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Interview   

Shining : le loup et son châtiment


Kvarforth fait du Kvarforth. Dès les premiers instants du dixième album de Shining, intitulé Varg Utan Flock, on reconnait la fibre artistique noire, violente mais aussi à fleur de peau de l’entité extrême, parfois proche de l’œuvre culte Halmstad, qui fête cette année ses dix ans. « Je n’appelle pas ça se répéter, j’appelle ça perfectionner mon art », nous précise le frontman dans l’entretien qui suit.

Car là où Kvarforth reste fidèle à lui-même, c’est aussi dans ses interviews – quoi que cette fois il nous précisera : « Je suis désolé si je peux paraître arrogant, tu ne m’as pas dans un bon moment ». Cash, provoquant, immoral voire choquant mais aussi intelligent, si bien qu’on ne sait jamais très bien sur quel pied danser. Ainsi il nous parle de ce nouveau disque, le contexte de sa création, ainsi que son honnêteté artistique, qu’il oppose au reste de la scène metal qu’il juge « très malhonnête ». Ceci parmi de nombreux autres sujets abordés au cours d’une longue discussion, allant de son amitié avec un cannibale jusqu’à chanter les louanges de la scène rap française…

« Le jour où je trouverais ma place dans la société, où je m’adapterais à la société, n’arrivera jamais, c’est impossible, car je ne coexiste pas avec le reste de l’humanité et je ne suis pas les règles. Je suivrai toujours mon propre chemin. »

Radio Metal : La dernière fois qu’on s’est parlé, pour l’album IX, tu nous as dit que l’année 2014 a été une année terrible pour toi et tu t’es retrouvé au pied du mur, avec pour seule option de soit totalement changer ta manière de vivre ou alors arrêter la musique. Comment ça va maintenant, trois ans plus tard ?

Niklas Kvarforth : Ca fait déjà trois ans ? Je suppose que ça va mieux. J’ai décidé de quitter la Suède. Je suis parti dans un genre de pèlerinage, on pourrait dire. J’ai voyagé en Europe et j’ai essayé de trouver un nouvel endroit pour m’installer. Ca a pris un peu de temps. Quitter la Suède a été une décision très dure à prendre mais j’en avais besoin à cause de mon train de vie là-bas qui était à la ramasse, comme je te l’ai dit la dernière fois je pense. Maintenant la vie est meilleure, je vis dans un meilleur pays, je suis entouré de meilleures personnes et je travaille mieux.

Donc tu es en Slovénie, c’est ça ? Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Je ne sais pas, as-tu déjà vu les filles là-bas ? Non, enfin, c’est la nourriture, le vin, les femmes… Evidemment, il y a plein d’autres choses, comme le fait que c’est plus facile de monter une entreprise ici que ça ne l’était en Suède, c’est plus flexible et facile de monter une boutique en ligne et tous ces trucs. Et c’est très bien que je ne comprenne pas la langue, comme ça je ne me mets pas tout le temps en colère. Les gens peuvent me dire des choses dans la rue, je ne sais pas ce qu’ils disent et c’est très bien !

L’album précédent était centré sur le thème de la fin et sonnait comme si ça pouvait être la fin pour Shining. Donc j’imagine qu’en ce sens, il y a encore quelque chose après la fin… Mais en plus, je sais que IX était un album important qui représentait beaucoup pour toi. Du coup, comment as-tu abordé ce nouvel album après ça ?

Habituellement je compose mes albums dans ma tête, toute la batterie, les guitares, la basse, le chant et tout ça, j’ai même le visuel avant de réserver le studio ou de toucher une guitare. Cette fois, lorsque je voyageais en Europe ou même au Maroc, en Bolivie et tous ces endroits, j’avais en fait ma guitare avec moi, donc pour la première fois, j’ai commencé à écrire comme ça. Et c’était très différent pour moi. Je ne pensais pas qu’il y aurait un autre album de Shining mais la colère que j’avais en moi et le fait que je voulais foutre le feu au monde entier m’ont motivé une fois de plus à défoncer le monde aussi fort que possible. Et puis c’est un sacrément bon album !

C’est ton dixième album avec Shining. Est-ce que ça symbolise quelque chose pour toi ?

Evidemment, ça symbolise quelque chose pour moi mais je vais aussi dire que chaque album est mon enfant. L’album qui est sorti, il fallait qu’il sorte parce que j’étais énervé, j’avais un besoin de châtiment, j’avais besoin de faire mal à quelque chose ou quelqu’un, et enfin c’est arrivé, de façon très naturelle. Et je suppose que c’est aussi ce que le numéro dix symbolise. Je ne sais pas si tu t’intéresses à la numérologie ou la démonologie mais le numéro dix est un numéro fort. Mais ce qu’il symbolise pour moi, c’est le début de mon châtiment, et il sera terrible, et à la fois, il sera fantastique.

Aurais-tu imaginé aller aussi loin avec Shining ?

