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Interview   

Status Quo a de la place pour l’humour sur son rock


Si Status Quo en est là aujourd’hui, avec une carrière s’étendant sur cinq décennies, ce n’est pas grâce à leur talent. Ce n’est pas non plus une légende comme d’autres groupes de rock britanniques nés eux aussi durant les années 60, de The Who à Led Zepellin. Aucun membre n’est mort d’une overdose au sommet de leur gloire, aucun n’a acheté le manoir d’un sorcier… Bref, rien pour rajouter du soufre à leur histoire. Alors si on se demande pourquoi on parle encore de Status Quo en 2013, pourquoi il y a encore des fans pour aller les voir en concert avec des étoiles dans les yeux, il suffit de demander à Francis Rossi, éternel frontman du Quo, qui expliquera qu’ils ont avant tout « eu beaucoup, beaucoup de chance ».

Et en n’ayant jamais été les premiers dans leur genre, ils peuvent bien faire leur « Hard Day’s Night » cinquante ans après les Beatles avec leur film Bula Quo! sorti l’été dernier… Ce n’est pas sérieux, ils le savent pertinemment, et c’est très bien comme ça. Le rock lui-même n’est pas une chose si sérieuse, et qualifier d’art ce que fait Status Quo n’est pour Rossi qu’un sujet de blague. Et il le souligne bien dans cette interview : celui que certains surnommeraient le « vieux grincheux du rock » fait preuve d’un humour et d’une auto-dérision toute britannique et parle même d’offrir une suite à ce film. Aucun doute donc que si tout était à refaire, il referait tout de la même façon.

« Et de toute façon, nous ne sommes pas de très bon musiciens, alors [rires]… »

Radio Metal : Tout d’abord, comment ça va ?

Francis Rossi (guitare, chant) : Ça va plutôt bien. Je bois un thé, un café, je viens de sortir jouer avec mes chiens, j’ai deux petits chiens qui sont avec moi en ce moment… Tout va bien !

OK, et comment tu aimes ton café ?

Avec un peu de lait et beaucoup de sucre, plutôt fort. Je ne buvais pas de café jusqu’à il y a cinq ou six ans, et maintenant j’en suis dingue.

Première question : le line-up des années 1966-1976 s’est reformé en mars 2013 pour une série de concerts à Wolverhampton, Manchester, Glasgow, et Londres : ce sont des dates historiques et nostalgiques… Comment ces concerts se sont passés ?

Ils ont été nostalgiques, c’est le moins qu’on puisse dire. Je pense que nous aurions pu mieux jouer, que nous aurions pu mieux répéter, mais quand nous avons vu la réaction des gens… Je ne m’étais pas attendu à ce que ce soit comme ça. J’ai eu l’impression que peu importait ce que nous pouvions faire, c’est assez difficile à dire… Il y avait des gens qui pleuraient, je n’avais jamais vu un public pareil, c’était assez bizarre. C’était beau, d’une certaine manière, que les gens ressentent des choses pareilles, mais c’était en effet quelque chose de très nostalgique. Je ne peux pas vraiment juger ces concerts autrement qu’en disant que le public a beaucoup aimé. Et c’était le but, ces concerts ont été faits pour les gens qui aimaient vraiment le groupe tel qu’il était à l’époque. Ça a dû leur faire revivre leur adolescence, peut-être, et je suppose que c’est une bonne chose, mais…. Nous allons peut-être en faire d’autres l’année prochaine je pense, peut-être seulement douze dates, je ne sais pas. Nous commençons seulement à en parler.

En décembre 2012, Matt Letley a pris la décision de quitter le groupe. Malgré tout, il a tourné avec vous cette année parce que vous avez eu trop peu de temps pour trouver un nouveau batteur. Est-ce que tu peux nous dire où vous en êtes de vos recherches ?

