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Interview   

Spiritual Beggars répand son blues sur le monde


Il ne doit pas être évident de faire vivre un projet comme Spiritual Beggars lorsque tous les membres du groupe sont déjà impliqués ailleurs, surtout lorsque le guitariste et compositeur ainsi que son bassiste font tous les deux partie d’un des groupes de death metal mélodique parmi les plus populaires et actifs : Arch Enemy. Michael Amott nous le disait en 2010, c’était en grande partie la raison de l’interminable attente qui a séparé la parution de Demons et celle de Return To Zero. Aujourd’hui, le bassiste Sharlee D’Angelo nous l’atteste, ils ont enfin réussi à s’organiser, d’où un Earth Blues qui arrive pour le plus grand soulagement des fans « seulement » trois ans après son prédécesseur.

Mais ce qui a dû également rendre la tâche plus aisée pour le groupe cette fois-ci c’est que le chanteur Apollo Papathanasio a eu le temps de se faire au groupe, de s’y sentir davantage chez lui, participant au processus de composition. Le résultat est donc des plus convaincants, comme toujours chez Spiritual Beggars, et montre la voie d’un stoner inspiré des années 70 rempli d’âme, de maîtrise et de plaisir. Un genre qui semble inscrit dans le cœur de ces musiciens, ce que nous confirme pour sa part D’Angelo dans l’entretien qui suit.

(A propos d’Apollo Papathanasio) « Les choses n’allaient pas bien pour lui dans Firewind. […] C’est bon pour nous, car il est libre à présent. C’est positif ! (rires) »

Radio Metal : Return To Zero est sorti cinq ans après Demons, alors que votre nouvel album, lui, sort deux ans et demi après Return To Zero. Etait-il important pour vous de le faire rapidement ?

Sharlee D’Angelo (basse) : Oui, nous avons essayé de prendre moitié moins de temps que pour l’album précédent ! On verra si le prochain album va sortir dans un an ! (rires) Le timing était là, on avait de nouvelles chansons, les agendas de tout le monde s’accordaient, on l’a donc fait. Quand tu fais un long break, comme nous entre Demons et Return To Zero, il est difficile de reprendre un truc, mais comme nous avons été plutôt actifs, le laps de temps entre l’écriture des chansons et la sortie de l’album a été assez réduit.

En 2010, Michael Amott nous avait dit que les cinq ans séparant Return To Zero de Demons étaient principalement dus au fait qu’il était difficile d’avoir tous les membres du groupe en même temps, à cause de leurs obligations professionnelles. Dirais-tu que cette fois-ci vous avez mieux anticipé les choses pour Earth Blues ?

Je pense, oui. Entre Demons et Return To Zero, beaucoup de choses sont arrivées pour tout le monde et leurs groupes respectifs. On a gardé ça à l’esprit, car nous savons comment tout cela marche maintenant. Organiser les choses a été un soulagement pour nous et harmoniser les agendas de tout le monde est un devoir, tu sais.

Earth Blues est le deuxième album avec Apollo (NDLR : Apollo Papathanasio a débuté sur Return To Zero) au chant. As-tu ressenti un changement par rapport au premier album avec lui ? Dirais-tu qu’il se sent désormais plus à l’aise ?

Apollo a fait beaucoup de concerts avec nous, il se sent donc plus à l’aise dans son rôle, maintenant. Les chansons de Return To Zero ont été écrites avant qu’Apollo ne nous rejoigne, il a donc dû s’adapter, alors que pour ce nouvel album, lorsque nous avons commencé à écrire, on savait qui allait chanter : les choses ont donc été plus faciles pour lui et cela peut s’entendre, je pense. Apollo a progressé à 100 %.

Nous avons appris récemment qu’Apollo avait quitté son groupe, Firewind. Penses-tu que cela à voir, directement ou indirectement, avec Spiritual Beggars?

Non, pas vraiment. Les choses n’allaient pas bien pour lui dans Firewind, donc je pense que cela n’a rien à voir avec Spiritual Beggars. C’est bon pour nous, car il est libre à présent. C’est positif ! (rires)

L’album s’appelle Earth Blues et la pochette représente un homme et une femme nus main dans la main, faisant face à un champignon nucléaire. À première vue, c’est assez pessimiste, pourtant, la musique est remplie de sentiments positifs. Comment relies-tu ces deux aspects ?

