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Interview   

Sepultura : Andreas Kisser respecte le passé, vit le moment présent et se tourne vers l’avenir


S’il y a bien une chose qui ressort de l’entretien qui suit, c’est qu’Andreas Kisser, le guitariste et meneur de Sepultura, se tient bien ancré dans le présent tout en étant résolument et fermement tourné vers l’avenir. Il insiste à plusieurs reprises : « la chose la plus importante, c’est le présent » et « on travaille sur le futur de Sepultura, pas sur son passé » même si « on respecte notre passé. » Il est clair que nombreux sont ceux qui veulent lui imposer le poids de son passé et de celui de son groupe : les fans, les journalistes et, bien entendu, Max Cavalera, son ancien compagnon de jeu, avec le flot de déclarations que ce dernier a déversé l’année dernière au sujet de la plus qu’hypothétique reformation du groupe avec son line-up d’origine.

Résultat, Sepultura affirme sa position, pas uniquement avec des déclarations ou une vidéo mais bel et bien avec un album : Kairos. Tout d’abord le concept, directement influencé, comme Kisser le confirme, par les 25 années de carrière qu’il a passées au sein du groupe brésilien. Un concept sur le temps, tout relatif et jonché d’événements qui construisent l’avenir, notre avenir, celui du groupe. Puis la musique : efficace et plein de bons riffs. Il n’est pas étonnant que le leader refuse de changer son équipe. Une équipe dont il est fier et qui, elle, a choisi de rester sur le terrain de jeu et veut aller de l’avant.

Sepultura, il fut un temps, a atteint un sommet artistique remarquable, c’est indéniable, mais ce n’est pas une raison pour refuser de voir, aveuglé par le passé, ce que le groupe a de bon à proposer aujourd’hui.

Laissons maintenant la parole à Andreas Kisser.

« Je ne suis ni l’esclave, ni la marionnette de ce que j’ai pu être. Notre passé mérite le respect, c’est une belle histoire, mais la vie, c’est maintenant. »

Radio Metal : A-lex était un album assez particulier dans la mesure où il suivait Dante XXI, qui a été considéré par les médias comme le meilleur album de Sepultura depuis Roots. Il était de plus le premier album sans Igor Cavalera. Rétrospectivement, qu’est-ce que tu en penses ? A-t-il été bien reçu ?

Andreas Kisser : Notre album précédent, A-lex, a été le premier qu’on a fait avec Jean [Dolabella]. Il a été inspiré par le livre Orange Mécanique, tout ça… Oui, ça a été un album très important pour nous : notre dernier sur le label SPV [GmbH], suivi d’une tournée dans le monde entier pendant deux ans. Maintenant, ça fait deux albums qu’on travaille avec Jean à la batterie. Comme je le disais, on a joué partout, donc il est mieux intégré au groupe, et l’alchimie qu’il y a entre nous est meilleure. C’est fantastique. On se sent super bien sur scène et on est très enthousiasmés par notre nouvel album. On a vraiment hâte qu’il sorte. Tout se passe bien : on a un super batteur, de super musiciens qui collent parfaitement à ce dont Sepultura a besoin…

À propos de ce nouvel album, Kairos… Arrête-moi si j’ai tort, mais d’après ce que j’ai compris, il parle d’une manière de concevoir le temps et de ces moments cruciaux où le cours des choses change. En ce qui concerne cet aspect, il a dû être très influencé par ta propre carrière au sein de Sepultura, non ?

