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Interview   

Star One : échappée hors du temps


Il y un an et demi, Arjen Lucassen nous présentait Transitus, son dernier album sous l’étiquette d’Ayreon, un ambitieux projet qui se démarquait du reste de la franchise à plusieurs égards, mais aussi plus théâtral que jamais car servant de support à un film qui reste encore à faire. Peut-être trop ambitieux pour les fans qui ne l’ont pas forcément compris. Voilà pourquoi, dans sa tradition de créer en réaction à sa dernière œuvre et d’alterner entre œuvres complexes et « bizarres » et œuvres simples et « consensuelles », Arjen revient aujourd’hui – douze ans après le dernier – avec un album de Star One, le pendant heavy de son univers musical.

Puisqu’il est depuis trente ans en confinement, comme il aime lui-même en plaisanter, la pandémie n’a pas forcément beaucoup impacté la vie d’Arjen Lucassen, mais elle a malgré tout influé sur le nouveau « format » de Star One, le forçant à se passer des dialogues entre les quatre chanteurs historiques. En revanche, fidèle au concept consistant à choisir une thématique dans le cinéma, c’est pour celle de la manipulation du temps qu’il a opté cette fois. Une thématique récurrente déjà dans l’univers d’Ayreon, curieusement, pour quelqu’un qui n’aime pas penser au passé, pas plus qu’il n’aimerait connaître l’avenir… Il nous raconte.

« Généralement, mes fans sont très ouverts d’esprit ; ils aiment même mes albums solos, c’est donc bien qu’ils doivent être ouverts d’esprit [rires]. »

Radio Metal : Le dernier album de Star One est sorti en 2010. Entre-temps, tu as réalisé pas moins de trois albums d’Ayreon et un album solo. Était-ce une décision consciente de ta part de mettre Star One en pause pendant un moment ?

Arjen Lucassen (chant, guitare & claviers) : Non, je ne crois pas aux décisions conscientes [rires]. Habituellement, quand je commence quelque chose, je ne sais pas du tout ce que ça deviendra, mais cette fois, c’était dès le départ une décision consciente de faire un album de Star One. Ce n’est pas le cas normalement. Normalement, je n’ai aucune idée de ce que ça sera. Chaque album que je fais, en gros, est une réaction au précédent. Le précédent album était Transitus d’Ayreon, c’était un genre de comédie musicale. C’était censé être un film mais ça ne s’est pas fait. Pour la première fois, j’ai eu des chroniques négatives. J’ai été trop gâté pendant vingt-cinq ans avec Ayreon. Les gens aimaient toujours ce que je faisais et c’était toujours cool, mais tout d’un coup, pour la première fois, j’ai lu des chroniques qui n’étaient pas très positives et j’ai entendu des fans – des fans fidèles – me dire honnêtement ce qu’ils pensaient. Ils me disaient : « Ce n’est pas ce qu’on attendait, c’est presque une comédie musicale. Ce n’est pas vraiment un album de prog, ce n’est pas vraiment un album de metal… Il y a beaucoup de narration dedans. » Puis je me suis dit : « Oh mon Dieu, j’ai quelque chose à prouver maintenant ! Ce serait bien si je pouvais brancher ma guitare et faire de simples chansons de hard rock et de metal. Juste la base : guitare, basse, batterie, Hammond, chant, pas de violon, pas de violoncelle, pas de dulcimer, pas de mandoline. » Ça m’a automatiquement amené à mon projet Star One parce que Star One est la face metal d’Ayreon, donc c’était effectivement une décision consciente.

On pourrait penser que les fans de prog seraient ouverts d’esprit, justement…

Ils sont ouverts d’esprit, mais je pense qu’il manquait le film. Avec Transitus, pour chaque ligne mélodique qu’on entend, chaque petite partie que j’ai écrite, je vois le film dans ma tête, mais les gens, eux, ne le voient pas. Ils entendent juste la musique et ne font pas de liens, ce qui est logique. De même, la narration est l’œuvre d’un de mes acteurs préférés de tous les temps, enfin, c’est quand même Doctor Who ! J’ai grandi en regardant Doctor Who, donc pour moi, c’était genre : « Ouah, j’ai cette voix sur mon album ! », donc peut-être que j’en ai trop fait. Peut-être qu’il y a un peu trop de narration et que j’aurais dû offrir la possibilité de se passer de la narration, donc je comprends. Généralement, mes fans sont très ouverts d’esprit ; ils aiment même mes albums solos, c’est donc bien qu’ils doivent être ouverts d’esprit [rires]. Je pense que c’est une question d’attentes. Peut-être que je n’aurais pas dû appeler ça Ayreon parce qu’en gros, c’était la bande originale d’un film. Il y avait un batteur différent et des musiciens différents. Mais en général, je dirais que mes fans sont ouverts d’esprit.

Tu as parlé de la réaction des fans, mais qu’en est-il de toi ? Dans quel état d’esprit étais-tu quand tu avais terminé Transitus ? Est-ce que ça te démangeait de faire péter les guitares à nouveau ?

