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CR De Festival   

Sonisphere France 2013 : fil rouge de la journée du dimanche 9 juin


Et c’est reparti ! Deuxième journée du Sonisphere 2013 et, comme nous l’avons fait hier, vous allez pouvoir la suivre en direct via ce fil rouge qui sera fréquemment mis à jour de midi à 2h du matin ! Suivez-nous donc dès maintenant via nos trois plate-formes éditoriales – le site de Radio Metal, notre page Facebook et notre compte Twitter – pour tout savoir sur cette nouvelle édition du Sonisphere et obtenir nos impressions à brûle-pourpoint. Nous vous conseillons donc de recharger cette page régulièrement pour ne rien manquer de ce récit métallique.

Par ailleurs, sachez que les live reports de ce fil rouge pourront être enrichis quelques jours après le festival et nous vous proposerons également, a posteriori de l’événement, des galeries photos entièrement consacrées aux prestations des artistes.

11h31 : La journée a assez mal commencé : après un samedi chaud où la pluie n’a été qu’une courte parenthèse, c’est sous une bonne averse qu’on se réveille à Amnéville. Mais, si cela doit durer, c’est finalement là que le site goudronné tant critiqué va avoir son importance : pas de risque de s’embourber. Côté camping, l’orga s’est retrouvée avec moins de monde que prévu, sans doute que les gens n’étaient pas séduits pas le site très poussiéreux. Hier soir le Sonisphere Off a profité d’une belle affluence ; c’est donc là que sont partis tous ces spectateurs après le concert de Korn (et donc avant celui de Limp Bizkit)…

Côté affluence, on a pu évaluer la fréquentation entre 20 et 25 000 personnes (à confirmer) dans une ambiance très familiale, dont une bonne proportion est originaire de la région. Mais le public promet d’être différent aujourd’hui et plus nombreux : ce soir, c’est Iron Maiden !

13h33 : Le soleil était de retour avant le début des concerts, et même si les nuages restaient menaçants, la météo se présentait sous son meilleur jour pour accueillir le hard rock des Anglais Voodoo Six. Chaudement recommandé par Steve Harris (le groupe se charge d’ailleurs des premières parties de Maiden sur cette tournée), on s’y intéresse donc de près. Entre heavy traditionnel et rock’n’roll, leur musique est très entraînante. Les musiciens cherchent à emporter le public dans leur hard blues zeppelinien en les invitant à taper des mains. Ca marche ! L’audience apprécie lève les bras et applaudit franchement.

Mais, même s’il y a de quoi mettre l’ambiance dès l’ouverture, on ne peut pas dire que la sono soit encore chaude : comme hier le son est cradingue en début de journée, la basse sature ; dur pour les oreilles encore fraîches ! A croire que les premiers groupes n’ont pas droit aux balances.

Une demi-heure de set (seulement !) et c’est au tour d’autres Anglais, dans un tout autre style, d’occuper la deuxième scène : Hacktivist et son djent servent l’apéritif avant le premier « petit » événement de la journée : Ghost !

D’un autre côté, on voit les gars de Headcharger dans le public qui signent des autographes… Les Caennais auraient-ils changé de dimension ?

Corey Taylor au boulot. Ça fait aussi partie du job…

14h02 : Alors qu’une queue immense s’est formé pour la dédicace de Children Of Bodom, on s’entretient avec un des responsables de la de sécurité qui nous apprend que malheureusement le festivalier frappé hier par une attaque cardiaque est mort. il avait 52 ans et présentait des problèmes cardiaques. Nous sommes vraiment désolé de l’apprendre et, s’ils nous lisent, présentons toutes nos condoléances à ses proches.