Oui. L’année dernière, on a fêté les 25 ans de Sepultura et, bien entendu, quand tu fais ça, tu es amené à faire le bilan de ta carrière : tu te rappelles d’où tu viens, de comment tu as grandi, de ce qu’il s’est passé, des changements qu’il y a eu au sein du groupe et en dehors du groupe, des groupes qu’on écoutait à l’époque… C’est juste une réflexion naturelle sur ta carrière, et la chose la plus importante, c’est le présent. C’est maintenant qu’on vit, ce n’est pas dans le passé, tu vois ce que je veux dire ? On respecte notre passé, mais on est là ici et maintenant. Je pense que c’est de là que vient le concept de l’album. J’étais à la recherche d’une nouvelle conception du temps, et je suis tombé sur ce super concept de kairos : ce n’est pas une conception chronologique du temps, où tu passes de 1 à 2 puis à 3. C’est un moment d’opportunité, de changement. Autant que possible, on vit dans le présent, je pense que c’est notre inspiration principale, et c’est aussi la raison pour laquelle on est toujours là, à jouer, à avoir un nouveau contrat, un nouvel album, à faire des tournées dans le monde entier et à s’éclater dans ce qu’on fait. C’est l’inspiration la plus importante de toute. On parle de nous : nous avons des textes à propos de nos familles, de nos amis, de nos fans, à propos d’expériences qu’on a eues sur scène, en tournée ou avec la presse, les labels, des managers… C’est un album très intime où on parle de nos propres expériences, et on est très très content du résultat.

Dans l’album, il y a plusieurs interludes dont le titre est un nombre : il y a 2011, 1433, 5772… Qu’est-ce que ça représente ?

Ces nombres représentent différents calendriers qui sont en activité de nos jours. 2011, c’est le calendrier chrétien, 5772, c’est le calendrier hébreu… On a aussi pris le calendrier chinois et le calendrier musulman. Même si on vit au même moment, on a tous un temps, une conception du temps différente, une idée différente d’où nous en sommes. Cela rejoint l’idée du temps, de l’heure qu’il est : personne ne peut vraiment le définir. Chacun a un temps différent dans sa tête. Je pense que ça va bien avec le concept de l’album. Il représente ces différentes idées, les différentes manières dont les gens conçoivent l’instant.

Comme tu l’as dit, Kairos est le deuxième album de Sepultura où Jean Dolabella est à la batterie. Après une tournée de deux ans, peut-on dire qu’il était plus à l’aise dans le groupe ? Quelle a été son implication cette fois-ci ?

Bien sûr, il est plus à l’aise, ça fait un moment maintenant qu’il est avec nous. Ses apports, ses idées sont les bienvenus. Tout est plus simple dans tout ce qu’on fait. C’est un membre très actif du groupe, pas seulement musicalement mais dans tous ses aspects. En ce moment, c’est super, on peut jouer toutes les chansons de tous les albums de Sepultura, plus les nouvelles… C’est vraiment une période spéciale, surtout sur scène où on peut tout jouer. C’est génial.

L’année dernière, vous avez joué tout l’album Arise à la soirée d’anniversaire du Manifesto Bar à São Paulo, de plus, vous avez eu à jouer beaucoup d’anciennes chansons que vos fans avaient choisies pour la setlist du début de la tournée… Comment ces anciennes chansons ont influencé la direction musicale du nouvel album ? Cela pourrait expliquer pourquoi les riffs et les soli ont tendance à sonner, dans une certaine mesure, un peu old school cette fois.

Tout rentre en compte, tu sais. Le fait de fêter les 25 ans de Sepultura… Se souvenir de toutes ces choses, du groupe qui nous manque, jouer tout Arise à la soirée du Manifesto… Bien sûr que ça aide d’avoir à nouveau ce genre de sensations. Cela dit, nous ne ressentons aucune nostalgie. La nostalgie est un sentiment plutôt triste. On n’essaie pas de ressusciter ce qu’on a été par le passé, mais on le respecte, et maintenant on fait quelque chose de nouveau. C’est le propos même de Kairos. C’est vrai qu’il y a des aspects thrash : l’album est brut, il a été enregistré presque comme s’il avait été enregistré en live, avec seulement une batterie, une voix, une basse et des guitares, de manière très directe. Bien sûr qu’il y a un peu d’influence de tout ça, mais le principal, c’est ce que nous faisons actuellement. Ça peut sonner un peu old school, mais c’est aussi très moderne parce qu’il y a beaucoup d’éléments qui viennent de ce qu’on vit en ce moment. Je pense qu’on peut trouver un équilibre très intéressant entre ces deux caractéristiques.

