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Interview   

Steel Panther : « Notre place est dans notre propre monde »


Si Steel Panther entretient toujours une forme d’ambiguïté entre ce qui relève du parodique et de l’authentique dans sa musique et ses textes, au moins le titre de son nouvel album est, lui, sans ambiguïté : Heavy Metal Rules. Steel Panther aime le metal au sens large, de Van Halen à Slipknot, en passant par Alice In Chains. Il aime son côté fédérateur, sa passion, son extravagance, ses travers comme ses forces, et il lui rend hommage avec un cinquième opus toujours aussi coloré et fleuri.

C’est un Michael Starr, frontman de la formation, en pleine marche pour maintenir sa forme physique que nous avons joint au téléphone, afin qu’il nous parle de Heavy Metal Rules, un album qui leur a décidément donné du fil à retordre, et de son rapport au heavy metal, mais aussi de sujets un peu plus « touchy », comme les limites du concept de Steel Panther ou sa place dans le monde de #metoo.

« Si Steel Panther avait vécu le succès que nous avons aujourd’hui en 1985, nous aurions enchaîné de multiples disques de platine et je serais millionnaire. Mais ce n’est plus comme ça […] et [quand] on voit comment ça aurait pu être si les maisons de disques n’étaient pas aussi cupides, ça rend un petit peu cynique. »

Radio Metal : A propos de Heavy Metal Rules, tu as déclaré que vous avez « travaillé extrêmement dur et [que] ça a payé ». Steel Panther est largement perçu comme un groupe comique, mais à quel point cette image légère que vous reflétez cache de gros bosseurs ?

Michael Starr (chant) : Quand vous venez nous voir, vous pouvez vous rendre compte que nous travaillons dur sur nos concerts, car nous essayons vraiment de nous entraîner sur nos instruments, de jouer comme sur les albums, etc. Cet album, mec, c’était beaucoup de boulot ! Je ne sais pas si tu le sais, mais les premiers enregistrements des chansons ont été perdus. Lexxi [Foxx] a laissé tomber le disque dur par terre. Donc les seules choses que nous avons pu récupérer quand nous avons payé pour une récupération des données, c’était les pistes de batterie. La guitare, la basse et le chant, tout avait disparu. J’ai donc dû rechanter tout le chant sur l’ensemble de l’album. Nous l’avons fait, et ensuite nous avons réécouté le résultat, et ça sonnait comme si quelque chose n’allait pas avec ma voix. Nous ne l’avions pas remarqué pendant l’enregistrement. Donc j’ai été voir mon médecin spécialisé dans la voix, il a dit que j’avais un nodule sur mes cordes vocales. Il a donc fallu qu’on me le retire. Nous avons repoussé la sortie de l’album et puis je m’y suis mis une fois que j’étais guéri, et j’ai réenregistré toutes les chansons. Donc mec, je vais te dire : j’ai eu beaucoup d’entraînement sur ces chansons et je pense vraiment que le résultat est génial !

Penses-tu que la frustration qui est sans doute montée en toi à cause de tous ces ennuis t’a en fait permis de proposer une prestation encore plus intense ?

Ouais, je le crois. Aussi, après la chirurgie, j’ai réalisé que ça faisait un petit moment que je chantais avec ce truc. Donc quand ils l’ont retiré, ma voix était revenue à l’état où elle était quand nous avions commencé avec le groupe. C’était super ! Avant de sortir notre premier album, Feel The Steel, nous avons beaucoup joué ces chansons en concert, car nous n’avions pas de contrat de maison de disques. Et ensuite, quand nous avons obtenu un contrat, nous avons enregistré les chansons que nous jouions tout le temps en live et c’est ce qu’on entendait sur le disque. Ensuite, chaque album après ça, nous les composions, nous en faisions des démos, et puis nous allions les enregistrer, et ensuite nous partions les jouer en concert. C’était donc l’opposé. Du coup, ce nouvel album nous donne le même effet que si nous l’avions joué live pendant un moment avant de l’enregistrer, un peu comme ce que nous avions fait avant. Je pense que ça s’en ressent à l’écoute.