À l’origine, quand Matthew est parti, nous comptions ne rien faire pendant la première partie de l’année parce que c’est notre période de repos. Nous n’avions donc pas besoin de batteur à l’époque, mais j’avais déjà pensé à Leon Cave qui apparaît sur mon album solo. Il a fait d’autres trucs pour moi en studio, et a assuré le rôle du batteur sur quelques dates avec moi il y a quelques années. Il est très, très bon, il a fait son premier concert la semaine dernière et je pense qu’il va être génial. C’est un homme très talentueux. Si tu le cherches sur YouTube, il s’appelle Leon Cave pour ceux que ça intéresserait, tu verras que c’est aussi un très bon guitariste, et qu’il est aussi chanteur, en plus d’être batteur ! Tu ferais bien d’aller voir ça.

« Le groupe, le film sont censés être comiques. Les gens ont des problèmes avec le rock et l’humour. Je ne sais pas pourquoi, mais voilà où on en est. »

Vous sortez votre premier film, une comédie d’action intitulée Bula Quo!. L’année dernière, vous avez sorti Hello Quo, un film documentaire. D’où vient cet intérêt récent pour le cinéma ?

Depuis 1968, je lis dans les journaux d’ici qu’untel veut faire un film avec telle ou telle star, sur telle ou telle idée. Ce sont des choses qui courent tout le temps, on entend parler de quelque chose, on entend dire qu’on va le faire, puis qu’on ne va pas le faire, puis qu’on va le faire, puis qu’on ne va pas le faire… Quand nous avons fait une apparition dans la série britannique Coronation Street qui passe à la télévision depuis que j’ai dix ou onze ans, quelqu’un nous a demandé de le faire, et nous l’avons fait… Nous avons rencontré un gars qui s’occupait de coordonner les effets spéciaux ; il voulait que Status Quo passe à la télé. Il nous a dit : « Je veux faire un film avec vous. » Nous avons répondu : « Oui, oui… » et deux ans plus tard à peu près, nous avons reçu un scénario qui se passait à Bangkok et qui était plutôt drôle. Ensuite, ils ont voulu en faire quelque chose de plus familial, un film pour enfants, et nous n’en avons plus entendu parler. Le sujet est revenu sur le tapis en janvier de l’année dernière, et nous nous sommes dit que nous allions le faire. Au départ, je ne voulais pas parce qu’en dehors de mes concerts, je suis plutôt mauvais, et qu’il faut parfois qu’on me pousse un peu, mais une fois qu’on a fait les premières prises, c’est devenu plutôt facile. Quand quelqu’un te dirige, il te dit : « Je veux que tu traverses cette pièce, prennes ce verre, regardes par la fenêtre, reviennes, me souries, et t’assoies à nouveau », tu le fais, tout simplement, et puis tu le refais une seconde fois voire plus, et au bout d’un moment, il te dit que c’est bon, et c’est fini. En plus, l’enfant qu’il y a en moi se dit : « Super, j’ai fait comme il faut, donc dis-moi ce que tu veux que je fasse maintenant et je le ferai ! » Nous avons décidé que ce serait un film familial, on appelle ça de l’humour absurde anglais. C’est surtout un film pour les enfants et pour les familles. Les enfants de 7 à 12 ans le trouvent fantastique. C’est un projet que nous avons trouvé, maintenant nous allons le terminer, espérer que ça marche, et peut-être que ce sera bien, ou peut-être pas. Peut-être que nous allons discuter à nouveau dans deux ans et que tu vas me dire : « Ouah, ça a vraiment été une bonne idée ! », ou que tu vas me dire : « Non, il y a eu un problème, là, n’est-ce pas ? » On ne peut jamais savoir avec ces choses-là, que ce soit pour un album, un film, une tournée ou quoi que ce soit. Ils peuvent s’inscrire dans l’ordre des choses, ou pas. Certaines personnes sont terrifiées à propos de ce qu’elles devraient ou ne devraient pas faire, mais en fin de compte, on n’en sait jamais rien. Avec le temps qui passe, tu verras que tu as fait des erreurs gigantesques et que certaines choses se sont très bien passées, et que tu ne sais jamais comment les choses vont tourner. J’espère que les gens vont aimer le film parce qu’on parle déjà d’en faire un deuxième. C’est drôle ! C’est un film parodique et marrant, ce n’est pas sérieux.

