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Live Report   

Slash : entrez dans la légende


L’homme a grandi à Stoke-On-Trent, cette ville d’Angleterre où Lemmy est né, sa mère a eu une aventure avec David Bowie (en tant que costumière de ce dernier) qu’il a donc vu chez lui étant jeune. Déjà, pour un démarrage dans la vie, son existence est associée à des noms prestigieux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là évidemment. Il a joué avec les plus grands et les plus divers, de Ray Charles à Michael Jackson, a fait partie d’un groupe de légende dans une configuration trop éphémère dont les frasques ont défrayé la chronique. Son nom, comme Lemmy, a aussi cette aura qui l’associe immanquablement à une vie rock’n’roll, par ses bons et ses mauvais côtés.

Comme CV, pas mal pour entrer dans la légende, non ? Après plusieurs groupes, Velvet Revolver et Snakepit, il avance désormais sous son propre et seul nom – émancipé ? – et plutôt bien accompagné. Fort d’un dernier album, Apocalyptic Love, truffé de guitares, il arrive en cette journée pluvieuse d’octobre dans un Zénith comble, que dis-je, plein à craquer. Prêt à entrer dans la légende ? Suivez le guide…

Artistes : SlashGinger Wildheart
Date : 20 octobre 2012
Salle : Zénith
Lieu : Paris

Ginger Wildheart

19h30, les lumières s’éteignent et Ginger Wildheart ouvre le bal avec son hard rock pêchu, mélodique et assez varié, plutôt agréable à écouter en guise de mise en bouche. Pour ceux qui ne connaissent pas, Ginger Wildheart est anglais et connu pour son groupe The WildHearts qu’il fonda en 1989 après son éviction des QuireBoys, groupe de hard rock anglais formé en 1984.

Ce soir Ginger est au chant et à la guitare et est accompagné d’un bassiste, d’un batteur, de deux autres guitaristes et d’une choriste, tous de noir vêtus, éclairés chacun par une poursuite blanche. Comme tous les musiciens assurent les chœurs, ils se retrouvent souvent alignés à cinq sur le devant de la scène. Les voir ainsi, tous de front, a un certain impact visuel. De plus, ils sont tous très actifs, sautant partout, assurant le job. Le public apprécie ces efforts et applaudit ou chante en réponse aux invitations du leader. Toutefois, les plus grosses réactions seront provoquées par l’apparition de Todd Kerns qui rejoint le groupe sur le titre ‘SuckerPunch’ et par le nom de Slash que Ginger remerciera.

Au bout de vingt grosses minutes, le chanteur-guitariste annoncera la dernière chanson. La prestation efficace a le grand mérite d’être rapide – en trente minutes, l’histoire est pliée. Relativement court pour une première partie tout de même. Non pas qu’elle fut mauvaise mais l’essentiel reste la tête d’affiche qu’un Zénith plein et bouillonnant est venu voir.

Slash et Myles Kennedy sous les feux de la rampe.

Pendant la traditionnelle attente, le temps que les techniciens préparent la scène, les fans peuvent admirer le backdrop qui reprend la pochette d’Apocalyptic Love. Les plus curieux (et les plus proches) peuvent aussi découvrir quelques crânes, un vampire et un dragon en peluche qui ornent les amplis.

20h30, les lumières s‘éteignent à nouveau, une voix annonce dans les hauts-parleurs l’arrivée de Slash et, après quelques instants d’attente, dans un halo de lumière bleue, Slash, Myles Kennedy et les Conspirators envahissent la scène sur l’excellent ‘Halo’ issu du dernier album. Le groupe enchaîne sur ‘NightTrain’ qui plonge avec délectation le public dans la grande époque d’Appetite For Destruction des Guns et permet de vérifier à nouveau, s’il en était besoin, que Myles est très à son aise vocalement et évite toute nostalgie en rapport avec le timbre si particulier d’Axl Rose. ‘Ghost’ du premier album déboule ensuite pour une entrée en matière des plus réussies. A noter que ce titre est chanté par Ian Astbury de The Cult dans la version studio et qu’en concert le chant assuré par Myles passe aussi très bien.