14h09 : Et voilà les Limp Biz… euh, non, les Hacktivist. Désolé, on a cru : même attitude sur scène, chant hip-hop à deux voix sur des rythmiques djent… Public indifférent. Ha, non, ce n’est vraiment pas Limp Bizkit. Ces derniers avaient réussi à provoquer un vrai remue-ménage, mais là le public demande à ce que le ménage soit fait sur scène : sifflets et railleries commencent à fuser. Mais comme on pouvait le pressentir, le public n’est pas le même qu’hier. Les têtes d’affiche de la veille, Korn et Limp Bizkit, avaient autorisé le déploiement d’un esprit assez adolescent. Mais aujourd’hui, le public est plus âgé et Hacktivist aurait sans doute trouvé des oreilles plus réceptive samedi pour son hip-hop metal aux rythmiques, somme toute, relativement efficaces. Et ce ne sont pas les quelques encouragements du chanteur qui vont relever la mayonnaise. Et ce n’est probablement que par politesse que le public ne leur tourne pas le dos… Au moins jusqu’aux dernières minutes puisque quasi tout le monde (c’est beau une ruée de photographes !) est maintenant parti en face pour se placer pour Ghost.

14h55 : Corey Taylor (Stone Sour ; cf. photo plus haut) pose pour la presse et Mark Jansen (Epica), levé depuis peu, enchaîne les interviews en grignotant son petit-déjeuner avec une mine particulièrement joviale. Merci à Metal’O Phil pour ces informations de premier ordre.

Le culte Ghost gagne en force.

14h56 : Changement complet d’ambiance. Alors que Hacktivist termine son set en retard (ce qui force Ghost à patienter pour son démarrage) devant un parterre quasi vide, la dernière note lâchée sur l’Apollo donne le signal de départ de l’intro d’Infestissumam sur la Saturn. Sortez violons et ambiance occulte. Le public est déjà chaud et l’entrée de son Excellence Papa Emeritus II lors du deuxième titre, acclamé comme jamais, ne renverse pas la tendance. Ses ouailles chantent à plein poumon « Per Aspera Ad Inferi »… Selon nos infos, Christine Boutin serait tombée dans les pommes.

Et ce n’est que le début ! Après avoir bien testé l’efficacité des titres de son nouvel opus, le groupe revient à son premier album et la foule adhère à bloc. Le phénomène Ghost se confirme jusque dans l’apparence des spectateurs : on voit ici ou là quelques soutanes. Déguisements et masques font toujours autant d’effet dans la sphère metal. Et il est vrai que les tenues des musiciens et l’attitude du frontman impressionnent.

Musicalement, le rendu des chansons sur scène est excellent, même plus énergique que sur album. Le public ne cesse de reprendre en chœur les « Satanas et Lucifer » et autres hymnes des Suédois. Jusqu’à la folie. « Monstrance Clock » enfonce la foule dans son délire. Chant et applaudissements de partout accompagnent le groupe jusqu’à sa sortie de scène. Son succès ne réduit pas, bien au contraire, et Ghost gagne encore de nombreux adeptes. Et tout ça en 40 minutes !

Troy Sanders (Mastodon) ne cache pas sa joie.

15h44 : Gros son et trip hypnotique. Le sludge de Mastodon, armé de son mur d’amplis Orange et Marshall pour cracher du watt par paquets, est là. Et le public aussi, de plus en plus nombreux, qui se laisse engluer avec plaisir dans les décibels. Sur scène le groupe se montre très heureux, plus expressif que d’habitude, de jouer face à une telle foule. Brent Hinds ne se ménage donc pas et ne fait pas dans la demi-mesure niveau chant : ça gueule fort, ça gueule très fort ! Et l’audience applaudit très largement l’enchaînement des titres issus de The Hunter ou Leviathan, encaisse avec plaisir des morceaux comme « Sleeping With Giants ».

Techniquement au top, en place comme jamais, ce set avait tout pour ressembler à celui d’il y a deux ans au même endroit, mais le groupe, déjà bien en joie, devient plus bondissant pour achever une performance finalement moins hypnotique que carrément énergique, en tout cas plus que ce qu’on a l’habitude de voir de leur part. Et, avec le beau temps qui se maintient, les gens peuvent en prendre plein les ouïes (« Mastodon, ça défouraille les écoutilles », nous confirme notre reporter Amphisbaena) et les mirettes pour que la fête soit complète.

Et qui est-ce qu’on croise pendant ce temps ? Kevin Codfert, clavier d’Adagio, qui nous raconte être là en mode vacances, pour simplement boire des coups avec des potes et profiter du fest. Cela dit, la notoriété fait qu’il reste sollicité et se fait alpaguer par quelques journalistes pour des séances photos.

