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Live Report   

Skunk Anansie : Skin au balcon, Trianon au tison


skunk-anansie-en-concert-au-trianon-de-paris-en-2016Vingt années d’existence – certes avec une interruption -, un nouvel album Anarchytecture dans les bacs, une chanteuse, Skin, à la personnalité originale, une réputation en concert établie, autant d’arguments qui ont convaincu le public de se déplacer au Trianon – date initialement prévue au Bataclan – pour un concert à guichets fermés. Pour accueillir ce public plutôt adulte offrant une belle mixité hommes/femmes : un trio anglais, Bones, composé de deux femmes aux guitares accompagnées d’un batteur.

19H45, les Anglais de Bones entrent en scène. Au-delà de leur son rugueux basé sur leurs deux guitares, ce qui frappe en ce début de concert, c’est la position de la chanteuse qui se tient dos au public, allant même jusqu’à se tordre le cou pour chanter. Heureusement, elle se mettra face à la salle assez rapidement.

Artistes : Skunk AnansieBones
Date : 10 février 2016
Salle : Trianon
Ville : Paris [75]

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Bones

Leur musique est âpre, pas forcément facile d’accès, entre déluge de guitares et quelques riffs stridents, le tout sur des rythmes mid-tempo. Le public réserve toutefois un bon accueil au trio qui dédie « Life Is For The Living » à David Bowie. Le morceau est plus posé, calme, offrant même un côté mélodique. « Fat », expliquera la chanteuse, est un titre qui parle d’être gros, de devenir gros et dédiera « Girls Can’t Play Guitar » à un homme, un inconnu, du quartier londonien de Camdem qui leur a dit que les filles ne pouvaient pas jouer de la guitare. Le titre claque avec des faux airs à la « Bad To The Bones ».

Au bout de trente minutes, le trio quitte la scène non sans avoir remercié Skunk Anansie et laisse un public plutôt satisfait. Public qui désormais arrive plus nombreux dans la fosse qui se densifie soudainement ; tout le monde n’assistait pas forcément à la première partie semble-t-il. Ah, les bars si attirants du Trianon !

Setlist :

Haiiyo
Electric
Creature
Hero
Life Is For The Living
Fat
Girls Can’t Play Guitar
Pretty Waste

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Skin : maîtresse de cérémonie

Il est 20H50 et les premiers signes de fébrilité apparaissent dans le public duquel s’échappent quelques cris ; la pression monte dans ce Trianon plein comme un œuf. Cinq minutes plus tard, « Tear The Place Up » ouvre le bal avec son tambour qui disparaîtra rapidement de la scène. D’entrée de jeu, Skin prend l’animation de la soirée et le contact avec les spectateurs à son compte. Elle prouve rapidement sa forme du moment sur l’enlevé « That Sinking Feeling » où elle s’offre un premier slam. Sensations garanties, effet assuré, l’ambiance est lancée. Même les spectateurs des gradins sont pour la plupart debout. « Because Of You » faussement calme est spontanément soutenu par les applaudissements d’un public qui se réjouit à la perspective de la bonne soirée qui s’annonce.

Côté jeu de lumières, l’habillage est subtil, basé sur pas mal de demi-teintes, de contre-jours et de stroboscopes. Visuellement, c’est assez réussi et percutant. Musicalement, le son est très bon, l’exécution propre et la voix de Skin impressionne. Tout comme son attitude et son aura. Le public lui mange dans la main : à peine lance-t-elle un « merci beaucoup » que les spectateurs exultent. « God Loves Only You » permet à la chanteuse de dire un mot sur le Bataclan, que malgré tous les événements, le groupe est toujours là, que les fans sont toujours là. Elle dédiera le titre au public précisant que la religion ne gagnera jamais. Ce morceau est un bijou en concert avec son alternance de passages calmes et d’envolées plus énergiques. La montée vocale est soutenue par les applaudissements de la salle et d’une fosse qui se secoue timidement.

« How are you doing out there? » demande Skin sans oublier les fans aux balcons avant de préciser que le titre suivant parle de rupture et de s’étonner amusée que seuls deux ou trois spectateurs présents ne confessent avoir connu eux-mêmes une rupture. Issu du dernier opus, « Death To The Lovers » calme le jeu un instant. La chanteuse évoque ensuite ce dernier album, demande qui se l’est procuré et embrasse un fan qui possède une édition vinyle avec lui. Quand on vous parle de contact avec le public ! Et ce n’est qu’un début.

