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Conférence De Presse   

Slash : plus qu’un conspirateur, un rassembleur


Parmi les guitaristes légendaires, Jimi Hendrix reste encore à ce jour le plus productif des disparus, Jimmy Page l’un des moins productifs des vivants, quant à Richie Blackmore, lui, se retrouve désespérément perdu dans le Moyen-Âge. Slash, le célèbre guitariste chapeauté, de son vrai nom Saul Hudson, lui, est de ceux qui demeurent bel et bien sur le devant de la scène. Une scène qu’il n’a jamais vraiment quitté, que ce fut avec Guns N’ Roses, bien entendu, mais aussi avec Slash’s Snakepit, Velvet Revolver ou aujourd’hui avec son groupe solo qui marche à merveille. Il y a bien eu des hauts et des bas, comme le souligne Slash lui-même lors de sa conférence de presse donnée au Hellfest, notamment la période ’93 -’96 de Guns N’ Roses à l’issue de laquelle le guitariste s’est envolé vers de nouveaux horizons. Mais ce dernier se dit être aujourd’hui « dans une excellente période », il poursuit : « Je ne peux pas retenir un seul point fort mais, en ce moment précis, je suis en haut de la vague. »

Sans doute que les innombrables et prestigieuses collaborations – dont Alice Cooper, Lenny Kravitz, Michael Jackson, Bob Dylan ou Iggy Pop – sont parmi les points forts de cette riche carrière. « Les opportunités se présentent d’elles-mêmes » explique Slash au sujet de la manière dont ces collaborations surviennent et précise : « On rencontre de très bons musiciens et compositeurs, et la conversation dévie toujours vers la musique. Et on finit par se dire : ‘Tu veux écrire et enregistrer quelque chose ?’ Voilà comment ça se passe. Je ne prévois jamais rien, je ne me dis jamais : ‘J’adorerais jouer avec Machin ou Truc !’ Je ne harcèle pas les gens ! (rires) » Mais si on lui demande de n’en retenir qu’un, un nom lui vient immédiatement en tête : « J’ai eu l’honneur de travailler avec des artistes très différents, mais celui dont je suis le plus fier, c’est Ray Charles. » Ray Charles à qui, vers la fin de sa vie, il a prêté un peu de magie guitaristique, sur les titres « God Bless America Again » (Sings For America – 2002) et « Baby Let Me Hold Your Hand » (More Music From Ray – 2005).

Et c’est bien un désir de rassembler des talents qui a animé Slash lorsqu’il s’agissait de se lancer dans la confection d’un disque estampillé de son seul pseudonyme. Le résultat est un album éponyme salué par la critique, comprenant les timbres vocaux de, ni plus ni moins, que le gratin de la scène hard rock / metal (et plus si affinités) d’hier et d’aujourd’hui : Ian Astbury (The Cult), Ozzy Osbourne, Fergie (The Black Eyed Peas), Myles Kennedy (Alter Bridge), Chris Cornell (Soundgarden), Lemmy Kilmister (Motörhead), M. Shadows (Avenged Sevenfold), etc. D’ailleurs, vous avez eu ou aurez peut-être la chance de le voir rejoindre le Prince Des Ténèbres sur la tournée Ozzy & Friends, remplaçant les dates manquées de Black Sabbath. Lorsque nous lui avons demandé s’il avait songé sortir le titre « Crucify The Dead », sur lequel le Madman chante dans sa version studio, pour l’occasion, songeur, Slash nous répond : « Non. J’aimerais bien ! (rires) On n’a pas eu l’occasion de la répéter. Je vais seulement jouer des trucs du Sabbath. Mais c’est une bonne chanson, je sais ! » Au regard de son expression faciale, nul doute qu’il regrette. Une prochaine fois, sans doute !

De tous les invités qui ont prêté un peu de leur talent sur la première tentative solo de Slash, un a retenu particulièrement l’attention du guitariste : Myles Kennedy, chanteur d’Alter Bridge. Résultat : ils ont pris la route ensemble pour la tournée de soutien de l’album et un second album entièrement chanté par Kennedy a vu le jour en mai dernier, intitulé Apocalyptic Love. Une collaboration qui prend de l’ampleur et qui, pourtant, se poursuit sans s’encombrer de quelconque pression. Lorsque sont évoqués de potentiels soucis de planning avec Alter Bridge, Slash dément : « Non, c’est même plutôt cool. On a pris du temps pour travailler avec The Conspirators et, en décembre, il bosse avec Alter Bridge. On a tout planifié. Il y a un aspect cool dans le fait qu’il ait son propre truc : il y a moins de pression, cette histoire de collaboration avec Slash apparaît moins comme un grand pas dans sa carrière. On passe un bon moment, c’est tout. Je préfère ça. » Pas du genre à se prendre la tête le Slash ! Il faut dire qu’il a déjà dû donner par le passé et, l’âge aidant, a acquis une certaine forme de prise de recul. Est-ce que cette association perdurera ? Ou bien peut-être que Slash souhaite revenir au format de son premier album solo ? Il répond clairement : « J’aimerais faire un nouveau disque avec Myles à l’avenir. Mon premier album solo était un projet unique. Je voulais travailler avec de nombreuses personnes différentes mais je n’ai pas pensé à en faire un deuxième dans le même genre. »