OK, donc je suppose que vous êtes meilleurs musiciens qu’acteurs, n’est-ce pas ?

… Et de toute façon, nous ne sommes pas de très bon musiciens, alors [rires]… Nous ne jouons pas vraiment, nous devions jouer nos propres rôles. Je suis Francis Rossi, nous nous retrouvons dans les îles Fidji parce que nous sommes censés y faire un concert, et nous voyons ce criminel, un personnage qui s’appelle Wilson et qui est joué par Jon Lovitz. Il prend des gens dans la rue, joue à la roulette russe, la plupart d’entre eux meurent et il les amène chez lui pour leur voler leurs reins, leur foie et leur cœur. Nous, nous voyons ça, donc il commence à nous poursuivre, et c’est là que ça devient loufoque [rires]. Comme je l’ai dit, c’est de l’humour anglais absurde, du genre « Hohoho ».

Est-ce qu’on peut s’attendre à vous retrouver dans d’autres formes d’art ?

Quand les gens utilisent « art » et « Status Quo » dans une même phrase, je pense qu’il doit y avoir une erreur de grammaire quelque part [rires]… Je ne considère pas ça comme de l’art. On dirait que tu cherches à l’élever. Je suis très content de la manière dont a marché Status Quo, et nous avons eu énormément de chance de ce point de vue, mais comme je te l’ai dit, nous jouons notre propre rôle… L’une des mes choses préférées à la télé était, et est toujours, la série À la Maison Blanche, qui parle de la Maison Blanche et du président des États-Unis ; j’ai dû la regarder quatre fois en entier, et là, ce sont des gens qui jouent vraiment, ils connaissent leur texte, etc. Dans ce cas, c’est vraiment jouer la comédie, alors que dans notre cas à Rick et à moi, nous utilisons notre visage et nous disons deux, trois choses. Dans notre cas, prétendre que nous sommes acteurs… J’ai eu 64 ans cette année, et je ne peux plus vivre suffisamment longtemps pour devenir acteur. Comme je te l’ai dit, c’est un projet qui s’est présenté à nous, nous l’avons fait, et avec un peu de chance, le résultat sera bien. Sinon, nous nous en remettrons, nous ferons quelque chose d’autre, et nous continuerons ! Ça a toujours été comme ça avec les albums qui ne marchent pas, etc. Tu t’en remets et tu continues ! Tu ne peux pas te laisser abattre et te noyer, donc tu te relèves et tu continues. Avec un peu de chance, ce sera bien pour tout le monde, je n’en sais rien.

« Je trouve qu’on essaie trop d’intellectualiser la musique et le rock’n’roll, on essaie d’en faire quelque chose d’élevé… Moi, je m’en fous pas mal, je m’en fous si c’est de la merde, j’aime ça ! »

Tu viens de dire que ça te semble bizarre qu’on utilise « art » et « Status Quo » dans la même phrase. Qu’est-ce que c’est à tes yeux Status Quo, alors ? Du divertissement ?

