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Live Report   

Shadow Gallery : toute première fois


Artistes Divided MultitudeManticoraShadow Gallery
Lieu : Paris (France)
Salle : Le Nouveau Casino
Date : 04-10-2010

Shadow Gallery avait répété dans ses interviews ne pas pouvoir faire de concerts pour des raisons pratiques (disponibilités des musiciens entre autres…). Manticora se lançait à corps perdu dans une tournée promotionnelle pour Safe, son dernier méfait en date, après l’échec de la tournée précédente il y a un an. Quant à Divided Multitude, ils ne demandaient sûrement qu’une belle occasion de présenter leur musique à un public d’initiés. Et voilà qu’il y a quelques mois, on nous annonce cette affiche surprenante et ô combien inespérée. Qu’importe, sur le coup, de savoir qui vient voir qui, le Nouveau Casino se trouve bien rempli pour cette soirée à marquer d’une pierre blanche.

Divided MultitudeLa scène norvégienne progressive est relativement peu étendue, mais la qualité est souvent au rendez-vous (Circus Maximus, Anti Depressive Delivery, Trivial Act). Sans trop nous faire attendre, Divided Multitude joue ses premières notes, et le public se montre rapidement réceptif et supporteur du prog metal assez accessible du groupe de Brekstad. Les contre-temps s’enchaînent, les rythmiques se veulent musclées, les mélodies n’apparaissent pas toujours au premier plan et pourtant le tout sonne fluide et la voix légèrement rocailleuse de Sindre Antorsen rajoute la petite originalité qui fait défaut au groupe. En effet, le style ne sort pas des sentiers battus, et les titres sont, dans l’ensemble, assez classiques pour le genre mais l’accueil est motivant pour le groupe qui délivre un bon concert de première partie.

ManticoraManticora force le respect. A la veille de leur concert parisien, le groupe a joué devant 5 personnes à quelques kilomètres de Baarlo en Hollande où a eu lieu le Prog Power. Et ce n’est pas la première fois que ce genre de situation leur arrive. L’année dernière, le groupe a dû annuler sa prestation parisienne suite à un nombre insuffisant de préventes. La tournée actuelle est entièrement financée par les Danois. Alors quand on voit le nombre de personnes dans la salle, on peut se sentir soulagé pour le groupe. On ne saura jamais vraiment si la présence de Shadow Gallery influence sur ce nombre puisque la foule est restée jusqu’à la fin de la soirée.

Martin Arendal en mode « Jimi Hendrix »Le nouvel album, Safe, est prévu pour le 12 octobre prochain, et nous aurons droit ce soir à trois nouveaux extraits (« In The Abyss of Desperation », « A Lake that Drained » et l’excellent « From the Pain of Loss »). Intercalés parmi les autres morceaux de la set-list, le tout donne un show dynamique et sans temps mort, même sur l’instrumental « Haita Di Luipi ». Le groupe est mené par Lars Larsen (chant) dynamique et motivé. Habituellement un tantinet bavard entre les morceaux, il expliquera légèrement la signification de certains d’entre eux et, à l’instar des fans présents dans la salle, avouera son impatience de voir Shadow Gallery sur scène. Kasper Gram, à la basse, suit le chanteur dans la démonstration de son enthousiasme, tandis que les autres membres semblent plus sur la réserve. Martin Arendal, à la guitare, esquissera quelques sourires et se lâchera sur un solo joué façon Jimi Hendrix avec la guitare derrière la tête. Il n’empêche que l’énergie du chanteur est contagieuse, quelques mouvements de foule surgissent de temps à autre et les riffs rapidement assimilables et mélodiques à la Blind Guardian (« Playing God », « Cantos ») reçoivent un écho favorable dans l’assistance. Un fan est même convié à monter sur scène pour annoncer le morceau « Cantos » Après être remonté jusqu’à l’album Darkness With Tales to Tell (2001) avec le morceau « Shadow With Tales to Tell », le groupe jouit d’un accueil très chaleureux. L’énergie dépensée, la bonne humeur, un son et des lights excellents, le tout construit sur une setlist judicieuse et très bien interprétée auront été les éléments de ce concert qui réconcilie Manticora et le public parisien

Setlist de Manticora:

In The Abyss of Desperation
Playin God
A Lake that Drained
Haita Di Luipi/ Keeper of Time
From The Pain of Loss
The Gypsies Dance 1-2
Cantos
Shadow with Tales to Tell

Le temps alloué à Manticora sera à peu près équivalent à celui de Shadow Gallery, la tournée étant présentée avec deux co-headliners.

