ne peuvent pas se supporter ! Ils montent dans le bus, vont au concert, et font leur show ! Il y a très peu de groupes où les membres s’entendent bien. Ce n’est pas un groupe de rock [rires]. Un groupe de rock, ce n’est pas pour chanter Kumbaya et faire ami-ami, c’est pour jouer de la musique. Je n’ai pas besoin de te connaître pour jouer « I Remember You » avec toi, je n’ai même pas besoin de savoir comment tu t’appelles. Si tu peux le jouer, je peux le chanter, donc allons-y !

Est-ce que tu es en train de dire que les groupes qui ont l’air d’être amis sont des hypocrites ?

Non ! Est-ce que tu crois que dans chaque groupe qui nous entoure les musiciens sont tous meilleurs amis ? C’est à mourir de rire ! Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Si tu as une entreprise, tu n’es pas nécessairement ami avec tout le monde, au travail… Tu vas travailler, et tu fais ton boulot. Il n’y a rien d’hypocrite dans le fait d’avoir du succès.

Interview réalisée le 25 mars 2014 par Spaceman.
Question et Introduction : Spaceman.
Retranscription et Traduction : Chloé.

Album Give ‘Em Hell, sortie le 22 avril 2014 chez Frontiers Records.



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  • Superbe interview!

    On peut lire la franchise de Sebastian Bach dans ses propos.

    Quand il fait allusion à l’approche de Motley Crue pour qu’il chante éventuellement dans le groupe c’est surement vrai.

    Question franchise il est beaucoup plus crédible que Nikki Sixx qui lui nous a bien prouvé qu’il était hypocrite à maintes reprises!

    Il faut se rappeller que Motley Crue c’est séparé de Vince Neil aprés la sortie de Decade Of Decadence (1991). Et que l’album avec John Corabi est sorti en 1994.

    Pendant ce temps là Skid Row était multi platinum en ventes d’albums. Ils avaient cartonnés avec leur premier et deuxième album (1989 et 1991).

    Sebastian Bach étant un chanteur exceptionnel, l’idée qu’il fut approché par Motley Crue entre 1992 et 1993 n’est pas impossible et fortement réaliste!

    Seulement si Vince Neil n’en a jamais été au courant ça la fout mal quand même d’où peut être la réaction de Nikki Sixx.

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