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Interview   

Sex, Danko & Rock N’Roll



Franchement, aujourd’hui, qu’est ce qui est plus Rock n’ Roll que Danko Jones ? Airbourne ? Bien vu, mais trop proche d’AC/DC et donc trop conformiste. Le poulailler dont Buckethead a exigé la construction pendant l’enregistrement de Chinese Democracy et qui a été, selon la légende, massacré par le loup d’Axl Rose ? Trop farfelu. Le député Patrick Roy ? Trop bien sapé. La période de pondaison des tortues Luth en Guyane ? Heu… Non, rien n’est plus Rock N’ Roll que cet allumé de Danko Jones lorsqu’il foule les planches.

Justement, le petit teigneux sort son nouvel album cette année, intitulé Below The Belt (comprendre « en dessous de la ceinture »). Danko nous revient remonté à bloc, après un Never Too Loud sympa mais bien trop sur la retenue pour les fans qui n’attendent qu’une chose : que Danko et son trio envoient le bois ! Et il est bien possible qu’ils aient, avec cette nouvelle galette, déniché leur meilleure recette : du hard heavy qui tache, des refrains mélodiques imparables et des lignes vocales qui n’ont jamais été aussi riches de la part de Danko. Below The Belt est une mine de tubes hard.

Nous avons voulu en savoir plus sur Danko Jones, le personnage, le groupe, on pourrait même parfois dire l’humoriste, mais aussi sur ce Below The Belt promis à un bel avenir. Pour répondre à nos interrogations, nous avons questionné John Calabrese, bassiste et camarade de Danko, celui qui met un peu de profondeur dans toute cette légèreté. Quoique…


« Je pense qu’il (NDLR : Danko) a trouvé l’équilibre entre ce qu’il savait faire et ce dont les chansons avaient besoin.»

Radio Metal : Never Too Loud était plus mélodique et plus « relax » qu’aucun de vos précédents albums. Il a d’ailleurs été beaucoup critiqué pour cela. Vous avez manifestement tenté quelque chose de nouveau ; par conséquent, était-ce décevant d’entendre toutes ces réactions négatives ?

John Calabrese (basse) : Pas du tout. Nous avons surtout été surpris de réaliser que tant de gens ne connaissaient pas le classic rock. En gros, Never Too Loud est notre album de classic rock, en l’honneur de nombreux groupes que nous écoutons. Peu de gens ont vu l’album pour ce qu’il était : un hommage à Thin Lizzy. Nous sommes très satisfaits de cet album. Quand on regardera notre discographie avec du recul, je pense que nous serons très contents de cette étape, très satisfaits de cet album. Mais nous sommes également contents d’avoir un nouvel opus différent : Below The Belt.

Below The Belt marque un retour au rock heavy et rapide qui a rendu Danko Jones célèbre. Avez-vous cédé aux desiderata des fans ou est-ce quelque chose que vous souhaitiez également ?

C’est quelque chose que nous voulions. Lorsque nous avons commencé à écrire, Danko et moi nous sommes dit : « On devrait vraiment faire un album plus sombre, plus heavy ». Avec Never Too Loud, nous avons appris à travailler avec davantage de mélodies, au niveau du chant par exemple. C’est quelque chose que nous avons appris avec Nick, le producteur. Sur Below The Belt, on a un mélange entre le chant mélodique et les célèbres growls et hurlements de Danko. Ce désir de faire un album plus heavy était conscient et nous sommes très heureux du résultat.

À l’époque de Never Too Loud, le groupe avait-il conscience que cette approche plus mélodique, plus douce, était une expérience qui ne serait pas reproduite ?

Nous voulions vraiment faire cet album et ces chansons. Nous voulions que les titres aient un côté classic rock. Au même titre que Sleep With The Enemy était notre album punk. On peut s’ouvrir sur différents styles, mais le fond reste le même, nous sommes toujours Danko Jones.

Vous risquerez-vous un jour à produire un nouvel album mélodique dans la veine de Never Too Loud, voire quelque chose d’encore plus soft ? Acoustique, peut-être ?

Non, je ne pense pas que nous donnerons dans l’acoustique.

À l’écoute de Below The Belt, on se dit que vous n’avez pas totalement abandonné l’aspect mélodique. Des titres comme « Full Of Regrets » ou « I Think Bad Thoughts » comptent parmi les plus accrocheurs du répertoire de Danko Jones. Avez-vous la sensation d’avoir atteint une forme d’équilibre avec cet album ?

