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Interview   

Slipknot : le réconfort dans l’obscurité


En ce 20 juin, Slipknot est un peu comme à la maison sur le site du Hellfest. En effet, le Knotfest bat son plein et dans quelques heures les neuf de Des Moines vont communier à leur façon avec leurs Maggots. Pas étonnant que ce soit un Jim Root parfaitement détendu que l’on retrouve dans sa loge, accompagné de sa petite amie. Détendu et visiblement heureux de discuter. Si bien qu’au bout des quinze petites minutes qui nous avaient été allouées, lorsque qu’on frappe à la porte pour signaler la fin de la partie, il se met à crier : « Va te faire foutre ! On est sur une bonne discussion ici ! » et nous invite à poursuivre, gagnant cinq minutes supplémentaires (nous n’avons pas non plus voulu abuser de l’hospitalité de nos hôtes…).

Loquace, donc, Jim Root partage avec nous son expérience du nouvel album de Slipknot, We Are Not Your Kind. Un album plus collaboratif à certains égards et qui aurait pu, selon certaines voix dans le groupe, devenir un double disque conceptuel… ou pas. En tout cas, Jim Root ne cache pas sa passion lorsqu’il s’agit d’évoquer l’art de l’album en tant qu’expérience auditive. Et si le Slipknot de 2019 n’est plus celui de 2001, lors de la sortie du classique Iowa, il n’en a pas pour autant perdu sa colère et son sens du spectacle. Entretien.

« Rien n’est jamais facile pour nous. Il y a toujours quelque chose. A chaque fois que quelque chose de bien se produit pour ce groupe, quelque chose de mauvais se produit également. Peut-être est-ce l’équilibre au sein duquel nous devons vivre. »

Radio Metal : Tu as déclaré que pour We’re not Your Kind, c’est la première fois que vous avez bénéficié d’autant de temps pour composer un album et travailler ensemble sur les choses. Quelle différence le facteur temps a-t-il engendrée ?

Jim Root (guitare) : Le premier album qu’on fait, on a toujours tout le temps jusqu’à ce que cet album soit enregistré pour travailler dessus. Les seuls albums que nous avons faits d’affilée étaient le sans-titre et l’album Iowa. Entre tous les autres je m’éparpillais entre Stone Sour et Slipknot. Maintenant, je ne suis plus obligé de faire ça, donc j’ai pu me donner à cent pour cent à un seul groupe, alors que ça n’était jamais possible avant. Je n’ai pas l’habitude d’avoir ce luxe ! Ça aide dans le sens où j’écrivais des riffs et des arrangements pendant que nous étions encore en tournée pour The Gray Chapter, et voir tout ceci évoluer… Nous avons pu rajouter des couches, en retirer, mettre de côté les chansons sur lesquelles nous piétinions et en écrire d’autres… C’est sympa d’avoir autant de temps ! Je ne crois pas que beaucoup de groupes ont ce luxe [rires]. Ceci dit, The Gray Chapter était différent car tout ce que j’ai composé pour cet album, je l’ai fait littéralement en un mois, donc c’était un peu expéditif, même s’il y avait plus de temps. Là, celui-ci n’a pas été expéditif en ce sens, car j’ai pu travailler dessus durant trois ans, au lieu de réaliser d’emblée douze arrangements, une chanson par jour – c’est le rythme que j’ai essayé de m’imposer pour The Gray Chapter. Là, j’ai pu me poser, me détendre et dire : « Ok, je le sens pas trop aujourd’hui. » Et puis il y a eu pas mal d’impros avec Jay [Weinberg]. Certains riffs et certaines idées ont été créés parce que j’ai pu me poser avec Jay en studio, il se mettait à jouer un rythme de batterie et ensuite j’essayais de trouver un riff à jouer par-dessus. Nous avons pu récupérer des bouts de ces jams et construire des chansons à partir de là. C’était un processus différent, mais c’était sympa d’avoir le temps et aussi de doucement introduire d’autres membres et faire qu’ils mettent leur grain de sel, de voir les chansons évoluer, etc. Chaque étape amenait la chanson à un autre niveau, c’est cool !

