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Chronique   

Spiritual Beggars – Sunrise To Sundown


Spiritual Beggars - Sunrise To SundownIl est peu d’aventures dans le paysage musical actuel comme celle que mènent les membres de Spiritual Beggars avec leur formation. Vingt ans d’existence et neuf albums pour ce que l’on pourrait communément appeler un « side-project », voilà qui sort de l’ordinaire ! Malgré un line-up qui a évolué au fil des années, tant au chant qu’instrumentalement, cela fait désormais six ans et trois albums que les Suédois s’expriment sous ce line-up, et ce Sunrise To Sundown caractérise au mieux cette continuité ainsi que ce bonheur qu’ont ces cinq adorateurs de rock’n’roll à évoluer ensemble.

Mais ne vous attendez pas pour autant à ce que Michael Amott et ses potes fassent tourner de vieilles recettes qui fonctionnent bien pour se retrouver uniquement dans le plaisir et le confort de jouer ensemble : ce neuvième opus du groupe possède son lot de surprises, un procédé d’écriture particulier, nouveau et collaboratif, tout en gardant ce son vintage qui a fait leur renommée. Ainsi, cette fois-ci, Amott a partagé les tâches de composition avec le claviériste Per Wiberg (qui nous parlait récemment de la genèse de cet album, notamment), mais également pour la première fois avec le batteur Ludwig Witt qui a offert ses deux premiers titres complets au groupe.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on retrouve cette diversité dans l’album : outre les morceaux typiques de Spiritual Beggars qui rappellent sans erreur possible les albums Earth Blues (« Sunrise To Sundown ») ou On Fire (« Southern Star » dont le pont instrumental a, par ailleurs, un quelque chose de « In The Court Of The Crimson King » de King Crimson), il y a une forme d’ouverture sur plus de sous-genres et des grooves aux aspects diablement variés. « What Doesn’t Kill You » emmène, par exemple, à sa manière, chez un Maiden des 80’s époque Piece Of Mind, tandis que le riff entêtant un poil psychédélique de « Lonely Freedom », avec sa longue partie jammée et sa dynamique sonore plutôt moderne sur fond de synthés, rapproche plus l’auditeur du présent. Pas de révolution, donc, mais une poursuite dans l’élargissement de l’éventail des créations du groupe qui contribue fortement à la riche expérience que représente l’écoute du disque.

Il y a résolument moins d’agressivité et plus de mélodies qu’à l’époque des albums Mantra III ou Ad Astra ; pourtant, le rendu de l’album ne manque pas une seconde d’énergie comme le démontre la puissance de « Dark Light Child » ou « You’ve Been Fooled » et les refrains très accrocheurs et réussis de « Sunrise To Sundown » ou « What Doesn’t Kill You », qui ne manquent certainement pas de panache. Les claviers de Per Wiberg accompagnent au mieux les montées en cadence des titres et on sent clairement l’intégration des claviers dès le départ dans la composition, plus que des ajouts a posteriori, comme dans le très Deep Purple « Diamond Under Pressure ». L’un des morceaux créés par Ludwig Witt, « I Turn To Stone », se distingue par son introduction et ses couplets à coup de roulements sur les toms, donnant une structure plutôt singulière au titre.

Enregistré live en un laps de temps court, Sunrise To Sundown réussit le pari de respirer la spontanéité sans mettre de côté la recherche musicale. La production, réalisée par Staffan Karlsson, ingénieur son reconduit de l’album précédent, est résolument moderne et dynamique, à l’inverse de certains groupes de Revival 70’s tels Uncle Acid & The Deadbeats ou Graveyard qui tablent sur des sons plus poussiéreux : à l’image de Earth Blues sur lequel cet aspect était déjà une totale réussite, son travail se montre une nouvelle fois des plus aboutis, où chaque instrument semble trouver pleinement sa place même si voix et clavier prédominent franchement.

À ne pas rentrer dans le jeu des tournées incessantes et des albums sortis tous les ans, Spiritual Beggars réussit à s’inscrire dans la durée avec des compositions toujours fraîches, une envie de jouer ensemble qui se ressent fortement, tout en s’assurant d’une reconnaissance continue d’un public stoner/rock ravi que Michael Amott et Sharlee D’Angelo lâchent quelque peu Arch Enemy pour se consacrer à ce riche projet toujours plein de réjouissances.

Voir la lyric vidéo pour « Diamond Under Pressure » et écouter « Sunrise To Sundown » :

Album Sunrise To Sundown, sortie le 18 mars 2016 via InsideOut Music.



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