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Live Report   

Slaves : Salement abrasif !


Slaves. Un guitariste, Laurie Vincent. Un batteur, Isaac Holman. Anglais. Crachent leur rock abrasif depuis 2012. Un Ep. Trois albums dont le récent Acts Of Fear And Love sorti en 2018. Un fort héritage punk et garage. Une forte envie d’en découdre sur scène pour le plus grand plaisir de fans venus nombreux et motivés au Trabendo. En première partie, Life. Quatre anglais. Coupes au bol. Chemise au col fermé. Apparence gentils garçons donc, sortis des années soixante. Mais ne racontons pas tout dès le début, voyez plutôt la suite, elle est explosive !

20h00, les festivités commencent. Life donne dans la sobriété, l’animation scénique réduite à peau de chagrin. Il y a même une certaine distance. A se demander si le groupe sait qu’il y a un public ! Musicalement, nous sommes dans le rock anglais, avec un chant parfois parlé. Pas inintéressant du tout et des titres comme « Eddies » ou « English » font dresser l’oreille. Globalement, la musique est âpre, fortement ancrée dans la tradition anglaise. Le chanteur qui boit du vin paraît très détaché du public, tout comme le reste de la formation. On se demande même si la prestation ne serait pas la même sans public. Un peu déroutant ! Pénalisant peut-être. Toutefois les spectateurs paraissent apprécier.

Artistes : SlavesLife
Date : 29 Octobre 2018
Salle : Trabendo
Ville : Paris [75]

Life à distance ?

La salle est bien remplie d’un public jeune, majoritairement masculin. Peu avant 21h00, des cris résonnent, suivis de quelques « Slaves ! » et le groupe de démarrer avec l’énorme « Sockets ». « Fuck The Hi-Hat », ultra court, permettra à Isaac de faire chanter le Trabendo. Le chanteur prouve aussi que le groupe n’est pas dénué d’humour quand il explique qu’ils ne sont que deux car personne n’a voulu les rejoindre ! Les deux musiciens sont ultra mobiles, ne ratant jamais une occasion de monter sur les retours. Face à eux, la fosse pogote. Le bien dégueulasse « Live Like An Animal » se mélangeant avec « Fuck The Hi-Hat » reçoit un gros succès. Bavard, Isaac invite les fans à faire un câlin aux gens à côtés d’eux. Les pogos, ça compte ? Et les slams ? En effet, peu avant l’excellent « Cheer Up London », un fan monte sur scène et se paie un slam. Sur ce titre, le public donne de la voix. Ce morceau a tout d’un hymne et, à cet instant, la communion entre le duo et ses fans est belle à voir.

« Merci beaucoup, ça va ? » demande Isaac en français avant de lancer l’énorme brûlot « The Lives They Wish The Had » qui contient une hargne que ne renierait certainement pas The Exploited ! Globalement, Slaves, c’est intense, fort et sale. C’est ce qui est bon ! La foule est au taquet et le morceau remporte lui aussi un beau succès. « Cut And Run » apporte un des rares passages calme de cette soirée.

Lion en cage ? Non, punk en liberté !

Torse nu, pantalon blanc, Isaac a tout l’air d’un lion en cage dopé à l’adrénaline. Laurie, lui aussi de blanc vêtu, bardé de tatouage – sa toile d’araignée sur la tempe est impressionnante – se retrouve souvent debout sur les enceintes. Le chanteur va au-devant des fans, sur les barrières de sécurité histoire de chauffer encore un peu plus un public déjà chaud-bouillant et de les faire chanter « Where’s Your Car Debbie ? Where’s Your Car ? » S’ensuit « Chokehold » et son début calme. La fosse est toujours là, prête à sauter, prête à recevoir le déluge sonore de « Photo Opportunity », titre qui alterne passages calmes et passages furieux. « C’mon Paris ! » lance le chanteur qui invite la Trabendo à agiter les bras de concert. C’est beau. Le retour au calme du morceau est salué par des spectateurs aux anges et le titre de se terminer avec un simple « Merci ».

« Sugar Coated Bitter Truth » et son introduction à la guitare est accueilli avec force applaudissements. En fond de scène, le logo lumineux du groupe se pare de vert. A ce propos, le groupe évolue dans des lumières minimalistes mais percutantes ! Le mot « Slaves » en lettres lumineuses en fond de scène est du plus bel effet. Le très bon titre aux variations d’ambiance et de rythme maintient la fosse en mouvement. Entre la scène et les barrières de sécurité, deux hommes de la sécurité veillent au grain mais tout se passe dans un bon esprit.

Une araignée au plafond ?

Les deux musiciens sont maintenant tous les deux debout sur les enceintes placées à chaque extrémités de la scène pour l’explosif et corrosif « Beauty Quest ». Le « Slaves » se teinte de rose et de gros projecteurs blancs éclairent le tout par l’arrière. Punk, le duo, mais attentif à son impact visuel quand même. Isaac s’offre un slam et reste quelques instants dans la fosse au contact des fans. Belle attitude ! L’énergie débridée, incontrôlée qui se dégage alors est belle à ressentir. Les pogos sont toujours là, la foule reçoit cette énergie et la restitue ! « Merci Paris » dira Isaac manifestement heureux de la réponse du public.

Il y a peu de temps mort. La plongée en apnée dans le chaudron d’énergie des anglais apporte tout ce qu’il faut. C’est assurément incandescent. La foule remue et remue encore sur le splendide « The Hunter » final. La fin du concert sera abrupte, finalement sans concessions comme le concert. Le titre se termine, le groupe s’en va et les lumières sont rallumées immédiatement. Déconcertant. Il faut se réveiller vite, revenir à la réalité après cette heure intense. Une heure c’est court direz-vous. Vous aurez raison. Toutefois, les anglais offrent une telle intensité, font montre d’une telle sincérité qu’on a envie de leur pardonner. Et peut-être qu’avec un tel style, plus aurait été trop ! Demandez donc à la pauvre batterie qu’Isaac malmène, obligeant très souvent les techniciens à intervenir pour y remettre de l’ordre : elle doit être ravie de pouvoir se reposer un peu !

Setlist Slaves :

Sockets
Bugs
Magnolia
Fuck The Hi-Hat
Live Like An Animal
Cheer Up London
The Lives They Wish The Had
Cut And Run
Where’s Your Car Debbie ?
Chokehold
Photo Opportunity
Sugar Coated Bitter Truth
Beauty Quest
The Hunter



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