Lorsqu’on demande à Kevin Codfert (Adagio) s’il est meilleur à la PS3 qu’au clavier, celui-ci répond avec humour : « Oh, c’est pas bien difficile… ».

16h48 : En attendant, un compte-rendu de la performance des power-métalleux de DragonForce en grande forme et qui se sont bien fait plaisir, voici une petite compile des choses entendues de la bouche de Corey Taylor sur scène avec Stone Sour :

« Fuck… fuck… fuck… fuck… fuck… » (oui, Corey Taylor dit « fuck » à chaque fin de phrase)
« Bon, ma voix est un peu niquée, je suis désolé, mais je vais donner tout ce que j’ai. »
« Ha, je t’aime, je t’aime, mes amis ! »
« Il y a un mec avec un sous-tif, là ! Allez, mec, enlève-le, montre nous voir ces… Oh… Oula… Bizarre ! »

17h12 : Toute expérience un poil extrême nécessite d’être dans de bonnes dispositions pour la recevoir comme il se doit. En l’occurrence, le speed metal jusqu’au-boutiste de DragonForce est tellement exagéré en tous points, qu’il s’agisse de la vitesse d’exécution (on pourrait aisément construire un morceau de brutal death simplement en prenant les parties de batteries), de la technicité ou des mélodies que l’on croiraient tirées d’un manga ou d’un jeu vidéo des années 80, qu’il peut faire jubiler autant qu’il peut agacer.

C’est donc un show à double tranchant auquel on a assisté. Ce ressenti propre à chacun mis à part, le groupe est en forme (le nouveau chanteur est à ce titre déjà très à l’aise dans sa position de frontman du groupe), bourré d’énergie et déborde d’un plaisir communicatif qu’on ne peut que saluer.

Attention à l’œil de Corey Taylor (Stone Sour), il ne vous loupera pas.

17h30 : Un set puissant pour Stone Sour sur la grande scène. Le son est imposant et parfaitement clair, ce qui rend les riffs d’autant plus appréciables, contrairement à d’autres groupes dont la puissance sonore
était contrebalancée par un mixage qui empêchait de réellement saisir ce qu’il se passait. La puissance du riff de « Absolute Zero » est ainsi parfaitement mise en valeur.

Le concert commence comme l’album House Of Gold & Bones – Part 1, par « Gone Sovereign » enchaîné à « Absolute Zero », puis Corey Taylor prend un moment pour s’adresser au public, s’excusant pour sa voix mais promettant de donner tout ce qu’il a. S’ensuit « Mission Statement », parfait pour compléter ce démarrage en trombe.

On atteint le moment de la journée où les groupes commencent à disposer d’une durée de jeu leur laissant le luxe de prendre leur temps. Stone Sour en profite pour intercaler un instant ballade fédérateur bien qu’un peu long, mais qui ne fera pas oublier l’efficacité à l’américaine, percutante et rodée, du set.

Mention spéciale à ce beau gosse de Corey Taylor, qui s’est laissé pousser les cheveux, pour ses interventions, pas forcément très originales, mais des plus efficaces et témoignant d’une aisance captivante sur scène. L’homme est particulièrement taquin et pince sans rire, comme quand il se moque de ce membre du public portant un soutien-gorge (cf. plus haut). On aura aussi remarqué son tic de langage consistant à mettre des « fuck » dans chaque phrase, mais cela n’aura pas gâché le plaisir.

La classe à l’américaine.

17h51 : Pendant que notre reporter court à la sortie de son interview avec Ghost pour ne pas tout manquer du concert d’Epica, notre photographe confirme une chose : Simone Simons est bien enceinte et ça se voit, mais ça ne l’empêche pas de remuer sur scène (alors qu’elle doit être aux alentours de son sixième mois) et cela rajoute même un certain charme, une certaine beauté.

18h05 : Et si vous êtes trop impatients de savoir ce qu’on a appris en parlant avec Ghost (et plus particulièrement le guitariste), sachez que : les membres du groupe ont entre 27 et 56 ans et qu’ils ne trouvent pas les conditions en festival idéales pour eux. Voilà pour un avant-goût. Revenons en à nos amis hollandais.