Oui, c’est clair. Transitus a été une vraie galère, ce qui peut être bien aussi, ce n’est pas un mal, mais il m’a fallu trois ans pour écrire le scénario et pour créer toutes ces couches musicales et narratives. C’était beaucoup de boulot. Je me disais qu’il fallait vraiment que je fasse quelque chose de plus spontané après ça. C’est un peu comme ça que j’ai toujours travaillé. Si tu repenses à l’histoire d’Ayreon, ça a commencé avec l’album The Final Experiment, pour lequel je me disais qu’il allait plaire aux gens. C’est un genre de gros opéra rock avec de grands noms et un tas de styles de musique différents. Donc ensuite, j’ai fait Actual Fantasy, qui était un peu un défi, et les gens ne l’on pas vraiment compris. Puis j’ai fait Into The Electric Castle que tous les fans ont adoré, et ensuite Universal Migrator, qui était bizarre parce que j’ai sorti deux albums en même temps, un album de prog et un de metal. Je pense que j’ai toujours travaillé comme ça. Je ne dirais pas que je cherche toujours à faire plaisir au public, parce que ça sonne très négatif, mais je fais généralement un album qui, selon moi, plaira aux gens et ensuite un album qui, toujours selon moi, leur sera plus difficile d’accès. J’aime bien faire ça parce que j’aime aussi me donner des défis. Je trouve les deux approches sympas. J’aime faire quelque chose que les gens aimeront tout de suite, mais j’aime aussi faire quelque chose qui demandera un peu plus d’efforts.

« Peut-être qu[e les fans] se diront : ‘Ouais, mais ce n’est pas Star One. Il y a aussi une peinture de Jef Bertels, c’est Ayreon, ce n’est pas Star One !’ Ça, ce sont des règles, or je ne suis jamais les règles. »

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu nous as dit que c’était « très facile d’impressionner les gens avec un gros son de guitare, comme avec Star One où on retrouve un mur de son. C’est beaucoup plus dur d’impressionner les gens avec un son plus clair » comme sur Transitus. C’était un soulagement pour toi de travailler sur l’album de Star One, qui est plus instinctif et intuitif ?

Exactement, c’est plus intuitif. Il y a ce riff de guitare et ça mène automatiquement à la mélodie de chant, qui mène automatiquement au pont et puis je peux sentir le refrain arriver. Je ne suis pas obligé de travailler pour arriver à ça. Le riff de guitare amène à l’accord et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on a un refrain. Je ne suis pas en train de dire que c’est une meilleure manière de faire de la musique, je ne pense pas qu’on obtienne forcément un meilleur album quand ça va très vite, mais pour Star One, pour une configuration basique et un album qui va droit au but, je trouve que ça fonctionne très bien. Mais oui, c’est sûr. Je me souviens d’avoir fait la même chose quand j’ai fait Actual Fantasy, qui était très compliqué, et il fallait que je fasse quelque chose de simple. A l’époque, j’ai enregistré mon album Strange Hobby sur lequel j’ai joué des reprises ; rien que de la guitare, de la basse, de la batterie, même pas de clavier. J’aime passer de l’un à l’autre – faire quelque chose de complexe, puis faire quelque chose de simple.

Revel In Time se démarque des deux albums précédents de Star One dans le fait que tu as un chanteur différent sur chaque chanson, au lieu de te reposer sur les quatre chanteurs habituels – Russel Allen, Damian Wilson, Floor Jansen et Dan Swanö. Tu as récemment mentionné la pandémie et les restrictions sur les voyages internationaux comme en étant la raison, mais déjà après avoir sorti The Source, tu avais mentionné qu’un nouvel album de Star One « serait probablement avec des chanteurs différents, ou en tout cas certains différents ». Tu avais donc déjà avant la pandémie l’idée que ce ne serait pas exactement la même distribution. Qu’est-ce qui a amorcé cette évolution dans le concept de Star One dans ta tête ?

La raison pour ça était que j’avais peur à l’époque que certains des chanteurs réguliers – Floor, Russel, Dan et Damian – ne seraient pas disponibles. A ce moment-là, je n’avais pas eu de nouvelles de Russel depuis longtemps, il n’avait pas fait les concerts du Ayreon Universe, donc j’avais peur qu’il ne soit plus disponible. Pareil pour Floor, elle était extrêmement prise avec Nightwish. Ici en Hollande, c’est une grande star, elle fait des plateaux télé, etc. J’avais peur de ne plus pouvoir faire appel à eux pour un album complet. Mais le côté positif du coronavirus est que les gens ont du temps ! [Rires] Ils sont chez eux, ils ne doivent pas tourner. Généralement, quand je demande à trente personnes, seules vingt le font et dix disent : « Désolé, je suis trop occupé », mais cette fois, j’ai demandé à trente personnes et les trente ont accepté. Donc la raison pour laquelle j’avais dit ça, c’est parce que je me disais que peut-être je ne pourrais plus avoir la même équipe. Au final, j’ai pu avoir la même équipe pour cet album, mais je ne pouvais pas leur faire prendre l’avion pour venir dans mon studio. C’est là que j’ai décidé de ne pas faire de chant en forme de dialogue, comme sur « The Eye Of Ra » sur Space Metal, où quatre chanteurs chantent et ils ont tous leurs parties, donc c’était très important pour moi de les diriger dans mon studio. Ce n’était pas possible cette fois, donc j’ai décidé d’avoir un chanteur par chanson.