Vu que l’album s’intitule Heavy Metal Rules, il est évident que c’est une ode au heavy metal. Mais qu’est-ce que le heavy metal pour toi ?

Le heavy metal consiste en une large variété de musique heavy. Slipknot, pour moi, c’est du heavy metal. Sone Sour, c’est du heavy metal. Van Halen, c’est du heavy metal. Mötley Crüe, c’est du heavy metal. Il y a aussi le côté plus léger du metal, c’est-à-dire Def Leppard… Leur premier album n’était pas « léger », mais Hysteria était plus orienté radio, mais ça reste du heavy metal. Ce que ça signifie pour moi : passer du bon temps et baiser des salopes après le concert.

Lexxi Foxx a déclaré : « Le heavy metal c’est génial et nous essayons de le maintenir en vie. » Quelle difficulté ça représente de maintenir le heavy metal en vie en 2019 ?

Tu sais, mec, nous faisons du mieux que nous pouvons avec ce que nous avons. Nous prenons ça au sérieux. Là tout de suite, je suis dehors, je m’entraîne pour la tournée. Ce que ça implique pour moi, c’est courir, courir dans les montées, et je parle et chante tout en le faisant, de façon à ce que, quand je monte sur scène, j’aie beaucoup d’énergie et je peux aller jusqu’au bout sans me fatiguer. Si tu ralentis, tu grossis et tu restes planté là, ça devient ennuyeux pour les gens, mec ! Si tu veux faire revenir le heavy metal, tu dois te mettre à niveau, rester en forme, être capable de chanter. Même si tu deviens gros, tu devrais quand même pouvoir chanter et courir sur scène avec ton corps plein de graisse, peu importe le moyen. Les gens veulent de l’énergie. Ils ont payé pour voir un groupe jouer. Quand je vais voir un groupe jouer, je veux voir le chanteur impliqué avec le public. Je veux qu’il parle au public. Je veux être diverti ! C’est ce que nous essayons de faire, et je pense que c’est ainsi que nous parviendrons à continuer de donner vie au heavy metal.

Quelle a été ta première expérience avec le heavy metal ?

Ma première expérience, c’était de prendre de la cocaïne tout en écoutant le premier album de Van Halen. Mon frère m’a initié à la cocaïne ce jour-là, pour la première fois. Il avait cinq ans de plus que moi. J’avais environ treize ans, je crois, ou douze, et je n’avais jamais essayé avant. Nous avons donc fait ça et il m’a joué l’album de Van Halen. Dès cet instant, j’étais accro ! Pas à la drogue mais j’étais accro à la musique et à ce style de vie, immédiatement. J’ai pensé : « Mec, c’est génial ! » Car je galérais vraiment à l’école, c’était dur. J’étais plus dans le côté social et ça m’a valu pas mal de problèmes, simplement parce que j’avais du mal à me concentrer à l’école. Alors qu’avec la musique et le heavy metal, je peux vraiment me concentrer là-dessus. Et la cocaïne a vraiment mis mon attention… Peut-être que j’avais un trouble du déficit de l’attention sans qu’ils le sachent, qui sait.

Penses-tu que la drogue et le heavy metal vont de pair ?

Certaines personnes aiment se faire un petit rail et passer du bon temps, d’autres aiment être un peu plus hardcore… Je pense que ça ne va pas seulement de pair avec le heavy metal, mais aussi avec la vie en général. C’est dur de faire face à plein de trucs qui se passent dans le monde. Et la vie quotidienne n’est pas facile, mec ! Et si elle est facile, alors c’est marrant de faire la fête ! Qui n’aime pas faire la fête ? Il faut juste faire attention. Après, si tu fais la fête, prends de la drogue et embêtes les gens, alors tu as un putain de problème. Mais si tu ne fais que te faire plaisir et si personne n’est blessé, je suis totalement pour.