Epica et fils (ou fille).

18h33 : Epica, quoi qu’on en pense, ils ont toujours la patate et le sourire. Les guitares sont puissantes, le chant nickel, les rythmes traditionnels inclus dans certaines chansons sont entrainants et le public adhère et répond présent aux appels de la chanteuse. Sur scène les membres du groupe interagissent beaucoup, avec même un côté très tactile.

On repère une forte concentration du fan-club du groupe pressée dans la fosse où ça s’agite. Les fans connaissent les paroles par cœur. Et Simone, future maman, conseille à tout le monde sous le ciel bleu et ce grand soleil, de faire attention aux insolations et de s’hydrater. Le groupe arrêtera bientôt les concerts pour laisser la chanteuse aller tranquillement au bout de sa grossesse, alors celle-ci en profite, communique beaucoup, dans un assez bon français qui plus est.

Bien sûr, ceux qui n’apprécient pas le style du groupe, ou plus particulièrement leur dernier album Requiem For The Indifferent, bien représenté, ne seront pas restés à s’ennuyer dans les parages, préférant déjà se tasser devant la scène Apollo où Megadeth va bientôt déverser son thrash des familles. Mais, globalement, ce fut un set très propre et puissant.

Interview avec Dave Ellefson (Megadeth) : [audio:interviews/Sonisphere2013 – Megadeth.mp3|titles=Interview avec Dave Ellefson (Megadeth)]

18h44 : Megadeth attaque en ce moment son show mais nous avons pu nous entretenir brièvement avec Dave Ellefson un peu plus tôt. Pris par le temps, le bassiste ne peut nous accorder que dix minutes d’interview dans le point presse. Élégant, il joue néanmoins le jeu et s’applique à répondre aussi bien et aussi rapidement que possible à nos questions. Et avec franchise : il avoue son appréhension à l’idée de sortir l’aventureux Super Collider, ne connaissant que trop bien l’expérience Risk. Néanmoins, pour lui, la différence se situe dans l’absence de préméditation. Risk avait été un album réfléchi, tandis que ce Super Collider a été écrit spontanément, honorant des influences telles que Thin Lizzy et véhiculant un sentiment très positif lié à la carrière de Megadeth, actuellement couronnée de succès. Un disque qui, cela surprendra peut-être les fans de la première heure, lui rappelle le son originel de Megadeth, avant même la sortie de Killing Is My Business And Business Is Good.

Un disque que le groupe n’aurait pas pu sortir via Roadrunner : « Je ne leur en veux pas, mais Roadrunner avait une idée précise du son que devait avoir Megadeth. Et c’était bien à ce moment-là. »

Mais Megadeth est un groupe voué à se renouveler et à évoluer. D’ailleurs, le message adressé au public quelques minutes plus tard sur scène est on ne peut plus clair, le groupe ouvrant son show par l’intro de « Prince Of Darkness », titre issu de Risk… avant d’attaquer sur « Trust ».

Dave Mustaine (Megadeth) n’est pas un type si rigide…

19h40 : Résultat : le set de Megadeth a la même dynamique que son dernier album Super Collider, montrant toutes les facettes du groupe. Du thrash (« Peace Sells »), du mid-tempo lourd à souhait (« Symphony of Destruction » jouée en sous-accordé et un peu plus lentement), du progressif (« Kingmaker »), du heavy et certains versants plus accessibles (« A Tout Le Monde », « Super Collider »). Et à ce propos, les titres du dernier album passent bien le cap de la scène.

Pour le reste, Megadeth est toujours aussi classe, offrant une sensation malsaine par cette espèce de colère contenue qui se dégage de leur musique, de leur look propret et élégant façon businessmen véreux et dangereux, et du contraste entre une exécution très clinique et des titres très agressifs.

Au moment des adieux, le groupe salue la foule sur un air militaire. On n’aura finalement qu’un seul regret dans tout ça : un son de guitare un peu criard.

