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Nouvelles Du Front   

Spotify : Century Media Records a changé d’avis


Le refus, il y a près d’un an, de Century Media Records de mettre la musique des artistes de son catalogue à disposition des internautes via Spotify, service qui propose pour un forfait mensuel, l’écoute en illimité de musique en streaming, avait fait débat. Le label avait même été directement impliqué dans une joute verbale écrite face à au média américain Metal Sucks. Pour rappel, Metal Sucks accusait très sévèrement (allant jusqu’à les traiter de crétins) Century Media de se voiler la face quant à l’évolution du marché de la musique et de refuser de voir l’insertion sur Spotify comme un investissement à long terme pour la notoriété des groupes. Century Media refusait à l’époque de rentrer dans un système où la musique devenait gratuite ou, du moins dans le cas de Spotify, faiblement rémunérée et contrait l’argument de long terme en parlant des contraintes à court terme des artistes.

Century Media avait été suivi par Metal Blade et Prosthetic Records notamment, tandis que Season Of Mist choisissait de laisser son catalogue sur Spotify. Dans son discours, Century Media se montrait particulièrement catégorique, trahissant par ailleurs une méconnaissance de l’outil en déformant la réalité, comparant la démarche de Spotify à du vol et parlant notamment d’absence totale de rémunération. Jon Schaffer (Iced Earth), artiste représenté par Century Media, mesurait un peu ces propos, dressant notamment un tableau de Spotify plus flatteur et laissant la porte ouverte.

Une porte qu’a fini par franchir le label. En effet, Century Media et par la même occasion les labels associés InsideOut Music, Superball Music et People Like You Records ont mis l’intégralité de leur catalogue sur Spotify. Antje Lange, représentant européen de l’entreprise déclare « Spotify offre de bons outils pour découvrir de nouveaux artistes. Nous pensons que c’est essentiel pour nos nouveaux groupes prometteurs. ». Un enthousiasme qui fait sourire quand on a connaissance du débat ayant eu lieu un an plus tôt, dans lequel le label défendait non sans émotion une opinion contraire.

Il est malgré tout précisé dans ledit communiqué que cette décision a été prise suite à la surprise qu’avait provoqué au sein de l’équipe le débat qui avait résulté du refus initial de la maison de disques : « Le ressenti des fans et des discussions prolongées avec Spotify ont poussé le label à revenir sur sa décision initiale. […]Nous respectons le fait que les fans de musique veulent avoir un accès immédiat à notre catalogue via Spotify, mais il nous faut aussi penser aux droits de nos artistes. Après de préalables vérifications, nous allons de l’avant, confiants du fait que les artistes et les fans sont servis de manière équitable par cette plate-forme en développement. […] Century Media va continuer à se servir de Spotify comme d’un outil pour découvrir de la musique et donne l’opportunité au fan d’écouter un disque avant de se décider à l’acheter. ».

Une prise de conscience bien tardive – symptomatique de l’industrie musicale souvent frileuse face aux innovations apportées par Internet – qui ressemble plus à une évidence maintenant que Spotify est devenu quasiment incontournable. L’enthousiasme de Century Media face aux vertus désormais démontrées de cette plate-forme ne fait pas oublier les déclarations inverses et hâtives de l’an dernier. Néanmoins, ce revirement, qu’il ait été provoqué par l’expression massive des fans ou par un examen de la rentabilité financière d’un tel outil, reste positif et le groupe s’adapte à son époque.



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  • « [..] et donne l’opportunité au fan d’écouter un disque avant de se décider à l’acheter. » »
    C’est vraiment se voiler la face que d’avoir un raisonnement pareil, quand je vois que la majorité de mes connaissances consomment la musique, c’est un peu utopique que de croire que les gens vont ensuite acheter les disques. Ils vont écouter la musique sur le net et une fois qu’ils en auront marre ils passeront à autres chose.

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    Phil'

    Chacun sa manière de « consommer » la musique. Pour ma part, je me reconnais totalement dans ce fonctionnement, et beaucoup de mes potes également : Ça fait deux ans qu’on fait notre marché sur Spotify et qu’on achète les coups de cœur sur support physique. Le débat est large, mais si Spotify, Deezer, Grooveshark n’existaient pas, on passerait par la méthode illégale pour se faire notre opinion. Et les artistes ne toucheraient pas un rond là dessus. 😉

    GG

    Je respecte le fait de découvrir un nouvel artiste/album par un quelconque moyen (téléchargement illégal ou autre) si par la suite cet album est acheté physiquement.
    Je voulais juste dire que certains aller s’arrêter à l’écoute et n’achèteront jamais rien ce que je trouve dommage.

  • Ah en voilà une bonne nouvelle! Ça explique aussi la réapparition surprise du catalogue de Devin Townsend (InsideOut Music si je ne me trompe pas) sur Spotify.

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