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Interview   

Steel Panther met la barre en dessous de la ceinture


Steel Panther fait partie de ces groupes qui, quelque part à l’image d’un Ghost, a réussi à générer un vrai phénomène autour de lui grâce à une combinaison « simple » : une musique s’inspirant des recettes qui ont fait les succès du hard rock, et plus particulièrement celui des années 80, un sens de l’accroche extraordinaire et un univers très marqué, autant visuellement que thématiquement, et pour le moins haut en couleurs. Steel Panther ce sont aussi des jusqu’au-boutistes, ils ont fait du « sex, drugs and rock n’ roll » leur terrain jeu et ils y vont à fond, en ne prenant aucune pincette, et c’est même ça qui plait : cette façon sans vergogne qu’ils ont de dire les pires saloperies, de raconter leurs pires soirées de débauche, de parler plus que vulgairement des femmes, de se moquer du physique des gens… C’est à se demander comment, à l’âge du politiquement correct, cette bande de trublions ne croule pas encore sous les plaintes d’associations diverses et variées.

A l’occasion de la sortie du nouvel album Lower The Bar, nous avons parlé de tout ceci à Satchel, guitariste mais aussi compositeur et parolier du groupe, qui contrairement à certains de ses collègues parvient à suffisamment se discipliner pour répondre convenablement aux questions qu’on lui pose, livrant un entretien certes drôle, mais finalement assez instructif. Demeure cependant cette ambiguïté, ne sachant pas toujours s’il est vraiment sérieux ou s’il se fiche un peu de nous… Mais c’est aussi ça Steel Panther !

« Le processus consiste vraiment à creuser profondément dans nos âmes pour essayer de mettre nos plus profonds sentiments sur papier et ensuite mettre ça en musique. »

Radio Metal : L’année dernière, vous avez sorti un album live acoustique, Live From Lexxi’s Mom’s Garage. Le contexte acoustique est généralement une bonne façon de tester la solidité des chansons. Est-ce que cette expérience vous a donné une nouvelle perspective sur votre musique ?

Satchel (guitare) : Tu sais quoi ? C’était un bon changement pour nous de faire un album acoustique parce que tout ce que nous avons sorti jusque-là était électrique ; nous avons fait un album live à la Brixton Academy, au Royaume-Uni, et tous nos albums studio sont évidemment avec de la guitare électrique et tout. C’était vraiment une expérience amusante mais aussi qui changeait, car c’était entièrement acoustique, et ce n’est pas facile de jouer de la guitare acoustique, surtout lorsque tu dois faire des solos et ce genre de trucs. C’était aussi une super manière d’attraper plein de chattes, car à l’origine, c’est vraiment pour ça que nous l’avons fait.

En fait, le garage de la maman de Lexxi est mentionné dans la chanson « Walk Of Shame » sur le nouvel album…

Oui, effectivement ! Nous écrivons à propos de choses que nous faisons et il se trouve que ceci est une des choses que nous avons vécu Stix [Zadinia] et moi, qui était de baiser la maman de Lexxi, et après coup, j’ai écrit une chanson dessus, car nous avons fait la marche de la honte après avoir baisé la maman de Lexxi, et c’est quelque chose qui s’est passé pendant que nous filmions le Live From Lexxi’s Mom’s Garage. Donc lorsque j’ai écrit « Walk Of Shame », j’ai écrit à ce sujet, c’est naturel. Et aussi, soit dit en passant, je dois avouer que c’était carrément l’éclate de baiser la maman de Lexxi ! C’était génial ! Elle est canon et en plus elle fait des pipes d’enfer !

Le nouvel album s’appelle Lower The Bar, ce qui donne l’impression que vous vous dévaluez. Seriez-vous en train de vous moquer de tous ces groupes qui déclarent tout le temps que leur nouvel album est plus imposant, meilleur, plus audacieux, qu’il met la barre toujours plus haut ?