C’est obligatoire qu’ils soient ensemble en studio pour créer ces dialogues ?

Pas ensemble, mais je dois vraiment pouvoir les guider en temps réel. J’imagine vraiment [le dialogue], Floor est dans mon studio et je dois lui dire : « Voilà ce qui se passe dans la chanson. Voilà ce qui se passe dans le film, dans les paroles. Russel vient de chanter ça et je veux cette émotion et cette réaction de ta part. » C’est impossible à faire via internet, Zoom ou peu importe. D’ailleurs, j’ai enregistré Damian par Zoom cette fois. D’abord, il m’a envoyé la chanson et ça ne me plaisait pas, donc nous nous sommes dit que nous devrions le faire par Zoom, de façon à ce que je puisse être dans le studio – comme nous nous parlons là maintenant – et suivre son chant. Malgré tout, c’est différent, on se sent quand même un peu limités. On ne peut pas juste attraper une guitare et essayer quelque chose ensemble, mais ça a à peu près marché, c’était une expérience intéressante. Tout est dans le Blu-ray, on peut voir le making-of et comment nous avons fait ça, c’est très cool.

« J’ai reçu un e-mail de Steve Vai, dont le sujet était ‘Tada !’ J’ai écouté et j’ai pleuré, je n’arrivais pas à croire que mon guitariste préféré avait fait ça pour moi. »

Tu as dit que les gens ont du temps maintenant avec la pandémie. D’un autre côté, on aurait pu croire que sur le plan logistique, travailler avec quatre chanteurs serait plus facile que de le faire avec tous les chanteurs présents sur Revel In Time…

Si j’avais eu quatre chanteurs, il aurait fallu que je leur donne à chacun plusieurs chansons. Ça ne me semblait pas bien. Ça aurait été trois chansons avec Russel, trois avec Floor, etc. De même, sur le second album de Star One, Victims Of The Modern Age, j’avais un second CD avec ce concept : chaque chanteur chantait une chanson différente. J’avais Tony Martin et quelques autres chanteurs, comme Mike Andersson et Rodney Blaze. Etrangement, plein de gens ont aimé ce second CD, encore plus que le premier avec les quatre chanteurs chantant en dialogue. Je pense que ça m’a aussi aidé à prendre cette décision. Bien sûr, ce serait plus facile de travailler avec seulement quatre chanteurs et ça coûterait clairement moins cher, mais j’avais une énorme liste de chanteurs avec qui je voulais travailler, autant des chanteurs que j’écoutais en grandissant que des nouveaux talents que j’ai découverts sur YouTube. Une troisième raison est que je voulais que cet album soit extrêmement varié. Je voulais que chaque chanson soit différente des autres, ce qui n’était pas le cas sur l’album précédent Victims Of The Modern Age. C’était comme un bloc, un album dark et heavy, et il n’y avait qu’un seul style tout du long. A l’inverse, je voulais que Revel In Time [soit varié]. Si tu regardes les quatre clips qui sont sortis jusqu’à présent, on passe d’un extrême à l’autre. On passe d’un clip rigolo basé sur Bill & Ted pour « Revel In Time », au clip assez sombre de « Fate Of Man » qui parle de Terminator, au clip vraiment épique de « Lost Children Of The Universe », au clip étrange en noir et blanc de « Prescient ». Le fait d’avoir des chanteurs différents accentue cette diversité.

Que ce soit avec Star One ou avec Ayreon, tu as impliqué tellement de gens dans tes projets d’albums que ça a souvent été un casse-tête pour toi – sans même parler de la pandémie qui a rajouté de la difficulté. J’imagine que tu as dû apprendre à être très flexible. Dirais-tu qu’être Arjen Lucassen signifie qu’il faut être aussi créatif avec les compositions qu’avec l’organisation ?

L’organisation, c’est vraiment le mauvais côté de ce genre de projet, parce que ça implique beaucoup de planification et d’envois d’e-mails, et de constamment déranger les gens. J’ai vraiment le sentiment qu’il faut que je fasse ce travail moi-même. Si j’avais un manageur ou quelqu’un qui s’occupait de ça, je ne crois pas que ça marcherait. Je veux être en lien direct avec la personne et lui expliquer personnellement pourquoi je la veux sur mon album. En gros, écrire les chansons pour cet album de Star One m’a pris trois semaines, mais réunir tous les chanteurs et musiciens et avoir tous les fichiers m’a pris six mois [rires]. Parfois c’est merdique, parce que tu attends les fichiers et ceux-ci n’arrivent pas, donc t’es là : « Est-ce que je dois les embêter ? Est-ce que je dois envoyer un autre e-mail ? J’en ai déjà envoyé deux… » C’est vraiment la partie chiante, je déteste déranger les gens. Je déteste moi-même être dérangé. C’est le mauvais côté, mais je dois dire que sur cet album, encore une fois si vous regardez le film des coulisses sur le Blu-ray, vous verrez que les gens étaient extrêmement positifs et qu’il était facile de travailler avec eux cette fois. Je ne sais pas si c’est à cause de la pandémie ou si c’est parce que peut-être je m’améliore en communication, ou peut-être que plus de gens veulent faire partie de ma musique, donc c’est plus facile de les avoir. Cette fois, c’était très facile de travailler avec les gens, ils étaient tous sympas. On me dit souvent : « Qu’est-ce que tu en as à faire que ce soit des gens sympas ou pas ? Ils doivent juste chanter ta chanson, c’est tout. » Mais d’une certaine façon, ça ne fonctionne pas comme ça pour moi. Ça rajoute vraiment une dimension si j’ai une bonne relation avec le chanteur ou si je vois que le chanteur aime ma musique, c’est important pour moi.