Bien sûr que non. En fait, quand tu commences un groupe à l’âge où j’ai commencé… J’avais douze ans, j’avais un groupe avant qui s’appelait Incinerate, et nous étions posés à l’école, en CM1, et nous planifions les titres des vingt albums que nous ferions [petits rires]. Mais lorsque tu es jeune, tu es jeune, et ensuite tu commences à réaliser que la vie n’est pas aussi simple, et lorsque tu grandis et commence à travailler sur les choses, au final, tu te rends compte que soit tu arrêtes, soit tu dois aller jusqu’au bout. Pour ma part, je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas arrêter, car qu’est-ce que j’aurais fait ? Evidemment, j’aurais pu monter une entreprise ou peu importe mais, à la fois, ça n’aurait eu aucun intérêt pour moi. Donc ouais, je suis un choqué d’avoir fait dix albums mais en même temps, au cours des vingt années qui se sont écoulées, il y a tous ces autres groupes de merde qui ont produit, je ne sais pas, dix albums par an.

Non seulement c’est ton dixième album mais en plus cette année marque les dix ans de l’album Halmstad, qui est probablement ton album le plus important pour nombre de tes fans. Comment résumerais-tu cette dernière décennie, en termes d’évolution de Shining ?

C’est assez intéressant maintenant que tu le dis parce que je viens d’avoir une discussion avec Hervé [Herbaut] d’Osmose Production et nous rééditons Halmstad en vinyle, avec en bonus des textes de moi et Hervé sur volet dépliant, en gros, racontant l’histoire d’Osmose et Shining qui est assez dingue [petits rires]. Même Hervé ne se censure pas ; tu sais, nous avons souvent été ennemis mais, au final, nous nous sommes réconciliés. D’une certaine façon, quand j’ai écrit Halmstad, ça a été marquant parce que j’ai décidé d’arrêter de simplement faire ces albums posés chez moi, j’ai commencé à jouer en live et tout, je voulais incorporer… En fait, l’arrivée de [Peter] Huss a été important, pour une fois. Nous avions enfin ce truc que j’ai toujours voulu dans Shining, cette touche de blues, ce guitariste soliste qui pouvait faire ce que personne d’autre pouvait faire. Cet album signifie beaucoup, évidement, mais à la fois, lorsque je regarde en arrière, j’ai dû m’échapper et partir pour la Norvège. Je suppose que c’est la même chose aujourd’hui quand j’ai dû quitter la Suède pour la Slovénie. Je suis un peu le même schéma. Et je pense qu’en ce sens, ça fait de ce nouvel album un successeur direct d’Halmstad.

« Peut-être avons-nous sauvé des vies, ce que personnellement, je considère être un échec, mais… Tu sais, il y a des bons et mauvais côtés à tout. »

On peut d’ailleurs ressentir de fortes similarités entre les deux albums…

Bien sûr parce que c’est moi qui écris la musique. Je veux dire que j’ai écrit dix albums, c’est impossible de ne pas se répéter d’une certaine façon, même si je n’appelle pas ça se répéter, j’appelle ça perfectionner mon art. Mais rien n’est jamais prémédité avec moi, je ne planifie pas les choses. Je suis le genre de mec qui n’a aucun plan, je laisse les choses se faire. Ce n’est pas comme si je me posais et disais : « Oh, je veux réécrire l’album qui s’est le plus vendu ou a eu le plus de succès dans notre carrière. » Honnêtement, je n’en ai rien à foutre de ce genre de considération. Ça vient juste naturellement et s’il se trouve que je fais un album de Noël, ou un album de pop, au lieu d’un album de metal, alors c’est qu’il faut qu’il en soit ainsi. J’en n’ai vraiment pas grand chose à foutre. Je suis désolé pour mon langage. Je pense que n’importe quel artiste dans le monde, peu importe le type de musique, ou si c’est un réalisateur ou ainsi de suite, il devrait toujours suivre son cœur au lieu de suivre ce qui se passe sur les réseaux sociaux ou écouter les idiots, autrement tu peux tout aussi bien te foutre une balle dans le crâne.

Le nom de l’album peut être traduit par « un loup sans troupeau ». Est-ce que ça fait référence au groupe qui ne fait partie d’aucune scène ou bien est-ce plus en rapport avec toi qui n’a pas trouvé ta place au sein de l’humanité ou la société ?

Le titre peut faire référence à plein de choses mais le jour où je trouverais ma place dans la société, où je m’adapterais à la société, n’arrivera jamais, c’est impossible, car je ne coexiste pas avec le reste de l’humanité et je ne suis pas les règles. Je suivrai toujours mon propre chemin. Même si j’ai des frères et sœurs partout sur cette putain de planète dégoûtante, je fais quand même ma route tout seul et je n’ai besoin de personne pour me soutenir.

Que penses-tu de ce besoin qu’ont les gens d’appartenir à une communauté, ou un troupeau ?