(En réponse à Kerry King qui affirme que jouer avec un orchestre ce n’est que de la masturbation) « La masturbation, c’est pas mal ! Quand tu ne peux pas avoir de relations sexuelles, la masturbation, c’est chouette, tu sais ? [il rit] Ça te sauve, surtout quand tu es marié : tu ne peux pas baiser à droite à gauche, alors la masturbation est indispensable pour ta santé mentale. »

Les Tambours du Bronx apparaissent sur la chanson « Structure Violence ». Comment s’est faite cette collaboration ?

Les Tambours du Bronx sont un super groupe français. On a eu la chance de jouer ensemble dans un festival en France il y a deux ou trois ans et j’ai été très impressionné par leur musique et par leur performance sur scène. On s’est échangé nos numéros, nos adresses mail, on a commencé à se parler et on a eu l’idée de faire quelque chose ensemble. On a fait la chanson ensemble. Ils travaillaient en France et on était au Brésil, mais on s’échangeait des fichiers etc., donc ça a pu se faire sans problème. En septembre, au festival Rock In Rio (le 25 septembre), on va faire un concert ensemble. On jouera nos chansons et ces nouveaux trucs qu’on va faire ensemble. C’est quelque chose de vraiment nouveau pour Sepultura. On a déjà fait de la musique avec d’autres groupes par le passé, mais leur style était plutôt brésilien ou japonais. Cette fois, c’est une approche, un son différents… Ça colle très bien avec ce qu’on fait en ce moment. On est très heureux du résultat.

Est-ce que c’est important pour toi qu’il y ait ces passages plus expérimentaux sur un album de Sepultura ?

Oui, nous sommes des musiciens et les musiciens n’ont pas de limites. On a eu la chance de voyager dans le monde entier, de rencontrer de nouveaux groupes et de nouvelles personnes en permanence… Depuis Roots, on a toujours eu des collaborations sur nos albums. Sur Roots, il y avait Mike Patton et des percussionnistes brésiliens, sur Against, il y avait Kodo, sur Nation, il y avait Apocalyptica… Tu apprends toujours quelque chose de nouveau. Quand tu travailles avec des musiciens différents, tu apprends à faire les choses d’une autre manière. Ça donne une saveur différente à la musique, elle est plus relevée. Je pense que c’est important d’une part d’avoir l’opportunité de faire ce genre de chose, mais aussi d’en tirer le meilleur et de créer quelque chose de nouveau. C’est super. C’est toujours quelque chose de très intéressant et une expérience très riche en live, non seulement sur le plan musical mais aussi sur le plan personnel : tu découvres de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, de nouvelles manière de voir la musique elle-même.

Sur l’album, il y a deux reprises : une de Ministry et une de Prodigy. Ce sont deux groupes industriels, de plus, la chanson « Structure Violence » a elle-même un aspect industriel : quelle est ta relation avec la musique industrielle ?

Tu sais, Ministry a eu quelque chose à voir avec la musique de Sepultura depuis le début. On a tourné avec eux aux États-Unis en 1992 : Ministry, Helmet et Sepultura. Je pense que ça s’entend, on peut entendre un peu leur influence sur Chaos AD. C’est l’un de nos groupes favoris, et maintenant, on a la chance de pouvoir jouer l’une de leurs chansons. Comme Sepultura a déjà repris pas mal de groupes, il a vraiment fallu qu’on se pose pour chercher quelque chose qu’on n’avait pas déjà fait. Prodigy était l’une de ces choses. C’est une influence plus récente sur la musique de Sepultura. C’est un son qui est heavy et qui a un aspect punk, hardcore, mais c’est un monde différent. Techniquement parlant, c’est plutôt de la dance, avec une tendance techno etc. Cela dit, ça reste heavy et c’est ce qu’on fait ici. Donc oui, l’industriel a toujours été une influence pour nous, et tu sais, sans Ministry, Rammstein n’aurait jamais existé. Beaucoup de gens pensent que c’est Rammstein qui a inventé ce genre de son, mais c’est faux. Je n’ôte aucun mérite à Rammstein, ils sont très bons dans ce qu’ils font, mais on peut entendre très nettement l’influence de Ministry. Dans notre musique, elle n’est pas aussi présente que chez Rammstein, mais malgré tout, Ministry n’est jamais loin.