Ayant principalement un chanteur différent par morceau, n’avais-tu pas peur de perdre un petit peu ce qui faisait l’identité de ce projet ?

Je serais plus stressé à l’idée de me répéter. C’est pourquoi à chaque album que je fais, je n’essaye jamais de faire un album qui serait meilleur que le précédent. C’est dur, c’est comme les films : tu fais Les Dents De La Mers, puis tu fais Les Dents De La Mer 2, et ce n’est jamais aussi bien. Donc en gros, j’essaye toujours de trouver de nouvelles approches, de nouveaux défis et une façon de rendre l’album différent pour que les gens ne puissent pas comparer. Ils ne peuvent pas dire : « Ceci est meilleur que cela. » Non, ce n’est pas meilleur, c’est juste différent. Au final, c’est juste une affaire de goût. Mais tu as raison, c’est un format différent. Ce n’est pas juste Floor, Dan, Russel et Damian comme sur les deux premiers albums, c’est sûr que c’est nouveau. Je n’en ai pas peur ; peut-être que les fans, eux, ont peur. Peut-être qu’ils se diront : « Ouais, mais ce n’est pas Star One. Il y a aussi une peinture de Jef Bertels, c’est Ayreon, ce n’est pas Star One ! » Ça, ce sont des règles, or je ne suis jamais les règles. Cet album parle de la manipulation du temps, donc ce que je vois, c’est cette énorme grotte avec toutes ces petites horloges et une horloge centre, et tous ces paysages sur les côtés. Et il n’y a qu’une personne capable de faire ça : Jef Bertels. Je peux déjà entendre les fans dire que ça c’est Ayreon, mais pas de règle !

« C’est bien qu’il n’y ait pas trop de gens qui font l’autruche, mais je fais clairement partie de ces derniers. Je n’ai pas envie d’ennuyer les gens avec la réalité. »

J’imagine que gérer les fans fait partie du job !

Oui, mais j’aime bien. Tes fans sont tes plus grands critiques, c’est ce qu’on dit. J’apprécie ça. J’ai même apprécié entendre des choses négatives sur Transitus de la part des fans parce que pour moi, c’est la preuve qu’ils me donnent leur avis. Ils disent vraiment ce qu’ils pensent. Ce n’est pas genre : « Oh, tout ce que tu fais est bien ! Même si c’est merdique, on adore ! » Transitus a été révélateur pour moi. Quand c’est une critique constructive, je suis content, car je peux apprendre grâce à ça, donc c’est toujours une bonne chose.

Tu as certains des plus grands guitaristes qui jouent des solos sur cet album : Michael Romeo, Steve Vai, Ron Thal, Adrian Vandenberg, etc. Quand tu entends les solos qu’ils te font, en tant que guitariste toi-même, est-ce que ça te motive ou, au contraire, ça te décourage ?

Ça me décourage, totalement ! Il n’y a pas moyen que je réussisse à ne serait-ce que me rapprocher d’un tel résultat. Ça me décourage complètement. Je n’essaye même pas. Je sais que les fans s’attendent à ce que je joue des solos aussi sur l’album, donc ce que je fais, c’est que j’essaye de faire de belles mélodies. J’essaye d’avoir un bon son et de bonnes mélodies, mais sur le plan technique, je n’essaye même pas de faire tous ces trucs, du shred et tout. J’ai laissé tomber il y a longtemps parce que je suis quelqu’un de très compétiteur. C’est pourquoi ça me décourage. Je ne serais jamais aussi bon, donc je n’essaye même pas.