« Si vous n’aimez pas la musique et qu’elle vous offense, alors éteignez-la, car si vous continuez de l’écouter alors qu’elle vous offense, ça continuera de vous affecter, et ce n’est pas de notre faute. »

A quel point l’histoire que tu chantes dans la chanson « Heavy Metal Rules » – à propos d’avoir du mal à se faire de l’argent avec cette musique – reflète ta propre histoire en tant qu’artiste ?

Oh mec, si Steel Panther avait vécu le succès que nous avons aujourd’hui en 1985, nous aurions enchaîné de multiples disques de platine et je serais millionnaire. Mais ce n’est plus comme ça. Je ne galère pas pour manger ou quoi que ce soit de ce genre, mais au début, ce n’était pas facile. Je veux dire que nous devions enchaîner les concerts et gagner juste un tout petit peu d’argent. Nous vivions tous ensemble, c’était marrant, mais on n’a pas envie de vivre éternellement comme ça. Et quand on commence à avoir ce genre de succès et qu’on voit comment ça aurait pu être si les maisons de disques n’étaient pas aussi cupides, ça rend un petit peu cynique. C’est donc l’une des raisons pour lesquelles Satchel a écrit cette chanson. J’adore cette chanson, mec. Au bout du compte, ce qui importe vraiment, c’est le lien avec les gens et les concerts, c’est vraiment pour ça que j’ai voulu être un artiste : j’aime me produire devant des gens. Donc quand on retire tout le superflu, tout l’argent, toutes les conneries, quand je suis sur scène, je ne pense pas à l’argent, je pense à mon lien avec les gens et à quel point ça fait du bien. Mon rêve est devenu réalité et je peux le vivre, et j’en suis reconnaissant.

Tu mentionnes notamment Spotify dans la chanson : vois-tu ça comme quelque chose qui connecte le groupe avec les gens ou plutôt qui tue le groupe parce que ça ne rémunère pas beaucoup ?

C’est un mal nécessaire. J’utilise Spotify, parce que je trouve ça plus pratique. Je n’utilise pas iTunes parce que c’est casse-couille, c’est déroutant. Spotify simplifie vraiment le streaming de ma musique et j’apprécie de pouvoir télécharger la musique que je veux quand je veux. Le truc, c’est que c’est là que les maisons de disques deviennent cupides. Elles ne se battent pas pour que les artistes aient la plus grosse part du gâteau, car elles veulent la plus grosse part du gâteau. Ce n’est pas la faute de Spotify.

L’album s’ouvre sur « Zebraman », qui est un extrait d’un court documentaire qui s’appelle Heavy Metal Parking Lot, sorti en 1986. Comment était la vie de Michael Starr en 86 ?

C’était super, mec ! Je vivais avec Satchel. Nous nous éclations, la vie était facile à l’époque. Il n’y avait rien à s’inquiéter. Nous n’avions pas à nous soucier des factures de téléphone ou… Car de toute façon nous n’avions pas de téléphones portables à l’époque. Le heavy metal déchirait tout, c’était génial ! C’est une putain de bonne époque. Mais tu sais, tout change, mec. Je repense à 2006 et je me dis : « Oh mon Dieu, quelle super époque pour Steel Panther ! » Nous avons été signés en 2007, et toute cette époque, ce n’était que des concerts complets sur Sunset Strip. Puis ça a changé, et maintenant, nous sommes dans cette décennie, et nous tournons partout dans le monde à faire des concerts complets. La vie déchire !

Ce film parlait des fans de heavy metal qui s’agglutinaient dans le parking en attendant un concert de Judas Priest. As-tu l’impression que les fans de heavy metal ont changé depuis ? Comment comparerais-tu les fans de 86 à ceux de 2019 ?

