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Live Report   

Sont-ils toujours Motörhead ? Jouent-ils toujours du Rock’n’Roll ? On a bien failli croire que non !


No One Is Innocent et Motörhead sur une même affiche, quelle belle soirée de vieux briscards du rock couillu en perspective ! L’un atteint bientôt ses dix-huit ans d’existence, c’est dire s’il n’est pas tout jeune. Quant à l’autre, il est LA Légende, c’est dire s’il est sans âge. Tous deux ont un opus à défendre dans leur besace – Drugstore pour les Français et The Wörld Is Yours pour la tête d’affiche du soir – et pourtant les setlists ne feront pas spécialement la part belle à ces récentes sorties. Allez comprendre. Au moins ne pourrons-nous pas reprocher à ces deux belles formations de jouer le jeu mercantile de la promotion. Tant qu’elles nous en donnent pour notre pognon… et notre plaisir bien entendu.

Justement, même les deux plus belles équipes de foot réunies sur un même terrain ne donnent pas forcément le plus beau des matchs. S’il en est ainsi du populaire ballon rond, qu’en est-il en matière de rock’n’roll ? Motörhead, No One Is Innocent, tout de même, sur le papier, cette affiche impose le respect, et ce quels que soient les morceaux qu’ils envoient.

Artistes : MotörheadNo One Is Innocent
Date : 21 Novembre 2011
Lieu : Paris
Salle : Zénith

20h00, les Parisiens envahissent la scène du Zénith et démarrent en trombe avec le très bon « US Festival ». Manifestement, l’enjeu de chauffer une salle qui attend une institution ne les écrase pas. Au contraire, il semble les galvaniser. Leur entrée en matière est tonitruante, les morceaux s’enchaînent et font mouche. Notamment les classiques « Revolution.com » et « Nomenklatura ». Clairement, le groupe profite de l’occasion de se produire face à une audience plus large que celle d’une Cigale où ils passaient en mars dernier ou d’un Nouveau Casino où ils se produiront en décembre. Kemar précisera d’ailleurs que c’est un honneur d’ouvrir pour Motörhead.

Kemar (No One Is Innocent) annonce la température

Kemar montrera ce soir une nouvelle fois ses talents de leader et de frontman… ainsi que ses abdos qui n’ont rien à envier aux couvertures de Têtu. Messieurs, soyez jaloux ! Mais le chanteur, à la harangue engagée et militante, n’est pas le seul à faire tourner la boutique. Sur scène, à la guitare, Shanka se démène et semble parfois totalement ailleurs, dans un autre état. Aux machines, Ludovic mouille lui aussi sa chemise et seul Bertrand, le bassiste, est plus discret. Côté public, l’étincelle se produira quand Kemar descendra de la scène pour franchir les barrières de sécurité et se frotter directement au public.

Au niveau des morceaux joués, « Johnny Rotten » est le seul représentant de Drugstore et s’insère plutôt bien dans le concert. Pour la petite histoire, ce titre prend sa source dans un accrochage avec l’ex-Sex Pistol lors du festival Bobital à propos d’une photo. « La Peau » sera évidemment un moment fort de ce concert que le groupe aura orienté sur des valeurs connues, mettant de côté leur dernière sortie, peut-être pour assurer le coup face aux fans de Motörhead ou pour se rafraîchir pendant leur tournée en tête d’affiche. L’essentiel reste que les Parisiens ont délivré une excellente prestation, toute en énergie, en sueur et en efficaces brûlots. Impressionnante formation qui sait mettre le feu aussi bien dans une MJC de banlieue que dans un Zénith, avec le même entrain et la même générosité. « Ne Reste-t-il Que La Guerre Pour Briser Le Silence ? » laissera un Zénith à point pour accueillir la tête d’affiche de ce soir.

Setlist de No One Is Innocent :

US Festival
Les Mêmes Idées, La Même Erreur
Revolution.com
Nomenklatura
Johnny Rotten
Automatic
La Peau
Chile
Liar
Ne Reste-t-il Que La Guerre Pour Briser Le Silence ?