19h42 : « Yeah ! Shave my balls ! » (en VF : rase moi les boules). Phrase prononcée par un technicien lors des tests micros avant le concert de Children Of Bodom…

20h41 : Le backdrop à l’image de leur nouvel album en fond, Children Of Bodom arrive sur une bande son de combat dans la neige (oui, on a l’oreille pour reconnaître le bruit de la neige). Devant, il y a foule, comme pour la séance de dédicace plus tôt dans l’après-midi, pour attendre les Finlandais. Dès le départ, les inconditionnels sont ravis par les performances techniques des musiciens et la rapidité des morceaux. Les autres moins et on en voit déjà s’éloigner, guère accrochés par ce death metal mélodique, pour se restaurer et reprendre des forces avant ce qui sera le plat de résistance de la soirée ; on parle bien sûr de Maiden.

Le son du clavier et du chant un peu en retrait au début empêchait d’apprécier pleinement la musique de la bande à Laiho, mais la répartition s’améliore peu à peu au fil du concert. Quoi qu’il en soit, le frontman se montre ravi d’être là et prend soin de remercier tout le monde. Il rappelle aussi que leur nouvel album sort ces jours-ci. Côté performance, il ne ménage pas ses efforts pour époustoufler ses fans. Mais on sent quand même que le public s’ennuie un peu et s’adonne à une écoute plutôt passsive, malgré une exécution parfaite.

Non, décidément, dans les dernières minutes, le doute n’est plus permis : les gens attendent la tête d’affiche du festival de l’autre côté. Dommage pour les Finlandais qui donnent tout : Alexi Laiho est impressionnant avec son instrument et bouge comme un fou. Mais quelle place difficile dans la programmation que celle-ci ! A la fin de leur set tout le monde s’est déjà déplacé pour voir Maiden. Seuls restent les fans et ceux qui ne peuvent avancer.

21h07 : « We want information… I am not a number, I’m a free man ! …. Hahahaha ! »

« The Trooper » éveille les instincts guerriers du public.

21h21 : « Nous sommes six rosbifs et vous êtes vingt mille grenouilles. Où est la guerre ? » Bruce Dickinson, en français, avant de continuer sur un discours sur les guerres au Mali, en Afghanistan, etc. Puis : « Afraid To Shoot Strangers ».

Pendant ce temps, de l’autre côté se monte la scène d’Airbourne, qui semble toute simple comparée au gigantisme de celle de Maiden. Mais les fans des Australiens s’accrochent à la petite scène. Même pour les légendes, ils ne bougeront pas de là. Classe !

21h28 : Combat de sabres en plastique dans le public au son de « The Trooper ».

21h49 : Maiden nous montre clairement pourquoi ils sont les patrons. « The Number Of The Beast », « Phantom Of The Opera », « Run To The Hills », « Wasted Years », et toute la scénographie qui va avec…

22h47 : Fini de s’extasier sur Bruce et sa bande (on vous en dit plus dans un moment). Airbourne attaque de l’autre côté… avec la musique de Terminator en guise d’intro. Ça va défourailler !

Gigantesques Iron Maiden.

23h34 : Pourquoi Iron Maiden est au-dessus de tous les autres ? Maiden, ce n’est pas juste un groupe qui fédère parce qu’il joue du heavy. Maiden est au-dessus de tous les autres groupes de heavy. S’il ne devait en rester qu’un ce serait celui-là. Celui qui fédère même par-delà son propre genre. Un genre où il est facile d’en faire des caisses, avec des voix haut perchées, des solos dans tous les sens, et au bout, on tombe dans le kitsch. Mais Maiden n’arrive jamais à ce stade, n’est jamais soulant à force de s’étendre dans ce style.

Ce soir, les Anglais ont offert un show best-of. D’abord grâce à sa setlist : que du hit. Certes, des vieux hits – aucun titre récent ne se pointant au programme, oubliés les derniers albums – mais des hits quand même, car Maiden peut prendre n’importe quelle période de sa discographie et composer une setlist de fou.

Des titres qui ont vu leur tempo baissé ce soir (contrairement à la tendance du groupe de jouer ses titres en accéléré). Mais ce n’était certainement pas un signe de fatigue de leur part : ces mecs ont une forme incroyable. Rien à voir avec des Scorpions qui, même s’ils assurent sur scène, ont le visage marqué par l’âge ; le temps semble n’avoir aucune prise sur les membres de la Vierge de Fer. Et Dickinson semble débarquer d’une autre dimension : il tient la scène comme aucun autre frontman, il court partout tout en étant vocalement ahurissant.