Oui, ils ont beaucoup changé, mais ils continuent de s’amasser avant les concerts. Je suis en train de te parler en marchant dehors, et je fais ça avant les concerts aussi, donc parfois je suis en train de marcher dans le parking avant nos concerts et il y a encore des gens qui font la fête. Ou alors ils sont dans un restaurant près de la salle en train de faire la fête. Il se passe toujours la même chose. Même aux concerts de Judas Priest. Nous avons ouvert pour Judas Priest en 2015 ou 2014 – j’ai oublié quelle année c’était – et j’ai été sur le parking, juste pour voir ce qui se passait, à cause du film, évidemment, et il y avait des gens dehors dans le parking qui faisaient les mêmes conneries ! Enfin, tout le monde était bien plus âgé, mais ils faisaient les mêmes conneries. Je pense que tout le monde est toujours passionné par la musique. Tout du moins, c’est mon expérience. Evidemment, l’âge d’or des groupes de heavy metal chevelus, c’était une sacrée époque pour cette musique et ça s’est passé dans une très courte période, car ça s’est passé de 1981 à 1989, en gros, et ensuite c’était fini. Donc cet enthousiasme ne pourra probablement jamais être reproduit, mais il existe encore un enthousiasme pour le heavy metal et pour d’autres types de musique, car les gens veulent être divertis. Ils adorent le divertissement. Je pense que c’est toujours là, mec.

Dans l’intro de « Gods Of Pussy », il y a un petit côté grunge. Le grunge est considéré comme ayant tué le metal des années 80. Du coup, que penses-tu du grunge et des années 90, en général ?

Oh bon sang, le mouvement grunge. Tout est cool, mec ! Je repense au grunge et je me dis : « Bon sang, ces groupes sont très bons ! » A l’époque, c’était très dur d’apprécier, parce que les maisons de disques avaient décidé que le hard rock ou le heavy metal, ce style de musique, n’était plus dans l’air du temps. Donc elles ont commencé à signer des groupes qui sonnaient comme ça. C’était dur de percer à l’époque, parce que j’étais branché heavy metal, et je détestais le grunge à l’époque. Mais aujourd’hui, j’y repense et je peux vraiment apprécier certains trucs que ces groupes ont faits, surtout Alice In Chains. Oh mon Dieu ! Même avec le nouveau chanteur, cette musique est putain d’excellente ! Mais je ne pense pas que le grunge était forcément une inspiration pour cette chanson. Je pense que c’est juste lié à ma façon de chanter. J’ai décidé de sonner comme… C’est une chanson émotionnelle, donc je voulais que le côté émotionnel ressorte, avec un côté détendu, un peu comme si j’étais allongé sur le lit, en train de fumer un joint, pendant qu’une nana me suce la bite. Tu vois ce que je veux dire ?

Sur un autre sujet, depuis la sortie de votre album précédent, Lower The Bar, le monde a vu l’avènement du mouvement #metoo, avec la libération de la parole des femmes afin que les hommes les respectent et arrêtent d’avoir de mauvais comportements avec elles. Quelle est la place de Steel Panther dans ce nouveau monde, pour ainsi dire ?

Notre place est dans notre propre monde. Le monde de Steel Panther. Nous avons un truc en Amérique qui s’appelle la liberté d’expression et je crois que nous pouvons faire ce que nous voulons, ce qui est cool. Si des gens se sentent offensés par ce que nous disons dans nos chansons, pas de problème, ils ne sont pas obligés de les écouter s’ils n’aiment pas. Si je vais dans un restaurant, que je mange de la nourriture et que cette nourriture m’offense, je ne suis pas obligé de revenir manger dans ce restaurant. C’est pareil avec la musique : si vous n’aimez pas la musique et qu’elle vous offense, alors éteignez-la, car si vous continuez de l’écouter alors qu’elle vous offense, ça continuera de vous affecter, et ce n’est pas de notre faute.

« Nous faisons ce que nous adorons faire : jouer du heavy metal, faire rire les gens, les divertir et voir quelques nichons. C’est ça le putain de heavy metal ! Et nous aimons ça ! Donc je ne vais pas arrêter de faire ça pour me conformer à quelque chose qui, selon nous, nous apportera plus de fans. »

De façon plus générale, que penses-tu du mouvement #metoo ?