C’est marrant parce qu’il y a plein de gens qui spéculent sur tout ce que nous faisons. Les gens pensent que nous nous moquons des groupes des années 80 et ce genre de choses mais, tu sais, en réalité, le titre de l’album, Lower The Bar, est venu d’un vrai conseil très sensé que nous donnons aux gens pour en faire une philosophie de vie. Je trouve que c’est un super conseil ! Lorsque tu mets la barre plus basse, tu seras davantage heureux. Disons que tu sors un vendredi soir, d’accord ? Et tu veux t’envoyer en l’air et baiser une nana super belle, soyons réalistes, tu ne vas probablement pas baiser une belle nana, mais si tu t’attends à coucher avec une belle nana, alors deux heures du matin sonnent et le bar s’apprête à fermer, et si tu baises une fille qui vaut cinq sur une échelle de un à dix, alors tu seras déçu. Mais si tu y vas en te disant que ce soir tu vas coucher avec une fille vraiment moche, donc tes attentes sont vraiment basses, tu as mis la barre plus basse, et puis tu te retrouves à coucher avec une fille qui vaut cinq sur une échelle de un à dix, alors tu seras très content ! C’est la même nana que tu baises, mais tes attentes sont différentes, donc ton niveau de bonheur sera plus haut parce que tes attentes sont basses. Et ça peut marcher avec n’importe quoi dans la vie. Si tu es parent et que tu as un bébé, et tu penses « ok, un jour mon bébé deviendra médecin ou avocat » et qu’il finit par devenir bassiste dans un groupe, tu seras vraiment déçu. Mais si tu as un bébé et tu ne t’attends pas à ce qu’il fasse quoi que ce soit, tu penses qu’il sera clochard et vivra dans la rue, et qu’il finit par devenir bassiste dans un groupe, alors il se peut que tu en sois content ! C’est une question de perspective. Aussi, nous l’avons titré Lower The Bar parce qu’il existe plein de gens qui sont petits et qui galèrent pour attraper leur verre.

Michael a suggéré que, sur cet album, vous avez « changé deux ou trois trucs » et que vous avez « gagné en maturité en tant que groupe ». Du coup, quel est ton sentiment par rapport à la progression du groupe ? Qu’est-ce que vous avez voulu améliorer ?

Comme avec la plupart des groupes, on ne peut pas prévoir quelle direction va prendre le groupe, tu ne peux que continuer à essayer de déchirer et être créatif et chopper autant de chattes que possible. Et les albums, ce ne sont que des recueils de chansons, donc tu écris autant de bonnes chansons que tu peux, tu choisis celles que tu aimes vraiment et tu les sors, et c’est exactement ce qui s’est passé sur chaque album. C’est très dur de prédéterminer quelle direction tu vas prendre d’un point vue créatif. Je pense que tu dois juste continuer à essayer de faire quelque chose qui défonce et essayer de ne pas faire quelque chose qui soit trop proche de ce que tu as fait avant, et à la fois, conserver la saveur des choses que tu aimes dans ce que tu as fait auparavant, et croiser tes putains de doigts, parce que c’est très dur de continuer à être créatif, surtout quand tu es aussi vieux que nous.

Michael a aussi dit que c’est « un album pour faire la fête vraiment solide, fun et intelligent. » Est-ce ça, en fait, votre challenge avec Steel Panther : faire des albums intelligents en évitant qu’ils aient trop l’air de l’être ?

