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Chronique   

Sixx: A.M. – Prayers For The Blessed, Vol. 2


Sixx: A.M. - Prayers For The Blessed, Vol. 2Deuxième et dernière salve pour Sixx: A.M. dans ce diptyque annoncé de longue date. Sept mois seulement séparent Prayers For The Blessed de son prédécesseur et frère jumeau Prayers for The Damned. Ce genre d’entreprise constitue toujours un risque si l’inspiration n’est pas suffisamment au rendez-vous, notamment celui de rapidement provoquer une indigestion chez le public. Car proposer deux albums coup sur coup la même année, au lieu d’opérer une sélection des meilleurs titres sur un seul disque, doit pouvoir se justifier. Et pas sûr qu’une copie conforme du premier volet, aux qualités certaines sans pour autant côtoyer les sommets, suffira.

L’album s’ouvre sur « Barbarians (Prayers For The Blessed) » qui reprend exactement où « Rise Of The Melancholy Empire » s’arrête sur le premier album, avec la foule qui scande « we will not be damned », et s’avère être une sorte de négatif de la chanson « Prayers For The Damned ». Là où la seconde était pleine de tension latente et profondément mélancolique, la première est lumineuse, explosive et joue parfaitement le rôle que jouait « Rise », un riff hard bien pêchu pour se secouer la tignasse en prime. Et la pression ne retombe pas avec « We Will Not Go Quietly », tout aussi énergique, avec des lignes de chant qui lorgnent vers un léger rap. Le titre est évocateur et fait écho aux propos que tenait James Michael lors de notre dernière rencontre : « on ne restera pas calme ».

Car, en effet, ce Prayers For The Blessed, Vol. 2 tape du poing sur la table et n’aura réellement que deux moments de creux. La reprise de Badfinger, popularisée par Mariah Carey, « Without You » démontre que, pour le moment, les reprises ne sont pas le fort de Sixx: A.M. (cf. la reprise de « Drive » de The Cars sur Modern Vintage). Au fond pas désagréable mais, à part l’électrisation, elle n’apporte rien de très palpitant, et fera même à coup sûr grincer quelques dents. « Maybe It’s Time » s’impose quant à elle comme la ballade mielleuse de l’album, petite sœur de « Better Man », sans en avoir les atouts ; trop générique, trop lisse, trop transparente.

Mais la bande à Nikki Sixx fait preuve de clairvoyance dans l’agencement de son album : c’est sans ménagement qu’ils sortent l’auditeur de son assoupissement après « Maybe It’s Time », en enchaînant sur « The Devil’s Coming » et son démarrage en trombe, à coup de double de grosse caisse et guitare hurlante. Il s’agit là de la surprise de l’album, un peu comme l’était, dans un registre pourtant très différent, « Belly Of The Beast » sur le premier volume, alternant entre riffs puissants où DJ Ashba use d’effets (wah wah, whammy, puis talk box sur le pont), un couplet posé aux couleurs eighties et un refrain catchy à en perdre la tête, typique du combo ; voilà un véritable hit comme on en attend de la part de Sixx: A.M. ! Et c’est les doigts encore brûlants qu’Ashba fait suivre « Catacombs » aux allures d’ « Eruption » de Van Halen, à sa façon. Un interlude qui participe à démarquer Prayers For The Blessed de Prayers For The Damned, et notamment de la sensation d’un album trop uniforme qui ne vaut plus ici. En témoigne le hard rock semi-acoustique semi-électrique de « Suffocate », qui renvoie aux hits les plus énergiques du Bon Jovi des années 90, ou « Riot In My Head », avec ses couplets sensuels ainsi que ses chœurs et son solo de guitare chipés sans vergogne chez Queen. Et puis il y a la ballade finale, « Helicopters », chaleureuse, rayonnante, où autant la prestation de Michael que le solo extatique d’Ashba (Slash sors de ce corps !) envoient de belles décharges de frissons.

Alors certes, on pourra toujours faire le procès à Sixx: A.M. de délivrer des refrains formatés, mais comment résister, par exemple, à un tube de la trempe de « Wolf At Your Door » ? Ou à ce feu d’artifice guitaristique auquel se livre Ashba d’un bout à l’autre de l’opus ? Arrivé au bout de Prayers For The Blessed, le constat est clair, Sixx: A.M. l’a finement joué dans ce diptyque, abattant ses meilleures cartes pour ce second opus, s’offrant ainsi un nouveau souffle salvateur.

Chanson « Barbarians (Prayers For The Blessed) » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « We Will Not Go Quietly » :

Album Prayers For The Blessed, Vol. 2, sortie le 18 novembre 2016 via Eleven Seven Music. Disponible à l’achat ici.



Laisser un commentaire

  • Après plusieurs écoutes, l’album révèle de bons atouts. Mais trop de ballades (énergique ou pas) à la fin, ce qui atomisent l’ensemble.

    Un risque de (sur)productivité / (sur)créativité qui n’est pas payant. Même si Vol.1 est plutôt très bon, voir excellent, si quelques titres de ce Vol.2 avaient été intégrés sur le Vol 1 SIXX AM aurait pondu un disque ouffissime en lui offrant 2 facettes ombre et lumière.

    Gros kiffage sur « the devil’s coming »

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  • « Prayers For The Damned vol.1 » est bien plus qu’un « album aux qualités cetaines sans cotôyer les sommets » pour moi…c’est un excellent album qui fait partie de mon TOP 5 en 2016 (et il y a du niveau cette année, rien que du côté Thrash Metal).
    Alors, si cette suite est meilleure, je me prépare à un kiff d’enfer 🙂

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  • Le teaser ne m’avait pas du tout emballé. D’habitude j’écoute l’album, ensuite je lis la chronique.

    Bon, c’est subjectif comme toujours, mais ça me donne un peu d’espoir 🙂 Je pense qu’il me faudra plusieurs écoutes pour avoir un avis plus nuancé.

    [Reply]

    Rififi

    Petite coquille concernant la reprise, c’est drive, et non « dive » 😉

    Vous ne voulez pas m’envoyer le cd s’il vous plait ? C’est bientôt mon anniversaire, à votre bon coeur.

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