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Interview   

Smith / Kotzen : les jours meilleurs arrivent


Entre Adrian Smith et Richie Kotzen, c’est une affaire qui roule. Déjà, le premier album a profité d’une très belle réception, mais huit mois plus tard, ils nous gratifiaient déjà d’un EP au format vinyle, qui est désormais réédité en CD agrémenté de titres live issus de leur première tournée. Et maintenant, les deux guitaristes songent déjà à un second album !

En tournée aux Etats-Unis avec son trio solo, posé sur un parking près de son tour bus, Richie Kotzen – qui avant de se lier d’amitié avec son compère était un fan d’Iron Maiden de la première heure – a répondu à quelques questions pour nous, afin de compléter la vision du duo qu’a pu nous donner Adrian Smith l’année dernière à l’occasion de la sortie de l’album, et de nous donner son ressenti de la collaboration, qui s’est donc poursuivie en live et sur quatre titres supplémentaires.

« Les crépitements de l’aiguille sur le vinyle ne me manquent certainement pas, car ça gâche vraiment l’audio. La vitesse qui n’est parfois pas exactement juste sur la platine ne me manque pas non plus. Si je devais choisir entre un vinyle et un CD, j’opterais sans hésiter pour le CD. Si je devais choisir entre un fichier WAV de haute qualité et un vinyle, je choisirais le fichier. »

Radio Metal : Vous sortez l’EP Better Days en CD avec des chansons live en plus, désormais rebaptisé Better Days… And Nights. Ces chansons live viennent de ta première tournée avec Adrian Smith. Vous n’aviez jamais fait de concert ensemble avant ça, donc comment c’était au final ?

Richie Kotzen (chant & guitare) : C’était la première fois que je partais en tournée depuis la pandémie. Même si j’avais fait un concert unique avec mon trio plus tôt, c’était la première fois que je montais dans un tour bus depuis plusieurs années. En fait, c’était parfait de pouvoir le faire avec Adrian, car la réalité est que la plupart du temps – tout le temps, en dehors de Smith/Kotzen –, je suis le seul chanteur lead et le seul guitariste, mais dans ce cas-là, nous partageons ces tâches équitablement. Ce que ça implique, c’est que j’étais loin d’avoir la pression que j’aurais eue si j’étais parti avec mon groupe solo ou avec The Winery Dogs. C’était donc un moyen parfait pour moi de me remettre en selle après avoir été hors du circuit de tournée pendant aussi longtemps.

En tournée, Julia Lage et Bruno Valverde vous accompagnaient, respectivement à la basse et à la batterie. Curieusement, ce sont tous les deux des musiciens brésiliens. Est-ce une coïncidence ou bien y a-t-il quelque chose de particulier que tu apprécies dans la « touche brésilienne », notamment en matière de groove ?

C’est une coïncidence. Julia est ma femme, donc quand Adrian et moi parlions de tourner, il a suggéré que nous embauchions Julia pour jouer la basse – et bon sang, elle a fait du super boulot. A la fois, il nous fallait aussi un batteur et Julia a recommandé Bruno. Quand nous avons joué avec lui, nous avons adoré sa façon de jouer. Je l’ai d’ailleurs avec moi en ce moment sur ma tournée nord-américaine. Donc évidemment, j’adore son jeu et je trouve que c’est une super section rythmique, mais oui, c’est une coïncidence s’il s’avère que les deux viennent du Brésil. Je veux dire qu’évidemment, il y a des rythmes dans la musique brésilienne qu’on n’a pas dans le rock n’ roll américain et britannique, mais ça n’a rien à voir, car même s’ils viennent du Brésil, ce sont tous les deux des musiciens polyvalents qui ne jouent pas que de la musique brésilienne traditionnelle, mais aussi du rock n’ roll et d’autres styles. Donc je ne pense pas que ça ait un quelconque impact sur les chansons de Smith/Kotzen. Tout ce que je peux dire, c’est qu’ils comprennent comment interpréter ce qu’Adrian et moi avons écrit, et ils ont fait un boulot merveilleux avec nous en tournée.

