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Interview   

Silence Of The Abyss ne s’interdit rien


Si, par l’environnement qu’elle présente, avec sa nature, la mer et son bagage culturel, la Corse a tout du lieu privilégié pour attiser l’inspiration chez les artistes, on ne peut pas dire que l’Ile de Beauté soit très connue pour sa scène et son public metal. Pourtant le metal y est bel et bien présent, en témoigne une toute jeune formation prometteuse et qui ne manque pas d’originalité et de cachet, formée il y a à peine trois ans : Silence Of The Abyss.

Fort d’un premier EP qui aura déjà marqué des esprits en 2018, le trio passe aujourd’hui à la vitesse supérieure en sortant Unease & Unfairness. Un album riche, aux progressions musicales et harmonies sophistiquées, au fort lien entre thématique et musique, et qui présente un nouveau chanteur, Jean-Bernard Florès, justement friand de ces petites complexités. Le guitariste David Santucci nous parle de tout ceci dans l’entretien qui suit, de la méthode évolutive de Silence Of The Abyss à la scène corse.

« Nous avons vraiment des horizons différents tous les trois. Donc ça part dans tous les sens. Il y en a qui vont aimer du rap, il y en a qui vont aimer du trip-hop, il y en a qui vont aimer du jazz, du blues… Pour les trois, il y a beaucoup d’influences. Du coup, ça fait ce mélange-là. »

Radio Metal : Tout d’abord, revenons quelques années en arrière sur la sortie de votre premier EP. D’après vous, c’est un EP qui vous a fait changer de dimension, ce à quoi vous ne vous attendiez pas forcément…

David Santucci (guitare) : Oui. Nous avions sorti ça, et nous n’y croyions pas du tout. Au départ, nous avons fait ça entre trois potes, et nous nous sommes dit : « Le metal, c’est vraiment la musique que nous aimons depuis gosses, il faut vraiment que nous fassions ce que nous aimons vraiment », car nous sommes musiciens professionnels, donc nous faisons beaucoup de choses alimentaires. Nous avons fait ça, et nous ne nous attendions vraiment pas à de tels retours. Jamais de la vie. On nous a même demandé comment un premier album pouvait être aussi mature. Nous avons répondu que nous étions musiciens depuis plus de vingt ans, donc la maturité vient aussi du fait que ça fait longtemps que nous faisons ce métier-là.

Depuis l’EP, le groupe a connu un changement de line-up. Est-ce lié au changement de dimension du groupe à ce moment-là ?

Ça s’est fait naturellement, en fait. Diane [Giannelli] et moi avons eu une évolution où ça nous a motivés pour continuer. Et en fait, ça n’a pas suivi derrière, parce que ce n’était pas forcément des musiciens qui avaient envie de participer à fond à l’aventure. Ils avaient des boulots à côté, donc c’était très compliqué. Puis il y a une date qui est tombée, et le chanteur était parti. Donc nous nous sommes vraiment retrouvés embêtés. Nous avons fait appel à un ancien chanteur que nous connaissions, avec qui nous avions travaillé pendant longtemps. Et du coup, nous lui avons demandé s’il pouvait faire le remplacement pour nous sauver la soirée, et il a dit oui. Et ça s’est fait comme ça. Forcément, après, nous lui avons demandé si ça lui dirait de rejoindre le groupe… Il a quand même mis quinze jours pour nous répondre, parce qu’il a bien réfléchi à la chose, il savait que si ça partait, c’était pour du sérieux. Au final, il nous a dit oui, et il a mis trois mois à poser les voix, et écrire quelques mélodies ainsi que des textes pour l’album.

Qu’est-ce que ce changement de line-up a eu comme impact sur le groupe et plus directement sur le disque que vous sortez là ?

L’impact, c’est qu’il y a beaucoup plus d’idées qui viennent de nous trois, parce que nous avons vraiment des horizons différents tous les trois. Donc ça part dans tous les sens. Il y en a qui vont aimer du rap, il y en a qui vont aimer du trip-hop, il y en a qui vont aimer du jazz, du blues… Pour les trois, il y a beaucoup d’influences. Du coup, ça fait ce mélange-là. C’est un album qui, si on l’écoute bien, part dans tous les styles. Il y a vraiment trois ou quatre morceaux dans l’album qui ressemblent vraiment à du Silence Of The Abyss, et le reste, ce sont des choses que nous voulions faire depuis longtemps, mais plus pour nous faire plaisir.