Le comportement de troupeau peut-être admis… Si c’est au bénéfice de la cause, alors pourquoi pas ? Mais je pense que le comportement de troupeau est très typique de la race humaine. Si quelqu’un fait quelque chose, des gens suivront et en feront des copies merdiques. Il faut faire partie d’une communauté mais moi je n’en fait pas partie, je la dirige, vous êtes les moutons et moi le loup, c’est simple. Il faut toujours qu’il y ait un leader, et je préfère me voir en leader et vous vous devez suivre, au lieu que je suive les idées et valeurs d’autres personnes, quoi qu’ils disent ou pensent. Car si tu commences à penser à la vie en général, et si tu as des choses comme… Ok, je ne blâme pas les gens qui sont sur les réseaux sociaux, mais à la fois, cette connerie de réseaux sociaux, c’est là où chaque être humain a l’occasion d’exprimer une idée dégoûtante, et si j’y avais accès – ce qui a été le cas brièvement par le passé, mon manager m’avait appris parce qu’il est intelligent -, je chercherais les adresses des gens qui disent de la merde et je voudrais les tuer tous. Donc ce n’est pas bon pour moi, car tu peux faire le gros dur autant que tu veux derrière ton écran d’ordinateur mais une fois que tu rencontres ton sauveur, moi en l’occurrence, alors les choses peuvent dégénérer. Et voilà, on en revient à la mort… Pourquoi est-ce que ça arrive tout le temps avec toi ? Corrige-moi si je me trompe mais n’es-tu pas le gars sur qui je me suis vraiment énervé au Hellfest, genre il y a dix ans ?

Non, c’était un collègue…

Dis lui bonjour de ma part, fait lui un câlin !

Ok mais en fait, il ne travaille plus pour nous.

Il ne travaille plus pour vous, d’accord c’est bien. Est-ce que c’était à cause de son look ? Est-ce que je l’ai détruit ? S’il te plaît, dis-moi que je l’ai détruit ! Donne-moi ça au moins, allez ! Lundi soir, fait moi sourire… Bref, question suivante !

Dirais-tu qu’il y a une communauté autour de Shining ? Je pense aux Shining Legions et les t-shirts personnalisés par pays pour rallier les gens à la cause du groupe, etc.

Bien sûr, je veux coordonner les gens dans le monde pour qu’ils fassent de mauvaises choses. Je veux que les gens se lèvent, se regardent dans le miroir et se rendent compte que c’est leur derrière chance et qu’ils ont une occasion de faire quelque chose d’horrible. Ça ne veut pas dire que je veux m’asseoir et boire un coup avec eux, n’est-ce pas ?

Tu as sorti un single avant l’album, pour la chanson « Jar Är Din Fiende », qui peut être traduit par « Je Suis Ton Ennemi ». Et à propos de cette chanson, tu as déclaré : « Il y a une guerre qui approche et ceci est notre déclaration sur ce que nous vous réservons. » A quelle guerre fais-tu référence ?

La guerre a lieu en continue mais je pense que Kim Jong-un et ce gros machin en Amérique la finiront avant que nous ayons l’opportunité de le faire. Non, la guerre en continue dont tu parles c’est juste le fait que Shining a toujours été votre ennemi, et nous le serons toujours, vous n’êtes pas nos amis, c’est ça toute l’idée. Shining veut vous faire mal, et ça a toujours été ainsi.

« Est-ce que tu trouves ça bizarre que je suis ami avec un cannibale de chez vous ? Pourquoi ce serait bizarre ? C’est un bon gars ! […] Les gens penses que c’est bizarre d’être ami avec un cannibale, mais je leur suggère de manger de la viande venant d’un être humain, je suis sûr qu’ils aimeront. »

Et y parviens-tu ?

Penses-tu que j’aurais fait ça pendant vingt-deux ans si je ne parvenais pas à faire mal aux gens avec mon art ? Ne penses-tu pas que j’aurais choisi une autre voie, comme en allant dans une école pour buter tout le monde ? C’aurait été plus simple, non ? Je ne dis pas que j’irais dans une école tirer sur tout le monde mais, à la fois, lorsque tu poses cette question, enfin, est-ce que tu penses que j’aurais pu survivre pendant vingt-deux ans avec la maladie mentale dont je suis atteint et mon mépris et ma détestation de la race humaine en générale ? Je dis juste que ouais, peut-être que notre prochain album parviendra à pousser certaines personnes à se tirer une balle dans la tête ou changer certains citoyens craignant Dieu pour qu’ils deviennent de violents criminels. Ça peut paraître horrible mais ce sont les petites choses qui me motivent.

Mais on peut voir plein de gens qui adorent ta musique et jusqu’ici, on dirait que ça leur fait plus de bien que de leur donner envie de se tirer une balle dans la tête…

Mais c’est ça le truc, nous avons plein de gens qui adorent notre musique et Shining fonctionne dans les deux sens : soit c’est une catharsis et ils trouvent une lumière au bout du tunnel dans l’obscurité que je leur fourni, ou alors ils pensent trouver cette lumière, font comme si, mais finalement partent complètement en vrille. C’est ça la beauté de la chose. Donc peut-être avons-nous sauvé des vies, ce que personnellement, je considère être un échec, mais… Tu sais, il y a des bons et mauvais côtés à tout.