C’est une bande de mecs qui ont eu beaucoup, beaucoup de chance. Je trouve qu’on essaie trop d’intellectualiser la musique et le rock’n’roll, on essaie d’en faire quelque chose d’élevé… Moi, je m’en fous pas mal, je m’en fous si c’est de la merde, j’aime ça ! Je pense que c’est ça, l’esprit originel du rock’n’roll, et c’est pour ça que le monde entier pensait que c’était la musique du diable dans les années 50. Les gens essaient d’en faire quelque chose de plus élevé, et peut-être que parfois, c’est une forme d’art en effet, mais il y a tellement de musiciens qui sont meilleurs que Status Quo ou que n’importe quel autre groupe connu… La plupart des très bons musiciens ne sont pas connus parce qu’ils sont toujours occupés à étudier la musique. Les gens qui sont dans le show business, qui font du rock, qui que ce soit, pense : « C’est super, on veut aller sur scène pour se montrer, on ne veut pas rester chez nous, assis à étudier la musique pour être vraiment brillants. On veut aller devant des gens et dire : ‘Eh vous tous, regardez-moi !’ » Quand on parle d’art, on devrait parler d’art pour l’art, par d’art qui en fait se résumer à dire : « Regardez comme je suis fabuleux quand je fais ça ! » C’est ça qui me pose problème. Je n’essaie pas de me justifier en disant que c’est de l’art, ou ceci, ou cela : ça me plaît, ça plaît à d’autres personnes, et le reste du monde n’aime pas, c’est tout. C’est toujours comme ça. Sinon je serais devenu suicidaire : « Pourquoi tout le monde ne nous aime pas ? » Quand j’étais petit, j’écoutais les Beatles, et je croyais que tout le monde aimait les Beatles. Sortant du monde en noir et blanc de l’après-guerre, quand j’avais 11 ans, je me disais : « Tout le monde t’aimera si tu deviens célèbre ! » C’est un mythe. Ce n’est pas vrai. J’ai fait une blague à propos d’utiliser « art » et « Status Quo » dans la même phrase parce que je trouvais ça drôle, mais nous avons été très chanceux, comme tout ceux qui sont dans ce business. On est tous des m’as-tu-vu qui manquent de confiance en soi. Il y a une contradiction là-dedans, en permanence. Sinon, on resterait chez nous, et on garderait notre musique pour nous. Mais il y a quelque chose au fond de toi qui veut le montrer à tout le monde : « Regardez comme je suis intelligent ! », « Regardez comme je suis mignon ! », ou tout ce qui peut nous pousser à monter sur scène. Mais j’ai eu beaucoup de succès et beaucoup de chance depuis que j’ai 17 ou 18 ans, et pour être honnête, c’est une chose à laquelle tu t’agrippes parce que tu ne sais pas ce que tu pourrais faire d’autre ! C’est le manque de confiance en soi, je pense. Je crois qu’à peu près tout le monde est comme ça dans le show business, même les acteurs. Nous sommes des m’as-tu-vu qui manquent de confiance en soi.

Vous sortez un double album qui est la bande originale du film. Ce sont surtout des classiques de Status Quo, mais il y a aussi neuf nouvelles chansons. Est-ce que vous les avez écrites avant d’avoir l’idée du film, ou est-ce que le film vous a influencés ?

Il y a eu trois ou quatre scénarios différents pour le film qui changeaient en permanence et devenaient plus soft à chaque fois, et nous n’avons pas commencé à écrire avant la semaine qui précédait le tournage. Une fois le tournage commencé, il est devenu évident que je n’avais pas envie de faire la bande originale, parce que généralement, une bande originale de film c’est deux chansons, et puis le reste, c’est [il chantonne quelque chose qui ressemble à de la musique de fond], et en fin de compte, ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas mon rayon. J’ai commencé par la chanson qui s’appelle désormais « Looking Out To Caroline » – Caroline est une fille qu’on rencontre là-bas. J’ai commencé les chansons par cette partie, et ensuite il y a « GoGoGo ». L’une des choses que j’ai préférées, c’était que ça n’avait pas nécessairement à être du Statut Quo, il fallait que ça ait avant tout à voir avec le film, donc il n’y avait pas de limites, je pouvais faire ce que je voulais, et c’était assez libérateur. John [Edwards] a fait une chanson qui est une sorte de mélange entre du reggae et peut-être « The Madness », et le son fait penser à Queens Of The Stone Age… Il n’y avait pas de limites à la manière dont nous pouvions nous y prendre. Ensuite, il y a « Kua Ni Lega/Bula Quo », où il y a encore des percussions. C’était très libérateur de ce point de vue, parce que ça m’a toujours posé problème, ces gens qui disent : « Oh, ce n’est pas du Statut Quo. » Je me dis toujours : « Si je le chante, le joue et l’écris, alors c’est du Status Quo ! » Les gens ont des idées du genre ceci ou cela n’est pas du Statut Quo. Bien sûr que si c’est du Status Quo, puisque c’est nous qui le jouons ! C’est la même chose pour le film. Je ne voulais pas que l’album ait une vingtaine de chansons, ce sont vraiment deux produits différents dans un même coffret. Pour les vieilles chansons, certaines sont live, certaines ont été réenregistrées, et d’autre part il y a la bande originale à proprement parler qui a un début et une fin. L’autre album est secondaire à mes yeux, ce sont des classiques de Status Quo.

