John Bengtsson (batterie) : En fait, ils sont plus souvent dans notre bus que nous dans le leur ! Ils sont tous très cool.
Le metalcore revient de plus en plus Ă la mode. On pourrait penser qu’un groupe de metalcore n’aurait aucun problème Ă rencontrer un grand succès, mais au final, n’est-il justement pas plus difficile de faire son trou dans un milieu aussi saturĂ© ?
Robin Sjunnession : Je pense que SONIC SYNDICATE fait passer tous ces genres au niveau supĂ©rieur. C’est pour ça que nous sommes un groupe si original.
John Bengtsson : J’ai tendance Ă croire qu’en musique, tout a dĂ©jĂ Ă©tĂ© fait, et qu’il est difficile de faire quelque chose d’original. On n’Ă©coute pas seulement du metal, on Ă©coute aussi de la pop, de la variĂ©tĂ©, un peu de tout. Peut-ĂŞtre que nous mĂ©langeons ces influences mieux que d’autres groupes. C’est notre façon de passer au niveau supĂ©rieur.
Robin Sjunnession : Nous sommes un groupe Ă part.
D’ailleurs vous parlez souvent de ces influences musicales variĂ©es. Vous dites Ă©couter de nombreux styles de musique diffĂ©rents et vouloir dĂ©passer les limites du metal. Votre prochain album contiendra-t-il d’autres influences ?Robin Sjunnession : Notre dernier album, “Love and Other Disasters », est sorti il y a quelques semaines. C’est un album extrĂŞmement variĂ©, avec des chansons destinĂ©es Ă tout le monde : des chansons pour les jeunes qui aiment les trucs rapides et brutaux, et d’autres chansons plus lentes, plus calibrĂ©es radio. Quand on Ă©coute nos chansons, on se rend compte que le metal n’est pas la seule chose Ă nous influencer. « My Escape », par exemple, n’est pas une chanson metal ; c’est plus un titre calibrĂ© pour MTV Rock. Nous mĂ©langeons tout ce qui nous inspire pour crĂ©er notre propre style.
John Bengtsson : On Ă©coute tellement de choses qu’on finit par ĂŞtre inspirĂ© par tous les genres.
(John Bengtsson – batterie) : « On n’Ă©coute pas seulement du metal, on Ă©coute aussi de la pop, de la variĂ©tĂ©, un peu de tout. Peut-ĂŞtre que nous mĂ©langeons ces influences mieux que d’autres groupes. C’est notre façon de passer au niveau supĂ©rieur. »
Robin Sjunnession: Oui. Pour la première fois, nous avons Ă©galement Ă©crit cet album tous ensemble. Avant, un seul membre du groupe Ă©crivait toute la musique, mais cette fois, tout le monde s’est impliquĂ© dans le processus d’Ă©criture. A nous tous, on Ă©coute de tout, de PINK Ă DIMMU BORGIR, et chaque membre du groupe a apportĂ© sa touche personnelle Ă l’album. Nous avons fait de cet album exactement ce que nous voulions en faire. Nos dernières chansons sont le fruit de la diversitĂ©.
Le titre de cet album est brillant. D’oĂą vient-il? L’amour est-il un tel dĂ©sastre, pour vous ?!Robin Sjunnession : C’est Richard, l’un de nos chanteurs, qui Ă©crit toutes les paroles. Il a un regard assez profond sur certaines choses. Il Ă©crit toujours sur ce qu’il traverse dans la vie, et ses histoires d’amour se finissent toujours en dĂ©sastre. Et parce qu’il Ă©crit surtout Ă propos d’amour, il affirme que les sujets Ă propos desquels il Ă©crit se finissent toujours en catastrophe. C’est un peu difficile Ă expliquer, mais j’espère que vous avez saisi !
Difficile Ă©galement de rĂ©sister au clip de Jack Of Diamonds : il est un peu barrĂ© et très… fĂ©minin ! Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?Robin Sjunnession : Nous voulions un clip qui ne ressemble pas Ă une vidĂ©o metal traditionnelle. Nous n’avions pas envie de rester plantĂ©s lĂ Ă jouer et Ă avoir l’air « evil ». On aime les Lamborghini, on aime les motos, alors pourquoi ne pas les mettre dans notre clip ? Le rĂ©sultat est tout Ă fait fidèle Ă ce que j’avais Ă l’esprit, c’est gĂ©nial.
John Bengtsson : C’Ă©tait vraiment sympa. Quand le clip est sorti, nous avons reçu beaucoup de rĂ©actions sur YouTube et sur MySpace. Beaucoup de gens adorent la vidĂ©o, beaucoup la dĂ©testent, mais ça n’a aucune importance. C’Ă©tait juste très fun Ă faire.
Je pense que les garçons doivent adorer cette vidĂ©o !John Bengtsson : Je le pense aussi, mais pour ĂŞtre honnĂŞte, je me fiche de savoir s’ils l’aiment ou s’ils la dĂ©testent. Ce qui est intĂ©ressant, c’est de recueillir tant de rĂ©actions.
Robin Sjunnession : Je prĂ©fère voir les gens rĂ©agir plutĂ´t que de savoir qu’ils s’en foutent complètement. Ce qui est drĂ´le, c’est que, si on coupe le son de la vidĂ©o, on croirait voir un clip de hip hop ! Ce n’est pas une vidĂ©o metal traditionnelle, et c’est pour ça qu’elle nous plaĂ®t.
Vous avez l’air de ne pas adhĂ©rer aux clichĂ©s de la scène metal. Vous n’avez pas envie d’imiter les groupes de black metal et de tourner vos clips au milieu de la forĂŞt, par exemple ?!Robin Sjunnession : Si on faisait ça, ce serait pour rire. Pour les parodier.