Je trouve ça super, mec ! Je veux dire, écoute, nous avons une chanson dans l’album qui s’intitule « I’m Not Your Bitch ». La plupart des gens pensent que cette chanson est destinée aux mecs, mais ce n’est pas le cas. C’est universel. C’est pour les filles et les gars, car si un mec attend d’une femme qu’elle fasse la cuisine, le ménage et lave toujours le linge, je ne crois pas que ce soit une bonne façon de faire. Je ne sais pas pour toi, mais je trouve que c’est plus égal. Aujourd’hui, les gens sont plus du côté de : « Hey mec, je ne le fais pas, je ne suis pas ta pute. Fais-le toi-même ! » Aujourd’hui, il faut changer le style de vie où une personne fait tout le boulot. Donc, le mouvement #metoo, je le respecte, je le comprends, je saisis et je suis pour. Tu sais, je suis un gros fan de NFL, la ligue nationale de football ici en Amérique. Nous avons des femmes arbitres pour la première fois, ce qui est extraordinaire pour nous. Nous avons une femme buteuse pour les sélections cette année. Donc ça aide, et c’est bien. Mais ce qu’il faut retenir, c’est : nous faisons ce que nous voulons. Que les gens aiment ou pas… Si vous n’aimez pas, n’écoutez pas.

On a eu une discussion dernièrement avec le chanteur d’un autre groupe de sleaze. Il nous a dit qu’il trouvait que, musicalement, Steel Panther était très bon, mais il pensait que si vous étiez un petit peu plus sérieux avec vos textes, si ça ne parlait pas toujours de « chattes » et de trucs sexuels, vous pourriez faire tellement plus et atteindre bien plus de gens, y compris à la radio. D’un autre côté, ces textes font partie de ce qui a fait votre succès à l’origine. Du coup, dirais-tu que c’est toujours le cas aujourd’hui ou bien est-ce que ça commence parfois à devenir un obstacle pour aller plus loin dans votre carrière et atteindre un plus grand public ?

Non mec, nous n’allons pas changer ce que nous faisons. Enfin, pense à ce que tu me demandes, mec ! Tu me poses la question sur la base d’un mec qui a dit : « Hey, ils devraient faire de la musique plus sérieuse parce qu’ils auraient plus de fans. » Merde, nous avons probablement plus de fans que le gars à qui tu parlais ! Et la raison de ça est que nous restons fidèles à ce que nous sommes et ce en quoi nous croyons. Ce n’est pas des conneries. Nous ne sommes pas là à faire semblant d’être des musiciens. Nous faisons ce que nous adorons faire : jouer du heavy metal, faire rire les gens, les divertir et voir quelques nichons. C’est ça le putain de heavy metal ! Et nous aimons ça ! Donc je ne vais pas arrêter de faire ça pour me conformer à quelque chose qui, selon nous, nous apportera plus de fans. Nous faisons juste ce que nous voulons faire. Si ça branche les gens, tant mieux. Sinon, tant pis. Oh et soit dit en passant, la meilleure manière d’attirer les gens à tes concerts, c’est par le bouche-à-oreille. Donc si ton meilleur ami te dit : « Hey, j’ai vu ce groupe qui s’appelle Steel Panther, tu dois absolument aller les voir ! Ils déchirent ! » Tu vas écouter ton meilleur ami, parce que c’est ton meilleur ami, tu lui fais confiance. C’est la meilleure recommandation qu’on pourrait jamais espérer. N’est-ce pas ?

D’ailleurs, la dernière fois qu’on lui a parlé, Satchel nous a dit qu’« il n’y a pas tant de gens qui se plaignent de ce que [v]ous [faites]. Probablement parce que ce que [v]ous [faites] n’est pas aussi exposé médiatiquement que quelqu’un comme Kanye West, qui peut ouvrir la bouche et mettre tout le monde en colère en une demi-seconde. » Appréciez-vous justement votre succès de niveau, disons, intermédiaire pour cette raison ? Car vous pouvez faire tout ce que vous voulez sans être trop embêtés par les polémiques ?