Sur scène, la hiérarchie est respectée, Slash et Myles occupant les feux de la rampe, Todd Kerns à la basse et Franck Sidoris, guitariste rythmique, restant plus en retrait et ne bénéficiant même quasiment pas d’éclairage. Nous verrons néanmoins que Todd aura l’occasion de se mettre en valeur pendant le concert et de belle manière. Brent Fitz est à l’œuvre à la batterie et les autres musiciens iront assez souvent se poster face à lui, dos au public donc, pour terminer un morceau par exemple. Au moins, doit-il se sentir moins seul dans ces moments-là !

Slash est tout en poses de guitar-hero, haut de forme et Ray-Ban de rigueur, qu’il ne quittera d’ailleurs pas de tout le concert alors qu’il retirera son tee-shirt lors des rappels. Myles profite de la plateforme installée sur le devant de la scène pour prendre de la hauteur. Dommage que l’homme, excellent vocaliste, manque de percussion en tant que leader. Un petit peu plus de mordant lui aurait permis de faire exploser cette foule toute acquise à la cause de la tête d’affiche.

‘Standing In The Sun’ maintient le rythme avant que ‘Back From Cali’ ne suive avec une version live à l’intro des plus inspirées, un tantinet plus lente que sur disque. Et c’est un des points forts de la prestation de ce soir : des versions live bonifiées, pas complètement calquées sur les versions studio avec des guitares franchement inspirées. Peut-être que ‘Mr Brownstone’ fait exception et était un peu moins enlevé que l’original – son final en bigbadaboum est quand même jouissif – mais, globalement, les interprétations font vraiment du bien. ‘Anastasia’, quel pied !

Au front, les gars !

Côté public, l’ambiance est là. ‘Back From Cali’ reçoit des applaudissements soutenus, l’introduction de ‘Mr Browstone’ est soutenue par les « Hey ! » scandés par les fans qui salueront ce morceau très apprécié et qui donnera l’occasion à Slash de faire un premier petit solo. Le public chauffe au fur et à mesure des titres et aura pu apprécier le beau tableau offert par les deux guitaristes et le bassiste de front, sur le devant de la scène lors de ‘Been There Lately’ unique titre issu du Snakepit. Mais l’ambiance monte vraiment de plusieurs crans sur le magistral ‘Rocket Queen’, véritable morceau de bravoure où Myles n’a pas trop à forcer pour que le public reprenne le refrain à pleins poumons. Ce titre donnera l’occasion au premier gros break-solo-de-guitare (aux airs parfois très zeppeliniens) qui sera salué par la foule. A ce sujet, Slash distille quelques grands solos qui passent vraiment très bien. Ces exercices sont parfois très dissonants, lourds, forcés et peuvent casser le rythme d’un concert, en faire retomber l’ambiance, mais là, la dose est certes hautes car ces passages peuvent être assez longs mais le public est aux anges. Concernant ‘Rocket Queen’, sur la reprise du morceau après le break, avec ce passage toutes guitares hurlantes, le Zénith explose ! Myles assure carrément vocalement et assurera au public qu’il est bon d’être de retour. Au vu de l’accueil, nous n’avons pas de difficultés à le croire. Après ce morceau de bravoure très intense, le groupe enchaîne avec ‘Bad Rain’ et son introduction chaloupée. Une tuerie.

Histoire de calmer les esprits – un peu – le groupe joue ‘Far And Away’ et ce pour la première fois ! Exclusivité française ! A cette occasion, Myles sortira lui aussi une guitare. Le plus enlevé ‘We’re All Gonna Die’ du premier album de Slash, chanté par Iggy Pop sur disque, contraste avec la douceur du titre précédent et remet les gaz. Cette fois-ci, Myles a laissé le micro à Todd qui s’avère être un excellent chanteur et un personnage assez charismatique, grand, avec ses longs cheveux noirs. Probablement inspiré par l’esprit de la chanson, Slash se colle aux chœurs. Todd harangue le public avant que le groupe ne poursuive avec un nouveau titre des Guns : ‘Outta Get Me’, toujours chanté par le bassiste. La version proposée ce soir est un peu plus speed que celle studio avec un break qui claque et un public qui exulte. Il a raison, c’est bon.

