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Chronique   

Steel Panther – All You Can Eat


Une bonne blague, il ne faut pas trop en user au risque de devenir, au prochain apéro, la cacahuète en travers de la gorge des copains qui, semaine après semaine, vous écoutent sortir votre chapelet de blagues sur les grosses, les nymphos et toutes les sécrétions excrétées dans ces récits. Sans un talent de conteur hors du commun, c’est l’exil assuré. Et si ces dernières années, Steel Panther a pu déverser ses textes grivois, encourager la libération (mammaire) de la femme et réveiller le mauvais goût des Eighties sans se faire aligner, c’est sans doute grâce aux talents des musiciens composant cette troupe à la bonne humeur communicative et souvent partagée sur scène comme sur album avec quelques invités de marque, et qui, en deux albums sous ce nom, ont su imposer leurs hymnes, purs concentrés de glam et surtout de metal.

Et ça commence très bien sur All You Can Eat, ce nouvel album. « Pussywhipped » – avec son intro hispanisante offrant d’office une nouvelle démonstration des dons variés du guitariste Satchel, sa puissance heavy rock et ses solos irrésistibles – met le feu instantanément. Steel Panther sait encore parfaitement extraire le meilleur du metal d’une décennie fantasmée comme une fête permanente, avec des titres comme « Party Like Tomorrow Is The End Of The World » ou « Gangbang At The Old Folks Home ». Hommage à cette époque encore poussé jusqu’au chant de Michael Starr pastichant toujours (volontairement ou non) David Lee Roth, jusque dans ses exercices de crooner (« If I Was A King »).

Néanmoins, très vite, la blague semble supplanter la musique. « Glory Hole », chanson à boire pour faire danser sur la table les blondes californiennes beurrées, et « Bukkake Tears » étalant sur cinq minutes (dont deux de trop) son histoire d’éjaculation faciale au milieu d’un rock propret, ressemblent à la bande son d’un enterrement de vie de jeune fille, pour s’encanailler au moins une fois au milieu d’une vie bien rangée. Et si les « Gangbang… » et « Ten Strikes You’re Out » en mettent avec plus de plaisir « plein la face », la suite ne masque qu’à peine un grand vide (« The Burden Of Being Wonderful », « You’re Beautiful When You Don’t Talk ») sous quelques solos cache-misère. Même une ultime fantaisie électronique en intro du dernier titre « She’s On The Rag » fait tendre l’oreille mais rien derrière ne surprend, rien que du déjà entendu, dans les harmonies, les refrains, les solos… All You Can Eat, ce n’est pas encore l’indigestion, plutôt une insensibilisation à des saveurs réchauffées à outrance.

Ci-dessous les clips de « Party Like Tomorrow Is The End Of The World » et « The Burden Of Being Wonderful » :

Album All You Can Eat, sortie le 1er avril 2014 chez Universal / Republic



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