Eh bien, c’est intéressant qu’il ait dit que c’était intelligent parce que, je ne sais pas ! Je ne sais pas combien de gens considèrent Michael comme étant intelligent, donc… C’est quelque chose de très subjectif ! Si tu demandes à un putain de prix Nobel, je ne suis pas certain qu’il dise que c’est intelligent, mais si tu demandes à Lexxi si c’est intelligent, ouais, je suis sûr qu’il trouve que c’est incroyablement intelligent. C’est complètement une question de perspective. Même si mon but en tant que compositeur n’est pas forcément… Je ne fais que composer ce que je ressens, et j’écris sur ce que nous faisons. Tout ce qui se passe sur un album de Steel Panther est arrivé à au moins l’un d’entre nous, et je vais généralement aborder chaque chanson sous l’angle de la vérité. Il n’y a pas de connerie sur nos albums, nous sommes le groupe le plus sincère au monde ! Nous écrivons sur ce que nous savons. Nous n’inventons rien, rien n’est fabriqué. Nous voyageons et tournons, et nous couchons avec plein de femmes, prenons plein de drogue, et puis, lorsque nous nous réveillons, avec la gueule de bois, recouverts d’excréments, nous en faisons une chanson. Je veux dire que n’importe quelle chanson de Steel Panther que tu peux entendre, que ce soit « Asian Hooker » ou « Gloryhole » ou « Tomorrow Night », ce sont toutes de vraies choses vécues. Et dans notre tout nouvel album, il y a certaines de… Peut-être que nous avons été un peu plus en profondeur. Peut-être que nous avons été un peu plus philosophique dans notre approche. « That’s When You Came In » est une chanson vraiment touchante, profonde et émotionnelle. Mais elles sont toutes basées sur la vérité, donc… Vraiment, le processus consiste vraiment à creuser profondément dans nos âmes pour essayer de mettre nos plus profonds sentiments sur papier et ensuite mettre ça en musique d’une certaine façon, comme n’importe quel autre compositeur profondément émotionnel le ferait.

« Si tu es dans un groupe et que tu n’as pas le sentiment d’être le meilleur groupe du monde, alors tu devrais quitter ton groupe ! »

Ces paroles peuvent en fait être assez, disons, imaginatives parfois… Donc vous ne faites jamais les mythomanes ?

Non, enfin, je ne pense pas qu’il y ait vraiment quoi que ce soit que nous ayons écrit qui ne soit pas arrivé à l’un d’entre nous à un moment donné. Cite-moi une chanson et je te dirais ce qu’il s’est passé ! « The Shocker », ça arrive tous les soirs. Sur notre nouvel album, on a « Wrong Side Of The Tracks (Out In Beverly Hills) », j’ai vécu avec mon riche oncle, et ça parle de lui, il a une maison à Beverly Hills, et rien ne fonctionne là-bas, il ne sait pas faire marcher le Bluetooth sur sa chaine hi-fi, etc., c’est horrible ! Il est riche mais c’est comme vivre dans un mobile home. Tout ce sur quoi nous écrivons parle de quelque chose que nous connaissons. Tout est vrai ! La plupart des groupes inventent des conneries mais nous, nous écrivons à propos de la vérité. « Poontang Boomerang », qui n’a pas vécu ça ? N’as-tu jamais couché avec une fille et après tu ne veux plus coucher avec elle et elle ne veut plus te laisser tranquille ? C’est ça un « plan cul boomerang » (traduction de « poontang boomerang », NDT). Je veux dire qu’il n’est pas nécessaire que la fille vienne d’Australie pour que ce soit un plan cul boomerang.

Steel Panther s’est fait un nom grâce à ses paroles licencieuses et vicelardes. Penses-tu que le succès du groupe peut en partie s’expliquer par le fait que les gens sont frustrés par toutes les règles que l’on a aujourd’hui et en ont marre du politiquement correct ?

Ouais, ça ne fait aucun doute pour moi que les gens sont attirés par nous parce que, comme je l’ai dit, nous sommes vraiment honnêtes, et nous disons des choses que plein de gens ont l’impression de ne pas pouvoir dire, et nous rions des différences des gens à nos concerts, nous nous payons la tête de tout le monde à parts égales, je pense que non seulement ça met la barre moins haute, mais aussi ça nivelle le terrain, et ça fait que les gens se sentent plus à l’aise. Lorsque tu vas à un concert de Steel Panther, et que tout le monde chante une chanson comme « Asian Hooker » ou « Fat Girl », ils passent tous un bon moment ! Je veux dire que même la fille obèse chante en chœur sur « Fat Girl ». Ça pousse vraiment les gens à baisser leur garde et ça les aide à se sentir à l’aise les uns avec les autres lorsqu’ils viennent à un concert de Steel Panther.