L’album présente une grosse diversité vocale. Avez-vous recruté votre chanteur en connaissance de cause, en sachant que vous auriez besoin de quelqu’un qui puisse passer d’un registre à l’autre ?

Non, nous n’avons pas regardé ça. Nous avons vraiment recruté JB pour le côté original. Il avait un groupe à l’époque qui s’appelait Mensäyäk, donc ça fait longtemps, depuis 2005 ou 2006, qu’il fait de la scène metal. Mais à côté de ça, il peut chanter du Brel, il sait aussi très bien chanter la chanson corse… C’est donc vraiment ce côté original que nous voulions, plutôt que de choisir quelqu’un qui sait faire du scream, du growl, un peu tout. Nous cherchions vraiment à changer cette voix, même si elle reste clean. Moi, après, j’ai un peu bossé le growl et Diane fait du scream. Donc à trois, nous nous en sortons vraiment. Nous avons plus cherché l’originalité d’un chanteur que les techniques.

Vous passez d’un EP à un album. Il y a donc un changement de format. Comment l’avez-vous vécu, ce changement de format ? Est-ce que le fait d’avoir plus de place, c’est quelque chose qui vous a libérés et inspirés, ou est-ce qu’au contraire, c’est quelque chose d’un peu contraignant et qui fait plus peur ?

C’est bizarre. Nous, nous nous sentons bien dans les EP, parce que nous pouvons mettre quatre ou cinq chansons, même si elles sont longues, ça respire. L’album, pour nous, c’est un peu plus contraignant, bizarrement. Un bon album où toutes les chansons sont bonnes, déjà, c’est compliqué ! [Rires] Mais c’est vrai que si nous pouvions ne marcher qu’à l’EP, ça nous tenterait. Mais par contre, en sortir plus souvent, être plus présent, je pense que ce serait un système qui nous conviendrait beaucoup plus que de sortir un album tous les trois ou quatre ans. Pour nous, sortir par exemple un EP tous les deux ans, à peu près, ça serait cool, franchement.

« Nous avons écouté les pas d’un taureau dans une arène, et nous nous sommes dit : ‘On va essayer de créer un riff avec la figure rythmique qu’on entend.’ Et ça s’est toujours fait comme ça. Nous essayons d’entrer dans un sujet qui nous touche et nous essayons de nous en approcher le plus possible. »

Pour cet album-là, vous êtes restés sur de l’autoproduction. Qu’est-ce qui vous a poussés à rester là-dessus ?

Nous avons quand même un peu essayé de faire appel à quelqu’un d’extérieur, mais nous n’avons pas eu de retour, bizarrement. Nous n’avons pas eu de retour et donc, naturellement, nous avons continué. Nous avons un petit studio à la maison, et ça s’est fait comme ça.

À propos des thématiques de l’album, rien que dans le nom du groupe, il y a « abyss », donc il y a cette relation à la mer et l’océan. Etant donné que vous êtes originaires de Corse, votre rapport à la mer est-il forcément plus fort ?

Oui, je pense. Nous sommes vraiment proches de la nature et surtout de la mer. Nous ne pourrions pas vivre sans la mer, je pense. Nous avons fait l’expérience parce que nous avons pas mal voyagé, et c’est vrai que la mer nous manque à chaque fois. Donc oui, je pense que nous en avons besoin tout le temps, déjà.

Dans vos influences principales, il y a Gojira. J’imagine qu’au-delà de la musique, ce qui vous touche chez eux, c’est aussi le discours environnemental…

C’est vrai que nous en sommes assez proches. Ça nous a marqués, parce que la plupart des gens de notre groupe sont végétariens, et que nous avons beaucoup de choses en rapport avec la nature et tout ça. En plus, nous vivons en Corse, donc c’est assez important pour nous, la nature. C’est vrai que nous avons ce point commun, assez proche… Nous étions même surpris lorsque nous avons su qu’ils étaient comme ça aussi, donc c’est cool. Il n’y en a pas beaucoup, je pense.

Apparemment, sur ce disque vous êtes parfois partis d’une thématique, pour écrire un morceau. De façon générale, quel impact les thématiques ont-elles eu sur l’écriture musicale ?