A un stade très précoce de la conception de cet album, Shawn Crahan et Corey Taylor ont suggéré l’idée que le successeur de The Gray Chapter pourrait être un double album conceptuel. L’avez-vous vraiment envisagé à un moment donné ?

Ils en ont beaucoup parlé, mais j’étais toujours réticent. Je ne voyais aucune raison de faire un double… Peut-être un double album, mais un double album conceptuel, pour moi, c’est ridicule. Non seulement ça mais, à titre personnel, il y avait plusieurs raisons qui faisaient que je ne voulais pas faire ça. D’un, pour obtenir un double album, il faut soixante-dix à quatre-vingts chansons parmi lesquelles choisir. C’est énorme ! Et étant le gars qui doit sortir la majorité de la musique, ça aurait mis sur mes épaules une sacrée charge de travail ! Donc, va te faire foutre, non ! Il n’y a pas moyen ! [Rires] Enfin, je n’y suis pas opposé, mais c’est beaucoup de travail, j’aurais besoin d’aide. Une autre chose est que Stone Sour venait de faire House Of Gold And Bones parties un et deux, et je disais : « Depuis quand Slipknot fait ce que Stone Sour a déjà fait avant ? » Clown était là : « Ah tu t’en fiches, ça n’a pas d’importance. Ce qu’on ferait serait totalement séparé et différent, bla bla bla. » J’étais là : « Peu importe si c’est séparé et différent. Les gens vont quand même les comparer, car ainsi va le monde dans lequel on vit. » C’était en partie la raison pour laquelle j’étais réticent. Une autre raison encore est que nous avions la quantité de chansons que nous avions, je ne me souviens plus du nombre d’arrangements sur lesquels nous devions travailler, mais nous avons aussi dû réduire le nombre pour déterminer les douze ou quatorze que nous allions mettre sur cet album, et c’était dur à faire. Donc essayer de trouver soixante-dix à quatre-vingts idées ou arrangements pour ensuite choisir les trente qui pourront constituer le double album, ça me paraissait être encore plus de boulot ! Pas que je n’aie pas l’éthique de travail pour, et puis je ne faisais rien d’autre, mais c’est un défi intimidant, et faire quelque chose qui… Quand je pense à un double album conceptuel, je me tourne vers des albums comme The Wall et ce genre de choses. Allons-nous égaler quelque chose d’aussi emblématique et légendaire que ça ? Je veux dire que ce n’est pas une mince affaire. Et malheureusement, encore une fois, on vit dans un monde où les gens vont nous comparer, donc à moins que ce soit quelque chose qui ait du sens, qui ait une histoire valable ou qui soit si obscure et artistique que ça se justifie… Je trouve que ce qu’a fait The Mars Volta est génial. De-Loused In The Comatorium est un album conceptuel mais ils n’ont jamais dit que ça l’était ! Et c’est un putain de coup de génie ! [Petits rires]

D’après Corey, avec cet album il s’agit de s’élever au-dessus de la douleur et de renaître. Qu’est-ce qu’il veut dire ? N’était-ce pas déjà le but de The Gray Chapter ?

