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Live Report   

Steel Panther… « Nichon ! Nichon ! »… Steel Panther… « Nichon ! Nichon ! »… Oh zut !


Présenter Steel Panther… « Nichon ! Nichon ! »… Donc, présenter Steel Panther… « Nichon ! Nichon ! J’aimeu (sic) la chatte »… Vous l’aurez compris, certains mots-clefs déclenchent des réflexes conditionnés. C’est le cas du nom du groupe des Américains permanentés qui ont intégré le cul comme un élément indissociable de leur expression artistique (attention, certains pouffent et cela s’entend, c’est mal de se moquer).

Leurs prestations dégoulinent de sexe et il n’y a pas un membre… du groupe qui ne soit pas au taquet là-dessus. Peut-être Satchel, le guitariste, est-il un peu moins expressif. Quoi qu’il en soit, nos gars de Hollywood sont bien la seule formation à ce niveau de notoriété qui ait poussé cette composante à un tel degré. Mais vous le savez – les sceptiques aussi – ceux qui pouffaient quelques lignes plus haut, il n’y a pas que la fesse dans la vie (« Ha bon ? » s’étonnent certains… et certaines, surement celles qui ont montré leurs seins ce soir… Vade retro !). Alors derrière la gaudriole, le maquillage et le barnum, que reste-t-il ? Pour avoir quelque réponse, lisez donc ce compte-rendu et découvrez si la prestation des Californiens a su faire exploser les préjugés ou si, finalement, comme souvent, derrière le maquillage et les pacotilles, il ne reste que du vent. Mais avant cela, voyons ce que les Français aux coups d’éclats fracassants de BlackRain (refus du HellFest, passage télévisuel franchement pas très rock’n’roll) ont produit ce soir.

Artistes : Steel PantherBlackRain
Date : 30 octobre 2012
Salle : Bataclan
Ville : Paris

BlackRain : une prestation trop bien réglée

Dès 19h10, la première paire de seins apparaît mais la sauce ne prend pas et l’initiative reste isolée et de courte durée.

19h25, les Hauts-Savoyards ultra-lookés débarquent sur scène pour une prestation de quarante-cinq minutes essentiellement basée sur leur dernier opus, Lethal Dose Of, et bien reçue par le public. En dehors des titres de ce récent album, deux titres seront issus de leur deuxième méfait, ‘Rock Your City’ et ‘Innocent Rosie’ et une reprise des Beatles, ‘Twist & Shout’ qui clôturera le show. Musicalement, très honnêtement, le groupe ne révolutionne rien et l’on pense souvent à The Darkness dans la voix aiguë de Swan. Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas et le public répond plutôt présent.

Côté prestation scénique, le groupe n’a pas un grand impact et ne donne pas une impression de spontanéité avec des gimmicks finalement assez clichés. Ne parlons pas des têtes de mort sur le back-drop du groupe qui doivent sûrement être un hommage aux Guns N’ Roses, si ce n’est un plagiat ! La setlist indique même une pause pour boire un coup avec le public ! Étrange, vous avouerez, même si l’on peut arguer que, dans le feu de l’action, le groupe assurant une première partie doive rester concentré sur ses morceaux et peut facilement délaisser la communication. Pourquoi pas.

Mais même côté communication, le bât blesse. A évoquer sans arrêt le sacro-saint rock’n’roll, Swan tombe dans une espèce de méthode Coué. Il ne suffit pas d’arborer des tatouages et des santiags, d’être photographié devant des bouteilles de bière vides pour être crédible. Et puis, quand tu prônes cette attitude rock’n’roll, si tu veux être crédible dans ta démarche, tu ne passes pas dans une émission ultra-grand-public. Il n’y a pas de jugement de valeur, chacun a le droit de voir midi à sa porte, mais il est un fait qu’une émission comme l’Incroyable Talent ne porte aucune valeur rock’n’roll comme des Patti Smith, des Slash, des Keith Richards, des Lemmy, des Nikki Sixx, des Iggy Pop peuvent les véhiculer. Nous parlons ici d’irrévérence, de subversion, de rébellion, peut-être même de dangerosité pour soi-même. Entendons-nous bien : il est possible de faire du rock, de le faire très bien, d’être populaire sans véhiculer – ou faire croire que l’on véhicule – un sulfureux esprit rock’n’roll. U2, Muse en sont de très bons exemples. Admettons-le, le rock a ses BB Brunes, le metal a ses BlackRain. Un tantinet trop préfabriqués même si l’on pourrait arguer que leur démarche a finalement un côté très punk « Je vous emmerde, je fais ce que je veux ». Pas totalement convaincant, non plus.

