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Chronique   

Soulfly – Archangel


Soulfly - Archangel« Le dixième album, c’est un nombre important pour nous et je vais travailler très dur sur ce nouvel album de Soulfly » nous disait en octobre dernier Max Cavalera au sujet du nouveau disque du combo. Malgré tout, au vu de l’enchaînement soutenu des sorties de Cavalera, il y a comme une routine qui s’installe chez le public et un album de Soulfly n’est plus autant le centre de toutes les attentions lors de sa sortie que fut un temps. Avec une patte très caractéristique, immédiatement reconnaissable, la sensation est parfois aussi que Max Cavalera peine à renouveler sa musique à travers ses divers projets. Archangel, ce fameux dixième album studio de Soulfly et successeur de Savages (2013), intrigue donc modérément. Il faut pourtant le reconnaître, si Soulfly se renouvelle peu, il est encore loin de s’embourber.

Line-up « familial » avec une fois encore la présence de Zyon Cavalera à la batterie et celle d’Igor Cavalera Jr. qui remplace Tony Campos à la basse parti chez Fear Factory ; nouveau producteur en la personne de Matt Hyde (Slayer, Sum 41, Porno For Pyros…) : Max a réuni des composantes en apparence contradictoires : travailler avec des personnes qu’il connaît sur le bout des doigts, dirigées par une première collaboration avec ce producteur notable. En résulte un son massif, une production grave et ample, nourrie d’interventions au clavier, de quelques chœurs (on pense parfois à ceux que l’on retrouve chez Behemoth ou Nile), et même de cuivres façon péplum sur « Bethlehems Blood » qui correspondent soigneusement aux thématiques bibliques abordées par l’opus (suivez les titres…). Ici réside peut-être la principale nouveauté délivrée par Soulfly : exit les diverses escapades tribales : l’album est en adéquation avec ce que prônait Max Cavalera dans diverses interviews : une musique davantage « mystique » et « symbolique ». Des arrangements vocaux incantatoires sur « Shamash » ainsi que l’outro de « Bethlehems Blood » renforcent l’aspect grandiloquent quasi-cultuel. Sans parler du refrain de « Titans », scandé avec un zèle et une ferveur assez effroyables et qui précède l’arrivée d’un riff ravageur.

Archangel se démarque en effet aisément dans la discographie du groupe : il crée une atmosphère qui lui est propre et n’a pas de failles qui la décrédibilise. En réalité seule l’ouverture in medias res de l’album avec l’hymne death/punk direct « We Sold Our Souls To Metal », et son final mélodique inattendu signé Marc Rizzo (qui a toujours le chic pour sortir des mélodies et solos de guitare classieux), n’est pas tout à fait sur le même registre que le reste de l’opus. Il faut attendre l’intro du titre éponyme pour véritablement constater l’effort de cohérence que Cavalera et consorts ont fourni. Ces derniers ont convié plusieurs invités, en l’occurrence Todd Jones de Nails qui hurle comme un forcené sur « Sodomites », Matthew Young de King Parrots, à la prestation hardcore intense, sur « Live Life Hard ! » ainsi que l’iranienne Anahid, Igor Cavalera Jr. et Richie Cavalera sur « Mother Of Dragons » (et non, ce n’est pas une référence directe à Game Of Thrones). Archangel est une œuvre plutôt variée, tantôt rapide et trashisante à l’image de « Deceiver » ou simplement lourde à l’instar de « Sodomites ». Max Cavalera n’a certes toujours pas le registre vocal le plus diversifié de la scène mais reste l’une des voix hurlées les plus emblématiques du genre et chacune de ses interventions appuie pertinemment et avec conviction la puissance des titres, à l’image du « Sodomites ! Sodomites ! » qui fait son petit effet… Archangel le démontre, Max Cavalera a encore de quoi délivrer.

Ce dernier déclare qu’accoucher de cet album a été difficile, voire stressant en raison du niveau d’exigence que le groupe s’est imposé. Il est indéniable qu’Archangel est un album chiadé, en dépit de sa grande concision (totalisant à peine plus de trente-cinq minutes de musique pour dix titres, à la manière d’un classique de Slayer) et la simplicité assumée de certains titres, et épouse parfaitement les thèmes bibliques à travers ses compositions sans trop les parodier. Album rapide certes mais l’écueil principal a été évité : Archangel ne sonne pas générique. Soulfly ne se réinvente pas, ne surprend pas outre-mesure malgré l’abandon bienvenu d’une identité tribale trop consommée. Il ne stagne pas pour autant. Si Archangel n’a peut-être pas suscité un engouement de premier ordre à son annonce, son écoute ne laissera pas indifférent.

Ecouter « Sodomites » et « We Sold Our Souls To Metal » :

Album Archangel, sortie le 14 août 2015 via Nuclear Blast.



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  • Franchement  »Sodomites » déchire vraiment bien, si le reste est du même accabi ça sent bon!

    [Reply]

    Usain-Bolt-Thrower

    C’est un titre qui risque de faire mal au cul, en effet.

    Cyrille

    Haha exactement!

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