Probablement. Enfin, il y avait d’autres choses avec The Gray Chapter. On dirait que quoi que le groupe fasse… Rien n’est jamais facile pour nous. Il y a toujours quelque chose. A chaque fois que quelque chose de bien se produit pour ce groupe, quelque chose de mauvais se produit également. Peut-être est-ce l’équilibre au sein duquel nous devons vivre, et peut-être que nous nous disons ça afin de toujours avoir un but à atteindre, ou quelque chose à viser, ou quelque chose sur lequel travailler dur. Ceci étant dit, The Gray Chapter a été grosso modo construit en studio. Je veux dire que j’ai écrit un certain nombre d’arrangements et nous avons littéralement construit l’album à partir de ces sessions démos, ce que nous avons également fait pour cet album, mais nous avons tout enregistré en live. En ce sens, nous avons pu revenir à la façon dont nous avons enregistré The Subliminal Verses ; nous n’avions pas fait ça depuis. Nous n’avions pas joué chaque chanson en studio en groupe depuis cet album. Sur All Hope Is Gone, Joey [Jordison] n’a même joué avec aucun de nous. Il a joué toutes ses parties de batterie tout seul, sans personne jouant à ses côtés, et c’était un putain de cauchemar. C’était un cauchemar d’essayer d’enregistrer les guitares par-dessus la batterie qui n’avait été jouée avec rien du tout [petits rires], même si ça a finalement marché et les choses ont fini par se mettre en place. Et The Gray Chapter a été construit très rapidement à partir des démos. Donc c’est sympa maintenant de pouvoir revenir en arrière et de se sentir comme un groupe. C’est ce qu’est Slipknot : nous sommes un groupe live. Nous avons besoin de cette tension et de ce relâchement. Nous avons besoin de ce slalom autour du tempo. Nous avons besoin de ces accélérations et de ces ralentissements. C’est là où nous excellons. C’est ce que nous faisons ! Donc c’est sympa d’avoir ramené un peu ça et peut-être que cette mentalité transparaît dans le résultat.

« Je n’ai jamais ressenti faire partie d’une clique ou d’un groupe de gens. Depuis le lycée, je me suis toujours senti un peu en marge de la norme, un peu embarrassant en tant qu’être humain [rires]. Peut-être que l’idée est de trouver une forme de confort là-dedans. »

Tu penses que le sentiment de camaraderie était plus présent ?

Il est clair que oui ! En fait, surtout quand tout commençait à prendre forme, nous avons commencé à débarquer en studio pour enregistrer, et au lieu que certains gars fassent preuve de résistance, ou que certaines personnes manquent un peu d’assurance vis-à-vis de ce sur quoi nous travaillions, ou peu importe, c’était genre : « Bordel de merde, c’est cool ça ! Je peux aussi faire ci, je peux aussi faire ça. » Et moi, j’étais là : « Oui ! C’est toute l’idée ! J’ai peut-être écrit cet arrangement de cinq minutes, mais ça ne veut pas dire que tu dois jouer tel quel. Si tu as une autre idée à placer par-dessus ce couplet ou ce refrain, ou si tu entends une autre façon de les aborder, allons-y, du moment que ça les améliore ! » Il n’y a rien de gravé dans le marbre. Ce n’est qu’un gabarit. C’est une rampe de lancement pour emmener ces chansons à un autre niveau, et c’est exactement ce qui s’est passé, et ça mène à ce que tu disais, à la camaraderie. On réalise qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une compétition. On peut voir ça comme une tâche à laquelle on s’adonne tous ensemble pour réaliser quelque chose d’encore meilleur.

Tu as dit qu’une des inspirations pour cet album provenait d’artistes qui ont enregistré de véritables albums studio et pas juste des chansons. Tu voulais faire de cet album une expérience. Dirais-tu que faire d’un album une expérience est un acte de rébellion à notre époque ?

Oui ! Car, de bien des façons, avec la musique en ligne, plein d’artistes reviennent à ce qui se faisait dans les années 50 et 60, en se basant sur les singles, où des chanteurs et compositeurs écrivaient de la musique afin que des gens comme Elvis l’enregistre et ce genre de choses. Comme dans le monde de la pop, il y a des équipes de compositeurs qui composent pour un même artiste. Très peu d’artistes, si ce n’est peut-être Sia ou Lady Gaga, composent leur propre musique, et parfois même elles font appel à des équipes de compositeurs. Et puis la capacité de concentration du monde aujourd’hui… Avec les réseaux sociaux, internet et tout, je crois que personne n’a la capacité d’attention pour écouter un album complet. Les albums viennent de la fin des années 60 et du début des années 70 quand des artistes comme les Beatles, les Who et tous ces gens ont commencé à dire : « Proposons une expérience. Au lieu de sortir des singles, créons un album complet et un LP dans lesquels ce sont des montagnes russes. » Je pense qu’une partie de cet art se perd à plusieurs niveaux. Un, avec la baisse de capacité de concentration de l’auditeur et, deux, de par l’état de l’industrie et comment vont les choses.