En fait, c’est bizarre. Il n’y a que deux chansons qui sont parties d’un texte, sur cet album-là. Le reste, c’est par exemple parti de reportages que j’ai pu voir à la télévision, pour des thèmes comme la corrida sur « My Fair Fury ». Nous essayons toujours de nous poser les bonnes questions. Sur « My Fair Fury », le riff que l’on entend part sur les pas d’un taureau dans une arène. Nous avons écouté les pas d’un taureau dans une arène, et nous nous sommes dit : « On va essayer de créer un riff avec la figure rythmique qu’on entend. » Et ça s’est toujours fait comme ça. Nous essayons d’entrer dans un sujet qui nous touche et nous essayons de nous en approcher le plus possible. Mais nous n’allons pas chercher loin, à chaque fois. Un autre exemple : nous avons eu un gros incendie juste à côté de chez nous qui a ravagé les animaux, etc., et il en est sorti « Lunar », parce que c’est un ressenti que nous avons eu en vrai à côté. Nous ne cherchons vraiment pas loin les choses. Ça nous tombe juste à côté, en général. Et contrairement à l’EP qui était conceptuel, cet album aborde vraiment plein de thèmes différents. Nous parlons de tout, que ce soit la maltraitance animale ou humaine, le post-apocalyptique, le nihilisme aussi – JB aime bien écrire là-dessus. Nous abordons vraiment tous les thèmes à qui peuvent nous toucher, sans vraiment entrer dans le fond, et nous laissons un peu imaginer les gens ce qu’ils veulent.

Non seulement l’album est très varié, mais les morceaux eux-mêmes ont une variété, une densité. Il y a « Lunar » qui est marqué par une progression ou certains morceaux en début d’album, avec lesquels on peut se demander en cours de route si on est toujours dans le même morceau. Qu’est-ce qui vous inspire cette écriture musicale ?

Nous aimons tellement de choses ! Ça part dans tous les sens, parce que… Je ne saurais pas l’expliquer. Ça se fait naturellement aussi, tout ça. Donc c’est compliqué. Je ne sais pas. Ça vient, nous ne réfléchissons pas. Tant que nous le ressentons, que ça vient du ventre, nous pouvons vraiment aborder n’importe quoi. Tant que nous y croyons, que nous ne faisons pas du fake, que nous n’essayons pas de ressembler à quelqu’un, que nous n’allons pas chercher des influences trop importantes, etc., si ça vient vraiment de nous, nous pouvons faire n’importe quoi. Ça peut même un jour être une ballade, si nous la ressentons vraiment. Nous ne nous interdisons rien et ça se fait naturellement. Après, au départ d’une chanson, nous allons déterminer comment elle va sonner. Selon le thème, il faudra un tempo plutôt rapide ou un tempo plutôt lent. Nous allons partir sur un accordage : est-ce ça va être vraiment profond ou plus aigu ? Plus speed, plus agressif, plus lourd ? À partir du thème que nous allons aborder, déjà, nous allons partir sur une idée comme ça. Ça, c’est essentiel. Nous faisons ça à chaque fois.

« Tant que nous y croyons, que nous ne faisons pas du fake, que nous n’essayons pas de ressembler à quelqu’un, que nous n’allons pas chercher des influences trop importantes, etc., si ça vient vraiment de nous, nous pouvons faire n’importe quoi. »

Il y a deux interludes dans l’album : il y a « See Arcturus » avec ses chœurs, et il y a « Matando » à la guitare flamenco. Ces interludes sont venus d’un besoin d’offrir à l’auditeur une respiration après les morceaux qui sont assez intenses ?

Oui. Déjà, nous voulions faire respirer l’album, parce que le fait d’enchaîner… Ça n’a pas été fait exprès, en fait. Nous voulions que ça respire avec des morceaux plus calmes, mais « See Arcturus », « My Fair Fury » et « Matando » sont en fait la même chanson. En fait, « See Arcturus », c’est l’histoire d’un toréador et d’un taureau qui vont entrer dans l’arène. « My Fair Fury », c’est le taureau qui défonce tout. Et « Matando », c’est la fin du taureau qui meurt, parce qu’on revient à la réalité. C’est une chanson en trois phases.

Ce qui est intéressant avec ces morceaux, c’est qu’ils offrent des petites couleurs qu’il n’y a pas du tout dans le reste de l’album. Penses-tu qu’à terme, sur un prochain album, vous développiez un peu plus ces éléments ?