Pour la première fois, je crois, l’illustration de ce single dépeint ton visage…

Ouais, c’est dégoûtant, n’est-ce pas ? Nous jouions quelque part au Canada, je crois, et cette Coréenne est venue me voir. J’avais l’air de l’intéresser, donc j’ai voulu la baiser mais elle a refusé, mais elle m’a donné quatre dessins qu’elle avait faits de moi. Et j’ai dit « ouais, merci, bla bla bla, bye bye, » et j’y ai rapidement jeté un coup d’œil et les ai donné à notre bassiste. Notre bassiste les a regardés, et l’un d’entre eux est celui qu’on voit sur la pochette. En gros, ça ressemble à Dracula mais sans le côté gay. Donc j’ai contacté la fille et je lui ai demandé [si on pouvait utiliser le dessin]. C’est une artiste très talentueuse. C’est juste dommage qu’elle ne soit pas de Corée Du Nord plutôt que de Corée Du Sud ; désolé, il fallait que je le dise [rires].

Tu as une chanson sur le Golden Gate Bridge à San Francisco, qui est l’un des lieux au monde qui voit le plus de suicides se produire, tout comme la forêt à laquelle tu fais référence dans la dernière chanson de l’album, « Mot Aokigahara » – aussi connue sous le nom de la Forêt Des Suicides. Qu’est-ce que ces lieux représentent pour toi ?

Eh bien, peut-être que je devrais te demander ce qu’ils représentent pour toi ? Ça n’a pas d’importance si tu connais ou pas ces lieux, tu sais quand même ce qu’ils sont. Je veux dire que le Golden Gate Bridge à San Francisco est le deuxième lieu avec le plus fort taux de suicides au monde, à cause de quoi ? Parce que les gens aiment la vue depuis le pont ou parce que San Francisco est la capitale gay de l’Amérique ? Je ne sais pas ! Aokigahara a une autre histoire parce qu’au Japon, si tu n’es pas intelligent, si tu es en-dessous de la moyenne à l’école, tu es une honte pour ta famille, et tu n’as que deux options : soit tu rejoins les Yakuzas, soit tu vas à Aokigahara et tu te donnes la mort. C’est un lieu de magie sombre très puissant. Evidemment, ces endroits signifient beaucoup pour moi parce que ce sont des endroits où on peut inhaler les morts et utiliser leur force.

As-tu été dans l’un de ces lieux ?

Eh bien, je répondrai à cette question la prochaine fois que nous ferons une interview, pour que je puisse t’envoyer des photos où nous faisons un pique-nique [petits rires]. Tu vois, l’humour est toujours là ! C’est important l’humour dans la vie.

Dans la dernière chanson, tu répètes à un moment donné que tu es né en décembre 1983 et que tu es mort en décembre 2017. A quel mort fais-tu référence ?

C’est une histoire marrante parce que je savais que les gens penseraient que j’allais me donner la mort, mais l’idée, c’est que j’avais un ami en Slovénie vraiment bizarre, qui est la raison pour laquelle je suis venu ici, un genre de diplomate, on pourrait dire. Et lorsqu’il était ivre, il a pris un stylo et un bout de papier et a commencé à écrire des poèmes haineux dans un bar, et il écrivait ce truc au sujet d’une nana, je ne sais pas son nom, il était là : « Elle est née en novembre 1997 et est morte en décembre 2017… » J’ai dit : « Mec, tu te trompes dans le décompte des années, 2017 n’est pas encore arrivé ! » Et il me regarde avec un sourire et dit : « Je sais. » Donc j’ai voulu l’utiliser parce que l’intention au départ était de sortir l’album en décembre, donc ça aurait fait référence à une mort spirituelle et l’éveil de l’animal en moi, mais les circonstances ont changé la date de sortie qui est passée à janvier. Mais c’est marrant que les gens pensent que je vais me suicider parce qu’alors je vais revenir pour la seconde fois, n’est-ce pas ? Et je vais revenir comme un putain d’ouragan et je vais tous vous baiser ! Et vous aimez ça, n’est-ce pas ?

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu nous as dit que « si on n’a rien fait qui soit de nature exceptionnellement extrême, il est probable que personne ne se souviendra de nos accomplissements une fois qu’on sera partis… »

Ouais, mais en même temps, personne ne se souviendra de nos accomplissements une fois qu’ils sont fait et que le temps passe. Peu importe, tu sais. C’est relatif. Par exemple, maintenant, je vis en ex-Yougoslavie, il y a des procès, je ne sais pas si tu as suivi les infos, sans doute pas… Si tu regardes les tueries de masse qui se sont produits en Bosnie, par exemple, ces gens ont été inculpés maintenant, penses-tu que les gens se souviendront de leurs noms, en dehors de ceux qui étaient impliqués ou dont leur famille est impliquée ? Penses-tu que les gens se souviendront du nom de Charles Manson maintenant qu’il est mort et que plus personne ne pourra se payer sa tête dans six mois ? Non. Est-ce que tu te souviens d’Anna Nicole Smith ? Elle est morte il y a dix ans, qui en a quelque chose à foutre maintenant ? Mes accomplissements n’ont pas vocation à ce qu’on s’en souvienne, mes accomplissements équivalent à des événements horribles. Ça n’a pas d’importance si on s’en souvient ou pas mais je suis convaincu qu’on se souviendra de moi pendant au moins deux mois au lieu d’un seul, je ne sais pas.