Slash, le groupe, ce n’est pas seulement un simple duo chant/guitare, puisque les autres musiciens semblent également tenir une place importante au sein du line-up. A savoir si Slash est aujourd’hui un projet solo ou un groupe, le guitariste donne sa vision : « C’est un mélange des deux. Le projet a été organisé et mis en place par moi mais la contribution des autres gars est énorme. C’est un travail collaboratif, d’une certaine façon. Je compose la musique, puis je travaille avec Myles, et on envoie tout ça aux gars, qui jouent ensuite un peu ce qu’ils veulent. C’est en train de se changer en travail de groupe. » Voilà d’ailleurs la raison pour laquelle l’intitulé est progressivement passé de Slash à Slash feat. Myles Kennedy puis à Slash feat. Myles Kennedy & The Conspirators. « Je voulais que la section rythmique ait son propre titre. Slash & Myles Kennedy, c’était l’an dernier et l’année d’avant. Pour cet album, on a changé, parce que la section rythmique a apporté une contribution vraiment identifiable. Je voulais m’assurer qu’ils aient une reconnaissance. » confirme Slash.

En comparaison d’une grande partie des stars de son époque ayant marqué l’histoire du rock et qui ont, à un moment donné, très largement ralenti la cadence, Slash demeure un musicien productif. Alors comment aborde-t-il ses œuvres ? « Il n’y a pas de règle de composition définie. » assure-t-il. « Parfois, c’est dans ma tête, et j’essaie de le jouer à la guitare, de retrouver ce que j’entends. D’autres fois, je fais des mélanges de plein de trucs. Je me balade toujours avec une guitare ; comme ça, dès que j’ai une idée… J’en ai parfois pendant les concerts, pendant les balances, dans la voiture… Je ne sais pas, ça arrive, c’est tout. » Il faut croire, en définitive, qu’il est resté le même, approchant sa musique en toute simplicité, laissant l’inspiration venir à lui. C’est peut-être ce qui fait la force de ses idées musicales, justement. Et d’inspiration, qui plus est, il n’en a pas manqué le bougre ! A ce propos, parmi toutes ces chansons qui constituent aujourd’hui son large répertoire, lesquelles prend-t-il aujourd’hui le plus plaisir à jouer ? « C’est difficile à dire. J’adore jouer « Paradise City », parce que c’est un long titre et que je peux faire des solos. J’aime jouer l’une des nouvelles chansons, « Halo », je m’amuse beaucoup. Il y en a beaucoup. J’aime jouer « Back From Cali », « Starlight »… On vient de commencer à jouer un titre appelé « Anastasia », qui est très sympa. Je pourrais continuer longtemps ! »

Pour sa carrière remarquable, Slash sera honoré le 10 juillet prochain d’une étoile sur le fameux Hollywood Walk Of Fame. Une étoile qui se situera précisément au 6901 Hollywood Boulevard, tout juste en face du Hard Rock Cafe d’Hollywood Boulevard. Son ami, l’acteur Charlie Sheen, y prononcera par ailleurs un discours. Comment Slash prend-t-il ce qui peut largement être considéré comme une consécration ? « C’est une reconnaissance assez surréaliste. C’est cool parce que ma carrière a commencé à Hollywood dans mon adolescence. J’ai passé beaucoup de temps à traîner sur Hollywood Boulevard. Tout ce que j’ai fait dans ma vie tourne autour d’Hollywood. C’est donc très sympa d’être reconnu par Hollywood mais je ne m’y serais jamais attendu. » Le guitariste au chapeau haut-de-forme serait-il resté modeste ?

Aujourd’hui consacré au Hollywood Walk Of Fame, pour autant l’avenir appartient toujours à Slash. Alors que peut-on attendre de sa part dans les mois qui viennent ? Une résurrection du Slash’s Snakepit ? Un nouvel album de Velvet Revolver ? « Je n’ai aucun projet pour Slash’s Snakepit. Pour Velvet Revolver, la recherche du chanteur se poursuit. On ne pourra rien faire tant qu’on n’aura pas trouvé la bonne personne. » clarifie-t-il. « Pour l’instant, Apocalyptic Love vient de sortir. On va tourner avec ça jusqu’à la fin de l’année. Je n’ai pas vraiment décidé ce qui se passe après. J’imagine qu’on va sans doute tourner l’an prochain également. Mais j’ai commencé à écrire du nouveau matériel. On verra comment ça se goupillera. »

Pour finir, un petit mot sur le serpent de Slash. Car oui, les rock stars aiment les animaux et, comme ils aiment aussi ne pas faire comme tout le monde, bien souvent surprennent avec leurs compagnons à poil, à plumes ou à écailles (mentionnons le loup d’Axl Rose ou les poules de Buckethead, qui semble-t-il n’ont pas fait bon ménage). « Je n’ai plus qu’un serpent aujourd’hui, un anaconda vert. Je l’ai depuis qu’il est bébé, il mesure 2,5 mètres, maintenant. » dévoile Slash. Alors, à quand une apparition de l’anaconda sur scène ? Alice Cooper, qu’il connait bien, lui n’hésite pas à exhiber ses pythons…

Propos recueillis le 17 juin 2012, lors de la conférence de presse qui s’est tenue pendant le Hellfest.



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  • Il sort des disques, il fait des tournées, c’est tout ce qu’on demande à un artiste.

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  • J’adore Slash, je l’idolâtre totalement mais je trouve que ça carrière solo a pris un aspect un peu commercial. M’enfin bon.

    Sinon comment vous connaissez les animaux de compagnie d’Axl et de Buckethead?

    [Reply]

  • je crois que le nom de Slash est Saul Hudson et non Hutson

    [Reply]

    Aceofspades

    Exact!
    Très bon article sinon 😉

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