L’EP Better Days est initialement sorti huit mois après votre premier album en tant que Smith/Kotzen. Est-ce une preuve de la grande créativité qui a eu lieu entre vous deux ?

En gros, nous avions les chansons de l’album et nous avons décidé de faire ces neuf-là. Puis nous nous sommes retrouvés et nous avons écrit deux nouvelles chansons après la sortie de l’album. Les deux autres, je ne me souviens plus clairement ce qui s’est passé, mais je sais qu’elles existaient et pour je ne sais quelle raison, elles n’ont pas été terminées pour l’album. Donc deux chansons viennent des sessions de l’album et deux autres ont été composées plus récemment à Los Angeles. Voilà comment nous nous sommes retrouvés avec un EP.

Jusqu’à présent, Better Days n’était disponible qu’en vinyle. Evidemment, s’il y a bien un type de musique qui mérite d’être en vinyle, c’est celui-là, d’autant que le son de l’EP est très brut et naturel, mais à l’ère du digital et de la dématérialisation, quelle est ta relation au vinyle ?

Je n’ai aucune relation au vinyle. Je comprends que c’est un truc nostalgique, que c’est revenu et que ça fascine les jeunes. Je trouve tout ça super. Ce que j’aimais à propos du vinyle, c’était l’idée d’acheter un album dans un magasin de disques, et l’expérience consistant à s’y rendre et à acheter le disque, le ramener à la maison, souvent il y avait des bonus dans l’album, j’avais hâte de les découvrir, mais sur le plan sonore, les crépitements de l’aiguille sur le vinyle ne me manquent certainement pas, car ça gâche vraiment l’audio. L’aiguille usée ne me manque pas. La vitesse qui n’est parfois pas exactement juste sur la platine ne me manque pas non plus. Si je devais choisir entre un vinyle et un CD, j’opterais sans hésiter pour le CD à n’importe quel moment. Si je devais choisir entre un fichier WAV de haute qualité et un vinyle, je choisirais le fichier, mais ce ne sont que mes goûts. J’ai quelques exemplaires de Smith/Kotzen en vinyle, juste pour le côté nostalgique. J’ai quelques copies d’albums de The Winery Dogs qui sont sortis en vinyle. Mais je n’aime pas trop ça. Je n’ai même pas… Je me souviens avoir jeté un paquet de CD parce qu’ils étaient entreposés dans une grange. J’y suis allé et les rongeurs avaient commencé à les attaquer, donc je les ai sortis. J’allais nettoyer les CD et quand j’ai déménagé le carton, il s’est cassé. Alors j’ai tout jeté à la poubelle. Les autres CD que j’ai chez moi sont dans une grande boîte, mais je ne les sors jamais. Je n’ai même pas de lecteur CD branché chez moi !

« Adrian ne joue pas des plans blues standard, il a toute la pyrotechnique et la technique, mais il a tendance à aller plus vers le côté mélodique et sur cet album, ça marche très bien, car mon instinct est au contraire d’envoyer la sauce. Je trouve que tous les deux, nous nous complétons vraiment. »

La chanson qui se démarque probablement le plus dans l’EP, c’est « Rise Again » : c’est un véritable feu d’artifice instrumentalement parlant. On entend un côté à la Van Halen, notamment dans le jeu de batterie de Mike Portnoy qui rappelle celui d’Alex Van Halen. Mais tu joues aussi des lignes de basse à la Billy Sheehan, ce qui donne presque l’impression d’entendre The Winery Dogs avec Adrian Smith. Comment vous êtes-vous retrouvés à vous lâcher comme ça ? Est-ce un genre d’hommage à Van Halen ou alors une résurgence de The Winery Dogs ?