Steve Vai fait probablement le plus long solo de ta discographie sur « Lost Children Of The Universe »…

Je sais ! Je lui avais demandé pour Transitus et il avait refusé. Au final, c’est Joe Satriani qui a joué ce solo. Cette fois, je savais que je devais aborder ça autrement. Il fallait que je lui laisse beaucoup d’espace et une partie atmosphérique où il pourrait totalement mettre en avant ce dont il est capable, de magnifiques mélodies, des harmonies, sa technique de vibrato et tout. J’avais donc cette partie de trois minutes et je la lui ai envoyée. J’ai dit : « Je ne renonce pas. Qu’est-ce que tu penses de ça ? » Et il a dit : « Où va le solo ? » J’ai dit : « Eh bien, sur toute la partie. Les trois minutes. » Puis je n’ai pas eu de nouvelles pendant longtemps et quelques mois plus tard, j’ai reçu un e-mail de Steve Vai, dont le sujet était « Tada ! » J’ai écouté et j’ai pleuré, je n’arrivais pas à croire que mon guitariste préféré avait fait ça pour moi. Il a vraiment travaillé dessus et m’a donné quelque chose de parfait. En tant que musicien, c’est la plus grande reconnaissance qu’on puisse obtenir, celle de ses confrères musiciens qu’on admire.

Est-ce qu’il t’avait donné une raison pour refuser de jouer sur Transitus ?

Je ne me souviens pas. J’entends surtout : « Désolé, je suis occupé, je n’ai pas le temps de le faire. » Il a commenté la partie et dit qu’il aimait beaucoup le son de guitare, donc ce n’était pas comme s’il n’avait pas aimé. Mais il n’a pas donné de raison du genre « ce n’est pas pour moi ». Peut-être qu’il n’a pas du tout donné de raison, je ne pourrais pas te dire.

Revel In Time a aussi un second disque que tu as baptisé Same Songs, Different Singers, où on retrouve les versions des chansons avec le chant guide. Tu t’es même retrouvé à demander à d’autres chanteurs de chanter ces chansons, juste parce que tu étais curieux. Plus généralement, dans quelle mesure la curiosité fait partie de ton processus ?

Travailler avec les meilleurs musiciens au monde est une addiction. Quand j’ai commencé avec Ayreon et que j’ai demandé à Barry Hay de Golden Earring, qui est le plus grand chanteur en Hollande, il a dit : « Oui, bien sûr, je vais le faire. Donne-moi une bouteille de whiskey et je le ferais. » C’était le début d’une addiction, genre : « Bon sang, je peux avoir mes héros qui jouent sur mon album ! » Plus tard, sur le troisième album, j’ai eu Fish, Anneke van Giersbergen et tous ces gens… C’est complètement devenu une addiction, surtout maintenant avec Star One. J’ai demandé à Steve Vai et il a dit oui, pareil avec les noms que tu as mentionnés : Bumblefoot, Joel Hoekstra, Michael Romeo, Adrian Vandenberg… Je veux les meilleurs guitaristes au monde. Cherchons sur Google : « Meilleurs guitaristes au monde. » Je les veux [rires]. Pour répondre à ta question, quelle est la part de curiosité ? Je ne sais pas si « curiosité » est le bon mot, parce que c’est l’un de mes talents, j’ai déjà une idée de quelle partie conviendrait à quel guitariste, même si sur cet album, j’ai souvent donné une chance au guitariste de choisir. J’ai envoyé trois chansons à Adrian Vandenberg, par exemple, donc il a pu choisir sa chanson. Pareil pour Ron « Bumblefoot » Thal.

« Mon credo est très simple : le sens de la vie consiste à donner du sens à la vie. »

Tu as dit qu’il y avait tellement de bons musiciens disponibles que tu as tout simplement choisi de tous les inclure. Tu as désormais collaboré avec tellement de gens et ton travail est reconnu par tellement de gens que tu as potentiellement plein de chanteurs et musiciens à ta disposition. Mais le fait d’avoir trop de choix n’est-il pas une entrave à la créativité à un moment donné ? N’es-tu pas parfois dépassé par toutes tes possibilités ?

Pas du tout ! C’est un défi. C’est un défi de demander à Steve Vai et de lui envoyer quelque chose qu’il aime vraiment. Ça ne me limite pas du tout. C’est le paradis sur Terre de pouvoir travailler avec ce genre de musicien. Evidemment, le monde entier ne veut pas travailler avec moi. J’ai demandé à Blackmore et il n’a pas voulu. J’ai demandé à Gilmour et il n’a pas voulu. Il y a plein de gens qui me disent encore non, donc il restera toujours des défis à relever. Il restera toujours des gens avec qui j’ai envie de travailler ou avec qui je ne peux pas travailler. Mais quand il s’agit de faire des choix, en gros, je fais d’abord la musique, puis j’ai une liste de chanteurs. Je sens plus ou moins quel chanteur irait pour telle chanson et aussi quelle chanson plaira au chanteur. En l’occurrence, je pouvais sentir que « Fate Of Man » serait le genre de chanson sur lequel Brittney Slayes voudrait chanter ; en plus du fait que ça parle de Terminator qui s’avère être son film préféré de tous les temps, ce que je ne savais pas [rires]. Je suis quelqu’un de très discipliné – extrêmement discipliné même –, donc le choix des chanteurs n’est pas difficile à faire pour moi. Les gens disent toujours : « Tu es modeste parce que tu dis que tu n’es pas bon guitariste et pas bon chanteur non plus », mais je suis bon quand il s’agit de choisir les chanteurs et de sentir ce qu’ils aimeraient.