On voit tous ces studios disparaître – Abbey Road est parti – et c’est dommage. Quand on écoute certains de ces vieux albums que j’écoute, que ce soit Yes, The Who, les Stones, les Beatles ou peu importe quoi, il y avait une approche artistique dans tout ce qu’ils faisaient. Pas seulement avec la composition et l’enregistrement, mais avec le mixage aussi. Il n’y avait pas d’automatisation, pas d’ordinateur, on ne pouvait pas tout faire dans notre chambre. Pour mixer leurs albums, s’ils avaient quarante-quatre pistes, il y avait les ingénieurs et les membres de groupes tous penchés au-dessus de la console et ils devaient prendre des décisions au bon moment pendant qu’ils enregistraient sur des bandes deux pouces. C’est un art en soi qui s’est perdu et c’est putain de dommage. Même l’album que nous avons enregistré, nous l’avons enregistré au EastWest Studio, c’est là que les Beach Boys ont fait Pet Sounds, et dans la pièce où ils ont enregistré Pet Sounds, il y avait un rappeur, il faisait littéralement tout ce qu’on pourrait faire à la maison, on n’a pas besoin d’un studio pour faire ce qu’il faisait, mais il avait toute la pièce, et ces énormes enceintes branchées dans un ordinateur en plein milieu, à faire tous ces trucs informatiques intégrés. C’est super, c’est un artiste qui a beaucoup de talent – je ne me rappelle plus de son nom –, ce qu’il fait, je n’en serais pas capable, mais on n’a pas besoin de ce type de résidence, genre six mois en studio comme ça, pour faire ce qu’il fait. Il aurait pu dédier une pièce de sa maison pour le faire. Je suis content qu’il utilise ce studio et s’y rende, car ça signifie que le studio pourra rester ouvert un petit peu plus longtemps… Je souhaiterais presque qu’ils fassent de ces studios des monuments historiques, afin qu’ils ne soient jamais démolis, transformés en appartements, en Starbucks ou ce genre de conneries [petits rires].

L’album s’intitule We Are Not Your Kind (Nous ne sommes pas votre genre, NdT). Il y a l’idée d’être marginal, anormal ou dissident. Penses-tu que Slipknot, en 2019, soit toujours un groupe marginal ou dissident ?

J’ai du mal à… Je ne sais pas à quel niveau se situe le groupe. Ça ne me vient pas à l’esprit. Depuis combien de temps sommes-nous ensemble, depuis combien de temps faisons-nous ça… Quand on est impliqué, c’est dur de voir les changements. Une métaphore que j’utilise est lorsqu’on fait pousser nos cheveux : on ne se rend pas compte de leur longueur, mais si quelqu’un ne nous a pas vus depuis un an, il est là : « Bordel de merde, tes cheveux sont vraiment longs ! » C’est un peu comme ça pour moi faisant partie de ce groupe : je ne me rends pas compte de ce que nous avons fait ou ce que nous faisons. Je sais juste que nous essayons toujours de travailler pour faire mieux. C’est-à-dire que j’essaye de travailler pour écrire de meilleures chansons, apprendre à être un meilleur compositeur, jouer mieux sur scène, peu importe. On essaye toujours de s’améliorer et de faire quelque chose qu’on n’a pas déjà fait. Je n’ai aussi jamais ressenti faire partie d’une clique ou d’un groupe de gens. Depuis le lycée, je me suis toujours senti un peu en marge de la norme, un peu embarrassant en tant qu’être humain [rires]. Peut-être que l’idée est de trouver une forme de confort là-dedans. Et je ne suis pas seul dans ce cas, il y a probablement des milliers voire des millions de gens qui ressentent la même chose. Ce n’est pas inhabituel, c’est normal.

