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Live Report   

Soundgarden : quelques fleurs fanées dans le jardin des sons


Qu’elle en aura fait couler de l’encre cette reformation. Depuis l’annonce, début 2010, de Chris Cornell que « les chevaliers de la Soundtable chevauchent à nouveau », puis leur premier concert depuis 1997 le 16 avril 2010, le groupe préparait des nouveaux morceaux dont l’un d’entre eux figure sur la bande originale du film The Avengers, sorti cette année. Mais avant la sortie d’un nouvel album, Soundgarden entreprend d’abord une tournée mondiale jouant principalement des vieux (et très vieux) classiques, afin de renouer le contact avec les fans perdus de vue depuis si longtemps.

En effet, depuis leur séparation, les quatre membres de ce géant du grunge ont tous fait un bout de chemin de leur coté, Cornell ayant fondé puis quitté le supergroupe Audioslave en plus d’avoir sorti quatre albums solos ; Matt Cameron ayant rejoint Pearl Jam, autre pionnier du grunge, à la batterie ; et Kim Thayil et Ben Shepherd ayant participé à bien des projets ensemble et séparément. Ils sont donc de retour à Paris, jouant au Zénith en ce 29 mai 2012, une date attirant bien du monde puisque nous y aurons croisé de nombreux fans venus du Canada ou des États-Unis pour les voir, ainsi que des personnalités telles que Kirk Hammett de Metallica (il semblerait que Lars Ulrich ait également été présent) et Izakar de Dagoba.

Artistes : SoundgardenThe Gaslight Anthem
Date : 29 Mai 2012
Salle : Zénith
Lieu : Paris

C’est donc par un agréable après-midi printanier que nous nous rendons au Parc de la Villette pour assister à ce légendaire retour. Il fait beau, chaud, mais une agréable brise souffle le long de l’allée menant au Zénith, à l’ombre des arbres longeant le chemin. Le Jardin de Sons a choisi un bon moment pour venir fleurir à Paris. La première partie, The Gaslight Anthem, commence son concert avec un son très typé Offspring et autres groupes de punk californien. Si c’est à la fois bien joué et bien chanté, la musique est malgré tout quelque peu lisse et prévisible. Sur les trois guitaristes, deux d’entre eux joueront les accords classiques du genre, tandis que le troisième adoucira le tout avec des mélodies discrètes et atmosphériques passant presque pour un synthé par moments. C’est avec humour, réalisme et auto-dérision que le frontman nous saluera, nous communiquera sa joie de faire la première partie d’un de leurs groupes préférés, avant de reconnaitre implicitement que nous ne sommes pas venus pour eux : « On va jouer nos morceaux puis on vous laissera tranquilles ». Il est difficile de dire si cette remarque a plu ou si la musique du groupe a fait mouche, mais le public se montrera particulièrement poli et réceptif, sans être extatique, mais applaudissant respectueusement le groupe à chaque morceau. Nous nous souviendrons particulièrement du morceau « Biloxi Parish » sur lequel la grosse caisse fera trembler le sol du Zénith jusqu’au fond des gradins.

Ben Shepherd (Soundgarden)

Si la salle n’était pas officiellement comble, l’afflux sera constant tout au long du premier groupe puis du changement de plateau au cours duquel la configuration des amplis sera révélée et où nous remarquerons avec un amusement tout particulier un technicien galérer avec le matériel de monsieur Shepherd dû au fait de sa petite taille relative au bassiste géant. En effet, lors du line-check, l’instrument lui arrive aux genoux et il est également obligé de prendre le micro à la main sans quoi il n’aurait pas été capable de l’atteindre pour parler dedans. Tandis qu’un énorme ventilateur est installé face au micro central, deux énormes plateformes d’éclairage suspendues par des câbles, descendent lentement du plafond, nous promettant un lightshow digne des plus grands.

Les lumières s’éteignent et l’intro de « Searching With My Good Eye Closed » commence. Cependant, l’entrée des instruments sera bien décevante, le son manquant à la fois de pêche et de précision. La voix déchirante de Cornell, surchargée en reverb, sera difficile à distinguer et encore plus à comprendre, tandis que les guitares auront un son bien mou pour le départ de ce set. Seules la batterie et la basse bénéficieront d’un son excellent dès le début mais, tout au long de ce premier morceau, l’ingénieur son s’évertuera à sauver la situation. C’est en effet avec quelque chose de beaucoup plus défini et compréhensible que le groupe attaque l’excellente « Spoonman » tirée du légendaire Superunknown, tout en dévoilant où figurera l’énorme logo psychédélique du groupe. Après les salutations chaleureuses de Cornell, qui nous expliquera qu’ils joueront des vieux et des très vieux morceaux, avec peut être un ou deux nouveaux titres, il introduit le morceau « Hands All Over » en expliquant que c’est un morceau écologique. « Il a été écrit à l’époque où ça commençait à sentir la merde. Aujourd’hui, il pleut de la merde, elle nous tombe carrément sur la gueule, mais ce morceau a été écrit pré-merde. »

Le spectacle se déroulait aussi au niveau des lumières.