Autour du chanteur, les musiciens sont rytmiquement en place (même les effets pyrotechniques cognent sans le moindre décalage à l’unisson de la grosse caisse), les solos sont parfaits. Tout y est pour passer un instant magique. Magie qui s’est tout particulièrement exprimée pendant le pont de « Seventh Son Of A Seventh Son », accalmie où le temps a eu l’air de s’arrêter pour en apprécier le sublime. Même le temps lui-même avait décidé de magnifier cet instant puisque le soleil finissait de se coucher derrière les collines durant ce passage, tandis qu’une montgolfière s’élevait dans le ciel.

Pourquoi Iron Maiden est au-dessus de tous les autres ? Parce que si le heavy est une musique épique, alors, aucun doute : Iron Maiden est le champion de cette épopée.

Joel O’Keefe (Airbourne) attire tous les regards.

01h01 : Arrêtons de comparer Airbourne à AC/DC ! Car AC/DC, même dans sa jeunesse, n’a jamais eu tel niveau d’énergie juvénile, un tel esprit sale gosse comme peuvent l’avoir leurs « descendants », une telle envie de hurler à s’en arracher les cordes vocales. Et ça fait du bien ! Car, on pouvait s’étonner que les Australiens soient chargés de cloturer le festival alors qu’on s’attendrait que Maiden soit le feu d’artifice final, mais, tandis qu’il faut digérer un spectacle de la Vierge de Fer, Airbourne offre une performance sans prise de tête. C’est le moment de se lâcher. Les verres de shooter pour finir.

Et puis, de toute manière, c’est sûr, Airbourne deviendra énorme, alors autant s’habituer tout de suite à les voir occuper les sommets des affiches. Avec des tubes comme « Ready To Rock » qui envoie la sauce des les premières mesures ou « Too Much, Too Young, Too Fast » qui vous reste dans la tête pendant des heures, et un frontman comme Joel O’Keefe pour porter cette équipe aussi haut, comment en douter ? Et en parlant de Joel O’Keefe on ne peut s’empêcher remarquer que, même si tous se démènent sur scène, c’est lui la star. Ce type est fou, sans retenue, et forcément il attire la lumière, et forcément on trouve toujours un projo braqué sur lui, laissant un peu ses acolytes dans l’ombre.

Mais au-delà de ces considérations, c’était bel et bien la meilleure façon de conclure ce festival particulièrement agréable à vivre, où l’on a connu pendant deux jours des prestations de très haut niveau, à peu d’exceptions près.

On s’en va avec une pensée émue pour ce photographe d’une quarantaine d’annés qui n’est pas familier du milieu metal, que nous avons croisé tout au long du weekend et qui a été émerveillé par cet univers qu’il a découvert par le biais du Sonisphere, avec des musiques riches en mélodies et des jeux de scène sublimes. Nous saluons aussi les agents de sécurité avec qui nous nous sommes entretenus, qui nous ont avoué avoir été surpris de voir à quel point le public metal est un public facile à vivre, qui n’a pas autant besoin d’être encadré que le public rap ou celui de matchs de foot avec lesquels ils ont l’habitude de devoir intervenir sur des bagarres.

On s’en va maintenant se détendre vers l’espace VIP – Artistes, où tout le monde a l’air occupé à débriefer ce weekend autour de quelques verres. Dès qu’on se sera reposé, qu’on aura l’esprit un peu plus clair, qu’on aura pris un peu de recul, on vous fera un bilan, mais il est à prévoir qu’il sera principalement positif.



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  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    On arrêtera de comparer Airbourne à AC/DC…quand Airbourne arrêtera de faire du AC/DC.
    Quant à savoir si AC/DC dans sa jeunesse patati patata, il faudrait pour comparer avoir réellement vécu cette jeunesse. Néanmoins, quand on voit sur les témoignages vidéo d’époque Angus se démener comme un dément (au sens propre), replacé dans l’époque, que cela devait être un choc pour le spectateur !!! Assurément. Et tellement novateur !

