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Chronique   

Seether – Isolate And Medicate


Premier constat, dès les premiers accords de Isolate And Medicate, nouvel album des sud-africains de Seether, avec l’ouverture « See You At The Bottom » : le son est sale et gras ! Très Grunge. Un côté « back to the 90’ » ? Oui ! Le premier riff a comme un accent de détartrage gratuit du larynx, mais les 90s c’est fini et le charme de ces années-là finit vite par s’estomper. Des couleurs vocales harmonisées et bien fichues s’installent, avec tout de même de petites intonations à la Alice In Chains, cassant la redondance du plan, et un son clair qui fait bouger la tête. Mais à peine le second morceau démarré que Seether est déjà en perte de vitesse.

Car pour ceux qui ont offert par le passé un grunge énervé, aux couleurs inratables et si particulières du néo de cette fin des années pré-2000, une croisée des chemins providentielle s’imposait d’elle-même : la radicalisation ou, à l’inverse, plus évidente, celle du commercial. Eh oui avec le temps on se range… Les morceaux se calment les uns après les autres, et c’est bien là, plutôt dans cette seconde option, que Seether propose son voyage. L’album suit un fil qui se détend, avant de remonter en pression avec « My Disaster ». Loin de faire un panégyrique de la distorsion, ce dernier s’ouvre derechef aux chorus et flanger sur son clair, rappelant encore une fois le néo des années 90-2000 comme l’a fait Drowning Pool, avec toutefois cette couleur plus douce et « easy listening » typique des formations métissant le romantique et la saturation.

Pas de doute, Seether n’a pas galvaudé son appellation de post-grunge, largement confirmée par une chanson légère comme « Crash ». L’album est calme et même plutôt pop. On retrouve ces couleurs à travers l’album, dans le jeu de batterie épuré et simple et l’accordance des guitares entre elles. Les harmonies vocales (parfois très chiadées au demeurant), relancent régulièrement l’accroche de l’album qui semble se décliner dans une succession de codes appartenant à des styles variés. On va y retrouver le classique punk-rock des années American Pie, des couleurs Fall Out Boy, Sum 41 et même Cure ! Le punk-rock fait route commune avec la new-wave en une quête, sûrement, de diversité phonique digérée par des influences enfin assumées voire revendiquées. La contrepartie avantageuse des années qui passent…

Néanmoins, les plages finissent par se ressembler, surtout sur l’articulation des refrains où les mêmes motifs rythmiques et harmoniques ont une tendance un peu trop prononcée à revenir. « Word As Weapons » reprend même les intervalles et dominantes harmoniques de la célébrissime « Mad World » de Tears for Fears. Le reste de l’album est dans la même veine avec des schémas assez répétitifs voir monotones, où Seether tombe dans quelques facilités, et des morceaux flirtant fortement avec une pop guimauve à la Silverchair, ostensiblement une de leurs influences majeures, aux paroles traitant d’amour sur fond de disto’ Mesa Boogie.

Album cohérent, bien que manquant de piment et de dynamique, d’un groupe qui avait pourtant assaisonné les oreilles de son public du retentissant et viral « Truth ». Pris par la nécessité de se renouveler, Seether sort finalement un album donnant le cap du groupe, celui de la recherche d’un son, mais tombant malgré tout aujourd’hui dans la position d’un combo qui sonne un peu « has-been ».

Album Isolate And Medicate, sorti le 30 juin 2014 chez Spinefarm Records



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  • Tiens, je vois les choses à l’opposé. Seether nous a sorti un album où chaque morceau à son truc pour ne jamais ennuyer, je n’y vois aucune redondance et les dominantes harmoniques sont monnaies courantes dans le post-grunge/metal alternatif et plutôt bien utilisées par le groupe qui n’en fait jamais trop. Un album simple qui se base sur l’essence même du plaisir, je pense que c’est une erreur d’en attendre trop de Seether.

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  • Je ne suis pas tout a fait d’accord avec vous… Je trouve que ca ressemble un peu a du Nirvana sur certains morceaux. Ca bouge parfois. Et c’est de la bonne musique. Vous vous attendiez peut etre a ce que Seether ne fasse que des albums assez violents ?

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  • « Sleether » Vous avez rajouté un « l » en trop.

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    Spaceman

    Bien vu, merci. C’est ma faute, je ne sais pas pourquoi mais ce groupe j’ai toujours voulu l’écrire « Sleether » 😉

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