Le couvre-feu du Nouveau Casino étant assez strict, l’organisation devient tendue lorsque le groupe ne monte pas à l’heure prévue. Les fans ayant attendu cet instant depuis longtemps, la patience peut bien s’étirer pour quelques minutes encore. La salle s’assombrit et « Bohemian Rhapsody » sort des enceintes. Le groupe apparaît enfin sur la fin de la chanson. Le choix des morceaux est inconnu et on est en droit de se demander quel aspect de sa musique le groupe a choisi de privilégier. Leur discographie n’est pas forcément conséquente en terme de quantité (six albums en 18 ans), cependant les titres à rallonge et la complexité des morceaux peut laisser perplexe quant à un développement scénique.

Shadow GalleryL’intro du troisième album, Tyranny, met fin au suspense, l’accent sera mis sur les riffs fermes (« War for Sale », « Andromeda Strain », « Gold Dust », « Mystery », « Questions At Hand ») et les plus belles mélodies vocales. Le public ne s’y trompera pas en reprenant régulièrement les refrains ( « War For Sale », « Destination Unknown », « Crystalline Dream »). Le nouveau chanteur, Brian Ashland (également à la guitare) a la lourde tâche de succéder à Mike Baker (R.I.P), son registre étant un poil différent, la comparaison n’a pas lieu. Malgré le fait que le groupe soit pourvu d’excellentes qualités techniques en studio, il n’y a rien de mieux que la scène pour mettre à l’épreuve des heures de répétitions. Brian Ashland n’étant pas en reste, son timbre de voix ne lui donne pas trop de fil à retordre pour ce soir, il ne reste plus qu’à travailler sur la communication avec le public. A sa décharge, les membres de Shadow Gallery sont en droit de remercier le public à diverses reprises pour cette première fois à Paris.
Chaque album a droit à son exposition et chaque titre marque un point. Les chœurs, point fort des Américains, sont exécutés à merveille avec entrain et brio. Chaque musicien s’illustre à tour de rôle durant la soirée. Brent Allman, à la guitare, interprète avec une justesse remarquable ses soli. Joe Novelo (batterie), caché derrière ses lunettes noires, est impressionnant de précision et de constance. Carl Cadden-James (basse) est souriant et ne tient pas en place ; il a son moment de gloire à la flûte traversière sur le titre « Destination Unknown ». Eric Deigert, membre intégré pour la tournée, a peu de place pour bouger mais il prend du plaisir aux claviers et à la gratte en s’illustrant sur quelques soli. Gary Wehrkamp (claviers, guitare), autre tête pensante du trio fondateur présent ce soir, est concentré sur ses instruments ; pourtant, d’après les fans musiciens, la qualité d’interprétation n’était pas toujours là. Peut-on vraiment reprocher cet état de fait à ce multi-instrumentiste, compositeur et producteur de Shadow Gallery ?

La tournée européenne n’a débuté que depuis à peine une semaine, et avant ça le groupe a donné un concert aux États-Unis. Saurions-nous faire mieux que lui ? A-t-on le droit d’être exigeant dans un contexte pareil ? Le groupe espère revenir faire des concerts, peut-être sera t-il temps d’en attendre plus de ce côté là, et même si ce concert devait être unique sur Paris, ce ne sont pas quelques notes égarées de-ci de-là qui vont ternir un souvenir fort et positif. Carl Cadden-James souligne d’ailleurs, à juste titre, que nous avons attendu longtemps ce moment-là mais nous sommes loin d’imaginer quel effet cela a sur eux, la carrière du groupe ayant tout de même commencé en 1992 !

L’enthousiasme partagé et une setlist très équilibrée auront donc servi de base à un show à la hauteur des attentes des fans. La setlist est amputée des soli des musiciens, du morceau « Deeper Than Life » (Carved in Stone, 1995) et « Strong » (Digital Ghost). Il faut cependant préciser que si le son était très bon et clair, les lights auront perdu en intensité par rapport à Divided Multitude et Manticora. Pas de quoi entacher le moral des troupes cependant, notamment lorsqu’il s’agit des rappels. A peine les dernières notes du titre « Gold Dust » résonnent-elles encore sur les murs du Nouveau Casino et la révérence faite que le public réclame sans discontinuer une autre injection de sa nouvelle drogue, Shadow Gallery sur scène. Ça sera peine perdue pour un nouveau morceau, mais le groupe revient malgré tout sur scène pour des remerciements chaleureux et le geste est apprécié.

L’attente enfin comblée, messieurs, il ne reste plus qu’à renouveler la dose de plaisir !

Setlist de Shadow Gallery :

Intro (Bohemian Rhapsody)
Stiletto in the sand
War For Sale
Mystery
Pain
Destination Unknown
Questions at Hand
Ghost of A Chance
Andromeda Strain
Crystalline Dream
Haunted

Rappels :

Room V
Gold Dust



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