Comme toujours, rien ne vaut le fait que vous vous fassiez votre propre idée. Alors, Swan l’a assez dit, BlackRain repasse le 19 janvier (en première partie de Koritni). Si le cœur vous en dit.

Setlist de BlackRain :

Need My Doctor
Into The Groove
Heart Screams
Get A Gun (reprise de The CNK)
OverLoaded
Rock’n Jive
Rock Your City
Innocent Rosie
She’s In Love
Twist And Shout (reprise des Beatles)

Steel Panther : beaucoup d’attitude mais aussi tellement plus…

Les lumières s’éteignent à nouveau et c’est tambour battant que Steel Panther attaque son concert avec le très heavy et enlevé ‘SuperSonic Sex Machine’ issu du dernier album Balls Out. Très efficace comme mise en place. Suivra ‘Tomorrow Night’, toujours issu du dernier opus, titre FM pur sucre.

Sur scène, c’est une véritable explosion de couleurs, des tenues bariolées des musiciens aux magnifiques lumières qui appuient une prestation énergique placée indéniablement sous le signe du fun et du sexe. Les filles se déshabillent, les « Nichon ! Nichon ! » ou autre « J’aimeu la chatte » (en français, s’il vous plaît) ponctuent le concert et le groupe n’oublie jamais de déconner, se vannant et parlant énormément au public. En Américain, peut-être que toutes les vannes ne sont pas captées par le public. Cela n’empêche pas le chanteur d’être très bavard.

Côté fun, que dire de l’androgyne et troublant Lexxi Foxx qui se regarde dans son miroir ou se recoiffe en face de sa coiffeuse installée sur le côté de la scène. Le mauvais goût est toujours évité car, même si le groupe ne donne pas dans la subtilité, la qualité est au rendez-vous. Difficile de maintenir le bon équilibre quand on est graveleux à souhait. Mine de rien, Michael Starr est un excellent frontman qui n’oublie pas de faire chanter un public très présent et aux anges. Les autres membres du groupe sont aussi au taquet et occupent très bien l’espace. Professionnels jusqu’au bout de leurs ongles vernis.

Grrrr ! Sauvage, la Panthère.

Et musicalement, qu’en est-il ? Clairement, très efficace dans le registre Big Rock / FM. Parfois très heavy comme sur ‘It Won’t Suck Itself’ ou ‘Eyes Of A Panther’, parfois très guimauve sur ‘Just Like Tiger Wood’. Les Américains ne révolutionnent certainement pas le genre mais portent haut ses couleurs et montre sur quelques vocalises qu’il y a du répondant, et sur quelques solos que, finalement, les musiciens savent quoi faire avec leurs instruments. A propos de solo justement, un grand moment du concert a lieu quand Satchel, après un passage seul sur scène, toute guitare hurlante, se poste à la batterie pour s’accompagner de la grosse caisse et envoyer quelques classiques du répertoire. Judas Priest, Iron Maiden, Metallica mais aussi ‘Iron Man’ de Black Sabbath qui rapporte la plus grande adhésion du public. Fun, non ? En tous les cas, complètement dans l’esprit festif de la soirée. Et que dire de ce fan que le groupe fait monter sur scène pour chanter ‘The Number Of The Beast’ d’Iron Maiden ? Déjà que le fan aura assuré, sans se démonter et aura chanté un bon couplet. Et que cela montre ô combien Steel Panther propose une overdose de fun. Ce qu’ils montrent aussi sur leur « acoustic pussy », petit morceau acoustique que le groupe interprète avec Styx Zadinia, le batteur, qui a délaissé son instrument pour rejoindre ses camarades sur le devant de la scène.

Pas besoin de vous faire un dessin…

Mais la Panthère d’Acier, c’est aussi du cul que l’on retrouve sur ‘Party All Day (Fuck All Night)’ quand le groupe invite des filles à le rejoindre sur scène. Les plus timides gardent leur soutien-gorge, les plus sympas pensent au batteur qui domine la scène sur sa batterie surélevée et vont lui faire coucou. L’une d’entre elles, plus délurée que les autres, ira même jusqu’à se caresser les seins pour le cogneur en chef.