Tu as dit au sujet du film que tu n’avais pas prévu d’écrire et de sortir un nouvel album, ça s’est juste trouvé comme ça. Est-ce qu’on peut dire que le film a été une source d’inspiration musicale ?

Oui, tu peux dire ça, mais encore une fois, le terme « inspiration » lui donne l’air plus élevé. Nous n’avons pas été inspiré, ce qui m’inspirait, c’est que nous voulions des chansons pour cet album et qu’il nous les fallait ! Ce n’était pas comme si un jour, alors que j’étais assis là, le soleil s’était approché des nuages et que j’avais été inspiré. Je me disais plutôt : « Bon, il me faut une chanson ! » La plupart de l’inspiration, je l’ai eue les premiers jours, quand j’ai rencontré le réalisateur et l’actrice qui a joué Caroline et que j’aime beaucoup. J’ai demandé au réalisateur quel genre de fille était Caroline, et ensuite, j’ai écrit dans les paroles : « she’d read a good book » [« elle lirait bien un bon livre »] comme la Bible, que c’est une fille bien, mais « she loves her rock’n’roll » [qu’« elle aime le rock’n’roll »]. Par la suite, elle prend le dessus, elle a la carte de crédit de son père, etc. et c’est connaître ce genre de chose qui te permet d’avoir l’inspiration nécessaire pour écrire des paroles. Mais de manière générale, ces chansons auraient pu être écrites pour n’importe qui. Nous avions un film, il nous fallait des morceaux, donc soit ces morceaux étaient fait par quelqu’un d’autre qu’on allait devoir chercher, soit nous les écrivions nous-même. Je ne dis pas que le film n’a pas été une source d’inspiration, mais encore une fois, ça en fait une chose un peu élevée : [il chuchote] « Oh, je suis inspiré ! » Non. Il me faut une chanson. La voilà, l’inspiration : « Il me fauuut une chanson, il nous faut une chanson, qu’est-ce qu’on va faire ? » Nous avons fait un morceau sur l’album pour quand Rick et moi sortons de l’eau dans le film et qu’il y a tous ces autochtones qui jouent des percussions, et ça fait partie de la chanson, tu vois ? [il chante en marmonnant] J’ai eu l’idée que ça devait faire partie de la chanson intitulée « Bula Quo », je chantais [il marmonne à nouveau] et tout le monde sur l’île répondait « Bula, bula ! » puis « Bula bula quo ! » [il chante]. Voilà ce que ça nous a inspiré, d’être là-bas, voilà ce dont nous avions besoin… Je ne suis pas complètement sûr du terme « inspiration », c’est tout [rires].

« Je crois qu’à peu près tout le monde est comme ça dans le show business, même les acteurs. Nous sommes des m’as-tu-vu qui manquent de confiance en soi. »

On peut entendre une mélodie qui ressemble beaucoup au thème de James Bond dans la chanson « GoGoGo »… Est-ce une coïncidence ou est-ce que c’est intentionnel ?