Je suis certain que vous avez eu un million de problèmes en chantant au sujet de ce que vous chantez, que ce soit de la part d’organisations féministes ou religieuses…

Eh bien, tu sais, c’est marrant. On m’a souvent posé la question lorsque nous avons sorti All You Can Eat. Plein de gens pensaient que nous allions subir plein d’attaques en règle de la part de toutes les organisations religieuses aux Etats-Unis parce que nous avions une image de la Cène [sur l’artwork], ce qui serait considéré comme blasphématoire par les gens qui croient en Dieu. Mais nous n’avons presque eu aucune attaque ! Personne ne s’en est plaint ! Occasionnellement, il y a une féministe qui nous traite de sexistes ou peu importe, mais généralement nous l’invitons en backstage et nous prenons quelques bières avec elle, et puis nous finissons par coucher avec elle, c’est génial, et généralement, elle change d’avis. Mais il n’y a pas tant de gens qui se plaignent de ce que nous faisons. Probablement parce que ce que nous faisons n’est pas aussi exposé médiatiquement que quelqu’un comme Kanye West, qui peut ouvrir la bouche et mettre tout le monde en colère en une demi-seconde.

Steel Panther est considéré par de nombreuses personnes comme un groupe parodique. Penses-tu que ce soit la plus grande idée fausse au sujet du groupe ?

C’est une question intéressante parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas nous écouter parce qu’ils pensent que nous sommes un groupe parodique. Au bout du compte, c’est quelque chose qui m’a toujours agacé au sujet de la musique en règle générale : les gens cherchent toujours à catégoriser la musique. Ils veulent pouvoir appeler ça du rock, du heavy metal, du death metal, du black metal, de la pop, du RnB, de la comédie, du reggae… Il y a toutes ces étiquettes, mais ça n’a pas d’importance si quelqu’un a le sentiment que nous sommes un groupe parodique ou authentique, ou marrant ou pas marrant… Parce qu’il y a des gens qui aiment juste notre musique et peut-être ne nous trouvent pas du tout drôles, je peux très bien le concevoir, et ce n’est pas un souci. Et il y a des gens qui trouvent que nous sommes drôles et que notre musique est nulle. Mais peu importe comment, l’essentiel pour moi est que tu y trouves du plaisir. Que quelqu’un nous considère comme un groupe parodique ou pas n’a pas d’importance. S’ils apprécient, alors c’est super, alors ils continueront à écouter, et peut-être qu’ils viendront à nos concerts. Et s’ils n’aiment pas, alors ils peuvent tous aller se faire foutre ! Car je m’en fiche. On vit dans un monde où on peut trouver quelque chose qu’on aime vraiment en un clic de souris, et nous aurons toujours des fans, que nous soyons un groupe parodique ou un vrai groupe. Et j’ai personnellement l’impression qu’il y a des gens qui nous ont dès le départ considéré comme un groupe parodique, mais quelle est la différence entre « Ten Seconds To Love » de Mötley Crüe et « The Shocker » de Steel Panther ? Je veux dire que les deux sont drôles ! Du coup, est-ce que Mötley Crüe est un groupe parodique ? Je ne sais pas ! [Petits rires] Est-ce que tout dépend de l’année où tu débarques ? Peut-être que c’est ça, je ne sais pas. Si tu fais du heavy metal et que ton album sort en 2017, peut-être que ça en fait automatiquement une parodie, qui sait ? Ceci dit, c’est un exercice mental intéressant.

