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Nouvelles Du Front   

Shane Embury (Napalm Death) apporte son étincelle au boom des side-projects


Il n’est pas rare, commun même, de voir naître des affinités artistiques entre un-tel et tel-autre qui finissent par aboutir à d’inévitables collaborations, et ce quel que soit le style musical joué. Il y a cependant, dans l’étroite sphère metal, une tendance dépassant la simple collaboration qui tend à se généraliser depuis quelques années : celle du side-project. Car plutôt que d’offrir un simple nom crédité, accolé à un unique morceau perdu dans toute une discographie, les artistes n’hésitent plus à s’associer dans de véritables formations parallèles à leur projet initial et principal. Et pour certains noms – que l’on finit par croiser de partout – la liste de ces side-projects ne cesse de croître. En permanence.

Tel est le cas de Shane Embury, bassiste de Napalm Death, qui du haut de ses 45 ans comptabilise pas moins de dix formations différentes dans lesquelles il officia à court ou long terme, superposant certaines d’entre elles à certaines époques. Le musicien peut, de toute évidence, être caractérisé par une hyperactivité artistique notoire. Ainsi, que celui-ci vienne à former, à nouveau, un projet parallèle à Napalm Death n’est plus véritablement surprenant. Voici donc Tronos, projet regroupant Embury et le producteur Russ Russell (Napalm Death, Evile) aux guitares, aux côtés d’une pléiades de musiciens de talent tels que le batteur Dirk Verbeuren (Soilwork), les bassistes Billy Gould (Faith No More) et Troy Sanders (Mastodon), et la chanteuse Silje Wergeland (The Gathering).

Des noms qui reviennent ? A en croire la liste sus-mentionnée, de toute évidence, oui ! Alors que Russ Russel et Mitch Harris, autre membre de Napalm Death, se sont récemment associés à Brann Dailor, autre Mastodon, Derek Roddy (ex-Hate Eternal) et Frédéric Leclercq (Dragonforce) dans le projet Menace, un autre side-project de poids a lui aussi vu le jour : Killer Be Killed, regroupant Max Cavalera, Greg Puciato, Dave Ellitch et encore Troy Sanders. Pour certains, les emplois du temps sont bien chargés. Et cette dernière actu d’Embury n’est pas non plus la première puisqu’il vient aussi de sortir un album sous l’étiquette Mutation, avec des Merzbow, Random Jon Poole (Cardiacs), Mark E. Smith (The Fall), Chris Catalyst (Sisters Of Mercy), etc. Vous suivez toujours ?

Ci-dessous un morceau de ce projet Mutation :

Et pour ce qui est de Tronos, Russ Russell, interviewé par Alexander Milas pour TeamRock Radio (cf. player Soundcloud ci-dessous) explique la naissance de ce projet de la sorte : « [Shane et moi] parlons depuis des années de monter un side-project ensemble, parce que nous aimons Celtic Frost. Et alors quand Triptykon [avec Tom Gabriel Fischer chanteur, guitariste et principal compositeur de Celtic Frost] est arrivé, nous étions tout simplement du genre : ‘Ha, mon Dieu ! C’est fantastique ! Nous devons faire quelque chose comme ça’. Mais nous étions aussi dans l’idée de combiner cela… Nous avons un grand amour pour toutes ces choses ambiantes et ‘vaporeuses’, comme les Cocteau Twins. Mettre sur une guitare autant de réverbération, de chorus et de delay que possible et faire les plus beaux sons, les plus éthérées, et flottants que possibles. [Nous nous sommes donc demandés] ‘Comment pouvons-nous combiner ces deux choses ensemble ?’ Ainsi ces derniers temps, durant dix-huit mois environ je crois, nous nous sommes retrouvés avec différentes idées. Nous appelons cela le riff-tennis – nous avons une guitare et nous nous la passons l’un à l’autre. ‘OK , c’est ton tour. C’est à mon tour. C’est ton tour. C’est à moi maintenant.’ Je dois dire qu’il a plus monopolisé la guitare que je ne l’ai fait parce qu’il est une machine à riff et parce qu’il me faut encore un peu de travail pour en arriver à ce niveau. Mais ensemble cela s’est vraiment fait facilement et simplement. »

S’il est encore difficile d’imaginer l’hybride qui sortira du choc entre le background death/grind d’Embury et les références citées par Russell, sans la moindre petite note à se mettre dans le creux de l’oreille, l’affiche a quand même de l’argument sous le coude. Et si Silje Wergeland n’est qu’une invitée – le groupe recherchant encore son chanteur dans l’esprit d’un Jaz Colman de Killing Joke – Embury et Russ Russell retrouvent certaines vieilles connaissances comme Billy Gould que Shane Embury a déjà côtoyé au sein de Brujeria ou bien Dirk Verbeuren, qui tient les fûts de la formation grind Bent Sea (avec Embury, encore). Nul doute que cette énième formation se connait et sait tâter de l’instrument. Cependant le groupe reste discret sur le fond exact et la forme concrète que prendra Tronos.

Au-delà de ça, si les collaborations dans la musique ont toujours existé, le phénomène des side-projects, autres que les simples aventures solos, paraît n’avoir jamais connu un tel essor que ces dernières années ; après des décennies (notamment les années 80 et 90) où les musiciens préféraient sans doute consolider leur groupe plutôt que de papillonner. Un phénomène qu’on pourrait expliquer par un autre, tant il semble parfaitement contemporain de celui-ci : l’essor des réseaux sociaux de ces dernières années, ancrant encore plus internet au cœur de nos vies. Vecteurs d’informations instantanées, ceux-ci facilitent ouvertement l’échange et le partage. Plus que jamais, le metal se développe sur scène, et les groupes, aujourd’hui, se croisent, se recroisent régulièrement – sur des tournées communes, en festival, voire, en plus, au détour d’un couloir de studio – et tissent des liens, se découvrent des goûts communs, une même envie d’arpenter certains sentiers musicaux. Ce partage et la facilité d’échanger un riff, une idée, un début de compo – qu’ils peuvent enregistrer sur leur ordinateur encore, grâce au développement des home-studios – à travers une prise de contact spontanée et rapide sur Facebook ou Twitter, débride très probablement les musiciens qui peuvent s’adonner à une boulimie d’échange et de création qui peut s’avérer bénéfique à tous. Car si un side-project a souvent pour objectif premier de ratisser des sentiers musicaux habituellement non défraîchis par la formation principale d’un musicien, elle a aussi pour grande qualité de développer la curiosité des auditeurs qui souhaiteraient suivre des musiciens de qualité dans leurs expériences.



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