Si le son est désormais beaucoup plus correct qu’au tout début du set (malgré un énorme larsen au milieu de « My Wave »), il reste tout de même très décevant. Le lightshow, quant à lui, tient toutes ses promesses, bien qu’un peu éblouissant au début, il se montrera à la fois subtil et varié tout au long du concert. Parfois traditionnel, des spots triangulaires à l’image du logo du groupe tournant sur le backdrop géant, un écran géant sera révélé après quelques morceaux, servant tantôt d’éclairage dynamique où les couleurs se fondent les une dans les autres pour former des mosaïques psychédéliques, que de décor théâtral montrant des paysages grandioses, une maison au milieu du désert, les ruines d’un château au centre duquel trône un œil géant épiant la salle d’une façon quelque peu inquiétante). L’un des effets les plus marquants sera sur « Loud Love » où l’écran géant affichera une autoroute nocturne défilant à toute vitesse, les lumières étant projetées jusque sur le plafond lors du refrain.

Cependant si l’aspect visuel du concert ne fera pas de déçus, il n’en est pas de même pour la prestation du groupe, notamment de Cornell, connu pour ses performances vocales inégales en concert. En effet, si le début du concert se passait plutôt bien pour lui, il a notamment fait chanter le public (incapable de monter aussi haut que lui) après « The Day I Tried To Live », dès l’intro de « Burden In My Hand », sa voix commencera malheureusement à montrer des signes de fatigue. Pourtant nous ne sommes qu’à la moitié du concert, et il lui reste encore bien des morceaux difficiles à chanter. Sa gestuelle traduit d’ailleurs sa frustration mais rien n’y fait : à chaque fois qu’il monte dans les aigus, sa voix éraillée peine à chanter juste. L’ingénieur du son, s’en étant rendu compte, baissera d’ailleurs par la suite le niveau de sa voix pour tenter de camoufler cette malheureuse situation, rendant certains morceaux méconnaissables, comme leur tout nouveau titre, « Live To Rise ». Pourtant sa voix reste jolie dans les graves, notamment sur le refrain de « Black Hole Sun » et l’intro de « 4th of July ». L’appui vocal de Matt Cameron parviendra par ailleurs à sauver le rendu de certains morceaux comme l’excellente « Superunknown ».

Chris Cornell, pas très en voix…

Le groupe, bien que visiblement dépité, reviendra malgré tout pour un rappel, jouant « Beyond the Wheel » de leur premier album, ainsi que « Slaves & Bulldozers » avant de quitter progressivement la scène après avoir remercié le public. Kim Thayil sera le dernier à partir après un très long larsen volontaire, se mettant face à l’ampli. Il pose sa guitare sur ses baffles et s’en va, saluant le public. Nous quittons donc la salle avec un sentiment mitigé. Passant à côté de la régie, nous serons témoins d’un spectateur se plaignant d’un son « de merde » à l’ingénieur son qui admettra qu’il est tout à fait d’accord. Si tous les éléments n’ont pas réussi à s’accorder pour faire un concert parfait, voir ce groupe jouer à nouveau ces morceaux sur scène est malgré tout un plaisir. Mais cette prestation nous montre malheureusement que dans le Jardin des Sons, même les plus belles fleurs se fanent.

Setlist :

Searching With My Good Eye Closed
Spoonman
Jesus Christ Pose
Hands All Over
Hunted Down
Drawing Flies
My Wave
The Day I Tried To Live
Pretty Noose
Burden In My Hand
Blow Up The Outside World
Fell On Black Days
Rusty Cage
Outshined
Let Me Drown
Black Hole Sun
Loud Love
Live To Rise
Superunknown
4th Of July

Rappels :
Beyond the Wheel
Slaves & Bulldozers

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du concert de Soundgarden.



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  • Il faudrait qu’il replante des fleurs dans leur jardin

    [Reply]

  • Ah c’est certain qu’à plus de 40 piges la voix ne serait plus celle de ses 20 ans surtout pour les morceaux les plus difficiles.
    En tout cas, j’aurai bien aimé y aller quand même !

    [Reply]

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