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  • Tête d’affiche Enorme, Maiden au sommet de sa forme, cette version de Seven son of a seventh son, c’était au delà du réel, vraiment énorme !

    @Grbac->Un mec qui fait sa gym c’est toujours mieux qu’un mec qui fait que dalle … Et je trouvais plutôt le reste des groupes du week end en carton pâte à coté, en dehors de 2 ou 3, mais bon, week end bien classe !

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  • Un week end parfait….a l’exception de la tête d’affiche. Trop de  » carton pâte » a mon goût, un guitariste qui fait sa gym sur l’enceinte et un show trop « prévisible. Ça fut une belle avant première pour Airbourne!

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  • King Asator dit :

    et oui, on sait se tenir en Moselle ^^

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  • Pendant Maiden je gardais ma place au premier rang pour Airbourne mais je guettais quand même le concert,..Show,…SPECTACLE en cours. J’étais derrière pour pas mal de groupe, donc l’ambiance était un peu molle, pour la plus part. Sauf pour Maiden. Le public était déchaîné jusqu’au dernier rang. C’était ouf !

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  • Elsassgromit dit :

    C’était bien cool ce fil rouge, d’habitude je lis plus ça en rentrant et donc d’une traite mais pour les personnes qui ne sont pas sur place c’est franchement chouette d’avoir des commentaires en direct du festival.
    Même si j’ai mon lot de rancœur à l’encontre du festival (l’affiche ne me parle pas suffisamment de toute façon) je suis sérieusement content de voir que ça a été une réussite.

    Dommage pour Hacktivist quand même qui aurai peut être mieux trouvé son publique sur la Warzone du Hellfest. En terme de flow c’est pas dégueulasse et techniquement plus impressionnant que Limp Bizkit (surtout pour le chanteur métisse du groupe) par contre les parties en chant clair me soulent franchement dans ce qu’ils font donc je comprend un peu la réaction du publique même si c’est probablement pas pour les même raisons XD.

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  • Plutôt d’accord avec le fil rouge des 2 jours qu’a publié RM !
    J’avais fait la 1ère édition du Sonisphère à Amnéville et force est de constater qu’il y a eu d’énormes progrès au niveau de l’orga ! Il reste cependant des points à travailler (à voir, puisqu’à priori le bail Sonisphère/Amnéville était signé pour 3 ans)

    * Je plains les campeurs, qui ont été installés sur un terrain défoncé, dur comme de la pierre et ultra poussiéreux

    * La bière… Putain le prix était juste abusé !! 16€ pour 1.5L de Kro (consigne pichet incluse), on est pas des vaches à lait !

    * Le lieu en lui même reste dangereux, macadam déglingué, pierres partout, heureusement qu’on sait se tenir, sinon on aurait eu des munitions à disposition pour se foutre sur la gueule.

    * Le son : Dans l’ensemble NETTEMENT MEILLEUR qu’en 2011 !! Même si Headcharger et Dagoba n’ont pas été épargnés le samedi, les ingés son ont fait du bon taff dans l’ensemble.

    * La sécurité (les hommes en bleu) : Beaucoup moins chiants et plus sympa qu’il y a 2 ans, toujours dispo pour un petit ravitaillement en flotte, du bon boulot.

    En espérant que le Sonisphère Amnéville 4ème du nom voit le jour, parce qu’à titre personnel, une telle prog à 15min de la barraque, ça déchire !

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  • En tous cas, merci bien, c’était sympa à lire. Vous assurez 🙂

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  • Parce qu’ils ont vendu leur âme au diable diront les complotistes ésotéristes.

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  • Waylander dit :

    Pour avoir vu Stephan Forté en live, je vous confirme que Kevin Codfert (Adagio) est super sympas ! Genre ce mec m’a complimenter sur l t-shirt des Pink Floyd que je portait 😀 Une patte ce gars !

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  • Combat de sabres. Qui a gagné ?

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    Moulk

    Un sabre, probablement.

  • J’ai ri comme un con quand j’ai lu la phrase du technicos de CoB xD

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  • Aha putain j’ai bien lu ? Enceinte de 6 mois et sur scène, putain d’épic :’)

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    Sever

    ben ouai, c’est EPICa

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