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Chronique   

Slash – 4


Les dix années écoulées depuis Apocalyptic Love prouvent que Slash a eu une excellente idée en s’associant au frontman Myles Kennedy pour donner un cachet de supergroupe à son projet solo. L’accueil positif de ses albums successifs et de ses prestations live lui a donné raison, une occasion de présenter un hard rock protéiforme qui se soucie sans cesse de multiplier les accroches. Lorsque la célèbre marque de guitares Gibson – depuis longtemps associée à Slash – a décidé de créer son label Gibson Records en association avec BMG, les choses ont clairement été énoncées : le prochain opus de Slash feat. Myles Kennedy And The Conspirators sera la première sortie de Gibson Records. Un effort qui a dû se défaire des sempiternelles contraintes liées à la pandémie : tous les musiciens, sauf le guitariste Frank Sidoris, ont contracté le virus pendant la réalisation du disque. Pas de quoi, cependant, ébranler la détermination du guitariste chapeauté.

Par chance, l’essentiel de l’album a pu être enregistré avant que Myles ne soit testé positif. Le chanteur prétend tout de même que l’on entend les effets du virus sur sa voix sur le morceau d’ouverture « The River Is Rising ». Libre à chacun d’apprécier ses dires… Ce qui se décèle inévitablement en revanche est la production reconnaissable de Dave Cobb (Rival Sons) et son amour du rock organique. Slash a enfin trouvé un producteur en phase avec ses aspirations : enregistrer le groupe en condition live en studio comme on le ferait dans un club. 4 s’appréhende comme tel : une sorte de concert enregistré sans fautes à l’acoustique parfaite. Le travail de Dave Cobb est remarquable concernant le traitement des cymbales laissées à leur brillance naturelle et celui des guitares au grain extrêmement vif. L’ensemble conserve un cachet brut old shcool qui se démarque de la production plus moderne de Living The Dream (2018) – moins explosif, mais plus authentique. « The River Is Rising » est l’occasion de profiter du riffing le plus heavy de Slash et de l’aisance de Myles Kennedy pour les refrains rock US FM en voie de perdition. « Whatever Gets You By » utilise des rythmiques plus facétieuses qui rappellent les frasques de Joshua Homme au sein de Them Crooked Vultures – impression renforcée par le côté « sale », quasi stoner du son. « C’est La Vie » propose un rock entraînant, sorte de résignation positive qui s’illustre à travers le refrain, où Myles Kennedy scande l’expression française, et le solo enjoué de Slash.

Pour ce qui est du riffing et des mélodies, 4 honore les canons du rock sans sourciller. Sans audace non plus. C’est ce que 4 dégage dès les premières impressions : il se complaît dans sa zone de confort. Un constat à double tranchant qui ne tolère pas d’inspiration en baisse de régime. Quand « The Path Less Followed » exalte avec son énergie blues-rock, par moments au parfum de vieux Aerosmith, « Fill My World » régurgite les codes de la power-ballad avec des leads mélodiques qui en deviennent presque anémiques. La complainte finale « Fall Back To Earth » fait preuve de davantage de délicatesse en empruntant quelques billes au rock des seventies mais ne décolle jamais vraiment. L’écriture de Slash souffre de son homogénéité et d’une certaine inertie. Certes, il y a une variation de registres entre heavy et rock classique, à l’instar du cavalier « Call Off The Dogs ». Il y a même quelques pointes de fusion qui se distinguent dans la souplesse et le groove du riffing d’« April Fool ». Surtout, le feeling stoner de « Spirit Love » et son travail sur le son de guitare inspiré des instruments orientaux prouvent que Slash peut dévoiler de nouvelles sources d’inspiration, sans perdre en énergie et en profitant de la polyvalence de Myles Kennedy. « Spirit Love » souligne ainsi les faiblesses de 4 par ses qualités en faisant miroiter toutes les ouvertures possibles.

Slash remplit parfaitement sa mission en affirmant l’identité hard old-school de son projet. On se délecte du riffing et des soli qui portent indéniablement la marque du guitariste et de sa légendaire Les Paul. C’est l’application scrupuleuse et répétitive des mêmes formules qui empêche 4 de dépasser son statut d’œuvre agréable et accommodante. 4 peut se targuer de son organicité, pour peu qu’on ne lui rappelle pas qu’il n’en est pas moins lisse.

Chanson « Call Off The Dogs » :

Chanson « Fill My World » :

Clip vidéo de la chanson « The River Is Rising » :

Album 4, sortie le 11 février 2022 via Gibson Records. Disponible à l’achat ici



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