Eh bien, je ne sais pas. Ce n’est pas comme s’il y avait un thème récurrent dans les paroles, même si ce lien existe avec certaines, comme par exemple la chanson “Turn The Tide”. L’idée de la pochette est venue de Michael, qui avait en tête l’image du vieux, typique poster des années 70 que tout le monde avait dans sa chambre à l’époque. Le champignon nucléaire vient de là aussi : pendant les années 70, la Guerre Froide battait son plein, et la menace nucléaire était très présente. Récemment, ce monstre horrible est réapparu : beaucoup de pays possèdent l’arme nucléaire et cette menace est encore plus réelle que par le passé. La pochette, sans l’analyser à outrance, possède à la fois la plus belle chose dans la vie, l’amour, et la plus horrible : la fin de tout.

Return To Zero fut distribué dans un package écologique. Cette fois, avec la pochette de l’album et son titre, il semble que l’état de notre planète vous préoccupe. Est-ce important pour vous d’amener les gens à en prendre conscience ?

C’est toujours bon de soulever des questions. Nous sommes ici pour faire prendre du bon temps aux gens, bien sûr, mais si nous pouvons amener les gens à prendre conscience de certaines choses, c’est cool. Encore une fois, nous ne sommes pas le genre de groupe donneur de leçons, mais certains thèmes nous semblent importants.

« Mes plus vieilles influences viennent définitivement de la musique des années 70. […] Cette musique, je l’ai dans le sang : c’est simplement que lorsque j’ai commencé à jouer, j’ai été intéressé par le côté plus extrême du metal. »

Il y a une reprise, “Dreamer” d’un artiste qui s’appelle Bobby Bland : ce choix n’apparaît pas très évident. Peux-tu nous parler de cette chanson et de cet artiste ?

Et bien, Whitesnake a fait une reprise de Bobby Bland : “Ain’t No Love In The Heart Of The City”. C’est un artiste qu’on aime beaucoup et ce depuis longtemps, donc on a voulu faire une reprise pour avoir une bonus-track. Mais le résultat a été tellement bon qu’on a décidé de l’inclure sur l’album. C’est quelque chose qu’on n’avait pas fait depuis longtemps. On adore tous cette chanson.

Apparemment, les parties de base des chansons ont été enregistrées live. Qu’est-ce qui vous a poussés à choisir ce mode d’enregistrement ?

On a seulement pensé que cela convenait au type de chansons qu’on avait et aussi pour garder l’énergie des chansons. Aujourd’hui, il existe beaucoup de manières différentes d’enregistrer un album, mais le meilleur moyen de ressentir l’âme d’un groupe jouant ensemble, c’est de le faire en fait. Cela apparaît comme un bon choix car cela sonne vraiment bien.

Cela veut-il dire que le processus de composition fut plus intuitif cette fois-ci ? Comment le décrirais-tu, comparé à Return To Zero ?

Je crois qu’il a été plus spontané car Return To Zero a été réalisé sur une longue période de temps. Pour Earth Blues, nous n’avions que deux ans pour rassembler du matériel. Un an afin de recueillir du matériel pour les chansons, de répéter et de jammer, puis nous avons décidé qu’il était temps d’enregistrer quelque chose.

Le son du nouvel album est vraiment naturel et Michael nous a dit que vous aviez évité de le rendre parfait, afin de ne pas perdre son esprit. Ce processus d’enregistrement est-il quelque chose que tu pourrais faire avec des groupes comme Arch Enemy ou penses-tu qu’il ne convienne qu’à un groupe comme Spiritual Beggars ?

Ce serait plus difficile avec un groupe comme Arch Enemy, et cela ne sonnerait pas très bien, car tu te dois d’être précis avec ce groupe si tu veux que les choses tournent bien lorsque tu enregistres un album. Jouer du metal extrême est un truc totalement différent, donc je dirais que ce ne serait pas la meilleure méthode pour Arch Enemy.

Il semble qu’entre Arch Enemy et Spiritual Beggars, ou même The Night Flight Orchestra, tu fasses le grand écart : cela te permet-il d’aérer ton esprit ?

Oui, c’est le cas. L’idée derrière tout cela, c’est d’avoir plusieurs cordes à ton arc musical. Arch Enemy est mon groupe principal, mais c’est cool de prendre de temps en temps un break afin de m’aérer l’esprit. Effectuer cela avant d’entreprendre l’écriture d’un nouvel album, c’est comme prendre des vacances, comme si tu redécouvrais ton jeu ou ta manière de composer.

Tu es également un membre de The Night Flight Orchestra qui peut être comparé aux Spiritual Beggars pour leur racines rock communes. Doit-on comprendre que tes influences sont plus à trouver au sein du « classic rock » que dans le death metal ?