Vous faites revivre l’insouciance et l’esprit fun de la scène rock des années 80. Mais comment comparerais-tu ce que vous faites aujourd’hui à la scène des années 80, dans la mesure où le monde a énormément changé entre-temps ?

Nous faisons exactement ce qu’on faisait dans les années 80. C’est ça qui est bien avec Steel Panther, lorsque vous venez à l’un de nos concerts, vous savez à quoi vous attendre, vous vous attendez à une bande de mecs en Lycra qui adorent baiser des nanas et chanter à propos de sexe et de drogue, et nous prenons de la drogue et baisons, exactement comme on le faisait dans les années 80. Peut-être qu’il y a des gens de l’autre côté de la porte qui se soucient de la vitesse de téléchargement de leur internet sur wifi ou le nombre de « j’aime » qu’ils ont sur Tinder, mais nous, nous n’en avons rien à branler ! Nous vivons dans l’instant présent, nous ne nous soucions pas de nos comptes Instagram. Nous ne faisons que baiser des salopes et écrire des chansons pour faire la fête, exactement comme on le faisait dans les années 80. Et c’est une bonne chose !

« Une fois, j’ai été distrait par un transsexuel qui suçait son propre pénis sur scène. C’était bizarre ! Ça s’est vraiment passé ! C’est dingue ! J’ai dû calmer tout le monde parce que ça les faisaient tous flipper, genre le public avait vraiment peur ! »

Il y a une sorte de regain d’intérêt pour la musique des années 80 ces temps-ci. Penses-tu que ça explique le succès de Steel Panther justement ?

Je pense qu’il y a un certain nombre de choses qui expliquent notre succès. L’une d’entre elles est : nous sommes un putain de groupe génial ! Nous sommes le meilleur groupe du monde ! Aucun groupe n’est meilleur, nous sommes géniaux. Ça donne l’impression que je ne suis pas très modeste mais… J’adore notre groupe ! J’adore toutes personnes qui le composent, j’adore notre chanteur, j’adore notre bassiste, j’adore notre batteur, et je déchire à la guitare, donc… Tu sais, c’est ce que tu dois ressentir si tu es dans un groupe. Si tu es dans un groupe et que tu n’as pas le sentiment d’être le meilleur groupe du monde, alors tu devrais quitter ton groupe ! Donc je pense que ceci est l’une des raisons qui explique notre succès, c’est parce que nous sommes un groupe génial. Je pense qu’une autre raison qui explique notre succès est le fait que nous sommes uniques, et nous sommes putain d’honnêtes, et nous écrivons des chansons qui parlent de choses à propos desquelles personne d’autre n’écrira, que ce soit les chattes ou la drogue. Plein de groupes parlent de sexe, plein de groupes parlent de drogue, mais nous avons notre propre approche très personnelle, et ça c’est cool. D’autres groupes écrivent de la musique marrante mais nous, nous écrivons des choses qui peuvent vous faire rire, et aussi c’est très accrocheur. Et c’est dur de trouver un groupe qui soit accrocheur. Je suis fier de dire qu’on peut difficilement faire plus accrocheur que nos chansons. Chaque chanson que nous sortons est très accrocheuse. Ce n’est pas facile de trouver un album qui contient dix bonnes chansons d’affilée, et j’ai le sentiment que chacun de nos albums contient des chansons mortelles ; nous ne mettons pas de chansons merdiques sur nos albums. C’est une bonne chose. Pour moi, c’est la raison pour laquelle nous avons des fans qui viennent à nos concerts à chaque fois que nous partons en tournée. Et je trouve que c’est une bonne formule pour n’importe quel groupe, il faut toujours essayer de mettre de bonnes chansons sur les albums, ne pas sortir de chansons merdiques. Soyons réalistes, il y a plein de groupes qui ont une bonne chanson et puis les autres chansons, c’est comme « pourquoi est-ce qu’ils ont mis cette chanson sur un putain d’album ? » Combien de fois as-tu acheté un album avec lequel tu t’es dit : « J’ai dû faire avance rapide jusqu’à la douzième chanson pour trouver la putain de bonne chanson » ? [Rires] Genre, c’est la fin de l’album ! Je n’aime pas faire ça et personne d’autre n’aime, donc… Nous essayons de sortir des albums qui soient bons du début à la fin, c’est une bonne chose à faire.