En avril dernier, vous avez joué avec l’Orquestra Experimental de Repertório à São Paulo. Un mois plus tôt Kerry King de Slayer a déclaré que « jouer avec un orchestre, pour un groupe de metal, ce n’est que de la masturbation, un peu comme dire “on est les rois du monde, on n’a qu’à jouer avec un orchestre !” » Qu’est-ce que tu en penses ?

Ben… la masturbation, c’est pas mal ! Quand tu ne peux pas avoir de relations sexuelles, la masturbation, c’est chouette, tu sais ? [il rit] Ça te sauve, surtout quand tu es marié : tu ne peux pas baiser à droite à gauche, alors la masturbation est indispensable pour ta santé mentale. Donc je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. S’ils ne veulent pas jouer avec un orchestre, c’est leur problème. Le heavy metal et le rock’n’roll ont tout à voir avec la musique classique. Deep Purple, Scorpions, Kiss, the Who, Metallica, beaucoup de groupes ont joué avec des orchestres et c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. Maintenant, on a enfin eu la chance de le faire, et c’était une expérience géniale, très puissante, très spéciale, qu’on a très envie de refaire. On a filmé le concert à São Paulo mais le son était mauvais. On prévoit d’en faire un autre dans un lieu clos, peut-être en studio, pour avoir un meilleur son. Ça a été une très bonne expérience, quelque chose que moi comme le public avons beaucoup aimé. Ça a vraiment bien marché. Je trouve qu’on peut explorer de nouvelles sonorités, de nouveaux sons, même très heavy avec un orchestre. Beethoven, Bach, Wagner… c’est très heavy ! Avec des violons et des violoncelles, la section cuivres d’un orchestre, c’est très puissant ! Tu vois, Celtic Frost utilise des éléments d’orchestre dans sa musique, et c’est très heavy. C’est quelque chose qui marche bien. Je suis très content qu’on ait eu cette opportunité et avec un peu de chance, on aura bientôt l’équipement à la hauteur. C’est quelque chose pour l’année prochaine, peut-être.

En 2009, vous avez tourné avec le groupe Angra. Bien qu’ils fassent un genre de metal différent, est-ce que vous vous sentez proches de ce groupe ? Pas seulement parce qu’ils sont brésiliens, mais à cause de leur histoire (membre-clé qui quittent le groupe)…

Ce sont de très bons amis. On vient de la même ville, et même si on fait un genre de metal différent, c’est toujours du metal, c’est toujours le même monde. On a fait une tournée brésilienne ensemble et c’était super. C’était vraiment bien de rencontrer ce genre de public et ce genre de musique. À chaque concert, on faisait des boeufs ensemble et on jouait du Iron Maiden, du Led Zeppelin ou du Black Sabbath, c’était vraiment cool. Tu sais, il y a de la place pour le mélange dans chaque style de musique. Il n’y a pas de frontières, pas de limites dans la musique. Tous ces noms, thrash, speed, mélodique, white, black metal, sont des inventions de DJs, des gens dans les radios, de journalistes, pas de musiciens. Dans la musique, il n’y a pas de séparations. Bien sûr, il y a différentes manières de s’exprimer, mais malgré tout, tout est possible, donc tourner avec eux a été une super expérience. On a fait des concerts à l’étranger cette année, comme des festivals en Espagne, au Portugal, en Argentine… C’est génial. Ça marche vraiment bien. Je me souviens de Metallica jouant avec Queen il y a très longtemps, à l’époque de And Justice For All, et il y a beaucoup d’autres exemples qui montrent que mélanger des genres différents peut être vraiment positif. Ça rassemble des gens différents, des gens qui n’auraient pas pu découvrir Sepultura dans d’autres circonstances. Je pense donc que c’est une bonne chose. Ça a vraiment bien marché, et ça a été très positif pour nous comme pour eux.