Non, c’était intentionnel. C’est à la fin de la chanson que ça fait [il chantonne le thème de James Bond]. Quand Rick te dit : « Je ne suis pas sûr de ce que tu vas en penser », tu te dis : « Oups… », mais en fait ça m’a fait sourire parce que c’est culotté, ça fait comme si on prenait un truc qui date d’il y a trente ans et qu’on le mettait là au milieu… Ça m’a vraiment fait sourire. Je pense que si le reste du morceau n’était pas terrible, ça n’aurait pas été super, mais comme c’est une très bonne chanson je trouve, avec ce passage de James Bond [il chante], c’est vraiment génial ! Et encore une fois, c’est humoristique. Le groupe, le film sont censés être comiques. Les gens ont des problèmes avec le rock et l’humour. Je ne sais pas pourquoi, mais voilà où on en est.

Est-ce que tu aimes les James Bond ?

J’aime les plus plus récents. Depuis que Daniel Craig a repris le rôle, je trouve que James Bond a pris une nouvelle dimension. Ce n’est pas que je déteste ceux d’avant, mais je trouve que ceux-ci sont plus crédibles. Peut-être qu’avant, ils étaient plus ironiques et que maintenant, ils sont plus sérieux. Je dis toujours que je n’en ai jamais vu aucun au cinéma, mais dès qu’ils passent à la télé pour les fêtes de fin d’année, je trouve qu’ils se laissent regarder. Tu sais qu’il va gagner, tu sais qu’il va sauter de l’avion mais que tout va bien se passer, qu’il va passer à travers les hélices sans être découpé en morceaux… Parfois, j’aime bien ; quand je suis dans une pièce et que ça passe à la télé, je peux regarder sans trop suivre ce qu’il se passe. J’aime bien Bond de ce point de vue là. Par contre je trouve les derniers vraiment très bons.

Il y a sur l’album des réenregistrements d’anciennes chansons. Qu’est-ce que vous avez ressenti quand vous avez réenregistré ces chansons ? Est-ce que vous avez eu l’impression de leur donner une nouvelle jeunesse ?

Peut-être… Si nous n’avions pas joué ces chansons depuis des années, ça aurait sans doute été le cas, mais là, elles sont assez actuelles, donc… Oui, peut-être, mais elles nous paraissent quand même actuelles, si tu vois ce que je veux dire. Et les unes et les autres ont été prises dans différents endroits et situations dans lesquels nous avons joué. Pour moi – je vais avoir l’air dédaigneux –, elles n’ont plus besoin de nous. Les nouvelles m’intéressent plus parce qu’encore une fois, comme je le disais, nous n’avions pas de limite, nous ne nous disions pas « Non, ce n’est pas du Status Quo ! », donc nous avons écrit des chansons que nous n’aurions peut-être pas faites dans un autre contexte puisque c’était pour le film. J’aime beaucoup les chansons du film.

Comment avez-vous choisi les anciennes chansons ? Est-ce que les enregistrements viennent des concerts que vous avez faits avec le line-up original ?

Non, parce que nous avons tourné le film l’année dernière, en janvier 2012. Je crois que le tournage a duré à peu près jusqu’au 12 avril, et ensuite nous n’avons pas tourné avec le Frantic Four Tour avant cette année, donc non. Ce sont deux entités indépendantes. C’est assez unique, un groupe qui se reforme sans qu’aucun de ses membres ne soit mort… La plupart des groupes se reforment alors que quelqu’un est mort. C’est aussi assez unique que les deux lots de billets aient été en vente au même moment à la fin de l’année dernière, pour ce Status Quo et pour l’autre. Tout le monde était confus et ne savait plus qui ils voulaient voir… C’est unique de ce point de vue, mais je dirais que c’est la nostalgie qui en fait quelque chose de spécial.

Interview réalisée par téléphone le 30 mai 2013 par Metal’O Phil
Retranscription et traduction : Chloé
Introduction : Animal

Site internet officiel de Status Quo : www.statusquo.co.uk
Site internet officiel de Francis Rossi : www.francisrossi.com



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  • depuis 35 ans que je les vois en concert jusqu’à ce dernier à Lyon en 2011,il y a toujours le même plaisir d’un groupe ultra professionnel qui sait communiquer l’énergie et l’humour avec leur tempo binaire mais tellement jouissif

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    Dana Fuchs @ Massy
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