Non. En gros, je vais te dire ce qui s’est passé. Pendant la pandémie, j’étais souvent au téléphone avec Mike et Billy de The Winery Dogs. J’ai dit à Mike : « Eh, quand tu t’ennuieras, va dans ton studio et joue de la batterie en t’enregistrant. Et pendant que tu joues de la batterie, imagine-toi en train de jouer une chanson et peu importe ce que tu entends dans ta tête, la structure, c’est : intro, couplet, refrain, couplet, refrain, section solo, refrain, refrain, fin. Enregistre ça et envoie-moi le résultat, en me donnant quatre tempos et quatre manières de jouer différents. » Mike a dit : « Ouah, je n’avais jamais rien fait de tel avant ! » J’ai dit : « Oui, fais-le et ensuite j’écrirai de la musique dessus. » J’en ai pris une et j’ai composé dessus, c’était en sept-quatre ou sept-huit, je ne sais plus quelle était la signature rythmique, mais je sais que c’était en sept. J’ai écrit une chanson et je l’ai sortie pendant la pandémie, c’était un single intitulé « Raise The Cane ». Quand nous étions en train de faire le disque de Smith/Kotzen, j’ai pensé : « Eh, pourquoi on n’essaye pas de composer sur l’une des pistes de batterie de Mike ? » C’est ainsi que « Rise Again » a vu le jour. Adrian a trouvé le couplet où il fait tout le truc parlé et la mélodie de refrain, et ensuite j’ai amené les facéties, les parties instrumentales et les passages à l’unisson. Quand j’ai entendu le jeu de batterie de Mike, pour je ne sais quelle raison, ça m’a rappelé Billy Sheehan, donc quand j’ai pris la basse, j’ai voulu plus ou moins essayer d’imiter mon pote [rires]. C’est la raison pour laquelle ça sonne comme ça sonne, car c’est justement ce que je cherchais. Ceci étant dit, je ne pensais pas particulièrement à Van Halen quand j’étais en train de composer et d’enregistrer, mais avec le recul, je comprends pourquoi tu penses ça. Enfin, pas mal de choses viennent de Van Halen, genre « Hot For Teacher » et ce type de chanson que j’ai écouté presque toute ma vie. Son influence est présente, peu importe ce que je fais. Eddie Van Halen influence tant d’aspects de tant de musiciens. Ça fait presque partie de notre ADN, pour ainsi dire.

Il t’arrive souvent de jouer sans médiator, Adrian en utilise toujours un ; tu es pas mal dans le shred et la technique, Adrian est très mélodique ; tu joues sur Fender, Adrian joue sur une Les Paul Standard et sa Jackson signature. Penses-tu que ces différences nettes créent une complémentarité entre vous en tant que guitaristes ?

Oui, je pense que tu l’as très bien décrit. Je veux dire qu’il est très mélodique et je l’ai remarqué quand nous étions en train de composer. Par exemple, la chanson « Scars », je me souviens l’avoir enregistrée et m’être dit : « C’est bon, elle est finie. » Et il était là : « Attends une seconde. J’ai une idée. » Et il a fait une mélodie vraiment cool en contrepoint sur le refrain. Ça m’a frappé. Il a plein de super idées rien que pour de petites accroches mélodiques. Même ses solos, il ne joue pas des plans blues standard, il a toute la pyrotechnique et la technique, mais il a tendance à aller plus vers le côté mélodique et sur cet album, ça marche très bien, car mon instinct est au contraire d’envoyer la sauce. Je trouve que tous les deux, nous nous complétons vraiment, et ça vaut aussi pour notre son.

Adrian est britannique, tu es américain. Y a-t-il des différences culturelles quand vous êtes ensemble, que ce soit dans votre manière de jouer ou simplement dans votre personnalité ?