« C’est facile de dire que la mort nous inspire mais j’incite tout le monde à aller en guerre, ensuite dire que la mort les inspire et essayer d’écrire de la musique basée là-dessus, ou alors voir s’ils ne deviennent pas complètement dingues parce qu’ils ne parviennent pas à vivre avec leurs souvenirs. »

Tu mets rarement des mots sur ce que tu ressens quand tu composes un album. Est-ce parce que tu veux garder ça pour toi et ne pas t’ouvrir sur ce que tu traverses dans ces moments particuliers, ou est-ce juste parce que tu ne peux pas mettre des mots sur ce qui se passe en toi, comme si tu étais dans une sorte de transe ?

Si tu peux commander le livre When Prozac No Longer Helps, tu peux lire mes propres traductions des paroles, donc je peux mettre des mots sur ce que je ressens, mais comme d’habitude, Shining a toujours été là pour influencer les gens à se faire du mal, alors que cette fois… Tu sais, si tu n’es pas personnel, si tu ne le fait pas avec le cœur et n’es pas honnête avec ce que tu écris, les gens ne le prendront pas non plus avec le cœur. C’est la clef pour tout. C’est comme ça que tu pousses les gens à avoir peur, c’est comme ça que tu pousses les gens à aimer. Si tu écris à propos de la tristesse et à propos de la mort, il faut avoir vécu la mort et la tristesse, si tu écris une lettre d’amour, il faut avoir vécu l’amour, c’est exactement pareil. C’est juste que les gens sont trop absorbés aujourd’hui par… Ouais, tout est honnête, si tu regardes les dix albums, c’est mon journal intime, principalement la partie négative de ce dernier, même si ce que tu peux voir comme étant positif, je pourrais le voir comme étant négatif, et vice versa. Bref, achète le livre, c’est mieux.

Mais ouais, parfois je me mets dans une transe, parfois non, simplement ça se produit. Comme je l’ai dit, rien n’est jamais prémédité. Si tu te poses et créé ton art en te basant sur l’opinion d’autres gens, tu es un idiot. Je le fais avec le cœur et il se peut que ça devienne un truc de rap, ou bien un truc de black metal, mais je le fait quand même avec le cœur et je peux fièrement le dire. Tandis que d’autres gens suivent le chemin tracé par d’autres loups. Lorsque j’étais gamin, je m’inspirais de plusieurs vieux groupes. Donc, en gros, j’étais une mauvaise copie de ces derniers, mais j’ai grandi pendant vingt ans et je suis devenu autre chose, alors que d’autres aujourd’hui sont des copies de copies. Donc tout est une pire version de ce qui est venu avant, s’ils ne libèrent pas le loup en eux. Ça peut paraître dur ce que je dis, ça peut paraître bizarre, étant juste assis là, maintenant, profitant de la vie dans un environnement où tu te sens en sécurité, mais j’aime aller en dehors de ça, j’aime aller dans l’inconnu. Et c’est comme ça que je créé la musique et les paroles, en allant dans l’inconnu et embrassant l’obscurité au lieu de la fuir.

Sur les parties plus calmes et acoustiques, on peut ressentir une tristesse mais aussi une certaine sérénité. D’où vient cette sérénité ?

As-tu déjà vu Seinfeld ? « Serenity now ! » C’est le père de George Costanza qui dit ça… Non sérieusement, la sérénité vient de quelque chose de très simple, c’est parce que je sais ce qui va vous arriver à tous. Je serai le juge, je jury et le bourreau. Et vous n’avez nulle part où fuir. Et c’est pourquoi Shining est ce qu’il est, et c’est pour ça que je suis le loup et vous les moutons. J’ai choisi le chemin des hors-la-loi quand j’étais très jeune. Même s’il n’y a pas moyen de faire marche arrière pour moi, je ne voudrais de toute façon pas faire marche arrière. J’ai choisi ma route et je l’ai choisie avec le cœur. Et c’est pour ça que nous sommes un groupe différent de tous les autres qui font semblant d’être des bellicistes criminels et violents ou peu importe. Ils simulent quelque chose qui était bien plus grand avant. Tu peux essayer de retrouver le passé mais, tu sais, avec Facebook, c’est assez dur… Imagine si Jefrey Dahmer avait Facebook…

