ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Slayer et Gojira à Clermont-Ferrand : portraits croisés


Slayer et Gojira sur la même affiche, notre fine équipe n’aurait manqué cette date pour rien au monde. Une Coopérative De Mai copieusement garnie et un son parfait : les conditions de ce concert étaient optimales pour que le public clermontois prenne son pied. Car si ces deux groupes sont très performants sur les planches, cette affirmation est d’autant plus vraie en salle où l’atmosphère plus intimiste permet, à la différence des grandes arènes des festivals, de se sentir encore plus proche d’eux et donc de ressentir d’encore plus près leur impact scénique.

Il ne s’agissait pas d’un co-headlining puisque c’est bel et bien Gojira qui ouvrait pour Slayer. Pourtant lorsque l’on voit une première partie recevoir une telle ovation de la part d’un public à la fin de son set… on parlerait bien volontiers d’affiche partagée.

Artistes : SlayerGojira
Date : 29 Mai 2012
Salle : Coopérative De Mai
Lieu : Clermont-Ferrand

Joe Duplantier (Gojira)

Gojira, c’est un fait, continue à progresser sur scène. Le show des Basques a encore gagné en professionnalisme par rapport à la tournée The Way Of All Flesh (2008) et Gojira est aujourd’hui un rouleau compresseur d’envergure internationale à l’image des plus grands groupes de scène comme… Slayer. Dans cette optique, et étant donné les circonstances de ce soir, quelques comparaisons entre les deux formations sont d’ailleurs bien légitimes !

Ainsi, lorsque Joe s’adresse au public, on sent une authenticité totale et un rire franc alors que, quand Tom Araya parle à l’audience, il est plutôt dans le sourire et l’ironie. Même si les deux groupes se retrouvent dans le plaisir total qu’ils prennent à être sur les planches, l’attitude de Tom Araya se veut assez détachée et peut être interprétée comme de la froideur (voire du mépris) notamment quand à la fin des morceaux de Slayer, le frontman-bassiste tourne directement le dos au public ! Mais tout ça doit plutôt être vu comme un jeu où Tom Araya réussit à compenser son incapacité à headbanguer par un jeu de scène ayant justement pour but de mixer désinvolture et flegmatisme.

Tom Araya : la chaleur froide

D’ailleurs même si cette attitude travaillée peut être ressentie comme hautaine, il n’en demeure pas moins que Tom dégage malgré tout (et malgré lui ?) de la chaleur. Une chaleur incarnée par son magnifique sourire qui en dit très long sur le plaisir qu’il a d’être là. Tom Araya, littéralement, jouit sur scène en nous voyant hurler comme des damnés à la fin de ses chansons. Et en jouissant, il fait jouir son public. Tom Araya est ainsi devenu, avec le temps et les circonstances, un vrai personnage de scène dont la chaleur peut être considérée comme froide. Tom Araya, l’une des plus grands figure de notre style musical, parvient donc à être un oxymore à lui seul.

Kerry King : le roi du headbanging !

Chez les deux groupes, le professionnalisme est total. Mais si Slayer est un vieil habitué des planches, il n’en demeure pas moins que la spontanéité de Gojira est plus importante. A moins qu’il ne s’agisse tout simplement de fraîcheur ? Les deux groupes n’ont pas le même âge et Gojira a pour lui l’énergie de la jeunesse. A ce titre, l’apport de Gary Holt (guitare) dans la performance live de Slayer est incontestable. Là où Jeff Hanneman restait statique, Gary Holt ne s’arrête jamais de bouger. La complémentarité avec Tom Araya et Kerry King est d’ailleurs parfaite puisque le statisme forcé du premier (pour cause de problèmes aux cervicales) est complètement contrebalancé par les headbangings frénétiques du second et par le dynamisme de Gary. N’en déplaise aux puristes qui ne jurent que par les quatre membres d’origine, Gary Holt a apporté à Slayer un nouveau souffle en live.

Par ailleurs, là où la prestation scénique de certains groupes se résume parfois aux seules frasques de leurs chanteurs, Slayer et Gojira sont tous les deux des quatuors qui proposent une gifle scénique dont la force repose justement sur les quatre individualités qui donnent un tout grandiose. En effet, Gary Holt et Kerry King sont aussi peu des faire-valoir que Jean-Michel et Christian. Voir déambuler, headbanguer, sourire et suer ces quatre lascars est un tel plaisir qu’on pourrait rester sans problèmes là, à les regarder s’agiter individuellement pendant des heures. Analyse, bien entendu, valable également pour Mario Duplantier et Dave Lombardo, deux des plus grands batteurs du monde, car les deux musiciens font tout autant le spectacle… même si Dave fait moins de grimaces que Mario !

L’expressif Mario Duplantier

C’est principalement pour cette raison qu’il ne fallait pas manquer ce concert : on pouvait regarder n’importe où et n’importe qui (sur la scène comme dans le public) sans perdre son temps. Les lumières soignées des deux shows, en parfaite adéquation avec la musique proposée par les deux groupes (mention spéciale aux stroboscopes blancs calqués sur la double pédale de Mario), auront également contribué à embellir ces prestations très réussies.

Il nous reste maintenant deux choses importantes à dire qui parleront d’elles-mêmes.

Voici la première…

Space Time
Clone
Backbone
Remembrance
Flying Whales
The Heaviest Matter Of The Universe
Tron
Wisdom Comes
Oroborus
Toxic Garbage Island
L’Enfant Sauvage
Vacuity

… et voici la seconde.