« On était en pleine tournée et les gens nous demandaient « qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? Votre tournée ou celle de la reformation ? » Il n’y a pas de reformation du tout ! On travaille sur le futur de Sepultura, pas sur son passé. C’était vraiment pénible et ça affectait nos affaires. »

En fait Kiko Loureiro, le guitariste d’Angra, nous a dit que vous aviez échangé beaucoup d’idées pendant la tournée et qu’il serait intéressé par une collaboration en studio entre vos deux groupes. Il a aussi dit que vous étiez très ouvert. Ce serait très intéressant, penses-tu que ça pourrait arriver ?

Pourquoi pas ? Je veux dire, rien n’est en route pour le moment, mais comme je l’ai dit, quand on fait ce genre de rencontre, il y a toujours des idées qui en ressortent, donc pourquoi pas ? Il y a des questions de temps, du projet qu’on aurait avec eux… C’est possible qu’on fasse quelque chose ensemble. Ce serait chouette.

Sur un autre sujet, l’année dernière, on a entendu beaucoup de propos attribués à Max Cavalera au sujet d’une reformation de Sepultura. Il a dit qu’il t’en avait parlé, mais qu’en fin de compte, tu avais compliqué les choses, eu des exigences dingues, que tu l’avais mal pris… Qu’est-ce qui a provoqué tout ça ?

Il n’y a rien qui aille vraiment dans cette direction… On ne parle ni ne pense à une quelconque reformation. Max a parlé de ce genre de chose depuis qu’il a quitté le groupe et c’est assez pénible parce qu’il ne se passe rien de ce genre. On s’est parlé l’année dernière, alors qu’on jouait tous les deux pendant un festival en Allemagne. On a recommencé à communiquer après tout ce temps, c’était très positif, tu sais, mais ça n’avait rien à voir avec une quelconque reformation ou quoi que ce soit. On se parle juste en tant qu’amis, ce qui est une bonne chose : il parle à nouveau à son frère, ils jouent ensemble, il a Soulfly et Cavalera Conspiracy… C’est vraiment bien, mais peu importe, rien ne se passe du point de vue de Sepultura. On est très concentrés sur ce qu’on fait en ce moment et on n’a aucune intention de ressusciter un passé qui n’existe plus. Si jamais on était amenés à rejouer ensemble, il faudrait qu’on respecte ce que nous sommes, faire quelque chose de vraiment bien, et pas tromper nos fans et tout le monde juste pour mettre des musiciens sur scène et jouer Roots. Ce serait vraiment stupide et lâche. Mais il n’y a aucun projet de ce genre, comme je l’ai dit, on est très concentrés sur ce qu’on fait, on a des projets pour les deux prochaines années avec Kairos, la tournée, l’orchestre, les Tambours du Bronx et beaucoup d’autres choses qu’on a prévues. Je respecte tout ce que Max a pu dire ou ne pas dire, mais je ne suis pas d’accord avec ce qu’on entend. Tu peux dire ce que tu veux, mais nous on est à fond sur ce qu’on fait et puis c’est comme ça, tu vois ce que je veux dire ?

(A propos du remplacement temporaire de Scott Ian au sein d’Anthrax) « Ça va être une expérience formidable pour tout le monde : pour moi, pour Anthrax, pour tous ceux qui verront les shows. Ça va être quelque chose d’unique, qui ne se reproduira peut-être pas, donc c’est génial. »

À vrai dire, l’année dernière, vous avez fait une vidéo pour mettre au clair la situation. Est-ce que c’était parce que les rumeurs commençaient à vous porter préjudice que vous avez éclairci la situation de manière aussi directe ?