Peu après 21h00, les lumières s’éteignent, la fureur monte de la foule, les sirènes résonnent au loin et le groupe arrive sur scène tranquillement, comme à son habitude, attaque avec le classique « Bomber » et continue avec l’efficace « Damage Case ». Le très bon « I Know How To Die » issu du dernier album continue à asseoir les bases d’une superbe soirée. Mais il y a un truc qui cloche, un détail qui angoisse, malgré ces magnifique titres : Lemmy n’a pas prononcé les mots magiques qui ouvrent le bal  : « We are Motörhead and we play rock’n’roll ». Et ça, c’est flippant. On en vient à se demander, fébrile, s’ils sont encore Motörhead et s’ils comptent encore jouer du rock’n’roll.

Lemmy (Motörhead) : la légende n’a pas d’âge.

Heureusement la suite rassurera le fan angoissé, superstitieux et peut-être trop traditionaliste car, qu’on se le dise, notre trio préféré aura donné une excellente prestation, pleine de puissance et de générosité même si quelques remarques pourront être formulées sur la setlist. Mais passons. « Stay Clean », « Metropolis », les classiques s’enchaînent, soutenus par le jeu de lumière du groupe, tout en demi teintes qui donnent une ambiance très particulière. Le fond de scène est habillé d’un grand backdrop avec les trois têtes flanquées d’ailes métalliques et qui sera recouvert en cours de concert par la traditionnelle tête surmontée du nom du groupe. Ce soir, il n’est pas inscrit « England » sous Snaggletooth mais « France » pour le plus grand plaisir du public.

En termes d’habillage de scène, la seule référence au dernier album est un drap portant le titre « The Wörld Is Yours » flanqué au bas de la batterie. Décidément, ce soir, ce dernier opus n’est pas mis en avant ; deux titres seulement en seront joués, le second étant « Get Back In Line ».

Phil Campbell (Motörhead) n’hésite pas à rendre hommage aux « p’tits jeunes ».

Côté groupe, Phil est comme a son habitude tout en désinvolture et en gouaille. Le six-cordiste rendra un bel hommage aux Français de la première partie avec sa guitare flanquée d’un autocollant No One Is Innocent. Derrière les fûts, Mikkey démontre encore sa puissance et rappelle à chaque instant que l’importance de la batterie chez Motörhead. On le verra d’ailleurs pleinement lors du superbe solo intercalé au sein du morceau « The One Who Sing The Blues ». Soutenu par des lumières du plus bel effet et d’épaisses fumées blanches, ce solo est un moment fort du concert qui ne donne pas cette impression pénible d’exercice imposé sans inspiration. Au niveau du son, la batterie est bien mise en valeur dans un ensemble peut-être un peu trop fort, en particulier au niveau de la voix. Et si l’on parle de voix, on parle de Lemmy, de son stetson, de ses bottes, de sa basse et de ce charisme si particulier qui lui permet, sans faire grand-chose, d’asseoir son autorité sur la soirée.

« Going To Brazil » montre l’allégeance du groupe au rock’n’roll avant que « Killed By Death » et « Iron Fist » ne laissent le public très fourni du Zénith chaud bouillant pour les rappels après une bonne heure de bonheur. La salle résonne des cris, des « Lemmy ! Lemmy ! » et des bruits des pieds qui tapent sur le sol. Les fans attendent la suite, ce final archi connu et si jouissif.

The One Who Sing The Rock…

Le groupe revient sur scène et aux guitares acoustiques que prennent Mikkey et Phil nous devinons le prochain titre : « WoreHouse Blues ». Énorme. Excellent. Magique. Sans commentaires. Puis arrive le jeu entre le groupe et le public car chacun connaît la suite et attend que résonne les accords de basse de « Ace Of Spades ». Le classique terminé, Lemmy gageant que pour certains il s’agit du premier concert de Motörhead, introduira le groupe. Phil Campbell, guitariste de Motörhead depuis vingt-sept ans maintenant et Mikkey Dee, le « meilleur batteur du monde ». Phil prendra le relais pour présenter Lemmy avant que le groupe ne finisse sur un apocalyptique « Overkill » avec ses lumières blanches stroboscopiques soutenues par un rai de jaune. Là encore, tout le monde sait que le groupe reprendra l’intro à la fin, que Lemmy nous mitraillera de sa basse, qu’il n’y a aucune surprise là-dedans et pourtant le plaisir est toujours renouvelé. C’est peut-être ce qui explique qu’après toutes ces années, le groupe soit toujours vivant.