« J’aime les choses dépressives et sombres. Pour je ne sais quelle raison, ça me fait me sentir mieux. Peut-être que c’est comme regarder une émission de télé-réalité merdique : on aime regarder ces gens qui sont des catastrophes humaines et on se sent mieux dans notre peau [rires]. »

Corey a comparé cet album à un mélange entre le premier album et Iowa. Tu y as répondu en réfutant cette comparaison et en disant que vous n’étiez plus ce groupe. Du coup, comment comparerais-tu le groupe que vous étiez sur Iowa et celui que vous êtes aujourd’hui ?

Je pense que quand nous avons enregistré Iowa, nous étions en colère, nous étions bien plus jeunes, nous avions bien plus de preuves à faire, nous n’avions pas autant donné de notre personne, nous n’avions pas encore appris grand-chose au sujet de notre art. On apprend toujours quelque chose de nouveau, c’est sans fin, c’est la vie, tout simplement. Peu importe qui vous êtes et depuis combien de temps vous faites quelque chose, vous allez toujours pouvoir apprendre et retirer quelque chose d’une expérience. Mais à la fois, nous avions littéralement des œillères. Nous voulions tout détruire, baiser l’industrie, tout envoyer chier autour de nous… Une attitude juste énervée et putain d’agressive. Sur scène, hors scène, en studio. Nous avons toujours les mêmes émotions, mais je pense que c’est bien plus focalisé maintenant. Nous sommes capables de canaliser ces émotions dans des exutoires créatifs. A l’époque, le Jim de trente ans n’aurait probablement pas pris d’inspiration pour bien réfléchir aux choses avant d’agir, alors que maintenant, il se peut que je sois là : [Prend une profonde inspiration] « Réfléchissons à ça pendant une seconde… » Je pense que c’est la différence aujourd’hui. La colère, l’agressivité, tout ceci est toujours là, car il y a toujours quelque chose pour nous mettre en rogne [petits rires], ça ne changera jamais, mais la façon dont on gère cette colère, je pense que c’est là-dessus que nous avons grandi. C’est probablement la plus grande différence entre maintenant et le passé.

D’ailleurs, il y a toujours beaucoup de colère et d’obscurité dans ce nouvel album, mais surtout, il y a aussi beaucoup de clair-obscur. Dirais-tu qu’aujourd’hui, vous cherchez davantage à trouver la lumière dans l’obscurité ?

Absolument ! Ça fait partie de ce que j’aime le plus dans la musique. Et peut-être que c’est lié à la condition humaine. En tant qu’être humain, je pense que nous avons tendance à nous focaliser sur l’obscurité et les choses qui sont… En tout cas, c’est comme ça que je suis câblé. J’aime les choses dépressives et sombres. Pour je ne sais quelle raison, ça me fait me sentir mieux. Peut-être que c’est comme regarder une émission de télé-réalité merdique : on aime regarder ces gens qui sont des catastrophes humaines et on se sent mieux dans notre peau [rires]. Peu importe. Mais quand j’écoute quelque chose de morose, sombre et en mode mineur, il y a quelque chose là-dessus qui, pour moi, est très plaisant et exaltant. J’aime les jours de pluie. Je ne peux peut-être pas sortir à moto, aller à la plage ou autre, mais les jours de pluie, il y a quelque chose de spécial, et je suis là : « Eh bien, je peux allumer la télé et me mettre sous une couverture, et regarder dans le vide devant la télé ou jouer sur la X-Box toute la journée… Il pleut comme vache qui pisse là tout de suite ! » [Rires] C’est un sentiment réconfortant. Et peut-être qu’en tant qu’être humain, on a ce côté sombre… On en a besoin pour voir la lumière. Donc, je ne sais pas, j’étais attiré par ce genre de choses et c’est pourquoi j’aime la musique maussade. C’est pour ça que j’aime Radiohead, l’album 13 de Blur, Portished et ce type de musique que j’écoute. Ou peut-être que ce ne sont que des conneries et j’aime tout simplement les trucs dépressifs ! [Rires]

Il y a pas mal de Slipknot classique dans cet album, mais il y a aussi quelques surprises – je pense surtout à « Spiders » ou « My Pain ». Est-ce le défi de Slipknot aujourd’hui, de trouver un équilibre entre votre son historique et le fait de le dépasser ?

