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Nouvelles Du Front   

Stephen Carpenter (Deftones) : bénis soient ceux qui téléchargent (même illégalement)


Le problème du téléchargement illégal fera très probablement débat jusqu’au jour où, dans un monumental holocauste informatique, Internet connaîtra une mort violente. Le World Wide Web est un Far West high-tech complexe avec ses pionniers du code HTML, ses constructeurs de réseaux de chemins de fer sociaux, ses filles de mauvaise vie dans leurs bordels qu’on trouve en tapant trois ou quatre lettres dans un moteur de recherche, et ses bandits, qu’ils soient simples voleurs de pommes mp3 ou hackeurs-pilleurs de trains numériques.

Mais, même une fois que les lois de la côté Est ont fini par s’imposer au bord du Pacifique, la Californie n’a jamais été débarrassée de la moindre criminalité, il y aura toujours des gangsters ou des voleurs de bicyclettes ; et les enfants d’Autolycus se multiplieront comme ceux d’Adam jusqu’à la fin des Hommes. Par conséquent, ce qui suit, via les récents propos d’un de ces turbulents Californiens (à sa manière), Stephen Carpenter, guitariste de Deftones, ne va aucunement faire avancer le débat, mais démontre que ce débat a une longue vie devant lui.

Au cours des dernières années, on a pu compiler certaines déclarations d’artistes concernant le téléchargement illégal (cf. en fin d’article), parfois alarmistes, parfois pédagogues voire moralistes, et certains tellement décontractés sur cette question que cela frôle le suicide professionnel comme le « « Faites-le. Allez-y ! » de Devin Townsend. Et le Canadien pourrait sans doute s’entendre avec cet autre gratteux qui, au micro de Loud Guitars (cf. vidéo ci-dessous, à partir de 5 minutes), n’hésite pas à donner sa bénédiction à ceux qui téléchargent illégalement sa musique :

« Je leur dis alléluia. Tu sais, je dis ça pour une seule raison, la vérité c’est que les gens qui téléchargent ta musique sont tes fans. Ou des gens qui potentiellement vont devenir tes fans. Et si tu t’énerves contre quelqu’un qui s’intéresse ou va s’intéresser à ce que tu fais, à quoi ça sert ? Qu’est-ce que tu fous ? Si ce n’est qu’une question d’argent, alors c’est sûr que tu vas te sentir offensé. Mais si ton but réel, c’est de tirer du plaisir de ce que tu fais et de faire plaisir à d’autres, alors tu n’as pas à te prendre la tête. Je dis bienvenue à toutes les personnes qui téléchargent notre musique. Ce ne seront pas les premiers et encore moins les derniers, et qui veut combattre ça le fera en vain. »

En résumé, Stephen, il est cool, très cool même. Si tu lui prends sa musique sans sortir une pièce, il peut même t’offrir un câlin en bonus. En fait, il n’est même pas impossible que son côté ultra-positif, il l’ait trouvé dans une cigarette à la senteur chanvrée à voir ses petits yeux et son air réjoui durant toute cette interview. Mais s’il a ouvert les portes de la perception avant cette déclaration très « peace & love » (on est là pour se faire plaisir, pas pour se fâcher pour quelques billets), peut-être a-t-il vu le vrai sens de la musique, hors de tout contexte marchand.

A lui seul, il n’a sans doute pas fermé le débat, même si certains y trouveront tout ce qu’ils ont toujours voulu entendre et pourront ainsi dire le jour où ils se feront pincer pour cet acte toujours illégal à l’heure actuelle qu’ils ont eu la bénédiction du musicien. On imagine aussi ceux qui ne seront pas satisfaits par ses idées – par exemple, d’autres musiciens dont la carrière est moins avancée, ou ne connaissent pas, ou n’ont pas encore connu le même succès que le groupe de Carpenter, et qui cherchent à vivre de leur passion – et qui trouveront peut-être un point de vue plus valable à leurs yeux dans les différentes citations ci-dessous que vous avez déjà croisées, par le passé, dans nos colonnes, dont une nouvelle, récente, par David Draiman (Disturbed, Device), auprès d’Examiner, qui voit une solution dans les plate-formes d’écoute comme Spotify pour réduire progressivement l’impact du téléchargement illégal. Mais l’efficacité de ces dernières est encore un autre débat.