Je connais un de vos soi-disant tueurs en série ici en France : Nico Claux, le cannibale. Il a traduit mon livre en français. Et j’ai eu quelques problèmes : « Comment peux-tu traîner avec un cannibale ? » J’ai dit : « As-tu déjà mangé de la viande humaine ? » Nous avons eu pas mal de souci en France à cause de ça. Mais c’est quand même un bon ami, tout comme sa femme. C’est d’ailleurs vraiment marrant parce que les gens ont toujours cru que c’était un Nazi, mais sa femme est noire ! Est-ce que tu trouves ça bizarre que je suis ami avec un cannibale de chez vous ? Pourquoi ce serait bizarre ? C’est un bon gars ! Il fait vraiment des progrès. Il m’a aidé à traduire le livre en français, on peut l’acheter en France, ça s’appelle – excuse-moi pour mon français – « Quand Le Prozac Ne Suffit Plus » chez Camion Noir, c’est l’entreprise avec qui il travaille. Et les gens ont eu pas mal de problèmes avec eux parce qu’ils ont sorti les écrits de Staline, et aussi Mein Kampf, Varg Vikernes et toutes ces conneries. Mais tu sais, c’est un bon gars, il a écrit plein de bons livres sur des tueurs en série. Désolé d’avoir dit que je suis ami avec un cannibale, maintenant tu vas croire que je suis pété de la tête [petits rires]. Tu te souviens comment les médias l’appelaient, dans votre pays, lorsqu’il a été incarcéré ? Le Vampire De Paris [petits rires]. C’est putain de marrant. Mais c’est un de mes meilleurs amis là-bas, les gens pensent que c’est bizarre d’être ami avec un cannibale, mais je leur suggère de manger de la viande venant d’un être humain, je suis sûr qu’ils aimeront. Une autre chose, tu peux le mettre dans l’interview : Nico, tu me manques beaucoup, je vais t’appeler dans le weekend. Question suivante !

Les artistes sont toujours inspirés par les pôles antagonistes que sont l’amour et la haine, la vie et la mort. On sait évidemment ce qui t’inspire le plus. Peut-on puiser dans ces thématiques comme une source inépuisable d’inspiration ?

La mort est évidemment une grande inspiration, je vénère la mort, mais à la fois, la vie est une inspiration plus grande encore que la mort, car la vie est imposante. Je me lève tous les matins et je veux mourir mais en même temps, je me maintiens en vie pour une raison. Et je l’ai fait pendant des années sans personne à mes côtés, et je continuerai à le faire autant que possible maintenant que j’ai des gens à mes côtés. Ça n’a pas vraiment d’importance, tu sais, mais d’où je tire mon inspiration… C’est facile de dire que la mort nous inspire mais j’incite tout le monde à aller en guerre, ensuite dire que la mort les inspire et essayer d’écrire de la musique basée là-dessus, ou alors voir s’ils ne deviennent pas complètement dingues parce qu’ils ne parviennent pas à vivre avec leurs souvenirs. Ou aller quelque part comme Auschwitz avec tous les putains de skinheads, descendre et voir un skinhead pleurer lorsqu’ils arrivent à la troisième chambre. La mort est belle mais à la fois, si tu ne sais pas ce que c’est, c’est assez dur à saisir. Mais tout ce qui m’entoure est une source d’inspiration, que ce soit la vie ou la mort, chaque choix que les gens font, chaque personne que je vois dans la rue, chaque fille que je baise, chaque verre d’alcool que je bois, tout est une inspiration.

« Vous avez la meilleure scène rap en France. La scène metal devrait apprendre un max de la scène rap que vous avez à Marseille et Paris. Peut-être que les choses seraient différentes, au lieu de dire qu’ils vont brûler quelques églises, ils s’entre-tueraient, ce serait fantastique. »

L’album précédent contenait la chanson « Framtidsutsikter » pour laquelle tu avais déclaré qu’elle était presque insoutenable à écouter pour toi. Depuis tu l’as jouée plusieurs fois en live. Qu’est-ce que tu as ressenti ?

C’est putain d’horrible ! Pour ma part, chaque chanson est écrite à partir d’un mauvais souvenir ou d’un cauchemar, donc faire dix chansons par soir revient à revivre dix cauchemars sur scène. Donc c’est assez horrible mais ça vaut la peine, car ça inspire les gens.

Ton expression vocale est une part très importante de ta musique. As-tu exploré de nouvelles facettes de ta voix sur cet album ?

Ouais, j’ai pris des drogues et bu des alcools différents [rires]. Non, je ne sais pas, j’ai pris une approche différente sur cet album, j’ai presque tout fait en une prise. Andy LaRocque disait que si ça ne sonnait pas bien, nous garderions quand même. Donc ça m’a motivé. C’est comme avec tout dans Shining : je le fait avec le cœur. Donc que ça sonne bien ou pas, au final ça sonne comme moi. Et merci pour les compliments sur mon chant, mais je suggère quand même d’acheter le livre afin de pouvoir comprendre les paroles également, car cette fois elles sont putain de géniales !

Est-ce que faire le chant en une prise apporte une vulnérabilité ?

Bien sûr que je suis vulnérable ! Tout le monde est vulnérable lorsqu’il créé quelque chose. Mais être vulnérable peut aussi être une chose puissante. Est-ce que tu penses que Jules César était confiant à seize ou quinze ans pour diriger l’Empire Romain ? Je ne le crois pas. Mais il avait une sacrée paire de couilles ! Et moi, j’utilise ces couilles pour être ami avec des cannibales, cuisiner de la viande et faire un bon bouquin avec lui [rires].