Merci, mec ! Je pense que nous avons atteint un niveau où nous comprenons la simplicité de la musique. Nous avons atteint un équilibre entre le chant et les vocaux plus agressifs. C’est un très bon équilibre. Mais par-dessus tout, nous avons cerné notre son. Nous sommes un groupe de rock, nous n’allons pas utiliser d’éléments électroniques, d’orchestre de cordes ou ce genre de trucs. Nous avions déjà trouvé notre son, mais nous ne l’avions pas encore tout à fait ajusté. Et c’est enfin le cas sur cet album. Nous sommes encore plus satisfaits du résultat que les albums précédents.

Le chant de Danko a nettement progressé et semble beaucoup plus aventureux qu’avant. Ce côté mélodique l’a-t-il poussé à améliorer son chant et sa voix ?

Selon moi, ce qui a poussé Danko à améliorer son chant et à virer plus mélodique, c’est Nick Raskulinecz, le producteur de Never Too Loud. Tout le mérite lui revient : il a vraiment poussé Danko à explorer les mélodies. Ce que Danko a tiré de cette expérience, il l’a appliqué sur Below The Belt. Il a appliqué ses nouvelles connaissances, mais dans le même temps, il n’a pas abandonné toutes ces choses très simples qu’il faisait avant, comme les hurlements et les growls. Je pense qu’il a trouvé l’équilibre entre ce qu’il savait faire et ce dont les chansons avaient besoin. Par exemple, sur « Full Of Regrets », il rappe un peu, mais il chante également sur le refrain. C’est un formidable équilibre qui propose différents deux types de chant à l’auditeur.

Penses-tu que Never Too Loud ait marqué une étape indispensable dans l’évolution du groupe et lui ait permis de produire des tubes comme ceux de Below The Belt ? Comme si ce nouvel album n’aurait jamais pu exister sans le précédent ?

Je pense, oui. C’est une véritable évolution. Plus tard, quand on regardera l’ensemble de notre discographie, on verra que Never Too Loud a sa place au sein de notre parcours. Sans cela, le puzzle ne serait pas complet. Certains des éléments que nous avons appris en tant que groupe grâce à Never Too Loud nous ont bien servis pour ce nouvel album. Cela a pimenté l’écriture.

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Le titre de cet album signifie « en dessous de la ceinture » et est manifestement à prendre au second degré. Ce côté humoristique et cette connotation sexuelle sont typiques de Danko Jones. Penses-tu que la meilleure expérience sexuelle soit celle dont on peut rire ?

Je pense, oui ! Comme tu l’as dit, c’est du second degré. Tant qu’il y a de l’humour, la vie vaut la peine d’être vécue. Je ne comprends pas ces gens qui sont constamment en colère. La vie a un côté sérieux, bien sûr, mais il y a également un côté plus léger. La pochette de l’album montre une très jolie femme, un lion et Danko assis sur une chaise, et l’album s’appelle Below The Belt. Cela résume bien notre groupe ! C’est du second degré, mais il y a aussi un côté sérieux, et ce côté, c’est la musique elle-même.


« Quand on y réfléchit, beaucoup de chansons rock ont une connotation sexuelle. […]On ne va pas se transformer en Bono et se mettre à parler de la couche d’ozone. Je ne pense pas que notre musique serait très intéressante avec ce genre de paroles ! Celles de « I Wanna Break Up With You » sont bien plus marrantes ! »

Les chansons de Danko Jones ont toujours parlé très légèrement des relations amoureuses. Le premier titre qui me vient à l’esprit, c’est « First Date », mais sur Below The Belt, il y a également une chanson appelée « I Wanna Break Up With You ». Qu’est-ce qui vous pousse à écrire si souvent sur ce sujet ?

C’est même l’un des seuls sujets sur lesquels nous écrivons ! Danko est très doué pour cela. Nous écrivons sur le même sujet depuis nos débuts, il y a presque quinze ans. Cela revient à réinventer le même sujet encore et encore. Quand on y réfléchit, beaucoup de chansons rock ont une connotation sexuelle. Elles parlent toujours de se mettre en couple, de se séparer, de détester une fille, de vouloir être avec quelqu’un… C’est le genre de thème qu’on retrouve dans la soul et le R’n’B. On ne va pas se transformer en Bono et se mettre à parler de la couche d’ozone. Je ne pense pas que notre musique serait très intéressante avec ce genre de paroles ! Celles de « I Wanna Break Up With You » sont bien plus marrantes ! On s’est beaucoup amusés avec cette chanson, même si le sujet est triste. Le chant est à la fois très joyeux et très sombre. Le résultat est très sympa.