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Le slam dans la peau

Après un « In The Back Room » dispensable, retour aux classiques et ce « Twisted (Everyday Hurts) » au refrain repris par la foule qui s’anime enfin un peu plus sur ce morceau pêchu à souhait. Et Skin de se hisser au premier balcon de la salle. Cette fille a du être cascadeuse dans une autre vie ! Après un petit tour de l’étage, la chanteuse décide que le chemin le plus court pour rejoindre la scène est…de repasser par la fosse. Et la voilà qui descend directement de l’étage et s’offre un nouveau slam. Lors de la montée, Ace, guitariste du groupe, la regarde et l’on ne saurait dire s’il est blasé, perplexe ou inquiet pour sa chanteuse. Mais c’est sans bobos que Skin retrouve la scène. Cass peut donc lancer l’introduction de « Bullets » que les fans bien chauffés soutiennent de leurs applaudissements et de leurs voix. La performance est assez folle, Skin déchaînée qui s’approche maintenant au plus près des premiers rangs avec lesquels elle est en contact direct vu qu’il n’y a pas de fosse entre la scène et les spectateurs.

Le public chante toujours, les morceaux s’enchaînent, Anarchytecture étant très bien représenté et c’est sur l’ancien « Weak » que Skin défiera les lois de la physique en marchant sur la foule. Quelle énergie ! Quelle envie ! Et exécuté avec assez de naturel pour rester spontané. “Paris, are you ready to dance ?” demande-t-elle avant que le groupe ne lance « Love Someone Else », single du dernier album qui passe plutôt bien en concert. « Beauty Is Your Curse » qui suit est très bien accueilli par le public qui montre ainsi son adhésion à la dernière production des Anglais.

« I Can Dream » nous ramène aux premières heures du groupe et prouve que Skin est toujours en forme et ne compte pas laisser le public s’en tirer à si bon compte : le micro tendu incite les fans à chanter. Le titre remporte un franc succès mais le clou reste à venir comme Frah, chanteur des Shaka Ponk, arrive pour « Spit You Out » (titre qui a été l’occasion d’une collaboration des Shaka Ponk avec Skunk Anansie). Et les deux chanteurs de défier à nouveau les lois de la physique en marchant tous les deux sur la foule. Nous laissant sans voix face à cette prestation totalement débridée et jouissive !

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Défions les lois de la physique !

« Charlie Big Potato » avec ses airs kashmiriens, sa voix extraordinaire et ses nombreux changements d’ambiance termine de bien belle manière cette première partie de concert avant les rappels. Le groupe revient sans aucune intention de calmer le jeu. Etonnés ? « Hedonism (Just Because You Feel Good) » le hit du groupe est chanté à tue-tête par un Trianon aux anges. Skin flattera d’ailleurs son audience en précisant que cette date est la meilleure date de la tournée jusqu’ici et demande de hurler en mémoire du 13 novembre. Puis la chanteuse remercie Bones, son équipe, Frah et bien sûr, le public. « Fuck them, we are here! ». Elle présente ensuite le groupe : Ace, Cass et Mark dont nous n’avons effectivement pas beaucoup parlé tant Skin occupe l’espace. Pourtant ils sont la base, solide et fiable, qui lui permet de décoller. Indispensables. « Little Baby Swastikkka » termine ces rappels qui puisent uniquement dans les premiers albums du groupe.

« Eh, ne partez pas encore, la messe n’est pas totalement dite ! ». Skin va à nouveau au plus près des fans, cette fois-ci dans la fosse au même niveau qu’eux qu’elle fait asseoir avant que tout le monde ne se lève d’un bond ! ENORME. Quelle prestation décoiffante ! Rien à jeter, que du bon. Un groupe en pleine forme, un public venu en profiter, que vouloir de plus ? Revoir un tel spectacle très très rapidement.

Setlist :

Tear The Place Up
I Believed In You
That Sinking Feeling
Because Of You
God Loves Only You
Death To The Lovers
In The Back Room
Twisted (Everyday Hurts)
Bullets
Without You
Weak
Love Someone Else
Beauty Is Your Curse
I Can Dream
Spit You Out
The Skank Heads (Get Off Me)
Charlie Big Potato
Rappels :
100 Ways To Be A Good Girl
Hedonism (Just Because You Feel Good)
Little Baby Swastikkka

A voir également :

Galerie photos Skunk Anansie.
Galerie photos Bones.



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