Oui, bien sûr. Les gens commençaient à croire ces rumeurs. Quand pendant des mois des personnes qui s’occupaient des concerts de Sepultura ont commencé à appeler parce qu’ils avaient des doutes concernant nos engagements, c’était vraiment sérieux. Je veux dire, on était en pleine tournée et les gens nous demandaient « qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? Votre tournée ou celle de la reformation ? » Il n’y a pas de reformation du tout ! On travaille sur le futur de Sepultura, pas sur son passé. C’était vraiment pénible et ça affectait nos affaires. Donc nous avons eu l’impression qu’il fallait qu’on fasse cette vidéo, pour qu’il soit clair qu’on était tournés vers le futur du groupe et qu’il n’était pas question de reformation, pour qu’on puisse continuer. Ça a beaucoup aidé, les gens ont arrêté de parler de ça, et tout le monde a tourné la page et s’est concentré sur sa propre carrière et son propre boulot. C’est tout.

D’ailleurs, une reformation ne serait-elle pas contradictoire avec toute la philosophie exposée dans Kairos ? Est-ce qu’il n’y a pas un message caché derrière cette idée selon laquelle vous voulez avancer ?

Oui, le concept repose vraiment sur le moment, l’instant présent. C’est là dessus que repose le kairos, ce n’est pas une vision chronologique du temps. Le kairos, c’est un instant spécial d’opportunité, de changement. Ça signifie que nous ne sommes pas esclaves de notre passé. Ça parle de la raison pour laquelle nous sommes là, bien vivants aujourd’hui, et pas de reproduire ce qu’on a été ou ce qu’on croit avoir été. Je ne suis ni l’esclave, ni la marionnette de ce que j’ai pu être. Notre passé mérite le respect, c’est une belle histoire, mais la vie, c’est maintenant… C’est ça le propos de ce concept, tu vois ? Ce qu’on est maintenant, c’est ce qu’on est maintenant. Le futur sera la conséquence de ce qu’on fait maintenant.

Tu vas remplacer Scott Ian d’Anthrax pendant quelques dates en juillet… Comment ça s’est fait ?

Scott Ian m’a appelé et m’a expliqué la situation : sa femme attend un bébé pour juillet, mais ils ne veulent pas annuler les dates prévues, y compris celles du Big Four. Je me suis senti très honoré et heureux qu’ils m’appellent. C’est un grand honneur. Je suis un grand fan, Anthrax fait partie de mes inspirations et a influencé la manière dont je joue de la guitare, avec Metallica, Megadeth, Slayer, Exodus et beaucoup d’autres groupes. Je suis vraiment content, en juillet, je vais faire partie d’Anthrax pendant deux semaines… Ça va être génial !

Comment tu te sens par rapport à cette expérience ? Scott est le leader du groupe et en plus tu vas jouer pendant les concerts du Big Four… Ça doit être très intimidant !

Il m’a appelé et c’est le leader, donc je suppose que c’est l’idée qu’il a eue pour éviter d’annuler les dates… Il fallait trouver quelqu’un à mettre à sa place ; en plus, c’est pour une très bonne raison : il va être père pour la première fois, je suis vraiment heureux pour lui. Ça va être quelque chose de différent. Pourquoi pas ? Slayer seront là avec Gary Holt et c’est un guitariste différent… C’est déjà arrivé beaucoup de fois par le passé. Je suis vraiment honoré qu’ils m’aient appelé pour ça. Il y a tellement de guitaristes qui auraient pu faire le boulot dans le monde, mais ils ont pensé que j’étais le meilleur pour le faire à ce moment, j’en suis vraiment content et flatté. Ça va être une expérience formidable pour tout le monde : pour moi, pour Anthrax, pour tous ceux qui verront les shows. Ça va être quelque chose d’unique, qui ne se reproduira peut-être pas, donc c’est génial.

Tu es donc très sûr de toi.

Oui, je suppose… Je veux dire, ils savent comment je joue etc., donc tout va bien.

Interview réalisée le jeudi 19 mai 2011.
Transcription et traduction : Chloé
Site Internet de Sepultura : www.sepultura.com/



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