Au bout d’une heure et demie d’un excellent concert, la soirée se termine. Avec de telles prestations, que Lemmy soit tranquille, personne n’est près d’oublier Motörhead. Motörhead, No One Is Innocent, l’affiche belle sur le papier, aura tenu toutes ses promesses en direct. Dernier point, le fan angoissé, superstitieux et peut-être trop traditionaliste, aura été rassuré car avant « Overkill », Lemmy aura prononcé LES mots magiques.

They are Motörhead and they’ve just played rock’n’roll !

Setlist de Motörhead :

Bomber
Damage Case
I know How to Die
Stay Clean
Metropolis
Over The Top
One Night Stand
The Chase Is Better Than The Catch
Get Back In Line
The One Who Sing The Blues
Orgasmatron
Going To Brazil
Killed By Death
Iron Fist

Rappels :
WoreHouse Blues
Ace Of Spades
OverKill

Photos : Lost



Laisser un commentaire

  • Je les ai vu à Lille en octobre dernier si je me souviens bien, et j’ai pas trouvé la partie de Motörhead concert transcendante.

    La machine est tellement bien huilée qu’ils jouent les morceaux les uns après les autres et, hormis l’ambiance, ca n’a rien d’extraordinaire. Ils viennent, jouent leur morceaux, font le même break que celui qui est ici mentionné, tout le monde sait qu’ils vont revenir, ils reviennent et jouent Ace of spades et Overkill (à Lille c’était le rappel).

    Finalement il n’y a aucune surprise et je trouve que Motörhead en live est un peu surcoté.

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  • dimmy kilmister dit :

    Holalala !! J’ai failli avoir une attaque en voyant le titre , faut plus me faire ca -:)

    [Reply]

  • Breizhwarrior dit :

    Ah ça a du être monumental ! Déjà qu’à Nantes ils ont été géniaux !

    [Reply]

  • Shub Niggubarth dit :

    P’tain !!!! Mais ça va pas de mettre un titre pareil !!! Mon coeur de battre s’est arrêté pendant une demi seconde et j’ai failli crever jusqu’à la dernière ligne du LR.
    Qui est bon
    Comme d’hab.

    [Reply]

    ian

    tu peux le dire ouais ! vous nous avez fait flipper.. on a bien cru perdre notre trio préféré bande vilains !!!!

  • Merci à Motörhead pour ce concert magnifique!!

    [Reply]

    yann

    Salut les Metalleux,

    J’étais à Paris…
    Et j’ai trouvé que No One Is Innocent n’était pas dans son registre, en fait ils ont voulu pousser leur musique, l’accélérer, la saturer, la surjouer, mais le problème c’est que leur musique, qui est un espèce de d’électro-metal, n’est pas faite pour cela… C’est pas du Trash 😉
    Bref, ce fut une petite première partie (Petit groupe, son pourrit…)

    Motorhead quand à lui…
    A ben c’est Motorhead, la légende !!!
    Belle présence, beau show !
    Mais le son était merdique ! La batterie et la basse étaient trop fortes par rapport à la guitare (Les premiers morceaux ont entendait à peine les solos).
    Le micro aussi était mal régler (déjà que Lemmy à la voie rauque..).
    Un groupe de cette envergure devrait quand même faire des efforts pour offrir du beau son à leur public (On est en 2011, merde ! Lol)

    Bah, à part ça j’ai passé une super soirée et ne regrette pas d’avoir fait le déplacement (Depuis Mulhouse)

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