Pourquoi avoir choisi de reprendre une chanson de T.A.T.U ? Cette reprise a fait sourire beaucoup de « vrais » mĂ©talleux…Robin Sjunnession : L’idĂ©e est venue de Roger, notre autre guitariste. Au dĂ©but, nous voulions reprendre une chanson plus rock’n’roll, mais Roger a eu l’idĂ©e de reprendre « All About Us ». Il a dit que ce serait sympa.
John Bengtsson : La chanson a fini sur le disque sans qu’on sache comment. Beaucoup de gens citent cette chanson comme Ă©tant leur prĂ©fĂ©rĂ©e de l’album, mais personnellement, je ne l’aime pas beaucoup.
Comment avez-vous rĂ©agi lorsqu’il a proposĂ© d’enregistrer cette reprise ?John Bengtsson : Je ne savais pas du tout ce que ça allait donner, mais au final, j’ai trouvĂ© le rĂ©sultat plutĂ´t bon. A l’origine, cette chanson Ă©tait censĂ©e se retrouver sur l’Ă©dition japonaise de l’album, mais elle a fini sur toutes les versions. Ce qui est fait est fait, on ne peut plus revenir en arrière ! C’est de l’histoire ancienne !
On dirait que vous avez envie d’oublier cette chanson !John Bengtsson : Nous n’avons pas envie de l’oublier, mais si c’Ă©tait Ă refaire… je ne le referais pas !
Robin Sjunnession : Beaucoup de fans aimeraient entendre cette chanson en live, mais je ne pense pas que ça arrive un jour ! Sauf si nous allons en Russie…
Parlons un peu de la crĂ©ature sur les pochettes de vos albums. Qui l’a dessinĂ©e ? Que symbolise-t-elle ? Y a-t-il un concept derrière ?Robin Sjunnession : Tout a commencĂ© quand nous avons sorti l’album « Only Inhuman ». A l’Ă©poque, nous voulions un artwork qui symbolise le concept de « juste inhumain », par opposition à « juste humain ». C’est ce que reprĂ©sente ce papillon, ou cette mouche, appelle ça comme tu veux, qui se transforme en robot. Nous voulions avoir une deuxième partie Ă ce concept, voir l’Ă©volution de la mouche – l’Ă©tape supĂ©rieure de l’Ă©volution pour symboliser l’Ă©volution de notre musique. La mouche est devenue plus humaine, mais aussi plus robotisĂ©e. On ne sait pas encore si on reprendra le concept sur le prochain album ; il y aura peut-ĂŞtre une troisième Ă©tape, mais on ne pense pas vraiment à ça pour l’instant.
Vous ĂŞtes Ă 100 lieues d’avoir le look metal traditionnel. Trop clichĂ© pour vous ?!Robin Sjunnession : On s’habille comme on a envie de s’habiller ! Avant, j’avais les cheveux longs et je promenais avec des T-shirts CRADLE OF FILTH, mais j’ai grandi ! Ce n’est pas la façon de s’habiller qui fait la musique. Chacun s’habille comme il veut s’habiller, on est un groupe cool !
Roland a dĂ©clarĂ© dans une interview que lorsque vous avez appris que vous aviez gagnĂ© le concours Nuclear Blast, vous avez raccrochĂ© le tĂ©lĂ©phone en pensant que c’Ă©tait une blague. C’est vrai ?Robin Sjunnession : En fait, c’est notre manager qui a reçu ce fameux coup de tĂ©lĂ©phone, mais effectivement, nous avons cru que c’Ă©tait une blague. Nous avions envoyĂ© une dĂ©mo, mais nous n’Ă©tions qu’un petit groupe parmi 500 autres, et nous pensions qu’il n’en ressortirait rien. Quand ils ont appelĂ©, on s’est dit : « OK, très drĂ´le, les mecs », et on a raccrochĂ©. Ce n’est qu’après qu’on a rĂ©alisĂ© que ce n’Ă©tait pas une plaisanterie.
Que pensez-vous des mecs de GOJIRA ?John Bengtsson : Ils sont excellents. Je les ai entendus pour la première fois pendant cette tournĂ©e. Ils ne sont pas très connus en Suède, donc je n’avais jamais entendu parler d’eux avant. J’adore ce qu’ils font, c’est vraiment cool.
Robin Sjunnession : C’est un autre genre de death metal, et j’aime beaucoup ça.
John Bengtsson : Leur batteur, en particulier, est tout simplement génial.
Robin Sjunnession : Ils sont vraiment sympas, on passe toujours un bon moment dans le bus avec eux.
Il est l’heure de la question stupide qui n’a rien Ă voir avec le reste de l’interview : combien de journalistes ont essayĂ© d’obtenir le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone de votre bassiste ?!Robin Sjunnession : Oh, on doit avoisiner les 100 % ! Ces types l’interviewent dans la journĂ©e, et après le concert, quand ils sont bien bourrĂ©s, ils essaient de la draguer. Ça n’a rien d’inhabituel !
J’imagine que c’est Ă elle qu’on rĂ©clame le plus d’interviews ?Robin Sjunnession : Effectivement, et surtout en Suède ou en Allemagne. Plusieurs magazines “pour hommes” lui ont demandĂ© de poser pour des photos. Tout le monde veut l’interviewer. C’est elle qui donne le plus d’interviews, et nous, nous sommes relĂ©guĂ©s au second plan !
Entretien réalisé le 11 octobre 2008 à Villeurbanne
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