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Chronique   

Slash – Living The Dream


Si Slash n’a pas sorti de nouvelle musique depuis quatre ans, ce dernier n’a pas pour autant profité de ce laps de temps pour se laisser aller. C’est évidemment le contraire, que ce soit par une tournée de dix-huit mois à travers le monde avec Myles Kennedy And The Conspirators pour World On Fire (2014) ou la réunion avec Axl Rose et Duff McKagan au sein de Guns N’ Roses. Ce tour des plus grandes scènes et stades n’a pas altéré l’envie de Slash de rempiler avec Myles et The Conspirators pour proposer ce qui est son quatrième album solo, Living The Dream. Slash s’est donc à nouveau associé avec Myles Kennedy, le bassiste Todd Kerns, le batteur Brent Fitz et pour la première fois le guitariste rythmique Frank Sidoris qui officiait déjà en live. Living The Dream ne déstabilisera personne, l’approche caractéristique de Slash est bien présente avec néanmoins la volonté de varier les plaisirs.

Living The Dream n’est en rien une référence à l’état d’esprit de Slash ou de son mode de vie. C’est plutôt un constat sur l’état du monde actuel et sa déliquescence. Slash n’est pas connu pour ses opinions politiques et sa ferveur militante, à l’inverse d’un Tom Morello, Living The Dream est davantage une sorte de pied de nez ironique. L’album a été une nouvelle fois produit par Michael Baskette, cette fois-ci aux Snakepit Studios de Slash en revanche. Surtout, Living The Dream est le premier album réalisé par Slash via le logiciel Pro Tools, lui qui avait pour habitude de toujours travailler avec l’analogique. Que les puristes se rassurent, la production garde la chaleur propre au jeu de guitare de Slash. La précision des accords et des leads est clinique, seule l’assise rythmique, certes puissante, paraît un tantinet stéréotypée et manque de caractère (si l’on veut vraiment être pointilleux). « The Call Of The Wild » et son riff saccadé aux sonorités country très enlevées est une manière appropriée de plonger l’auditeur dans le vif du sujet. Ce dernier est immédiatement confronté à l’efficacité de la main droite des guitaristes sur des riffs extrêmement vivants, ainsi qu’au timbre de Myles Kennedy à nouveau déconcertant d’aisance. « The Call Of The Wild » propose, outre un refrain immédiatement accrocheur, un pont plutôt audacieux avec Myles Kennedy qui se mue en quasi-crooner sur des « ah » en chœur, avant de laisser Slash s’adonner à ce qu’il fait de mieux : un solo heavy d’un classicisme et d’une efficacité certaine. « Serve You Right » revient à un rock binaire plus lourd, mélange efficace de sonorités blues texanes et d’intensité hard rock FM porté une nouvelle fois par le travail de Myles Kennedy, qui se permet d’aller jusqu’à titiller les leads de Slash sur le final. Sur « My Antidote » et ses roulements de palm-mutes, Slash effectue son récital de power-chords magnifié par Myles. « Mind Your Manner » va chercher dans une nervosité rock n’ roll toute australienne (AC/DC, Rose Tattoo…), libérant la tension lors d’un refrain explosif fédérateur. Jusque-là, Living The Dream livre exactement ce qu’on est en droit d’attendre.

Slash n’a toutefois pas menti quand il évoquait une certaine variété. « Lost Inside The Girl » emprunte une direction plus proche de la power-ballade. Sur les couplets, Myles sort ses plus beaux graves, et pour une fois on retient réellement les enchaînements que Slash propose, avec un solo langoureux qui rappelle pourquoi les Guns N’ Roses voient leurs visuels sur de nombreux t-shirts aujourd’hui… Idem, la ballade « The One You Loved Is Gone » rappelle à ceux qui l’avaient peut-être oublié que Slash est en outre célèbre pour son songwriting aux petits oignons, même s’il en est, parfois, presque caricatural. Toutefois, derrière son aspect mielleux et ses interventions (discrètes) d’orgue/mellotron, le titre dévoile une évolution d’arpèges et des arrangements de guitares extrêmement pertinents qui rajoutent une vraie plus-value à la composition. De l’autre côté du spectre, il y a ces morceaux faisant preuve d’un sens aigu du groove, que ce soit le nonchalant « Read Between The Lines », avec son usage de la wah-wah, ou le trépignant et agité « Sugar Cane » qui donne immédiatement envie de remuer.

En réalité, le problème de Living The Dream est qu’à part certaines lignes de Myles Kennedy et certains riffs de guitare dynamiques (tel que « Sugar Cane » cité plus tôt, les couplets de « Driving Rain » ou la bizarrerie de « Slow Grind »), Slash délivre un savoir-faire qui prend trop souvent l’apparence d’une musique quasi-standardisée. Living The Dream, derrière l’évidence du talent démontré, manque de chansons dont le cachet reposerait sur plus que les prestations classieuses de Slash et Myles Kennedy. Ceci étant dit, les fans inconditionnels pourront sans doute se ravir de ce Living The Dream. Si l’album ne connaît pas de réel temps fort, il reste parfaitement fidèle à l’identité d’un excellent musicien très bien accompagné.

Chanson « My Antidote » en écoute :

Chanson « Mind Your Manners » en écoute :

Chanson « Driving Rain » :

Album Living The Dream, sortie le 21 septembre 2018 via Roadrunner Records. Disponible à l’achat ici



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