Clairement dans notre façon de parler [rires]. Il y a des influences différentes. Je pense qu’il a une influence blues plus directe que moi, là où j’ai plus une influence de vieille musique soul américaine, à la Curtis Mayfield, The Four Tops ou The Spinners. J’ai clairement cette influence RnB/soul dans mon écriture. Rien que la façon dont je ressens la musique, il y a ce côté, ayant grandi en périphérie de Philadelphie, avec ce à quoi j’ai été exposé à la radio et que sais-je encore. J’ai un peu plus ça et j’ai aussi un peu de jazz-fusion ancré en moi, venant en partie du fait que j’ai travaillé avec Stanley Clark il y a des années et joué avec certains musiciens quand j’étais assez jeune. Du côté d’Adrian, je pense qu’il est plus classic rock et heavy rock, il a un côté plus hard. Même son son est plus dur. Il utilise plus de saturation. J’ai tendance à avoir un son plus clair, alors que lui a tendance à avoir un son plus agressif et heavy. Je trouve que là aussi, nous nous complétons bien. Si tu écoutes la partie live du disque, c’est vraiment cool parce qu’il a une overdrive assez heavy alors que ma guitare a un son plus nasillard, typiquement Fender. C’est donc une bonne combinaison. Mais en termes de personnalité, je ne suis pas doué avec les stéréotypes. Je ne sais pas ce qui est typiquement américain parce qu’il y a tellement de gens différents ici venant de différentes parties du monde et puis même s’ils viennent d’ici, les gens du Nord-Est sont différents de ceux du Sud, qui sont différents de nous en Californie. Donc je ne sais pas comment jauger ça. Je pense juste que les gens sont des gens, et soit tu t’entends avec eux, soit pas.

« J’ai cette espèce de mentalité de musicien jazz, même si je n’en suis pas un. Je suis un musicien de rock, mais parce que j’ai travaillé avec des gars comme Stanley [Clark] et d’autres personnes quand j’étais jeune, je comprends le concept d’espace et de communication dans la musique. »

Tu as toujours été le seul guitariste dans les groupes dans lesquels tu as officié, alors qu’Adrian a fait la majorité de sa carrière dans un groupe avec deux et maintenant trois guitaristes. Penses-tu que ça mène à des différences majeures dans votre approche ? Penses-tu qu’il était mieux préparé à collaborer avec un autre guitariste que toi ?

Tu sais ce qui est intéressant ? Ça vient encore de ma collaboration avec Stanley. Nous avions un groupe qui s’appelait Vertú. Nous étions cinq. Il y avait un violoniste, un pianiste, moi et évidemment Stanley et Lenny White, le batteur. Tout le monde dans ce groupe était un soliste. À tout moment, n’importe lequel d’entre nous pouvait partir en solo. Donc, mon attitude, quand je joue avec n’importe qui, si quelqu’un chante ou fait un solo, je me mets en retrait et je change de rôle. Tout ce que je fais est là pour soutenir ce qu’il se passe. Donc si un gars fait un solo, je change complètement mon approche pour permettre à cette personne de briller. Peu importe ce que je joue, c’est fait pour lui permettre d’être expressif, même si ça implique que je m’écarte et ne joue rien du tout, car c’est parfois ce qu’il faut. J’ai donc cette espèce de mentalité de musicien jazz, même si je n’en suis pas un. Je suis un musicien de rock, mais parce que j’ai travaillé avec des gars comme Stanley et d’autres personnes quand j’étais jeune, ça n’a pas d’importance si je joue avec un autre guitariste, car je comprends le concept d’espace et de communication dans la musique. Même si c’est ma première fois cette situation précise, ce n’était pas difficile pour moi. Ça s’est fait très naturellement.

D’un autre côté, votre musique en tant que Smith/Kotzen est globalement plus proche du style de ta discographie passée : penses-tu que tu étais en terrain plus familier que lui ?

Je ne sais pas. Je ne peux pas dire à sa place comment c’était pour lui de travailler avec moi. Tout ce que je sais, c’est que ça paraissait très facile et ça n’a pas demandé d’effort. Il n’y avait rien qui ait demandé de travailler dur ou quoi que ce soit de cette nature. Tout s’est agréablement mis en place. Je peux dire en revanche que nous avons adopté mon mode de travail, c’est-à-dire la façon dont je fais mes albums solos, dans le sens où j’avais tout à portée de main. Je pouvais donc sauter derrière la batterie ou attraper la basse et tout était fluide de cette façon. Je me suis chargé de l’engineering aussi, donc j’étais devant la table de mixage, si tu veux. Le fait qu’on travaille à ma façon a fait que c’était facile pour moi. Je ne sais pas pour Adrian si c’était très différent. Evidemment, ça l’était car il chante, mais je pense qu’il aime beaucoup la façon dont nous travaillons ensemble. J’espère. J’imagine, car nous sommes en train de parler de faire un autre album [petits rires].