Mes plus vieilles influences viennent définitivement de la musique des années 70, d’où vient le hard rock, tu sais. J’ai grandi en écoutant des trucs qui allaient de Deep Purple à Rainbow, d’Uriah Heep à Thin Lizzy. Cette musique, je l’ai dans le sang : c’est simplement que lorsque j’ai commencé à jouer, j’étais intéressé par le côté plus extrême du metal. Mais un jour le « classic rock » et le « metal » ont commencé tous les deux à réapparaître lentement au sein de mon jeu, et c’est tout simplement naturel de jouer comme cela pour moi. Rejoindre les Spiritual Beggars a été aussi très bénéfique pour moi. The Night Flight Orchestra est différent des Spiritual Beggars dans le sens où ce n’est pas aussi heavy : c’est plus du rock que du hard rock, d’ailleurs. C’est intéressant de faire deux choses différentes, tu sais : jouer la musique que tu aimes, c’est cool mais jouer avec d’autres personnes aussi, car tu apprends beaucoup d’elles. C’est une super manière de faire la fête avec eux !

« Arch Enemy est mon groupe principal, mais c’est cool de prendre de temps en temps un break afin de m’aérer l’esprit. »

En considérant le fait que la musique d’Arch Enemy est remplie de grosses guitares, t’exprimes-tu mieux, en tant que bassiste, dans des groupes comme Spiritual Beggars et The Night Flight Orchestra ?

Oui, je pense, mais dans un sens différent. Dans Arch Enemy, tu mets l’accent sur certaines choses car tu joues un metal plutôt extrême. L’instrumentation et les chansons ne sont pas si denses que cela : il y a plus d’espace et d’air que ce que la plupart des gens pensent. Bien sûr, parfois, c’est délicat, car tu dois faire ton job sans sonner comme de la merde ! (rires) Cependant, c’est une manière plus relax de jouer, car je n’ai pas beaucoup à réfléchir. Physiquement, c’est plus facile.

Un peu plus tôt cette année, nous avons parlé avec Bjorn Strid de Soilwork et il nous a dit que le deuxième album de The Night Flight Orchestra était en voie de réalisation et que David Andersson lui avait dit que l’album était entièrement écrit. As-tu plus d’informations à ce sujet ?

Non, parce que c’est ce que m’a aussi dit David. C’est une question de timing car Soilwork vient de sortir un album et va bientôt tourner. Donc, lorsque tout le monde sera libre et pourra le faire, on s’y mettra. Cette fois, ce sera plus facile. Pour le premier album, j’avais été contacté fin 2008 pour savoir si j’étais intéressé pour faire un truc de ce genre. J’ai dit oui, et la première répétition a eu lieu durant l’été 2009. La répétition suivante se déroula à Noël et ensuite, on a répété en janvier 2011. Cela a été très difficile de rassembler tout le monde. Maintenant qu’on sait comment les choses se font, ce sera plus facile cette fois.

Aurez-vous le temps d’enregistrer l’album cette année ?

Je ne sais pas. Cela dépend de la tournée de Soilwork. Mon agenda est plutôt cool, car une grande partie de l’année 2013 sera consacrée à l’écriture et l’enregistrement du nouvel album d’Arch Enemy. Si on a le temps, on le fera, c’est sûr. Tout dépend des gars de Soilwork : on verra bien.

En parlant du nouvel album d’Arch Enemy, avez-vous déjà des chansons de prêtes ou des idées pour le successeur de Khaos Legions ?

Certaines chansons sont presque terminées mais nous avons beaucoup d’idées : on verra ce que nous ferons d’elles. Michael (NDLR : Michael Amott, le guitariste d’Arch Enemy) est avec Nick (NDLR : Nick Cordle, le nouveau guitariste d’Arch Enemy) aux États-Unis afin de travailler sur du matériel. On commencera à écrire et enregistrer cet été, puis on décidera pour une date studio afin d’enregistrer l’album. Je ne sais pas quand l’album va sortir : peut-être courant de l’année prochaine.

Arch Enemy a un nouveau guitariste : Nick Cordle. Quelle sera son implication sur l’écriture du nouvel album ?

Michael et Christopher (NDLR : Christopher Amott, le frère de Michael et ancien guitariste d’Arch Enemy) sont deux compositeurs différents. C’est toujours bien d’avoir un peu d’air frais : c’est très excitant. Comme Nick vient d’un autre background, cela va être très intéressant de voir où cela va nous mener.

Interview réalisée par téléphone le 19 mars 2013
Retranscription et traduction par Jean Martinez – Traduction(s) Net

Spiritual Beggars sur Facebook : www.facebook.com/spiritualbeggarsofficial

Album Earth Blues sorti le 15 avril 2013 chez InsideOut Music



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