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Serj Tankian balance en deux temps


Serj Tankian n’a pas l’air prêt à se faire oublier dans l’actualité et donc dans ces colonnes… En pleine promo pour son album Hara-Kiri, il est donc très présent mais heureusement il n’y est pas pour rien puisque c’est encore pour des raisons artistiques qu’il se fait encore remarquer.

On ne vous apprendra rien avec les mots qui suivent : Tankian est un artiste engagé. Effectivement, rien de bien neuf dans le fait que le chanteur soit un vrai citoyen du monde, ouvert à ce qu’il se passe autour du globe, et usant de son art et de sa notoriété pour exprimer ses opinions, dénoncer ce qui cloche et défendre ce qui mériterait d’être plus défendu. Même si, parfois, c’est de manière assez lourde.

Quiconque a les yeux suffisamment ouverts et prend le temps de prendre conscience de ce qui l’entoure voit à peu près la même chose que tout individu ayant certains idéaux ou opinions fortes concernant l’environnement, l’économie, la politique, etc. La différence entre la plupart d’entre nous (en tout cas, ceux qui ne se promènent pas à longueur de journée en lorgnant leur nombril) et ces personnes qui se sont données pour mission dans la vie de laisser le monde plus beau (ou le moins moche possible ; et heureusement qu’ils sont là pour que l’humanité ait meilleure conscience) qu’ils ne l’ont trouvé en arrivant, c’est qu’on préfère généralement parler et penser à autre chose que ce qui pourrit ce monde.

Alors, oui, comme le dit très bien Serj Tankian dans sa chanson « Occupied Tears », issue de son nouveau disque : « Bien sûr, nous savons tous, bien sûr, nous nous en soucions tous, bien sûr, nous voyons tous combien ce n’est pas juste, nous ne sommes pas aveugles, oui, nous voyons bien qu’il est temps de mettre fin à cette misère. » Mais voilà, est-ce le quotidien qui nous préoccupe trop ou est-ce parce que depuis tout gosse on vit avec ces images de guerres et de misère partout dans le monde au point d’être quasiment insensibilisés au malheur, mais quand un de ces idéalistes comme Tankian enfile ses gros sabots pour nous gonfler les oreilles d’informations auxquelles on a tous accès, qu’on a toutes déjà entendues, pour nous faire prendre conscience de ce dont on a déjà conscience pour nous faire rejoindre la lutte, eh bien, ça donne l’un de ses derniers clips pour « Hara-Kiri ».

Et là, franchement, on t’aime bien Serj mais se taper un montage de 4 minutes 30 digne d’un clip de campagne fauché d’un parti écolo quelconque sur le thème de « la guerre, la pollution, la finance agressive, les pesticides, les bouteilles en plastique cancérigènes, c’est pas bien et ce serait tellement mieux de vivre dans un monde où tout le monde s’aime et se tient par la main », ça a un effet gloubiboulga (que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître) qui filerait une indigestion de bon sentiment même à un type juste moyennement cynique.

Alors on va vite oublier ce clip dont la pauvreté créative crèverait les yeux à un olgoï-khorkhoï (qui, comme chacun le sait, n’en a pas) pour se concentrer sur le suivant qui n’a pas tardé. Le clip pour « Hara Kiri » est encore chaud que 24 heures après Tankian nous en sort un second pour le titre « Occupied Tears » (qu’on vous citait plus haut) via MySpace. Passé le premier instant d’étonnement – non mais sans blague ?! ça fait deux ans que MySpace pourrit les tripes à l’air ! -, on passe au deuxième temps, celui où on se dit dès les premières secondes : « Ha, il y avait encore des trucs que Tankian avait oublié de dénoncer dans le précédent ? » Ici, il balance sur la guerre uniquement mais se soucie avant tout des enfants qui souffrent, saignent ou meurent au milieu des conflits.

En l’espace de 48 heures, on a donc eu droit à deux méthodes radicalement opposées : la méthode lourde, au style quasi-politicard avec son collier d’accusations, celle qui nous donne envie de changer de chaîne ou de nous intéresser à la rousse qui passe sur le trottoir d’en face ; et celle beaucoup plus artistique qui emploie des symboles, des métaphores qui nécessitent une interprétation et qui, par ce biais, active votre boîte à cogiter et ancre encore mieux les images, des images qui sont des idées. Tout comme le « Guernica » de Picasso (sans aller jusqu’à mettre, dans une cabriole digne d’une dissertation de lycéen, au même niveau ce clip et la fameuse toile), une œuvre d’art peut parvenir à mieux marquer à elle seule l’esprit humain par son message anti-belliciste, sans un mot, que tous les discours prononcés un jour à L’ONU.



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  • Etiennegrim dit :

    Pas sûr qu’on puisse ainsi casser d’un coup l’image, bien que je comprenne ce que vous voulez dire ; c’est un homme qui force tout de même le respect, malgré ces clichés que vous énoncez…

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  • c’est ptre mon cynisme qui me fait apprécier cet album moyennement alors

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