Je pense, oui. Nous ne savons pas si ça va se faire. Nous pourrions faire une chanson complètement acoustique de A à Z. S’il y en a vraiment le besoin et que nous le ressentons, oui, il n’y a pas de souci. Même des chants comme sur « See Arcturus », que ça parte un peu plus sur un format à trois, quatre, cinq minutes, oui. Si nous le ressentons, c’est tout à fait possible. Encore une fois, nous ne nous interdisons rien du tout.

Je l’ai évoqué tout à l’heure, il y a une grande diversité vocale sur cet album. Est-ce que, vocalement, à enregistrer et à interpréter, ça a été un challenge, ce disque ?

Pour nous, le studio, c’est toujours un peu compliqué. Déjà, parce que nous voulons que ça soit bien, donc nous nous prenons vraiment la tête. Pour nous, c’est une phase qui n’est pas la meilleure. Nous préférons être sur scène. Nous essayons vraiment de faire au maximum de nos capacités et que ça soit le plus entier possible, mais c’est vrai que c’est du boulot. Au niveau voix, JB est très fort pour trouver des mélodies, se caler, etc., il a du métier. Mais c’est compliqué pour nous d’enregistrer à chaque fois, c’est-à-dire le fait d’avoir l’intensité qu’il faut, tout en étant dans le tempo, tout en étant nickel… Mais surtout, y mettre l’énergie. Nous faisons du metal, donc il faut y mettre pas mal d’énergie en studio, il faut frapper, il faut être là quand il faut, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. C’est ça qui est compliqué. C’est le fait d’être concentré… Ce groupe est jeune, il date de 2017. Il faut quand même beaucoup de maturité, dans le metal, pour acquérir tout ça.

Même s’il y a du chant, il y a une forte dimension instrumentale qui se dégage de cet album. Il y a le morceau final « Lunar », il y a les interludes, mais il y a aussi certains morceaux comme « Amok » qui ouvre l’album, sur lequel on retrouve une forte présence instrumentale. Peux-tu nous parler de votre rapport à l’instrumental, en termes d’écriture ?

Dans le groupe, nous essayons de vraiment trouver une couleur, des accords qui nous parlent, des enrichissements… C’est vrai que des fois, c’est même assez complexe, parce que nous mettons beaucoup de notes dans nos accords, nous ne restons pas sur des quintes basiques. Des fois, c’est très serré pour un chant de rentrer dedans, et même pour des chœurs c’est compliqué. Harmoniquement, c’est tellement riche – des fois nous allons jusqu’à quatre notes, alors que dans le metal c’est plutôt deux, en général – que ça devient compliqué pour le chant de trouver une place. Et si nous devons ajouter des chœurs, ça devient très serré. Cette formule-là, elle vient de ce que nous ressentons à chaque fois. Ce sont des accords qui nous parlent. Et à force de travailler, nous nous sommes fait une base de données de tous ces accords-là, de toutes ces figures rythmiques-là que nous aimons, même chez d’autres groupes, bien sûr. Ça a fait cette harmonie-là et ça ne cesse d’évoluer. Nous sommes vraiment contents, et j’espère que ça va continuer à évoluer comme ça, que nous allons trouver de nouvelles choses. C’est de la découverte, nous sommes vraiment contents à chaque fois. Nous ne sommes pas en stand-by. Le jour où nous serons en stand-by, nous prendrons peur : « On va se copier, je ne sais pas comment on va faire… » Je n’espère pas en arriver là !

Est-ce que ça pousse votre chanteur à bosser son solfège et faire des recherches sur harmoniques pour réussir à s’adapter ?

Pour ça, de toute façon, nous avons une personne au chant qui est incroyable. Parce que plus ça va être compliqué et demander de la recherche, plus ça va lui plaire. C’est ça qu’il kiffe à fond, c’est cette recherche de placement de note qui est compliquée à faire. Pour lui, c’est un régal, il adore ça, et c’est une chance. Des fois, sur un refrain, pour une note, nous sommes restés trois semaines dessus ! Pendant trois semaines, la note, elle ne plaisait pas à Diane, elle ne plaisait pas à moi, lui ça lui plaisait… Ça a été compliqué. Et comme nous évoluons, au final, c’est tout con, je me dis : « En fait, c’est juste à moi d’enlever une note dans mon accord. » Franchement, parfois, rester simple, c’est aussi être efficace. Harmoniquement, nous avons retouché beaucoup de choses. Parce que moi, quand je compose, je compose pour moi. Enfin, je compose sans voix, sans rien, je n’y pense pas trop. Mais une fois qu’il faut poser la voix… [Rires] Du coup il y a du changement, nous ne nous prenons pas la tête, nous essayons de nous y retrouver. Si vraiment ça ne rend pas et que nous ne sommes pas contents de ça, il n’y a pas de souci. Nous retravaillons tout ça.