Comment trouvez-vous autant de mélodies et plans accrocheurs ? C’est quoi le secret ?

Je pense, vraiment, que la clé est d’écrire un gros paquet de musique. Si tu écris cent chansons et que tu as trois trucs accrocheurs, peut-être que ça prendra du temps mais ça vaudra le coup parce qu’en étant dans un groupe, ça signifie que tu sors des albums et que tu devras jouer une bonne partie de ces chansons des milliers de fois, car tu vas tourner, et tu veux n’avoir que des choses que tu apprécies de jouer et que le public aime chanter, donc c’est bien pour tout le monde. Mais je pense que plus tu composes, plus tu trouves de bonnes choses. Il est clair que tu ne vas pas tout garder. Plus tu pratiques, meilleur tu deviens à élaguer les trucs merdiques dès le départ. Si je compose un riff de guitare ou une mélodie de chant et que ce n’est pas super bon, je vais juste le balancer à la poubelle, dès le départ, et je passe tout de suite au truc suivant. C’est ça qui est bien avec la composition : tu peux toujours composer d’autres trucs, n’est-ce pas ? Personne n’a à entendre les mauvaises chansons.

Donc ça veut dire que tu jettes beaucoup de musiques ?

Oh ouais, complètement ! En fait, je me souviens avoir entendu les Beatles expliquer qu’ils avaient à un moment donné composé cent chansons et puis, ils les ont toutes balancées pour recommencer de zéro. Compose un paquet de chanson et ensuite recommence de zéro, c’est comme ça que tu t’amélioreras. Je pense que c’est une bonne chose pour les jeunes compositeurs, lorsque tu commences à écrire… Plein de genre disent : « Oh mec, j’ai écrit dix chansons ! Je suis prêt à sortir un album ! » Alors que non, écrit dix chansons et ensuite tu en écris cent de plus, et alors tu t’amélioreras, et à ce moment-là, peut-être que tu pourras sortir un album, après cent-cinquante chansons. Ce qu’il y a de bien quand tu écris des chansons, c’est que même les anciennes chansons que tu as enregistrées mais que tu ne trouves pas super, tu peux toujours revenir dessus et te dire : « Tu vois, j’aime bien ce riff, j’aime bien cette idée, j’aime bien cette mélodie, » Tu peux te voler tes propres idées d’il y a dix ou vingt ans, ou si tu es aussi vieux que moi, même cinquante ans.

On dirait qu’avec Steel Panther, c’est toujours la fête. Comment parvenez-vous à rester concentrés sur vos chansons et votre jeu, et être carrés sur scène ?

Ouais, c’est une bonne question. Ce n’est pas facile ! Car, soyons francs, c’est toujours la fête, peu importe où nous sommes, et il y a des moments où je me suis retrouvé à jouer la mauvaise partie sur scène, c’est facile d’en arriver là, car les vagins sont tellement puissants ! Tout comme les nichons ! Je suis très vite distrait par les vagins et les nichons, et parfois j’oublie ce que je fais. Mais c’est un bon problème à avoir.

Quelle est la chose la plus incroyable qui ait pu te distraire ?

Une fois, j’ai été distrait par un transsexuel qui suçait son propre pénis sur scène. C’était bizarre ! Ça s’est vraiment passé ! C’est dingue ! J’ai dû calmer tout le monde parce que ça les faisaient tous flipper, genre le public avait vraiment peur ! Mais après que tout le monde se soit calmé, c’était une soirée vraiment amusante. Et Stix, notre batteur, il était juste à côté d’elle, c’était génial, il était aux premières loges pour voir ça.

