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Live Report   

Sonata Arctica ou l’elixir de power


Deux bons shots de vodka, ni plus ni moins, que ces deux sets à La Machine du Moulin Rouge. D’abord, la promesse glacée de l’élixir scandinave, puis la chaleur brûlante de la dégustation. Ce soir, le power est à l’honneur avec les suédois tolkienesques de Twilight Force et les finlandais de Sonata Arctica, et l’on est légitimement en droit d’attendre un show épique.

A l’ouverture des portes, la cohorte d’humanoïdes qui colonise le boulevard et s’étend – à proprement parler – à perte de vue, est très prometteuse. Et un peu angoissante quant à la respirabilité des lieux aussi. Toujours est-il que, chemin frayé jusqu’à la fosse, s’entassent les fans avec trépidation. Oyez, oyez, heureuse nouvelle pour le power symphonique, il est encore des oreilles tout ouïe et fidèles à ce genre qui semblait perdre du souffle…

Artistes : Sonata Arctica – Twilight Force
Date : 16/10/16
Salle : La Machine du Moulin Rouge
Ville : Paris

Les oreilles pointues ou le bonus +2 en charisme forestier

Mais ceci avant que ne se jette à l’assaut de la scène metal, dans la lignée de Gloryhammer ou Rhapsody of Fire, « l’humain de haute lignée » Chrileon (Christian Eriksson), micro et épée arthurienne au poing, avec à sa suite la communauté du power sympho, j’ai nommé : Twilight Force ! Forts de leurs deux albums Tales of Ancient Prophecies et Heroes of Mighty Magic, le groupe relève haut la main le pari de transporter le public dans leur univers d’heroic fantasy sans perdre trop de monde et si possible en tâchant de grossir les rangs des adeptes. Et comment y échapper quand La Machine ne se contente plus de remonter le temps mais nous propulse dans une autre dimension médiévalo-fantastique (ou fantastico-médiévale, au choix). Si les oreilles pointues, dragons, coupe et cape de Thor et autre Excalibur font partie d’une mise en scène jusqu’au-boutiste, le talent est là !

Et ce n’est pas un son franchement perfectible qui pourra le faire oublier. Pour preuve, dès son entrée en scène, Twilight Force a derrière lui une solide cohorte d’initiés qui accueille le groupe avec un enthousiasme tonitruant. Quant aux autres, le show achèvera de les convaincre. Aussi réticent soit-on face à cet univers et à ce style bien particulier, l’entrain du groupe ne peut être que communicatif. Une théâtralité too much ? Peut-être… Mais cohérente et conviviale à n’en pas douter. On se laisse volontiers guider par le conteur incarné par le claviériste Blackwald qui donne au set intégral de Twilight Force des airs d’histoire légendaire. On est admiratif et enjoué face à la performance du batteur De’Azsh, aux guitar battles gaillardes entre les elfes masqués Lynd et Aerendir, ou encore face à la prouesse vocale, power pur jus, de Chrileon, le tout agrémenté d’orchestrations symphoniques pour parfaire l’ambiance comme il se doit. Autant vous dire qu’après un tel set, premier shot power de la soirée, l’atmosphère est déjà bien échauffée. Le public conquis ovationne le groupe dans une salle pleine à craquer. Nombreux, certainement, seront ceux à retrouver Twilight Force en première partie de Sabaton, début 2017, et on ne pourra pas les en blâmer, bien au contraire ! Toujours est-il que le public est fin prêt pour accueillir Sonata Arctica, après cette prestation haute en couleur et de qualité.

Tony Kakko, expressif comme à son habitude

Après le premier set enthousiasmant de Twilight Force, peut-être aurions-nous pu nous attendre à un déchaînement furieux de fans surexcités face à un groupe tout aussi motivé. N’allez pas croire que la température baisse dans La Machine, elle s’accroît encore et devient presque étouffante, de sorte à contraster avec les pâles et froides lueurs polaires de l’intro, lorsque surviennent Tony Kakko et sa suite. Première impression : les prémices d’un show magique et fascinant, avec ces couleurs boréales et le thème de We Are What We Are. Le public est réceptif, indubitablement, et très présent, y compris sur les morceaux du dernier album The Ninth Hour, très représenté (plus d’un tiers du set), et ce dès les premières notes, avec « Closer To An Animal » et « Life ».

Il faut dire que le chanteur et meneur du groupe donne de sa personne pour enflammer la salle. En plus d’une prestation vocale remarquable, toujours maîtrisée et impressionnante, Tony Kakko se montre très proche de ses fans, chaleureux, expressif, dynamique et extrêmement généreux. Presque jusqu’à institutionnaliser sur la scène metal le vote démocratique. Non, pas tout fait démocratique, disons réservé aux damoiselles. Une heureuse élue a donc eu l’immense privilège de choisir le titre que le groupe allait jouer parmi « Shamandalie », « Tallulah » et « The Misery ». Et ce fut « Tallulah », interprété avec une belle émotion, qui charma collectivement la foule.

T’as vu ma belle ESP ?

De fait, si le public n’est pas déchaîné, il reste séduit et laisse heureusement exploser son enthousiasme sur des titres aussi emblématiques et incontournables que « FullMoon » ou, lors du rappel, « I Have A Right » et « Don’t Say A Word ». Ce show, qui ne fut qu’alternance de temps calmes et sensibles et d’envolées metal plus agitées, s’achève, vibrant, sur de tonitruants hommages à la déesse scandinave : Vodka ! qui laissent augurer d’un after des plus plus prometteurs. Ces joyeusetés mises à part, il faut retenir la belle injonction de Tony Kakko : « Keep the live music alive ! » Gratitude mutuelle et amour de la musique partagé concluent ce très bon concert, nous nous plierons à cette injonction avec une joie immense et il nous tarde déjà de retrouver Sonata Arctica.

Setlist :

Closer to an Animal
Life
The Wolves Die Young
In Black and White
Tallulah
Fairytale
FullMoon
Among the Shooting Stars
No More Silence
Abandoned, Pleased, Brainwashed, Exploited
We Are What We Are
The Power of One
I Have a Right
Don’t Say a Word



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