Ça fait partie de l’évolution dont je parle depuis longtemps. Je veux dire que Slipknot a toujours fait, disons, de la musique plus cérébrale, c’est-à-dire lorsque ce n’est pas le truc typique avec du blast beat, un breakdown heavy, etc. C’est un peu convenu et nous faisons ça de long en large. Peu importe ce qu’est Slipknot, nous serons toujours ça et nous ferons toujours ça, mais afin de pouvoir prendre le temps de faire une chanson comme « Spiders » ou « My Pain »… Enfin, si on repense au premier album, il y a des chansons comme « Prosthetics », et même jusqu’à The Subliminal Verses, on a « Danger – Keep Away » et ce genre de choses. Nous avons toujours essayé d’intégrer des trucs comme ça dans ce que nous faisons. C’est juste que nous ne l’avions jamais mis en avant de façon aussi prétentieuse que cette fois-ci. J’aimerais à l’avenir que davantage de choses de ce genre se glissent dans notre musique, mais il faut également maintenir l’équilibre avec ce qu’est Slipknot. Il ne s’agit pas forcément de ce que les fans attendent de notre part, mais si on débarquait avec tout un album sur lequel chaque chanson était comme « Spiders », je crois que les gens seraient vraiment désorientés, ils ne comprendraient pas forcément, et ce serait un changement trop important. Je ne pense pas que nous soyons forcément ce type de groupe, pas encore en tout cas. Peut-être qu’un jour nous pourrions le devenir. C’est dur à dire. J’ai mentionné Radiohead plus tôt : Radiohead, de OK Computer en remontant jusqu’à ce qu’ils font aujourd’hui, c’est drastiquement différent, on pourrait même presque dire que ce n’est plus le même groupe. Peut-être qu’il faut faire ça, qu’il faut évoluer, afin de pouvoir revenir en arrière et revisiter ce qui a attiré les gens vers toi au départ. Je ne sais pas. Je n’ai pas de recette miracle pour ça, je ne connais pas la formule, et il n’y a pas de boule de cristal, donc… Nous essayons juste de faire de la musique que nous aimerions et apprécions écouter. Je ne pense pas qu’on entend tant d’artistes faire ceci, en tout cas dans le metal, de nos jours.

Interview réalisée en face à face le 20 juin 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Slipknot : www.slipknot1.com.

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  • – Le temps, le groupe en a plus qu’il en faut. De part certains membres (Corey en tête, le clown) sont dispersés dans d’autres projets.
    C’était pas un problème pour Jim de sortir de la zik à la fois pour le Knot et Sour. J’imagine que dans ce dernier, il n’est pas non plus le seul à composer.

    – « Une autre chose est que Stone Sour venait de faire House Of Gold And Bones parties un et deux, et je disais : « Depuis quand Slipknot fait ce que Stone Sour a déjà fait avant ?  »
    >>> Sauf que dans l’histoire du metal, vous n’êtes pas les 1ers à avoir sortit un double album, donc cet argument n’est pas recevable.
    Et chez un moi un double album sort en même temps. Une partie, puis l’autre 8 mois plus tard, c’est pas un double album. C’est du racket pour vendre encore plus de disques. Parce que HOGAB par exemple, vu la quantité de chansons, ça tenait sur un disque.

    Réticent aussi car les gens allaient le comparer avec HOGAB, mais lui se met la pression en comparant le travail à fournir avec « The Wall »… lol

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