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Live Report   

Soen hypnotise son petit Paris


Serait-ce le son d’Opeth ou bien de Tool ? Pourquoi choisir quand on peut avoir les deux ? Soen, le super-groupe de metal progressif a charmé dès ses débuts avec Cognitive (2012). Le groupe profite d’un line-up efficace, mené par l’ex-batteur d’Opeth et Amon Amarth Martin Lopez et ayant récemment accueilli le talentueux guitariste-producteur Marcus Jidell (Avatarium, ex-Evergrey). Et avec son troisième album Lykaia, la formation américano-suédoise a encore une fois su combler ses fans.

Il est donc temps d’accueillir Soen en tournée, et en France cela se passe à Paris, dans la salle conviviale du Backstage. Et pour appuyer cet événement, la première partie est assurée par un groupe qu’on avait presque oublié mais qui est ressorti de l’ombre l’année dernière avec l’album Red In Tooth And Claw : Madder Mortem.

Artistes : SoenMadder Mortem
Date : 15 avril 2017
Salle : Backstage
Ville : Paris [75]

Baignant dans un vaste éventail de styles de metal, la prestation des Norvégiens est énergique et emporte tout le public qui accueille avec ferveur le groupe. On retrouve quelques éléments djent, dans des compositions aux sonorités rock alternatif, des souffles épiques, des breakdowns et le plus important : de l’émotion. Une émotion qui se sent dans la voix de la chanteuse et dans son regard. En effet, elle est visiblement émue de remontrer sur scène pour chanter. Une voix qui couvre de larges horizons, allant d’un chant heavy à des envolés lyriques puissantes, tel un héraut sur la place public criant son texte. Elle envoûte très vite Paris et livre une prestation musclée.

On peut tout de même parfois constater une baisse de régime lorsqu’elle veut tenir la note, mais on ne lui en tiendra pas trop rigueur. Et dommage également que la ligne de basse reste bien classique alors qu’elle aurait tant d’occasions de s’envoler et montrer son énergie. En dehors de cela, les musiciens font preuve d’une prestation très solide. D’un côté jouant sur la mélodie, de l’autre allant jusqu’à parfois flirter avec le black, le tout mélangeant les ambiances dans des compostions progressives. Et pour encore appuyer cette diversité, l’un des guitaristes prête également sa voix, que ce soit en chant clair ou guttural. Le seul réel point négatif est dans le visuel : une lumière pauvre, très uni, peu nuancé et peu subtile. Mais passons sur ce détail, car Madder Mortem capte l’attention et on est forcé d’être pris d’entrain. Un concert à la fois varié et humain.

Setlist Madder Mortem :

If I Could
The Little Things
The Whole Where Your Heart Belongs
Desiderata
Necropol Lit
Armour
Blood On The Sand
Rust Cleansing
Fallow Season
Underdogs

Après la claque délivrée par la première partie (et c’est suffisamment rare pour le préciser), Soen débarque. La scène est remplie d’encens qui prend les nasaux et, en plus d’embaumer toute le salle, l’odeur, très forte, tant à repousser les premiers rangs. Heureusement, la fumée se dissipe petit à petit lorsque le groupe débarque sur scène. Joel Ekelöf, au chant, essaye de prendre du regard tous les membres du public pour les charmer, mais s’ils sont là, c’est que la musique de Soen les a déjà hypnotisé. Les musiciens se placent au-devant de la scène, au plus proche de l’audience – une proximité forcément favorisée par une salle réduite comme le Backstage -, prêts à jouer un bel éventail des titres tirés de leur trois albums, démontrant en chair et en os le talent de ces (relativement) nouveaux maestros des musiques progressives. 

Pour autant, on reste devant une prestation assez classique. Le groupe joue son set sans réelle connexion avec le public, délivrant tout juste des messages déjà entendu moult fois sur la passion de la musique : « C’est beau de vous voir tous ici réunis par la musique. » Certes touchant, mais assez banal, y compris lorsque le chanteur adresse son court discours sur les attentats du Bataclan ; pas vraiment nécessaire, même si l’on connait la passion qui anime Joel Ekelöf et Martin Lopez pour la musique. Et les lumières du set n’aident pas à former une atmosphère accueillante, car bien que douce et maîtrisée, elles restent froides et très claires, et n’ajoutent pas de cachet particulier au concert. Et bien que les musiciens soient d’un grand talent, capables de jongler d’un instrument à l’autre, demeure un sentiment de détachement par rapport au public. Excepté Lars Åhlund, claviériste, qui ponctue son retour sur scène durant le rappel d’un : « Merci Paris, je savais que vous l’aviez en vous », la seule phrase de la soirée que l’on sentira venir du cœur.

On peut cependant comprendre qu’une telle musique, très réfléchie et technique, n’est pas composée pour être jouée tel un concert de punk. La musique de Soen est complexe, et le jeu varié de Martin Lopez le démontre bien sur scène. Une soirée qui célèbre la musique où l’on peut rester en retrait pour simplement profiter et apprécier tout l’art du groupe, leurs longs morceaux, qui paraissent pourtant filer à vive allure. Une soirée que l’on aurait presque pu passer assise. Surtout lorsque le groupe nous quitte tout en douceur avec « Lucidity », l’une des chansons les plus calmes de leur discographie.

Le concert de Soen est efficace, leur musique n’est pas altérée par le contexte live, on ne peut le nier. Seulement, à travers leur prestation, l’impression est celle d’une musique metal progressive élitiste. Le groupe propose le strict nécessaire, pas d’excès, pas de moments uniques qui sortent du cadre. Juste un set, des remerciements au public, et un rappel de deux morceaux, un dernier salut au public, et puis s’en va. La soirée était belle, ça oui. Toujours charmé par « Sister », « Opal » ou « Kuraman ». Humaine ? Peut-être un peu moins…  Mais on reviendra toujours vers Soen à un moment donné pour se rappeler leur talent.

Setlist Soen :

Canvas
Sectarian
Savia
Sister
Pluton
Words
Opal
Kuraman
Jinn
Fraccions

Rappel :

Tabula
Lucidity

Report : Matthis Van der meulen
Photos : Aline Meyer



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