Dans toute sa carrière, il n’a chanté lead que sur l’album de A.S.A.P. et la face B d’Iron Maiden « Reach Out ». Etais-tu surpris par son expression vocale ?

Je n’étais pas surpris parce que je savais qu’il avait une bonne voix, car des années avant que nous décidions de travailler et composer ensemble, nous avons fait des bœufs ensemble chez lui. Il organisait tous les ans une fête de fin d’année où nous jouions de la musique. J’avais donc conscience qu’il avait une bonne voix quand nous avons commencé à écrire.

Même si vous avez un bassiste et un batteur live et que des invités ont enregistré certaines chansons en studio, vous êtes essentiellement un duo. Ce n’est pas tout à fait un groupe et c’est un cadre plutôt intimiste, mais ce n’est pas non plus un projet solo. On dirait que vos textes eux-mêmes sont assez intimes aussi. Quand vous créiez ensemble, jouiez-vous le rôle de confident l’un pour l’autre, en quelque sorte ?

Non, c’était plus… Je vais te donner un exemple. La chanson « Scars », il avait ce riff d’ouverture. Puis il avait la mélodie et le bout de texte où il dit : « Sometimes I feel like a helpless child, lost in the night » et ainsi de suite. Puis le pont arrive et j’ai amené ça ainsi que le refrain. J’ai écouté son couplet et j’ai commencé à improviser à partir de son histoire. C’est vraiment ainsi que les choses se passaient. Il avait aussi l’idée de la chanson qui s’appelle « Glory Road », il avait certaines phrases, deux ou trois, et ensuite nous nous sommes assis ensemble pour assembler le tout. C’était une collaboration. C’est délicat d’essayer de disséquer comment quelque chose fonctionne, car au moment où tu le fais, ça se passe, tout simplement. Ce n’est pas comme si tu cherchais à comprendre, à suivre un schéma ou à lire un plan. Ça se fait tout seul ou ça ne se fait pas.

« Quand cet album est sorti, ils nous ont envoyé des exemplaires, donc quand j’ai ouvert la boîte et que j’ai vu le vinyle, et que j’ai vu son nom, c’était assez cool. J’étais là : ‘Ouah, t’as vraiment fait ça ! C’était l’un de tes héros quand tu étais gamin et maintenant tu as pu enregistrer avec lui.’ C’est génial ! »

Plus généralement, que représentait Adrian pour toi avant que tu le connaisses et joues avec lui ?

J’étais un énorme fan ! Quand j’étais gamin, l’un des tout premiers concerts de hard rock où je suis allé était Maiden sur la tournée Peace Of Mind. C’était incroyable ! Je me souviens encore de Bruce courant partout sur scène, Eddie qui débarque, Bruce qui monte sur quelque chose, dévisse le crâne d’Eddie et balance son cerveau à travers la scène. J’étais littéralement obsédé par Iron Maiden quand j’étais jeune. J’avais tous les albums, les t-shirts, les posters, tout. C’était assez irréel et très cool de voir cet album disponible avec mon nom et son nom réunis.

Te souviens-tu de la première fois que tu as écouté Iron Maiden ?

Oui. C’était The Number Of The Beast, l’année de sa sortie, j’avais douze ans. J’ai acheté l’album parce que j’aimais la pochette. Je ne connaissais pas, j’étais petit. J’étais enfant et j’ai dit à ma mère : « Il faut que tu m’achètes ça. » Elle était là : « Ça ne va pas te faire peur ? » J’ai répondu : « Non, ça va. J’aime bien » [rires].

Quand tu rencontres quelqu’un comme Adrian Smith dont tu étais fan, comment dépasses-tu le fait que tu es fan afin d’avoir une relation et une amitié normales avec la personne ?

