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Tribune   

Guns N’ Roses ou le cauchemar de Shaka Ponk


5 juin 2012, Shaka Ponk fait la première partie de Guns N’ Roses à Bercy. Un souvenir que Frah, le frontman du groupe, n’oubliera pas de sitôt. À l’occasion de la sortie d’Apelogies, une compilation de trois disques proposée par Shaka Ponk, nous avons demandé au chanteur de revenir sur cet épisode haut en couleurs.

Note : Tribune parue initialement dans le magazine Radio Metal N°2. Le nouveau numéro est actuellement disponible aux points de distribution et en commande dans notre shop.

« Faire la première partie de Guns N’ Roses en 2012 a été une catastrophe. En fait, je t’explique l’histoire de ce truc-là : c’est de mémoire le tourneur des Guns qui contacte notre label en disant que le groupe joue à Bercy. C’était l’époque où Axl Rose partait complètement en couilles et arrivait trois heures après le début des concerts. Du coup, Bercy était rempli à moitié. Et comme pour nous ça marchait bien, notre contact nous demande de faire la première partie dixit “parce que ça va ramener du monde”. Moi perso, je trouvais ça hallucinant d’entendre que “Shaka allait ramener du monde à Guns N’ Roses” ! Mais le label nous dit qu’il ne faut surtout pas faire ça. Déjà parce que ce sont des prestations qui ne sont pas payées. Donc nous, avec notre scénographie, ça va nous coûter un bras. Ils nous disent que l’on va se retrouver avec des fans de Guns N’ Roses qui vont nous dire “Dégage, on veut voir Axl !”. Bref, on nous dit que c’est une très mauvaise idée. Mais moi je réponds : “Mais t’es fou ! Je veux le faire ça !” Je suis fan de ce groupe depuis que je suis gamin. En conséquence, on impose un peu le truc au label, on lui force un peu la main, en affirmant que oui, ça va coûter un peu de blé, mais que ce sera l’occasion de faire une super vidéo pour notre monkey TV.

Donc on accepte et là, évidemment, on entre dans le cadre du groupe d’Américains hyper en stress à cause de sa sainteté Axl Rose. On est arrivés et les mecs nous ont dit : “Bon, alors on vous explique. On vous a tracé une ligne blanche sur scène. Si vous la dépassez, on coupe le son.” Je te jure que c’est comme ça ! “On vous coupe le son et on vous dégage à coups de pieds au cul. Quand vous croisez Axl, vous baissez les yeux. Vous ne le regardez pas. Vous ne lui parlez pas. Si vous le filmez, on vous dégage.” Sam (chant) était dans sa loge en train de se préparer, et là y’a une meuf de la production américaine qui rentre et on lui dit “s’il te plaît tu peux sortir, on a un truc à faire dans cette pièce.” Donc là elle dit que c’est sa loge mais on lui fait comprendre qu’elle doit sortir ! Et évidemment sur scène, on fait notre show en étant tout contents mais, à un moment, Sam dépasse la ligne blanche, simplement parce qu’elle fait son concert quoi ! Normal, car la scène de Bercy ils nous l’ont réduite à une toute petite scène… Donc forcément, tu oublies et tu traverses la ligne blanche.

Elle a traversé et moi je voyais sur le côté, ça a failli partir en fight entre notre management et les gars du staff. Et ça a été, jusqu’au démontage, une pression de malade orchestrée par des mecs qui sont complètement malades, des connards quoi ! On a passé un sale moment mais on aime bien en parler [rires]. En fait, je pense que ces mecs-là, ils sont en pression à cause de l’artiste. Ils ont peur de se faire engueuler, voire de se faire virer. Donc ils te foutent une pression monumentale.

Mais tout ça, j’en garde quand même un grand souvenir parce que le management français des Guns était cool. Eux, ils ne savaient même pas ce qu’il se passait. Ils nous ont accueillis à la cool. Mais dès que c’est passé du côté des Américains, ils étaient odieux. En plus, ils sont quand même gonflés les mecs… Tu sais, on en a fait plein des premières parties de groupes connus. A l’étranger par exemple. Tu arrives et tu es le petit casse-couille de service qui va venir pousser le matos des mecs pour faire leur première partie, etc. Là tu peux imaginer aisément que les mecs ça les gonfle un peu. Mais là les gars, ils viennent en France pour un concert, ils nous demandent de les aider, tu arrives… et là tu te fais défoncer la gueule !

Alors, c’est vrai, peut-être que ce n’est pas de chance, qu’on n’a pas eu de cul ce jour-là, qu’on est tombés sur les mecs qui n’avaient pas assez dormis. Mais bon, en l’occurrence Axl s’était fait piquer ses bijoux par des mannequins suédois après le concert… et je dois reconnaître que ça nous avait bien fait marrer ! »

Extrait audio disponible ici.

Propos recueillis par téléphone le 27 novembre 2020 par Amaury Blanc.
Photos : Loïc Stéphan (1) & Nicolas Gricourt (2 & 3).

Site officiel de Shaka Ponk : shakaponk.com



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