Est-il possible que ces chansons aient été inspirées par vos propres vies ?

Effectivement. La réalité est toujours source d’inspiration. Dans le cas contraire, Danko ne pourrait pas chanter ce genre de chansons aussi souvent ! Tout le monde a un jour vécu ce genre de chose, je l’ai moi-même vécu : j’étais avec une fille, et je voulais rompre avec elle parce qu’elle me rendait dingue ! On est tous passés par là. Un jour, un ami m’a dit : « Je ne peux plus la supporter, elle me rend fou ! » D’une certaine façon, c’est un aussi un sujet drôle et très facile à traiter.

On dit souvent que, quand on a un groupe de rock, on peut avoir toutes les filles qu’on veut. Mythe ou réalité ?

Mythe ! On a toutes les filles qu’on veut si on a confiance en soi et qu’on fait preuve d’honnêteté, quelle que soit sa profession.

L’album comporte une chanson appelée « Active Volcanoes ». Avec ce qui s’est passé en Islande, était-ce un titre prémonitoire ?

Prévoir un truc comme cela aurait été de mauvais goût de notre part ! Nous n’avons pas du tout joué cette chanson quand cette histoire de volcan est arrivée, cela n’aurait pas été très sympa !

Sur scène, Danko Jones est une vraie pile électrique : il fait des grimaces, saute de partout, passe son temps à plaisanter avec le public… C’est un spectacle à lui tout seul ! Est-il tout le temps comme cela, même hors scène ?

Non, ce serait atroce s’il était comme cela tout le temps ! Je ne pourrais pas rester assis à côté de lui ! Je peux jouer dans le même groupe que lui parce que je sais que sur scène, il va se donner à 100 %. À la fin du show, les gens qui viennent nous voir dans les loges se demandent toujours pourquoi on est si calmes. On vient de se donner à fond, que vous voulez-vous de plus ? On joue chaque concert comme si c’était le dernier, et on essaie de divertir le public dans toute la mesure de nos possibilités.

N’est-ce pas difficile de se démarquer ou d’être remarqué lorsqu’on évolue sur la même scène que Danko ?

Cela ne m’a même pas traversé l’esprit. Je suis là pour assurer la basse sur les chansons que nous avons écrites. Il est évident que le public va s’intéresser davantage au chanteur et cela ne me pose aucun problème. Cela ne m’ennuie pas du tout, c’est tellement marrant ! Parfois, même moi je n’ai aucune idée de ce qu’il va dire ! Je connais ma place, je suis bassiste et cela me suffit. On n’est pas là pour lancer un concours de popularité. Les choses se passent très bien de cette manière.

Danko Jones est un trio. En tant que bassiste, adaptes-tu ton style ou ton son en conséquence ? Je sais déjà que tu utilises un type de distorsion…

C’est vrai, j’utilise une sacrée distorsion. Ma basse joue presque le rôle de deuxième guitare, histoire de remplir l’espace qu’il y a parfois. Mon style est spécialement adapté pour Danko Jones.

Je suis sûr que de nombreux bassistes aimeraient savoir comment tu obtiens ce son chaud et rond, surtout sur scène. Je sais que tu es sponsorisé par EBS…

Tout à fait, mes amplis sont signés EBS. C’est une marque suédoise. J’utilise au choix la tête PD 650 ou la tête classique. J’utilise de bons vieux overdrives traditionnels et je joue aussi fort que possible. Nous avons aussi un excellent ingénieur du son, qui fait un travail énorme au niveau du mixage.


« À la fin du show, les gens qui viennent nous voir dans les loges se demandent toujours pourquoi on est si calmes. On vient de se donner à fond, que vous voulez-vous de plus ? »

Danko Jones est clairement un groupe de scène. À quand un album ou un DVD live ?

Je ne sais pas si nous sortirons un album live, mais nous travaillons sur un DVD depuis déjà quelques années. Nous avons des heures d’enregistrement, il va nous falloir l’aide de quelqu’un pour trier tout cela. Peut-être que nous ferons quelque chose comme cela d’ici l’an prochain mais ce que je dis n’est pas parole d’évangile ! Pas d’album live, parce qu’un concert est quelque chose qu’il faut VOIR. Capter cette atmosphère sur CD n’est pas l’idéal. La sortie d’un DVD est donc beaucoup plus probable.

Entretien réalisé en avril 2010 par phoner.

Site Internet DANKO JONES :
www.myspace.com/dankojones



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