Etant maintenant adulte, c’est un peu plus facile [rires]. Si j’avais été gamin, ça aurait probablement été le bazar, mais j’ai eu suffisamment d’expériences, j’ai tourné, j’ai fait des albums, etc. C’est excitant de rencontrer quelqu’un comme Adrian, Gene Simmons ou Prince, des gens qui ont été mes idoles et que j’ai côtoyés, mais au final, tu te rends compte qu’on est tous des gens et qu’on vise tous la même chose. Donc je suis capable de garder mon sang-froid. Je suppose que mon seul moment de fanboy, dans une certaine mesure, c’était ce que j’ai dit, quand cet album est sorti, ils nous ont envoyé des exemplaires, donc quand j’ai ouvert la boîte et que j’ai vu le vinyle, et que j’ai vu son nom, c’était assez cool. J’étais là : « Ouah, t’as vraiment fait ça ! C’était l’un de tes héros quand tu étais gamin et maintenant tu as pu enregistrer avec lui. » C’est génial !

Vous avez joué une chanson d’Iron Maiden en tournée : « Wasted Years ». Parmi tout le catalogue du groupe et toutes les chansons écrites ou coécrites par Adrian, comment avez-vous choisi celle-ci ?

Evidemment, pour faire un concert, nous n’avons que ce que nous avons, c’est-à-dire les chansons de l’album et celles de l’EP. Nous les avons donc toutes faites et ensuite, pour compléter le spectacle, nous nous sommes dit : « Faisons une des chansons de Richie en solo. Et faisons une chanson d’Iron Maiden qu’Adrian a écrite. » Nous avons donc choisi « Wasted Years » – c’était la décision d’Adrian – et j’ai choisi « You Can’t Save Me ». Pour ma part, j’ai regardé sur Spotify et j’ai appris que dans toute ma discographie, la chanson la plus écoutée, celle qui avait le plus grand nombre de streams, était « You Can’t Save Me ». Donc je me suis dit que nous allions jouer celle-là.

Dans le morceau « Better Days », tu chantes que tu « attends encore des jours meilleurs ». Après deux années de pandémie, penses que nous allons vers des « jours meilleurs » ?

J’aime voir le bon côté des choses et essayer de ne pas être déprimant. Le fait est que je suis actuellement dans un parking, à l’arrière d’un tour bus avec tout mon matériel et mes collèges du groupe. Nous tourons à nouveau ! Je suis en tournée aux Etats-Unis avec mon trio pour un mois et demi. Nous sommes vers la fin, il nous reste encore dix concerts. C’est super. C’est certainement mieux aujourd’hui qu’il y a deux ans, je peux dire ça.

Tu as dit que vous parliez de faire un second album de Smith/Kotzen : Julia et Bruno pourraient-ils être impliqués ?

Oui, ça se pourrait ! Le premier album a été fait comme il a été fait, simplement parce que c’est ainsi que nous l’avons fait, mais ce serait sympa que Bruno et Julia jouent sur le prochain album. Il est clair que ça m’économiserait une grosse charge de travail !

Des nouvelles du côté de The Winery Dogs et de Richie Kotzen en solo ?

Il y a des nouvelles côté The Winery Dogs ! Après toutes ces années, nous avons enfin un nouvel album. Le troisième album de The Winery Dogs sortira – j’espère – en début d’année prochaine. Quant à Richie Kotzen en solo, je n’ai aucun plan pour sortir un album de sitôt, mais si je suis mon histoire, je suis sûr que ça arrivera, tant que j’existe. Actuellement, je tourne avec mon groupe solo, donc je suis concentré là-dessus, mais le prochain truc, c’est la sortie du disque de Smith/Kotzen dont on vient de parler, et après ça, l’année prochaine sera dédiée à The Winery Dogs.

Interview réalisée par téléphone le 12 septembre 2022 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : John McMurtrie.

Site officiel de Smith/Kotzen : www.smithkotzen.com

Acheter l’album Better Days… And Nights.



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