David Draiman (Disturbed) : « [Spotify] est une parfaite utilisation de la technologie et qui retire toute attractivité au partage de fichiers illégal, parce que vous avez accès à toute la musique avec une qualité de son élevée à un prix très raisonnable, et/ ou gratuitement, […] et en même temps, il y a toujours une somme reversée à l’artiste. Personne ne se fait voler par personne, les gens touchent une compensation, et tout le monde est heureux. […] C’est ce que j’ai désiré pendant des années et des années, et il a fallu attendre Spotify pour ce soit faisable pour tous. Je remercie Dieu pour ça. »

Arjen Lucassen (Ayreon) : « On n’y peut rien. On pourrait envoyer la e-police mais ce serait un peu extrême ! (rires) J’imagine une société à la 1984, façon George Orwell, complètement contrôlée par la police, où les gens n’auraient pas le droit de télécharger. […] Mais je peux comprendre les gens qui téléchargent illégalement. Je fais la même chose. On a la possibilité d’obtenir un nouvel album en deux minutes pour y jeter une oreille. Donc, oui, je comprends ceux qui font ça et je ne les blâme pas. Ce que je critique, c’est la possibilité même de voler toute la musique qu’on veut. […] Si ça continue comme ça, je pense que la musique finira par devenir un hobby. Les musiciens auront un job alimentaire et feront de la musique le week-end et pendant les vacances. »

Devin Townsend : « Faites-le. Allez-y ! Je ne pourrais continuer que si je me fais un peu d’argent, n’est-ce pas ? Donc si vous aimez la musique, venez aux concerts, achetez un T-shirt, ou n’importe ! Mais au final, qu’est-ce que je veux ? Est-ce que je préférerais me faire une tonne de pognon ou faire écouter aux gens ce que je fais ? Je préfère avant tout faire écouter ma musique que de gagner de l’argent. […] Aujourd’hui j’ai un gosse à nourrir, j’ai un emprunt immobilier à rembourser et tout le bordel… Alors ça fait chier. Il faut que j’assure tout ça. Mais si les gens veulent me télécharger, ça ne me pose aucun problème. […] Ne pas vouloir que les gens t’écoutent n’a pas vraiment de sens. Enfin, je fais beaucoup d’efforts pour faire ma musique et j’aimerais faire un peu de fric un jour, mais sérieux, si je faisais ça pour l’argent… […] Je pense que les gens devraient être libres d’analyser la musique, de la négliger, de l’aimer ou de ne pas l’aimer, de se la procurer ou de la payer. Ça n’a pas d’importance. Honnêtement, si personne n’achète plus aucun album, je trouverais un moyen de vivre. Je sais faire des trucs ! Alors, allez-y ! »

Dan Wyndorf (Monster Magnet) : « C’est difficile à l’âge moderne d’éduquer les jeunes gens sur le fait que la musique ne vient pas de nulle part. La musique vient des gens, les gens font de la musique et ils essaient d’en faire vraiment, vraiment durement. Ce n’est pas une honte qu’Internet existe et ce n’est pas honteux que les gens partagent et ce n’est pas la honte que les gens volent même. C’est juste la manière dont ça tourne. La honte dans tout ça c’est qu’il y a beaucoup de gens qui ne savent vraiment pas ce qu’écrire une chanson signifie. Ils ne le savent pas et ils s’en foutent. Ils pensent que la musique est comme un robinet, tu n’as qu’à tourner le robinet et la musique arrive gratuitement. […] Les gens vraiment sérieux, qui sont sérieux vis-à-vis de leur musique ont peur, très peur, de faire leur vie dans la musique maintenant parce que tu ne peux pas être payé. Je pourrais prédire qu’il y aura moins de bonne musique au cours de ces dix prochaines années et qu’elle sera encore moins bonne d’ici vingt ans. […] Les artistes ne sont pas dans ce jeu juste pour être sacrifiés comme des putains d’agneaux. Ils veulent de l’argent – ils veulent vivre. »