Et, en fait, êtes-vous sérieux parfois ?

Sérieux comme une crise cardiaque ! Nous sommes carrément sérieux ! Je pense que si tu viens à nos concerts, tu peux voir que nous sommes très sérieux lorsqu’il s’agit d’attraper de la chatte, très sérieux lorsqu’il s’agit de se défoncer, très sérieux lorsqu’il s’agit de jouer nos chansons, nous sommes sérieux lorsqu’il s’agit de passer du bon temps ! Je pense qu’il est important d’être sérieux par rapport à ça.

Vous avez de toute évidence deux passions dans ce groupe : le sexe et le rock n’ roll. Lequel est-ce que tu choisirais si tu étais obligé de choisir entre les deux ?

Je choisirais le sexe, sans conteste, parce que j’adore le sexe. Absolument. C’est un choix facile, j’adore les femmes et j’adore les vagins. J’adore le heavy metal et j’adore la musique aussi mais je ne pourrais pas vivre sans vagin, j’aime tellement les vagins, ils sont incroyables. Donc voilà mon choix.

« Dès que nous faisons chanter quelqu’un d’autre sur une chanson, même s’il se peut que j’apprécie la voix de cette personne, ça me rend triste parce que c’est une chose que Michael ne chantera pas alors que j’adore sa voix ! »

L’album comprend une reprise de Cheap Trick, « She’s Tight ». Qu’est-ce que ce groupe représente pour toi ?

J’adore Cheap Trick ! Je trouve que c’est un groupe de rock extraordinaire, et largement sous-estimé, car si tu écoutes le premier album de Cheap Trick, il y a tellement de bons trucs dedans ! Tellement de supers riffs de guitare, et non seulement de supers riffs et de supers mélodies, mais aussi des arrangements de chansons intéressants. J’aime beaucoup leurs chansons, je suis un énorme fan. Stix Zadinia a suggéré l’idée de faire cette chanson, qui est un peu dans nos thématiques, ça parle de sexe, et c’est une super chanson. Donc nous l’avons enregistré, nous ne l’avons même pas répété, nous nous sommes contenté de la faire en studio. Nous avons écouté la chanson une fois et ensuite nous l’avons enregistrée, et elle s’est avérée vraiment bien. Je suis content que nous l’ayons mise sur l’album.

Avant tu avais un groupe hommage à Van Halen avec Michael Starr, The Atomic Punks. Penses-tu que jouer des reprises est essentiel pour un musicien, par exemple pour apprendre les recettes secrètes du rock, pour ainsi dire ?

Je pense que c’est essentiel. Je pense que la plupart des musiciens ont commencé avec des reprises. Car il n’y a pas d’autres façons de commencer. Si tu ne commences pas en apprenant la musique des autres, alors il n’y a rien à apprendre. Je veux dire, regardons les choses en face, lorsque tu es jeune et tu n’es pas musicien, ce qui t’attires dans la musique, ce sont les chansons et les gens qui jouent les chansons. Donc lorsque tu commences à apprendre un instrument, quel qu’il soit, tu apprends des musiques d’autres personnes. Et lorsque tu commences à jouer dans des groupes, généralement, tu reprends des chansons d’autres gens. Il n’existe aucun musicien qui a pris un instrument et a tout de suite commencé à composer des chansons géniales sans avoir appris des chansons d’autres personnes au préalable. Donc oui, tu dois apprendre des chansons d’autres gens, c’est comme ça que tu apprends, tu apprends les changements d’accord, la façon dont les gens jouent les choses et leur feeling. C’est la seule façon de devenir bon. Et tu développes un style en apprenant les choses que tu aimes et en écoutant plein de types de musique différents. Il est très conseillé de jouer avec d’autres musiciens et aussi apprendre les chansons d’autres musiciens.

En parlant de ça, Miley Cyrus vous a rejoint sur scène il y a deux ans pour chanter une chanson de Def Leppad. Avez-vous une amitié particulière avec elle ?