Les albums de Star One se basent chacun sur une thématique cinématographique spécifique. Cette fois, tous les morceaux sont inspirés par des films qui traitent de la manipulation du temps, sous une forme ou une autre. Vu l’époque dans laquelle on vit, n’as-tu pas été tenté de traiter de la thématique des épidémies et pandémies – il y en a eu pas mal dans le cinéma ?

Non, pas du tout. C’est même tout le contraire. Je pense que les gens en ont marre et veulent s’évader. Je suis le gars qui offre une échappatoire et qui veut que les gens s’évadent pendant une heure en écoutant quelque chose de complètement différent. Je suis moi-même comme ça, c’est bien qu’il n’y ait pas trop de gens qui font l’autruche, mais je fais clairement partie de ces derniers. Je n’ai pas envie d’ennuyer les gens avec la réalité ou avec les conneries qui se passent de nos jours, je suis comme ça. Et je suis content que d’autres gens traitent de ces sujets ou aient un penchant politique. Je dis toujours que je suis content que tout le monde ne soit pas comme moi. Je veux que les gens rêvent pendant une heure quand ils écoutent ma musique.

Qu’est-ce que la thématique de la manipulation du temps représente pour toi ? Il y a souvent plein d’implications philosophiques dans cette thématique…

Ça permet d’inventer énormément d’histoires. C’est comme le paradoxe du grand-père : si tu remontais le temps et tuais ton grand-père, existerais-tu ? C’est un thème qui est devenu récurrent dans les films sur le voyage dans le temps. C’est pourquoi j’aime beaucoup, ça ouvre énormément de possibilités. C’est aussi la raison pour laquelle je l’utilise autant dans Ayreon, il y a énormément de manipulation du temps là-dedans. Je pense que le temps est tout ce qu’on a et il faut en tirer le meilleur parti. C’est de là, en gros, que vient le titre de l’album, Revel In Time, profiter du temps. Mon credo est très simple : le sens de la vie consiste à donner du sens à la vie. C’est la raison pour laquelle on est là et ce n’est bien sûr pas toujours facile de donner du sens à sa vie, surtout pour moi. Je vis de manière très consciente, donc j’ai toujours conscience du temps, je sais toujours exactement l’heure qu’il est. J’aurais aimé pouvoir un peu lâcher prise, car peut-être que je me focalise trop sur l’horloge.

Comme tu disais, les gens ont tous eu beaucoup de temps durant cette période de pandémie…

Oui, et c’est là qu’on y fait attention. C’est ainsi que j’ai vécu pendant trente ans, en gros. Ça fait trente ans que je suis en confinement ! [Rires]

La chanson « Today Is Yesterday » est inspirée par le film Un Jour Sans Fin : si tu devais revivre sans arrêt un jour particulier, lequel ce serait ?

Oh, tes questions sont difficiles, mec ! Peut-être le jour où j’ai reçu le solo de Steve Vai [rires]. Les gens me parlent souvent [de cette chanson], car c’est un film très joyeux et romantique alors que c’est une chanson lourde. C’est lourd d’être coincé sur le même jour et de devoir lui donner un sens différent chaque jour. Ce que j’ai fait aussi sur cet album, c’est que je n’ai pas juste écrit des paroles sur le film, en décrivant ce qui s’y passe. Je voulais toujours y trouver un sens plus profond : pourquoi le réalisateur a-t-il fait ce film et qu’a-t-il voulu y raconter ? Dans Un Jour Sans Fin, le personnage se retrouve coincé dans cette boucle, il essaye de séduire la fille et de duper tout le monde. A un moment donné, il se trouve lui-même, il trouve l’amour et il est lui-même, c’est là qu’il brise la boucle temporelle. C’est en gros ce que j’ai voulu exprimer dans les paroles.

« Je vis de manière très consciente, donc j’ai toujours conscience du temps, je sais toujours exactement l’heure qu’il est. J’aurais aimé pouvoir un peu lâcher prise, car peut-être que je me focalise trop sur l’horloge. »

Peut-être une autre question difficile… La chanson « Back From The Past » est évidemment inspirée par le film Retour Vers Le Futur : si tu devais monter à bord de ta DeLorean et te rendre à une autre époque, laquelle ce serait ?

Eh bien, voilà le truc. D’une certaine façon, je n’aime pas penser au passé. Je ne le fais jamais. Soit tu penses à quelque chose de triste qui s’est passé et ça te rend triste, soit tu penses à un bon moment, sauf que celui-ci est fini, donc ça te rend aussi triste. Donc je pense rarement au passé. J’essaye d’apprendre du passé, bien sûr, mais j’essaye de ne pas trop y penser. Il est clair aussi que je n’aimerais pas savoir ce qui se passe dans le futur – surtout maintenant avec toutes les conneries qui se passent –, ce que sera le prochain désastre mondial ou quand je vais mourir. Ça doit être horrible, personne n’aimerait savoir ça, ça nous rendrait très malheureux. Je n’ai pas vraiment envie de savoir ce qu’il se passera dans le futur, donc je prendrais juste la DeLorean pour faire le tour du pâté de maisons, revenir chez moi et vivre dans le temps présent [rires].