Je pense que nous sommes plus gros qu’un truc intermédiaire et je pense que les gens nous voient comme un groupe parodique, surtout dans la presse, donc ils se moquent de nous, mais ça n’a pas d’importance. Surtout Entertainment Tonight et Billboard, ce genre de medias d’information nationaux ici, nous ne faisons pas partie de ça, mais nous avons quand même une énorme communauté de fans. Donc je suppose que si nous étions aussi gros que les Rolling Stones ou U2, ce que nous dirions aurait probablement plus d’exposition, mais mec, je suis tellement content que nous n’ayons pas à nous soucier de ces conneries ! Je tweete ou poste sur Instagram tout ce que je veux, ça n’a pas d’importance.

Est-ce que ça te dérange que les gens vous considèrent comme un groupe parodique ?

Non. Pas du tout. J’aime bien, parce que nous faisons effectivement… Je veux dire, notre truc, c’est : nous adorons le metal des années 80 et, maintenant, nous le perpétuons, nous essayons de le faire revenir. Nous portons toujours les mêmes vêtements que nous portions dans le temps et nous nous éclatons. Je veux dire que si les gens nous qualifient de groupe parodique parce qu’ils nous détestent, alors c’est cool, mec. Car si tu n’as personne qui te déteste, tu n’as aussi personne qui t’aime. Les haters sont donc super et puis ils nous motivent !

D’ailleurs, Satchel avait fait une bonne remarque la dernière fois. Il se demandait « quelle est la différence entre ‘Ten Seconds To Love’ de Mötley Crüe et ‘The Shocker’ de Steel Panther » et si Mötley Crüe devait donc aussi être considéré comme un groupe parodique.

C’est dingue, ouais. Qui aurait cru pendant tout ce temps que Mötley Crüe était un groupe parodique ?! N’est-ce pas étrange ? Hey, je pense que Satchel a totalement tort et qu’il a perdu la tête quand il parle de Mötley Crüe comme étant un groupe parodique. Il est putain de jaloux que Tommy Lee ait baisé sa petite amie ! Et voilà !

« Si les gens nous qualifient de groupe parodique parce qu’ils nous détestent, alors c’est cool, mec. Car si tu n’as personne qui te déteste, tu n’as aussi personne qui t’aime. Les haters sont donc super et puis ils nous motivent ! »

J’ai lu que vous prévoyiez de faire une série télé ou un film sur le groupe. Penses-tu que vous ayez atteint une forme limite avec la musique dans le développement du concept Steel Panther et que partir sur un nouveau média, la télévision en l’occurrence, est l’étape suivante pour faire ça ?

Oui !

Du coup, quels sont les plans ?

Faire une émission télé !

A quoi ça va ressembler ?

Ce sera en couleur et ça aura l’air de quatre gars sur un écran de télé, et ça parlera de Steel Panther.

C’est quoi le statut actuel du projet ?

Il sort la semaine prochaine !

Vraiment ?

Nah. Ça ne sort pas la semaine prochaine ! Allez, mec ! Tu vois, voilà ce que ça serait d’interviewer un groupe de grunge, ou un groupe qui n’est pas du heavy metal ou Steel Panther. On obtient des réponses avec juste des oui et des non. Je vais te dire quoi, mec, je m’explique en détail pour une raison, parce que j’aime parler, et j’aime divertir. Ce ne sera pas une émission de télé-réalité, ni sur les coulisses. Ce sera des trucs divers où nous faisons ce que nous voulons. Allez sur steelpanthertv.com et regardez les trucs que nous avons mis, il y a des petites vidéos donnant une idée de ce que nous faisons. D’ailleurs, nous avons aussi une vidéo qui sort bientôt, le 27 septembre, le jour de la sortie de l’album, ça s’appelle « Fuck Everybody », elle déchire, elle parle des gens qui parfois te font vraiment chier, et tu as juste envie de leur dire d’aller se faire foutre. C’est un hymne pour ça et ça sortira le 27 avec la sortie du nouvel album, Heavy Metal Rules !