« Nous avons une personne au chant qui est incroyable. Parce que plus ça va être compliqué et demander de la recherche, plus ça va lui plaire. C’est ça qu’il kiffe à fond, c’est cette recherche de placement de note qui est compliquée à faire. Pour lui, c’est un régal, il adore ça, et c’est une chance. »

Penses-tu que ça t’ait fait progresser en tant que compositeur de te dire que tu n’écris pas que pour toi mais aussi pour un chanteur et qu’il faut lui laisser de la place ?

C’est exactement la réflexion que nous nous sommes faite pour le prochain album ou le prochain EP ! Il y a beaucoup de réflexion, nous évoluons tout le temps. Donc bien sûr, ça, c’est un des premiers points, et il y a eu plein de points. Nous sommes dans l’évolution et ça, ça en fait partie.

Sur « Weak!! », est-ce Diane qu’on entend chanter ?

Oui. Là aussi, c’est une réflexion que nous nous sommes faite. Nous nous sommes dit qu’il faudrait qu’elle chante un peu plus, parce qu’elle screame très bien et qu’elle a une bonne voix.

Et c’est surprenant, parce qu’elle n’est pas du tout présente dans le reste de l’album…

C’est ça. Dans l’EP, elle est un peu plus présente, elle crie un peu plus. Là, ça s’est fait naturellement, parce que le chanteur, comme il n’a eu que trois mois pour bosser, ils n’avaient pas vraiment chacun l’espace pour savoir qui allait faire quoi. Tout ça a été un peu rapide pour nous. C’est vrai que là, le chanteur est parti, il fallait sortir un album, donc nous avons mis moins d’un an pour sortir un album derrière, avec l’écriture et tout, avec un changement de chanteur… Donc ça a été très rapide. Et c’est vrai que maintenant, nous nous rendons compte que si nous avions pris un peu plus de temps, nous aurions changé des trucs. Mais bon, ce n’est pas grave, c’est fait, c’est sorti. Et pour le prochain album, je pense que Diane sera un peu plus présente au niveau voix.

Pour ceux qui ne connaissent pas la scène metal corse, peux-tu nous en parler ? As-tu eu l’occasion de comparer la scène metal en Corse et le reste de la scène française ?

En fait, c’est identique. Personne ne le sait, mais ici, en Corse, il y a tous les styles dans le metal possible. Il y a du doom, du death, du heavy classique, il y a même des groupes de punk… Franchement, c’est vraiment bien, ce qu’ils font. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de public et qu’il n’y a pas de salle. Il y a deux salles et à chaque fois, c’est toujours le même problème, on voit toujours les mêmes personnes. Ça reste une île… Mais on arrive quand même à faire des scènes avec deux cents personnes à chaque fois, donc c’est cool.

Quand tu dis deux salles, c’est dans toute l’île ?

Tu as deux salles vraiment dédiées à ça. Il y en a une à Bastia – et encore, je ne sais même plus si elle y est – et une à Ajaccio qui fonctionne très bien. Ensuite, tu as plein de salles mais qui ne sont pas vraiment dédiées au rock et au metal. C’est vraiment tout style différent. Mais des salles vraiment dédiées à une musique assez rock et metal, il n’y en a que deux en Corse, pas plus. Après, bien sûr, il se monte beaucoup de festivals l’été, on peut toujours démarcher d’autres salles pour faire un concert, mais ce ne sont pas les groupes qui manquent. C’est surtout le public qui manque, bizarrement. Franchement, ce n’est vraiment pas la folie. En plus, je sais qu’il y en a beaucoup qui aiment ça, mais ils ne vont pas se déplacer. On ne les voit pas. Le sud de la France, je sais que c’est déjà compliqué, parce que nous tournons pas mal dans le sud de la France, mais alors la Corse… C’est un peu plus compliqué encore !

Interview réalisée par téléphone le 29 avril 2020 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.

Site officiel de Silence Of The Abyss : www.silenceabyss.com.

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