Puisque tu estimes que c’est quelque chose de puissant, penses-tu que les gens ne se reposent pas suffisamment sur leur vulnérabilité ?

Les gens peuvent faire ce qu’ils veulent. J’utilise ma vulnérabilité, mes sentiments, mes bénédictions, je mets tout ça dans un même package et je créé quelque chose de fantastique à partir de ça. Tout est une question d’honnêteté. Je ne vois pas beaucoup d’honnêteté quand on ne fait que créer un produit. D’un autre côté, j’ai le luxe de pouvoir aussi créer un produit parce que je fais ça depuis vingt-deux ans et, en gros, les gens avalent tout ce que je vais. Je veux dire que lorsque nous avons sorti l’EP Lots Of Girls Gonna Get Hurt avec des reprises de groupes gays, tu vois, je pensais que nous perdrions plein de fans mais en fait nous en avons gagné encore plus ! Dont un paquet de filles. Donc nous sommes un groupe de black metal pour gonzesses. C’est pour ça que nous utilisons de vraies mannequins sur notre page au lieu de nanas black metal avec des cheveux noir… Nous utilisons ces filles que tout le monde veut baiser parce qu’ils disent : « Oh, peut-être que ma petite amie pourra ressembler à ça un jour… » Maintenant on est reparti dans quelque chose de complètement différent, j’adore ça.

Tu viens de dire que les gens avalent…

Mon foutre ?

…tout ce que tu fais. Penses-tu que peu importe ce que tu feras, tes fans te suivront ?

Non, ce n’est pas ce que je dis. Ce que je dis est que je vise mon propre chemin, et si les gens sont suffisamment intelligents… ou s’ils aiment ce que je fais, c’est fantastique. Sinon, je les emmerde. Je ne suis pas là pour faire plaisir aux masses, au bout du compte. Je suis là pour exposer mon cœur. Si ça intéresse les gens, c’est super, si je peux les pousser à devenir de nouveaux psychopathes ou criminels, s’ils veulent voir le monde brûler, putain c’est merveilleux. Sinon, eh bien, j’ai échoué. Mais à la fois, je ne peux pas dire ce que les gens doivent écouter parce qu’ils ont généralement des goûts horribles en musique. Je veux dire qu’ils préfèrent écouter le nouveau Rihanna que mon album. Je ne dis pas que mon album est bien meilleur, mais je dis que… Je n’aime pas écouter du metal parce que le metal est très malhonnête pour moi. Il s’agit de faire semblant. Vous avez la meilleure scène rap en France. La scène metal devrait apprendre un max de la scène rap que vous avez à Marseille et Paris. Peut-être que les choses seraient différentes, au lieu de dire qu’ils vont brûler quelques églises, ils s’entre-tueraient, ce serait fantastique.

Connais-tu des rappeurs français ?

Ouais mais je ne vais pas me ridiculiser avec leurs nom en français. Le cannibale était suffisant.

En fait, j’ai lu une interview où tu mentionnais Tupac et 50 Cent. Penses-tu que ce genre de rappeurs ont plus en commun avec toi et ta musique que les gens ne le pensent ?

Ouais parce que je ne suis pas obligé de me peinturlurer, aller dans la forêt et avoir l’air d’un putain de nounours qui déambule avec une torche et des armes. Je ne parle pas de flingues, je parle de putain d’épées et autre, en faisant semblant d’être un Viking ou peu importe. La scène rap, en particulier 50 Cent, Curtis, a plus à voir avec le black metal que le black metal qui parle de guerre et de mort… Encore une fois, comment peut-on parler de guerre si on n’a jamais été en guerre ?

« Qu’ils aillent tous se faire foutre ! J’ai eu soixante-dix membres différents au cours des dix dernières années, et aucun d’entre eux ne me manque. »

Penses-tu qu’il y a là un rapport avec l’espèce de rivalité qu’il peut y avoir entre les metalleux et les rappeurs ?

Rivalité ? Tu veux dire que les mecs dans le metal ont un couteau et une épée, et eux une mitrailleuse ? Ce n’est pas une rivalité. Penses-tu qu’un black metalleux a l’habitude de descendre dans les quartiers de Marseille ? Je ne le crois, mec. Il n’y a pas de rivalité. Mais tu sais, c’est une sous-culture. La plupart des gens ont grandi à l’école, ils n’avaient pas d’amis, ils découvrent sur internet que s’ils portent tel et tel t-shirt, ils auront des amis dans tel et tel domaine. Et ce que je fais est une sous-culture dans une sous-culture. Je ne vais pas dénigrer mes fans mais quand même, je pense qu’ils devraient revoir leur position, surtout en France, et écouter la scène hip-hop française et voir d’où ça vient, car au lieu de porter du noir, une croix renversée et du corpse paint, ils portent du noir, un crucifix renversé et un putain de Glock, c’est mieux ! Entretuez-vous au lieu de raconter que « oh, je veux le tuer, je veux commettre un meurtre… » Putain à la place, faite-le, bande d’imbéciles !