L’année dernière, vous avez effectué une tournée spéciale intitulée Sunset Strip Live! durant laquelle vous avez fait deux sets, dont un de reprises de vos morceaux de metal des années 80 favoris, tout comme durant vos débuts. Comment c’était de revisiter le passé ainsi ?

Oh, c’était super. Nous avons énormément apprécié faire ça. C’est marrant de faire revenir certains vieux morceaux que nous avions l’habitude de jouer. Tu sais, revenir en arrière, parfois, ça peut ne pas être bien, mais notre expérience est que nous sommes revenus à une époque où personne n’a vraiment pu voir le spectacle, sauf les gens qui vivaient sur la côte ouest ou ceux qui ont voyagé pour voir notre spectacle à Hollywood. Donc nous avons pensé : « Vous savez quoi ? Amenons le spectacle Sunset Strip Live partout dans le monde ! » Nous l’avons fait et ça a déchiré ! Même Ozzy a adoré. Il a dit : « Mec, l’imitation est géniale ! » Les chansons que nous avons choisies sont celles que nous aimions le plus parmi celles que nous faisions dans nos groupes de reprises, nous avons décidé : « Oh, celle-ci en général fonctionne bien. J’adore comment on sonne sur celle-ci, donc on fera la chanson de Whitesnake. »

C’est important pour vous de rester connectés à ce qui vous a amenés ici ?

Je le fais naturellement, parce que j’adore ça. Et tu sais, je m’intéresse à de nouveaux groupes. J’adore des nouveaux groupes aussi. L’un des groupes que j’aime beaucoup est un groupe qui s’appelle Great Van Fleet. Ils ne sont pas totalement nouveaux, ils ont quelques années derrière eux maintenant. Tu sais, le feeling à la Led Zeppelin me manquait et eux le ramènent, et c’est sympa à écouter. Certaines personnes les qualifient de groupe parodique, comme s’ils se moquaient de Led Zeppelin. C’est étrange !

Penses-tu que c’est en apprenant et jouant des reprises à vos débuts que vous avez appris à faire de bonnes chansons ?

Je ne sais pas. Qu’est-ce que tu en penses ? Tu trouves que les chansons sont bonnes ? Moi je trouve qu’elles le sont ! Tu sais quoi ? Si on arrête d’apprendre, on arrête de grandir. Je continue à rester ouvert et à apprendre autant que je peux, car si tu crois tout savoir, alors comment vas-tu te développer ?

Pour finir : Michael Starr est ton nom de scène, mais y a-t-il la moindre différence entre Michael Starr et Ralph Saenz ?

Ouais, il y a une grosse différence. Ralph portait du Spandex avec seulement des lacets sur le côté, à droite. Et Michael porte des lacets qui montent au milieu. C’est la seule différence.

Interview réalisée par téléphone le 18 septembre 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : David Jackson.

Site officiel de Steel Panther : www.steelpantherrocks.com.

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  • Sympa l’interview. Le fait qu’il soit seul au téléphone, ça a aidé pour des réponses sérieuses.

    Le groupe restera donc dans son créneau… Même si on est pas à l’abri d’un futur album inspiré, je pense qu’on est plus près de se prendre une claque à la « feel the steel ».

    Les concerts seront toujours top, tant que le groupe remanie sa setlist. Avec 5 albums, y a de quoi faire (bien que je me passerai volontiers d’un titre de « heavy metal rules »).
    Leur projet série, film… c’est là ou la partie déconnade sera intéressant. J’aime quelques trucs qu’ils ont fait, mais ils s’éloignent de la zik. Ils prennent leurs persos, et les mettent dans d’autres situations.

    On verra bien.

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