Ouais, nous avons une amitié particulière avec elle, nous couchons avec elle de temps en temps. Mais son père était aussi sur scène, tu le savais ? Son père est Billy Ray Cyrus et il était aussi là sur scène, c’était vraiment amusant, et très bizarre de les voir tous les deux sur scène l’un à côté de l’autre à faire la fête à fond. C’était excellent !

Il est d’accord pour que vous couchiez avec sa fille ?

Oh ouais, il a dit qu’il n’y avait pas de souci. Elle a plus de dix-huit ans… Je veux dire que je suis certain qu’il sait qu’elle couche avec des hommes, car elle en parle tout le temps. Donc ça ne lui pose pas de problème.

N’avez-vous pas songé à inviter Miley sur une chanson ?

Ouais, tu sais, c’était quelque chose que nous… Je ne sais pas si nous en avons parlé ou pas mais elle est pas mal occupée, car elle a une grosse carrière. C’est intéressant. Je ne sais pas si je l’aurais fait chanter sur l’album. Il y a plein de chansons qui défoncent sur notre nouvel album et j’adore vraiment la voix de Michael Starr, donc dès que nous faisons chanter quelqu’un d’autre sur une chanson, même s’il se peut que j’apprécie la voix de cette personne, ça me rend triste parce que c’est une chose que Michael ne chantera pas alors que j’adore sa voix ! Genre, c’est mon chanteur préféré. Donc je préfère que ce soit Michael qui chante.

Avez-vous déjà envisagé de ressortir votre tout premier album Hole Patrol, du temps où vous vous appeliez Metal Shop ?

Non parce que nous avons déjà enregistré certaines de ces chansons sur Feel The Steel, comme « Fat Girl », « Stripper Girl » et « Hell’s On Fire ». Il n’y a donc vraiment que quelques autres chansons… Il n’y a qu’une chanson qui s’appelle « Big Boobs » que nous n’avons pas encore sorti. C’est une bonne chanson mais je ne l’ai jamais trouvé suffisamment super pour vouloir l’enregistrer. Nous avons d’autres chansons que nous composons continuellement, donc…

Le batteur Ray Luzier a fait partie du groupe au tout début. C’est marrant car il a fini dans Korn, quasiment un antipode de Steel Panther ! Pourquoi n’est-il pas resté dans le groupe ?

Parce que Korn a dit qu’ils le paieraient trois-cent dollars par semaine alors que nous allions le payer cent dollars par semaine. Mais Ray un mec génial ! Il a joué de la batterie avec nous et c’est un batteur phénoménal ! Je l’ai vu jouer des motifs de grosse caisse de trente secondes à un tempo de cent-trente coups par minute et faire un solo tout en buvant une bière, c’est dingue ! Je n’ai jamais vu personne faire ça avant.

Dix ans avant Steel Panther, tu as travaillé avec Jeff Pilson dans War & Peace et Rob Halford dans Fight. Peux-tu nous parler de ces expériences ?

Ces mecs m’ont fait signer des contrats de confidentialité, donc je ne peux pas trop parler d’eux. Mais ils sont très sympas ! Rob Halford est génial et il a une maison de malade. Et Jeff Pilson est un tueur, et il peut jouer du clavecin, de la basse, de la guitare, des pédales Taurus et de la mandoline, il a une multitude de talents !

Interview réalisée par téléphone le 23 mars 2017 par Nicolas Gricourt.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt & Philippe Sliwa.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : David Jackson.

Site Internet officiel de Steel Panther : steelpantherrocks.com

Acheter l’album Lower The Bar.



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  • J’imagine la tronche des Caroline Fourest, Clémentine Autain ou Christine Angot si elles tombeltn sur cette interview !! Elles vont littéralement péter les plombs, en bonnes féministes hystériques qu’elles sont 😀

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  • Géniale cette interview, jamais avares en conneries ces types 🙂
    Merci !

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