« Motherfuckin’ Myles Motherfuckin’ Kennedy »

‘Starlight’ est excellent avec un superbe intermède musical et bluesy à souhait. Une pépite encore une fois très inspirée. Slash se fera aussi plaisir pendant ‘Anastasia’ avec un grand solo. Le public surchauffé accueille comme il se doit ‘Sweet Child O’ Mine’ et s’en donne à cœur joie sur le refrain ou sur les « where do we go ». Mais il est temps de faire plus ample connaissance et Myles présente les musiciens après avoir demandé au public de faire du bruit pour Ginger Wildheart. Todd recueille de gros applaudissements et c’est une ovation quand le chanteur présente le héros de la soirée. Slash, à son tour, présente « Motherfuckin’ Myles Motherfuckin’ Kennedy », selon ses propres termes. Entendre sa voix est d’ailleurs étonnant. « Alors il parle ? » a-t-on envie de demander très amicalement. Avec ses poses et son attitude, il ne donne évidemment pas l’image d’un grand communicant. L’homme est plutôt du genre à laisser irradier sa classe et son charisme par d’autres vecteurs que la parole. Sa musique, par exemple.

Au bout d’une heure trente cinq de concert, nouveau petit intermède musical qui voit Slash esquisser quelques pas de danse salués par le public qui se casse la voix sur des « Hey, hey, hey ! » spontanés. Les fans de Velvet Revolver sont enfin servis avec ‘Slither’ où, tel un Bruce Dickinson, Myles demande : « Scream for me Paris ! ».

Il est 22h15 et la première partie du concert se termine. Slash prend le micro et remercie Paris. Le groupe quitte la scène mais revient assez vite, Slash torse-nu mais Ray-Ban et haut-de-forme toujours rivés sur la tête. Nouveau titre de Velvet Revolver, ‘Fall To Pieces’ ouvre les rappels. Assez stratégiquement placés finalement, ces titres de Velvet Revolver. Là aussi, le public répond présent, chante, montrant qu’il apprécie toutes les périodes de Slash. Sur ce titre, Myles descendra dans la fosse aux photographes pour un très rapide contact avec les fans.

‘Paradise City’ résonne dans le Zénith pour le plus grand plaisir du public. Sur ce morceau Slash assure les chœurs avec Todd et Franck, les trois musiciens partageant le même micro sur le côté gauche de la scène. Et, plutôt rigolo, Slash se replace à chaque fois côté droit et court côté gauche pour assurer les chœurs. Le final se fait sous une jolie pluie de confettis et de jets de fumée, Slash finissant de jouer le morceau guitare dans le dos dans un geste ultime de guitar-hero.

Que dire en résumé de cette soirée menée tambour battant ? Qu’elle a été servie par d’excellents morceaux, aux interprétations très inspirées, appréciés par un public aux anges qui était là pour soutenir ses héros. Que le son était excellent. Qu’un leader plus pêchu pouvait encore élever d’un cran ce concert déjà très relevé. Qu’il faut saluer les deux heures pleines et intenses qui sont au-delà de l’heure et demi syndicale. Et que nous avons hâte de plonger à nouveau dans la légende !

Vous le reconnaissez ?

Setlist de Slash :

Halo
NightTrain (Guns’n’Roses)
Ghost
Standing In The Sun
Back From Cali
Been There Lately (Slash’s Snakepit)
Mr BrownStone (Guns’n’Roses)
Rocket Queen (Guns’n’Roses)
Bad Rain
Far And Away
We’re All Gonna Die
Outta Get Me
No More Heroes
StarLight
Anastasia
You’re A Lie
Sweet Child O’ Mine (Guns’n’Roses)
Slither (Velvet Revolver)

Rappels :

Fall To Pieces (Velvet Revolver)
Paradise City (Guns’n’Roses)

Photos : Lost

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Galerie photos du concert de Slash



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