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Chronique   

Skid Row – The Gang’s All Here


Skid Row aurait pu jeter l’éponge. Le groupe a connu plusieurs changements de chanteur en très peu de temps, de quoi perdre foi en l’avenir de la formation. Skid Row avait pour dessein de sortir le troisième volet de l’EP United World Rebellion : il n’en sera rien. Le groupe a profité de l’arrivée du chanteur Erik Grönwall – le troisième depuis le départ de Johnny Solinger en 2015 – pour faire pratiquement table rase. Le nouvel environnement de Skid Row a incité les musiciens à composer un tout nouvel album au titre symbolique : The Gang’s All Here. Skid Row semble avoir retrouvé la flamme, celle qui l’animait à ses débuts. The Gang’s All Here a des airs de phénix.

A l’inverse des EP autoproduits, The Gang’s All Here profite de l’expérience d’un producteur de renom : Nick Raskulinecz (Alice In Chains, Deftones, Stone Sour, Korn…). Ce dernier a parfaitement saisi l’essence de ce qu’est Skid Row à l’origine, lorsque le groupe trustait les charts, la une des magazines et les playlists MTV avec l’éponyme de 1989 et Slave To The Grind en 1991, tous deux plusieurs fois disques de platine. Sans aller jusqu’à surjouer la fibre nostalgique, Nick Raskulinecz a invité le groupe à revenir à son arsenal des premières heures : des riffs tranchants, sleazy pour certains et des refrains au cuir clouté. Les premières notes de « Hell Or High Water » donnent toutes les composantes du programme en faisant un bond de trente ans en arrière, avec son break remémorant celui de « Monkey Business » comme un symbole. On se rend très vite compte que la performance du Suédois Erik Grönwall – plus jeune que tous les membres et fan invétéré du groupe – va porter l’opus. « Hell Or High Water » laisse apprécier l’amplitude de son timbre (qui n’est parfois pas sans rappeler un certain Sebastian Bach…), très à l’aise dans les aigus typés des eighties. « The Gang’s All Here » en remet une couche : Skid Row parvient à conjuguer élégamment riffs mélodiques et refrains envolés. Le groupe se permet à chaque fois quelques petites incartades musicales dont il a le secret, principalement constituées de soli débridés à la limite de faire friser les tympans. Surtout, Skid Row ne se contente pas de s’adonner à la rythmique heavy/rock automatique. La basse de « The Gang’s All Here » a quelques allures de punk rock, « Not Dead Yet » en accentue ensuite les traits avant que Skid Row ne décide de changer de registre en privilégiant la lourdeur d’un « Time Bomb » au riff plombé, tout juste interrompu par les chuchotements d’Erik qui mime le tictac d’une bombe… qui explose sur le refrain.

C’est justement cette capacité à rendre sa musique protéiforme sans perdre en intensité qui fait tout le sel de ce The Gang’s All Here. Skid Row réussit la prouesse de renouer avec les principes d’antan qui s’identifient par son identité sonore sans téléphoner toutes ses progressions. Au sein même d’un titre comme « Time Bomb », Skid Row évolue d’une lourdeur presque sludge à quelques effusions mélodiques dignes de la NWOBHM. « Ressurected » en revient à un rock plus festif avec ses chœurs et ses enchevêtrements de soli. Skid Row utilise à bon escient l’une de ses marques de fabrique : des accalmies qui ne sont que des prétextes pour repartir de plus belle. Certes sur la durée, Skid Row ne parvient pas nécessairement à fournir seulement l’indispensable. Le groove – presque boogie par endroits – de « When The Lights Come On » ne suscite pas forcément l’entrain escompté, peut-être victime de sa légèreté. Certaines phrases de « Tear It Down » entretiennent quant à elles une trop grande proximité avec les gimmicks de « Resurrected ». Pas suffisamment pour choquer l’auditeur mais plutôt voir les dynamiques des deux titres se confondre. « October’s Song » vient jouer le rôle de la power ballade et en remplit aisément le cahier des charges avec une ligne de basse qui vient caresser l’oreille et des progressions mélodiques grandiloquentes, presque solennelles. C’est peut-être le seul point faible d’Erik sur l’opus : l’énergie du rockeur patché semble plus convaincante que les élans qui confinent au sentimentalisme exacerbé. « World’s On Fire » se charge de conclure les débats en se plaçant entre sleaze rock et heavy metal. Un florilège de guitares pour se ramener sur l’itinéraire de prédilection.

The Gang’s All Here présente Skid Row sous l’un de ses meilleurs auspices, comme si le groupe avait réalisé une cure de jouvence. L’arrivée d’Erik semble avoir galvanisé le groupe, conscient de ce qu’il avait peut-être perdu en cours de route. Skid Row a donc renoué avec un hard rock chiadé, porté sur les articulations de guitare et les refrains. Il se repose sur ses principaux atouts, ceux-là mêmes qui ont poussé les fans de la première heure à le porter aux nues. Un quasi-reset extrêmement judicieux.

Clip vidéo de la chanson « Time Bomb » :

Clip vidéo de la chanson « Tear It Down » :

Chanson « The Gang’s All Here » :

Album The Gang’s All Here, sorti le 14 octobre 2022 via earMUSIC. Disponible à l’achat ici



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  • Moribon le hamster sans dent dit :

    J’étais hyper sceptique avant l’écoute… Mon scepticisme a entièrement disparu. Un retour en grandes pompes !

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  • j’adore cet album ! Kiffer à nouveau Skid Row, trente ans après Slave to the Grind est inespéré pour un vieil hardos (comme on disait) comme moi ! L’arrivée d’Erik Gronwall apporte un regain de jeunesse aux membres historique qui signent là un super album de hard-rock péchu !

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