Simone Simons (Epica) : « Je m’efforce de donner mauvaise conscience aux gens qui m’entourent s’ils téléchargent de la musique, surtout étant donné que je suis musicienne, c’est mon travail. Tu travailles deux ans pour produire un album que les gens peuvent télécharger gratuitement en une minute sur Internet. C’est tout ce que je peux faire, mais je le fais autant que possible. »

Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour) : « Pour commencer si la grande majorité de la musique n’était pas aussi merdique les gens ne téléchargeraient pas gratuitement. »



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  • Pareil, si je n’aurais jamais téléchargé, je n’aurais jamais découvert ce putain de truc d’enfer qu’est le Metal et qui me donne toujours autant de frissons, je n’aurais jamais été voir le BIG 4 au Sonisphere en 2011, je n’aurais pas été voir Metallica au Stade de France le 12 mai 2012, je n’aurais pas été à la 2eme édition du Sonisphere en 2012 et je n’aurais pas acheté ma place pour cette année … Etant étudiant je n’ai pas beaucoup d’argent mais dès que je peux, j’essaie au maximum de m’offrir des CDs et des DVDs et des tee shirts .. Donc je pense donner au moins un minimum de retour aux groupes que je vénère !

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  • Game-system dit :

    Hahaha, pas mal le point de vue de Corey Taylor, il a tout à fait raison! 😀

    J’admire aussi le point de vue de Carpenter (qui est un excellent guitariste d’ailleurs)

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  • Dans un temps que les moins de 40 ans ne peuvent connaitre, internet et le le téléchargement n’existait pas… mais il y avais les cassettes vierges pour copier et échanger la musique.
    Adolescent je pense pas avoir acheté un seul vinyls, par contre plus tard quand j’ai eu un boulot et le pognons qui vas avec j’ai acheté tout les vieux albums de mes groupes préféré.
    Maintenant, oui je télécharge et en effet ça permet parfois de découvrir et d’acheter un album quand j’aime ce que j’entends, mais la plupart du temps ça m’évite surtout de claquer du fric pour une bouse.

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  • Vlaanderen dit :

    2/3 Vinyls par mois
    2/3 groupes téléchargés par mois
    3/4 Concerts par mois de la Belgique à l’Allemagne jusqu’au Pays-Bas
    1/2 T-shirt ou autre marchandising de groupe favoris

    Alors oui je télécharge, mais je pense donner beaucoup en retour au groupes, pour certain découvert en téléchargeant.

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  • perso j’aime bien le point de vue de Corey Taylor.
    Pour ma part je télécharge, mais à côté de ça, j’achète pas mal de CD (et même quelques vinyles)de t-shirt des choses du genre. Choses que je n’aurais jamais acheté si je n’avais pas découvert les groupe grâce au téléchargement. Si un artiste en vaut la peine le garde et j’achète ses CD si je les trouve, sinon je les supprimes et ce sera comme si je ne les avait jamais téléchargé.

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  • HeavenNorHell dit :

    Corey Taylor président !!!
    Les groupes n’ont qu’à sortir des vinyls, ils se feront du pognon !!! lol

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  • j’avoue que meme si je ne suis pas fan de corey taylor il m a bien fait rire la.
    sinon ya toujours le systeme que j’applique, je telecharge et ensuite j’achete les cds qui valent vraiment le coup, en plus de payer un abonnement deezer. Mais pas grand monde fait ca, c’est dommage.

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  • C’est Dave Wyndorf et non Dan Wyndorf…

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  • Corey Taylor a tout dis 🙂

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  • FrancoNoFX dit :

    Corey Taylor qui dans sa mgnificence a

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    Phil'

    Toi, t’allais balancer une connerie et ton ordi a planté. 😀

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