Le titre de l’album est un mélange de « Travel In Time » et de « revel in your time », une citation de Blade Runner, l’un de tes films préférés de tous les temps, qui avait d’ailleurs fait l’objet d’une chanson sur l’album précédent, mais quel serait ton film préféré ?

C’est dur à dire lequel serait mon film préféré. Dans ce lot, je pense que ce serait Donnie Darko. Je l’adore parce qu’il y a Jake Gyllenhaal, il est tellement génial dans ce film. En plus, c’est très énigmatique, le film se termine et t’es là : « Qu’est-ce qui vient de se passer ? Je ne comprends pas. » Il te laisse avec des questions et c’est suffisamment intéressant pour te faire réfléchir aux réponses. Ce n’est pas juste absurde. Donc parmi ceux de l’album, celui-ci serait mon film préféré. Et mon film préféré de tous les temps change constamment. Notre perception des films change. Par exemple, il y a la chanson « The Year Of ‘41 » qui est basée sur le film Nimitz, Retour Vers L’enfer. Je l’adorais quand j’étais gamin et quand je l’ai revu, je me suis dit : « Oh mon Dieu, ce n’est pas un bon film. C’est beaucoup trop lent et il a très mal vieilli. » Donc je pense que notre film préféré change constamment.

Et concernant Blade Runner, qu’est-ce qui te plaît tant dans ce film ?

Avant tout, l’évolution des personnages, comme celui d’Harrison Ford. Je les adore. Evidemment, Rutger Hauer est extraordinaire. Toute l’atmosphère du film est géniale. L’intérêt du film n’est pas dans les effets spéciaux, les courses de voitures ou l’action, c’est vraiment dans les personnages. Ça parle de ces replicants qui veulent vivre plus longtemps que quatre ans. Il s’agit de se détendre et de profiter du film. Ce n’est pas constamment de l’action ; ce n’est pas mon truc les films d’action. J’aime quand il y a un peu plus de niveaux de lecture de temps en temps. Et la photographe du film est incroyable. D’un autre côté, ça fait longtemps que je ne l’ai pas regardé. Peut-être que si je le revoyais aujourd’hui, je me dirais : « Ah, peut-être qu’il y a de meilleurs films maintenant. » Mais c’est clairement l’un de mes préférés.

Victims Of The Modern Age était inspiré par les films dystopiques et post-apocalyptiques : onze ans plus tard, les infos à la télé semblent plus dystopiques et apocalyptiques que jamais. As-tu l’impression que la réalité rattrape la fiction ?

Oui, assurément. Tout ce truc avec le virus rappelle mon album d’Ayreon 01011001. Dans le morceau « Unnatural Selection », je parle exactement de ce qui est en train d’arriver aujourd’hui avec le virus. C’est pourquoi j’ai dit que je n’ai pas vraiment envie d’aller dans le futur parce qu’il y a trop de choses qui peuvent mal tourner dans le monde, des rayons du soleil aux comètes, aux épidémies, aux virus et tout. Tout va se produire tôt ou tard. Dans mon histoire, ça n’arrive qu’en 2084, donc peut-être que j’étais optimiste et que ça arrivera plus tôt.

Tu as mentionné qu’« un truc d’horreur comme The Walking Dead peut [t]’inspirer à écrire quelque chose de complètement différent », mais peut-on s’attendre un jour à un album de Star One sur le thème de l’horreur ?

Très bonne question. Dans mon interview précédente, quelqu’un a demandé : « Quel sera le sujet du prochain album de Star One ? » J’ai répondu : « L’horreur. » Ce n’est pas de la science-fiction, peut-être que ce ne serait pas Star One, mais d’un autre côté, j’en reviens à ce que je disais plus tôt : il n’y a pas de règle. Oui, j’adorerais faire un truc sur l’horreur. Evidemment, La Malédiction et L’Exorciste sont les deux grands films pour moi, et peut-être The Thing. Ce serait un super sujet et une excellente raison de revoir tous ces grands films. Je rajouterais aussi Get Out, qui est l’un de mes films préférés ces dernières années. Get Out est génial. C’est l’un de ces films qui rentrent directement dans mon top 10, c’est aussi un film d’horreur. Il est clair que j’inclurais celui-ci. Il a été fait par Jordan Peele, vous devriez le voir. Ça fait partie de ces films où j’étais là : « Oui ! » On y retrouve de l’horreur et de l’humour, c’est exactement ce que j’aime.

« Je n’aime pas penser au passé [et] je n’ai pas vraiment envie de savoir ce qu’il se passera dans le futur, donc je prendrais juste la DeLorean pour faire le tour du pâté de maisons, revenir chez moi et vivre dans le temps présent [rires]. »

Dans la suite de cette citation, tu disais aussi que tu peux « écouter Simon & Garfunkel et écrire une chanson de death metal ». Si tu devais analyser, comment l’inspiration fonctionne-t-elle chez toi ? Comment se manifeste-t-elle ?