L’édition limitée de l’album contient une reprise de la chanson « In The Cold Light Of Morning » de Placebo, ce qui peut paraître inattendu. Quelle est ta relation au pop rock et au rock alternatif ?

Ma relation au pop rock et au rock alternatif ? Eh bien, elle est meilleure qu’avec le metal ! J’aime la vraie musique, tu sais. J’ai mes vieux albums de black metal des années 90, ça me suffit. Je préfère le nouveau Morrissey au nouveau, je ne sais pas, n’importe quoi où ils se peignent le visage et jouent les gros durs.

Etant donné ton état d’esprit artistique et tes prestations live uniques, penses-tu être le dernier vrai punk de la scène extrême ?

Tu sais quoi ? Il y a toujours un gosse assis dans une cave quelque part qui prévoit quelque chose de bien pire que ce qu’on peut même imaginer. Et je prie pour ce gosse parce qu’il sera un salut. Je devance le courant actuel, oui. Mais il existe quelqu’un quelque part qui a une capacité qu’on ne peut même pas comprendre aujourd’hui, qui amènera tout ceci sur un terrain plus horrible encore, et s’assurera que chaque sourire se change en froncement de sourcils, et on appellera ça encore du black metal, et ce sera lui le vrai black metalleux. Donc ouais, je ne suis pas le dernier, ni le premier.

Aujourd’hui, pour les gens, il y a une indissociation entre Shining et ta personne. Comment tu te sens par rapport à ça ? Je veux dire, êtes-vous un véritable groupe au moment d’enregistrer un nouvel album, ou bien est-ce que Shining est avant tout ton œuvre ?

Shining est moi mais quand même, Shining est davantage focalisé sur mes côtés sombres, afin de pouvoir faire ressortir la bête chez les autres. Evidemment, j’ai des côtés positifs, qu’on peut voir quand je suis sur scène et que je souris, ou lorsque je suis avec mes chats, mes amis et tout, je me sens bien. Tu sais, les gens parlent de ce côté extrême en disant que je ne peux vivre que dans l’obscurité totale et détester le monde entier. Eh bien, tu sais, si tu ne fais vraiment que ça, tu es mort. Ca ne fonctionne pas. J’ai essayé ça, et la plupart de mes amis qui étaient comme ça lorsque j’avais douze ans sont morts à quinze ans. C’est ça toute l’idée. Je veux influencer les gens à devenir cette personne qui prend la mauvaise route dans la vie, en étant le nouveau messie, répandant la parole de Dieu…

Est-ce que les autres membres du groupe contribuent de quelque façon à la musique ?

Contribution ? Est-ce que c’est ça que tu veux demander ou bien veux-tu plutôt demander pourquoi j’ai viré soixante-dix membres au cours des dix dernières années ? Eh bien, évidemment qu’ils contribuent, et je veux qu’ils composent, mais pour une raison ou une autre, les gens finissent par soit avoir peur de moi… Pas moi mais tout le concept parce qu’ils pensent au départ que ce n’est qu’un truc musical mais ensuite ils réalisent que c’est pour de vrai, et ça les effraient. C’est un fait horrible avec le lequel vivre parce que je veux qu’ils soient de bonnes personnes mais généralement ce n’est pas le cas, comme toutes les ordures humaines, comme Chris O’Donnell. Ce dernier truc que j’ai dit est une blague, soit dit en passant, si vous n’aviez pas compris.

Tu as une nouvelle fois changé de batteur et de bassiste, ça ne devient pas épuisant à la longue ?

Non parce que nous ne répétons jamais, car ils ne veulent pas répéter avec moi, déjà. On dirait qu’ils ont du mal à s’entendre avec moi. Maintenant, nous avons un nouveau batteur serbe, ça va être intéressant [petits rires]. Mais je ne vois pas trop ce que veut dire la question… Qu’ils aillent tous se faire foutre ! J’ai eu soixante-dix membres différents au cours des dix dernières années, et aucun d’entre eux ne me manque.

Tu dis qu’ils ne répètent pas avec toi, pourtant ils tournent et jouent en live avec toi…

Ouais mais je voyage seul parce qu’ils n’aiment pas être dans un bus avec moi car je fais des choses inattendues, comme te faire un câlin en pleine nuit [rires].

Interview réalisée par téléphone le 11 décembre 2017 par Nicolas Gricourt.
Fiche de questions : avec la participation de Jean-Florian Garel & Matthis Van Der Meulen.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Spela Bergant (1,2,4,6) & Ester Segarra (7).

Site officiel de Shining : www.shiningasylum.com.

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  • Vers la fin (question avec reprise de Placebo) y’a comme un souci avec contradiction :
    « Je préfère le nouveau Morrissey au nouveau, »

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  • heuuuu ok…….l’est dérangé, le garçon!!!!!

    [Reply]

    Docteur Sleep

    Effectivement… 😮

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