World Painted Blood
Psychopathy Red
War Ensemble
Die By The Sword
Chemical Warfare
Silent Scream
Hate Worldwide
Postmortem
Spirit In Black
Mandatory Suicide
Altar Of Sacrifice
Jesus Saves
Seasons In The Abyss
Epidemic
Dead Skin Mask
Snuff
Angel Of Death

Rappels :

South Of Heaven
Raining Blood

Photos : Nicolas ‘Spaceman’ Gricourt

A voir également :

Galerie photos du concert de Slayer.
Galerie photos du concert de Gojira.



Laisser un commentaire

  • Jahkiller dit :

    Pour les avoir vu à Toulouse au début de la tournée j’ai un avis totalement différent.
    Gojira a tout emporté sur son passage par son show carré, puissant, au light de dingue et un son démentiel.
    Pour Slayer on a frôlé l’émeute tellement c’était du foutage de gueule. Pour tout dire dans ma LN avec mon poste à K7 j’avais un meilleur qu’eux. Et malgré les appels du public rien ni faisait. Ah si Araya nous imiter croyant certainement satisfaire à une coutume locale. Heureusement que l’ingé-son à retrouver comment on branche un jack avant la fin de War Ensemble.
    Vous parlez de Gary Holt, c’est qui connaît pas. Ah oui! le mec planqué de l’autre côté de la scène dans le noir avec une guitare. Inexistant je l’ai pris pour le roday guitare de Kerry King…
    Bref 2 concerts, 2 avis divergent. Moi j’ai vu Slayer comme un groupe de légende certes, mais en fin de vie. Quasi moribond!
    Contrairement à Gojira prend une envergure de géant.
    P.S. J’étais venu uniquement pour Slayer, j’accroche pas vraiment Gojira en fait.

    [Reply]

  • Mario est certes bon. Mais faut arrêter de faire de lui  » l’un des meilleurs « . Rien que dans le metal, il y a nombre de batteurs plus inventifs, techniques, expressifs etc..
    ( je suis batteur, je ne parle pas en me basant sur des  » on dit  » )
    Mario est bon, voire très bon sur certains titres. Mais ça s’arrête là. Et lui laisse de la marge pour progresser.
    Mais tout le monde sait que de toute façon, les meilleurs batteurs ne sont pas dans le metal.

    [Reply]

    Breizhwarrior

    Je t’arrete tout de suite, Mario se démarque justement par son jeu élaboré et technique, tu n’as jamais réellement écouté Gojira ou quoi ? Certes, il y a des batteurs encore plus techniques que lui je ne dis pas le contraire, mais il faut savoir reconnaitre les bons batteurs.
    Et quand tu dis « les meilleurs batteurs ne sont pas dans le métal », il faut comparer ce qui est comparable, Mario et Dave font incontestablement parti des meilleurs batteurs de métal, mais dans un autre genre comme de l’affro cubain par ex, d’autres batteurs vont être meilleurs qu’eux, c’est tout.

  • slayersultan dit :

    Après avoir vu Slayer dans toute l’Europe et toutes les conditions possibles, c’est vrai que dans ce genre de configuration, il est insurpassable live. Cela valait les centaines de km comme il y à 7 ans au même endroit (chouette salle que cette coopé). Dommage que le groupe n’ait pas joué 2H et 25 titres comme à Eindhoven l’année dernière, ou l’intégrale de Reign…(joué à Londres quelques jours plus tôt dans une ambiance bien plus apocalyptique mais avec une acoustique pourrie). Bien que G HOLT assure à merveille,je reste malgré tout puriste, même si Jeff avec l’âge avait tendance à être un peu souillon, il a composé Angel of death.Et Lombardo…est-il un extraterrestre comme dans Men in black? (le lendemain au Sonisphere suisse, emporté par sa fougue il n’a même pas laissé le temps à Holt de finir un solo et a breaké au grand étonnement de ses collègues qui ont mis quelques secondes à réagir….)
    Vidéos de qualité (un peu prétentieux de ma part) de ces 2 dates faciles à trouver sous mon pseudo.

    [Reply]

  • jeffrey lebowski dit :

    moi j’ai peut etre une explication quand a la (supposée) froideur de tom araya, le mec est super stressé avant d’entrer en scene (parfois il vomit) même avec de nombreuses années d’experience, il est toujours autant tendu. Peut etre ce stress le fait paraitre froid et distant….

    [Reply]

  • je vais bientôt les voirs au Graspop, j’ai vraiment hâte là!

    [Reply]

    guigui14

    cependant, dommage que l’album « god hate us all » ne soit pas représenté dans la set liste de slayer.

    Zenos

    J’avoue qu’il manque Disciple

  • Un superbe article, bien plus agréable que les habituels compte rendus normaux (mais toujours intéréssant, j’en conviens).
    Un excellent travail, cheers !

    [Reply]

  • Tägtgren dit :

    Mario duplantier, un des plus grand batteur au monde?
    même si c’est un bon batteur, il en est encore loin — » …

    [Reply]

    Zenos

    Euh, si si

    maxboss1984

    A l’heure actuelle, c’est meme le meilleur… quel jeu clair, carré et précis ! Et que dire de sa double pédale…

    JPH

    Effectivement très bon musicien, précis, mais il y à encore une marge avec Lombardo, Mike Portnoy ou Scott Rockenfield, sans parler de Neil Peart. Il remplacerait par contre avantageusement Lars Ulrich…

  • Wow, quelle belle setlist que ce soit pour Gojira ou Slayer

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Judas Priest @ Vienne
    Slider
  • 1/3