Drôle de phénomène tout de même que ces filles qui se déshabillent, dans une attitude explicitement sexuelle, allant même jusqu’à se lécher les seins, s’exposant à la lubricité d’un public masculin qui n’en demande pas tant. Alors le sujet est posé, vous avez quatre heures pour remplir vos copies, thèse, antithèse, synthèse : les motivations de ces filles ne reposent-elles que sur l’unique fun ? Sur un plaisir pervers de s’exposer ? Sur un esprit frondeur de totale liberté féministe ou au contraire sur un avilissement profond au regard masculin… dans l’hypothèse d’un monde purement hétérosexuel. Mais laissons tomber les prises de tête, nous ne sommes pas non plus à un concert de doom ; et en attendant de lire vos proses, revenons dans le feu de l’action avec le concert qui termine son premier round sur le tonitruant ‘Death To All But Metal’.

Le groupe revient rapidement, Michael est coiffé d’un chapeau et les Californiens attaquent avec la « power-ballad » d’amour ‘Community Property’ dont le refrain donne un aperçu des paroles qu’ils peuvent produire : « My Heart belongs to you but my cock is community property ». Tout un programme, n’est-ce pas ?

Le concert se termine sur un gros final, empli d’une sacrée énergie, avec deux titres musclés, ‘Eyes Of A Panther’ et ’17 Girls In A Row’, l’un issu de Feel The Steel, l’autre de Balls Out. Ses deux opus auront d’ailleurs été représentés de manière très équilibrée sur la setlist.

Quelle fête, les amis ! Indéniablement, ces gars-là ont un grand talent pour ne jamais sombrer dans le trop vulgaire ou le ridicule. Une belle preuve que derrière l’esbroufe, le maquillage et les pacotilles, il y a du sérieux qui décoiffe sérieusement en concert. Alors, la prochaine fois, ne les loupez pas, ceux-là !

Enfin, soyons honnêtes, on y est allé surtout pour ça !

Setlist de Steel Panther :

SuperSonic Sex Machine
Tomorrow Night
Fat Girl
Asian Hooker
Just Like Tiger Woods
Let Me Cum In
If You Really Really Love Me
Turn Out The Lights
The Shocker
It Won’t Suck It Self
Girl From Oklahoma
Party All Day (Fuck All Night)
Death To All But Metal

Rappels :
Community Property
Eyes Of A Panther
17 Girls In A Row

Photos : Lost

A voir également :

Galerie photos du set de BlackRain
Galerie photos du set de Steel Panther



Laisser un commentaire

  • luk hellion dit :

    Blackrain ne font pas la 1ere partie de Koritni c’est un co-headline !
    Et pour ma part je suis fan de Blackran et je trouve qu’ils se sont amélioré en performance scénique !

    [Reply]

  • vous avez pas manqué l’occasion de taper un peu sur blackrain =D

    [Reply]

    Goromarth

    Ouais et pas très finement en plus de ça. Changez un peu de musique hein…

    Amaury/RM

    Tu sais notre reporter donne juste son avis… mais avec l’article récent apparu sur RM concernant le passage du groupe dans Incroyable Talent je comprends que l’analyse de Lost puisse être interprétée comme « ils en remettent une couche sur Blackrain les salauds ! ». 😉

    C’est pour cette raison que je tiens quand même à (re)préciser que notre média n’a ABSOLUMENT rien contre le groupe que nous avons d’ailleurs interviewé plusieurs fois depuis que nous existons !

    Sur la prestation du Bataclan, et à titre perso, j’avoue avoir été un peu déçu comme Lost. Notamment parce que j’avais trouvé un bon petit côté pêchu/électrique à leur prestation en première partie d’Alice Cooper à Marseille mais là j’ai eu un peu l’impression qu’ils arrivaient en terrain conquis et en plus ça bougeait pas trop sur scène. Bref je trouve qu’une grande scène convient mieux à Blackrain !

  • Leur concert avait été super au hellfest, et deux potes à moi sont allés les voir à ce concert et se sont regalés. Je pense qu’on tient des bêtes de scène avec steel panther(n’oublions pas que c’est la scène qui les a fait connaitre aux states en tant que groupe de reprises).

    [Reply]

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