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Chronique   

Sons Of Apollo – Psychotic Symphony


Oui, c’est bel et bien arrivé : Mike Portnoy et Derek Sherinian collaborent à nouveau au sein de Sons Of Apollo, chose qui n’était pas arrivée depuis Falling Into Infinity (1997) avec Dream Theater, si l’on excepte la tournée PSMS où cette nouvelle entité trouve en réalité sa source. Des rumeurs circulaient avant d’être confirmées le 1er août de cette année et une fois l’emploi du temps des divers musiciens libéré, Sons Of Apollo est devenu un nouveau groupe, composé justement de Mike Portnoy, Derek Sherinian, du bassiste Billy Sheehan, de Ron « Bumblefoot » Thal et du chanteur Jeff Scott Soto. Difficile de faire plus « supergroupe », en somme. Psychotic Symphony est son premier album écrit conjointement par Derek Sherinian et Mike Portnoy, mais aussi Bumblefoot, et, coïncidence, est sans doute le projet actuel de Mike Portnoy se rapprochant le plus de ses heures passées avec Dream Theater. Avis aux amateurs, talent d’écriture et virtuosité sont de mise.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Mike Portnoy et Derek Sherinian ont toujours eu une certaine aversion pour les travers de la musique progressive : à savoir des prouesses techniques exprimées avec la ferveur d’un cyborg. Sons Of Apollo est l’occasion de se détacher complètement de cette vision de la musique progressive. Ces musiciens sont sans doute ce qui se fait de plus rock n’ roll dans les contrées progressives et revendiquent l’héritage du rock catchy. On comprend ainsi mieux la collaboration avec le guitar hero Ron « Bumblefoot » Thal et Jeff Soto. À ce titre Sons Of Apollo respecte une partition audacieuse, l’art du refrain old-school entrecoupé de passages progressifs dans la veine des grandes heures de Dream Theater. « Labyrinth » se fait le parangon de la formule, alternant justement rythmiques complexes et refrain limpide. Jeff Soto joue ainsi, selon les dires du groupe mais qui se vérifie, le rôle d’ « ancre » qui donne de la cohérence aux chansons et leur confère un aspect classic rock facilement appréhendable avec son timbre chaud caractéristique. Témoins de cette « accessibilité », le très rock FM « Alive » et ses couplets langoureux ou encore le refrain accrocheur de « Divine Addiction » (titre sur lequel l’hommage de Sherinian à Deep Purple ne passera pas inaperçu). En outre, Sons Of Apollo accorde un soin particulier à la construction de ses riffs, ciselés avec pour objectif de plonger immédiatement l’auditeur dans la composition, à l’instar du titre d’ouverture « Signs Of The Time », fort de son appel du pied au Sepultura de « Roots ». Le jeu de Bumblefoot s’emploie à nouveau à étaler toute une palette sonore, du tranchant « Signs Of The Time », justement, au grain plus expérimental d’ « Opus Maximus ». Si Sons Of Apollo veut avant tout écrire de véritables chansons, il ne s’est pas refréné pour autant.

Ceci explique que Sons Of Apollo est capable de livrer des titres dépassant les dix minutes sans forcément les transformer en terrains de jeux pour musiciens surdoués et extravertis. Certes, un titre instrumental comme « Opus Maximus » ne peut s’empêcher de devenir l’ « anthologie des plans du metal progressifs » le temps de quelques minutes (merci Bumblefoot et Billy Sheehan pour leurs soli tout sauf timides), tandis que « God Of The Sun » n’accusera aucun complexe quant à ses arrangements symphoniques et ses cassures rythmiques (il suffit d’écouter une fois le pont pour s’apercevoir que Portnoy est bel et bien aux manettes). Toutefois, le jeu de Portnoy est justement le ciment de la musique. Aussi débridé soit-il, ce dernier met un point d’honneur à faire groover n’importe quelle envolée musicale, avec plus d’aisance que nombre de batteurs du genre. Sons Of Apollo est ainsi l’occasion de renouer avec le jeu complexe d’un batteur conscient que sa technique doit servir la musique. Derek Sherinian partage d’ailleurs la même philosophie en ne transformant pas son clavier en plage omniprésente et sachant se cantonner à un rôle d’arrangeur lorsque c’est nécessaire, se transformant en soliste seulement lorsque c’est opportun (« Alive », « Lost In Oblivion », « Coming Home »).

Sons Of Apollo ravira ceux qui avaient la nostalgie de l’époque Sherinian et Portnoy au sein de Dream Theater, tant on retrouve toutes les marques du duo – et même au-delà, puisque les aficionados ne manqueront pas de lever des parallèles entre l’orientalisant « Gods Of The Sun » et un titre comme « Home ». Pour les autres, si les aspects progressifs de la musique ne barbent pas, ils en viendront à apprécier l’efficacité des compositions rock au-delà de la virtuosité apparente (le balancement de « Coming Home » achève de persuader sur ce point). Sons Of Apollo n’apporte rien de nouveau au genre ou à la musique en général, si ce n’est une capacité de créer des compositions cohérentes supportées par une technique poussée. Et le plaisir d’entendre à nouveau une formation progressive qui ne se trompe pas sur son objectif : faire taper du pied en rythme avant de jouer de la musique « à regarder ».

Clip vidéo de la chanson « Coming Home » :

Chanson « Signs Of The Time » en écoute :

Album Psychotic Symphony, sortie le 20 octobre 2017 via InsideOutMusic/Sony Music. Disponible à l’achat ici



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  • « Mike Portnoy et Derek Sherinian ont toujours eu une certaine aversion pour les travers de la musique progressive »
    ==> »Sons Of Apollo ravira ceux qui avaient la nostalgie de l’époque Sherinian et Portnoy au sein de Dream Theater » => ???

    Portnoy avait formé Dream Theater à cause de son « aversion » pour le prog, c’est bien connu… Bref.

    [Reply]

    « aversion pour les travers de la musique progressive »

    LES TRAVERS.

    Donc pas toute la musique progressive.

    C’est bien de lire ce qu’on commente, parfois 😉

  • Merci pour cette découverte !! J’étais complètement passé à côté (je ne sais d’ailleurs pas comment) et c’est franchement le genre de surprise que j’adore ^^

    [Reply]

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