C’est très drôle. Nous avons regardé un film l’autre jour et quelqu’un a demandé : « D’où vient ton inspiration ? » Le gars a donné une réponse vraiment stupide, mais totalement juste. Il a dit : « De mon cerveau. » C’est comme ça. Il n’y a pas de secret pour avoir de l’inspiration. Ce que je dis souvent, c’est que j’ai de l’inspiration quand je me sens bien, quand j’ai bien dormi, ou quand je – comment dois-je dire ça ? – me suis amusé avec ma petite amie [rires]. Ce genre de chose m’inspire. C’est pourquoi je ne comprends pas les bluesmen qui peuvent écrire des chansons quand ils n’ont pas le moral, genre : « Je me suis réveillé ce matin et mon chat est mort. » Je ne pourrais pas écrire de chanson quand je suis déprimé. C’est quelque chose que j’ai remarqué durant l’album 01011001 d’Ayreon, parce que j’ai traversé une dépression et rien ne me venait. L’inspiration a commencé à venir seulement quand ça s’est résolu et que j’ai retrouvé l’amour avec Lori [Von Linstruth]. Ce que je voulais dire avec l’exemple de la chanson de Simon & Garfunkel, c’est qu’en l’écoutant je me sentirais bien, ça me donnerait envie de créer quelque chose moi-même, donc j’attraperais une guitare et n’importe quoi pourrait en sortir, pas forcément une chanson acoustique.

Tu as dit par le passé que transposer l’univers d’Ayreon en film serait l’un de tes grands rêves. D’un autre côté, tu as aussi dit que tu aimais que les gens utilisent leur imagination pour se représenter les personnages, par exemple. N’as-tu pas peur qu’un film retire quelque chose à tes albums, c’est-à-dire cette part d’imagination ?

Absolument. Par exemple, la race des Forever, qui est une race aquatique, je n’ai jamais voulu en faire une représentation visuelle sur l’album, car ça détruirait l’imagination des gens, c’est vrai. D’un autre côté, avoir un film fait à partir de ma musique, de mes histoires, c’est bien sûr un rêve qui se réaliserait, mais il faudrait que ce soit fait comme il faut, or c’est difficile. Ils ont fait un film sur The Wall de Pink Floyd, et je suis sûr que Roger Waters avait en tête ce qu’il voulait voir et que le réalisateur cherchait à faire quelque chose de différent, donc il y a eu de grosses disputes. C’est dur de retirer quelque chose aux albums, tu as absolument raison. C’est pourquoi c’est aussi dur de faire des clips vidéo. Je travaille sur ces derniers pendant des mois. Chaque clip que vous voyez, ce n’est pas juste : « Eh, faisons ci et faisons ça ! » Il s’agit de savoir quelle part de mystère on veut qu’il conserve et il doit représenter l’atmosphère de la chanson. Le prochain sera celui de « 28 Days (Till The End Of Time) », qui est basé sur Donnie Darko. Qu’allons-nous faire ? Montrer un lapin ? Ce n’est pas simple, il faut trouver un moyen de capturer l’intention de la chanson sans que ce soit trop évident ou que ça détruise l’imagination des gens.

Tu as dit que faire un tel film nécessiterait un gros budget et serait un défi. As-tu commencé à faire les premiers pas dans cette direction ?

Bien sûr, pour Transitus, nous voulions faire ce film. J’ai trouvé un réalisateur néerlandais, Dick Maas qui est mon réalisateur préféré parce qu’il fait des trucs bizarres, il n’a aucune limite. Il fait tout ce qui lui semble bien et se fiche de ce que disent les gens. Nous avons pas mal avancé. Il faut un producteur, c’est-à-dire le gars qui rassemble l’argent. Nous avons environ un million, mais il en faut plus. Surtout en cette période de Covid-19, c’est juste impossible ; ce n’était même pas possible de faire le film en lui-même. Le projet n’est pas encore mort, mais maintenant, je travaille sur Star One et c’est mon centre d’attention. Le réalisateur est même revenu vers moi en disant qu’il avait un autre producteur intéressé, mais j’ai dit : « Désolé, en ce moment, je n’ai pas la tête à ça. » Mais avec un peu de chance, un jour ça arrivera.

Quels sont tes plans maintenant pour l’avenir proche ?

La maison de disques Mascot est en train de ressortir tous mes albums d’Ayreon en vinyle. Le dernier était Into The Electric Castle, donc le prochain sera Universal Migrator et je veux le remixer complètement. Je pense pouvoir le faire sonner mieux, plus contemporain. Je vais clairement plancher sur le remix de cet album. L’objectif est de le sortir en septembre. Il me reste quelques mois maintenant pour travailler dessus. En dehors de ça, je suis en train de réfléchir à des idées pour un prochain album, mais rien de concret encore. C’est trop tôt pour Ayreon, c’est trop tôt pour Star One aussi évidemment. Je dis toujours que ce sera un album solo mais ensuite, j’entends des chanteurs qui sont meilleurs que moi et je change d’avis, mais un album solo ce serait cool.

Interview réalisée par téléphone le 27 janvier 2022 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Emilie Bardalou.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Lori Linstruth.

Site officiel d’Arjen Lucassen : www.arjenlucassen.com

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