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Live Report   

Steve Vai ne triche pas


Le moins que l’on puisse dire est que Steve Vai n’a pas chômé durant la pandémie. En effet, le guitariste de sopixante-deux ans a profité des confinements forcés pour composer et enregistrer les morceaux de son dixième album, Inviolate. Parallèlement à son travail de composition, l’homme s’est aussi investi avec les équipes d’Ibanez pour concevoir Hydra, une guitare conceptuelle sous forme de défi technologique et d’influences steampunk qu’il a présentée récemment dans la vidéo du morceau « Teeth Of The Hydra ». Hydra… Ce véritable monstre à trois têtes dotés d’un manche douze cordes qui devient fretless à partir de la neuvième case, d’un autre de sept cordes et d’un troisième de basse quatre cordes dont deux fretless, en plus de ses treize cordes traversantes de harpe, en a fasciné plus d’un. Autant dire que l’annonce d’une tournée européenne avec pas moins de huit dates en France a réveillé les ardeurs des fans à l’idée de voir le maestro jouer avec cette guitare unique.

Mais d’Hydra, il n’en sera pas malheureusement pas question, Steve Vai n’ayant pas apporté son instrument avec lui sur le Vieux Continent. Le guitariste a été opéré des tendons de l’épaule l’année dernière peu avant l’enregistrement d’Inviolate, le contraignant ainsi à ne pas porter de poids trop lourd pour ne pas forcer sur son épaule. Il espère pouvoir utiliser Hydra dans sa future tournée US qui débutera le 28 septembre prochain et peut-être même revenir en Europe courant 2023 pour présenter l’hydre à trois têtes aux fans européens…

Artistes : Steve Vai
Date : 12 juillet 2022
Salle : Le Bikini
Ville : Toulouse [31]

Aujourd’hui, c’est au Bikini, dans l’enceinte de la ville rose, que Steve Vai a pris ses quartiers, neuf ans après son dernier passage à Toulouse. Le public est venu en nombre en ce soir du 12 juillet, si bien qu’il est assez difficile de se frayer un chemin pour parvenir jusqu’au-devant de la scène. Il faut dire qu’avec plus de quarante ans d’activité aux côtés d’artistes comme Frank Zappa ou David Lee Roth tout en menant une carrière solo depuis 1984, le guitar hero est devenu une véritable légende qui fait bouger les foules !

Suite à la Covid-19 et à ses blessures, cela faisait trois ans que Steve Vai ne s’était pas produit sur les planches. Cette tournée européenne, commencée le 4 juin dernier à Glasgow avec un passage remarqué au Hellfest, est donc l’occasion pour lui de retrouver ses fans et de renouer avec les ambiances des concerts. Sans première partie pour chauffer la salle ce soir, c’est à 20h45 tapantes que le guitariste entre en scène en compagnie de Dave Weiner (guitare), Philip Bynoe (basse) et Jeremy Colson (batterie) sur une petite intro qui permet au maître de nous montrer qu’il s’est bien remis de ses récentes interventions chirurgicales. Après quelques minutes de soli endiablés, Steve Vai présente « Avalancha », un nouveau titre issu d’Inviolate devant un public déjà tout acquis à sa cause. Ce morceau qui reste très accessible pour le quidam recèle de nombreuses acrobaties techniques dont seul le shredder a le secret, alternées avec des mélodies bien senties. C’est d’ailleurs là tout le tour de force de Steve Vai qui va s’employer durant tout son set à mettre en avant des morceaux d’une rare technicité, sans jamais (trop) sacrifier les mélodies sur l’autel de la démonstration pure et dure même si la musique de Steve Vai s’adresse de prime abord aux initiés (« Giant Balls Of Gold », Tender Surrender », « Bad Horsie »…). Comme on pouvait légitimement s’y attendre, la setlist met à l’honneur des titres du dernier album avec « Avalancha », « Little Pretty », « Candle Power », « Greenish Blues » et « Zeus In Chains » qui, en plus de passer avec brio le baptême du feu en live, témoignent de la créativité sans bornes du guitariste. En effet, en plus de comporter une bonne dose de technique (pléonasme…), les morceaux construits au travers de structures à tiroirs permettent à Steve Vai de développer plusieurs ambiances au gré des directions artistiques de ses compositions. L’homme aime sortir des sentiers battus et ça se sent ! À ce titre, le guitar hero présentera sa nouvelle technique de « joint shifting » (réaliser des bends en même temps mais dans des directions opposées) sur « Candle Power » ou partira dans des ambiances langoureuses avec une Gretsh sur « Little Pretty », très intéressant.

Prestation instrumentale du maestro oblige, on aurait pu s’attendre à un set assez froid, limite clinique. Or, en plus de ses interventions au micro pour discuter avec le public entre les morceaux, le sieur Vai laisse aussi la place aux musiciens qui l’accompagnent afin que ces derniers puissent s’exprimer musicalement. À ce titre, l’excellent Dave Weiner gratifiera le public d’un solo avant que le groupe enchaîne sur le très bon « Building Church », à la fin duquel le maître terminera par un tapping à deux mains tout bonnement époustouflant ! Derrière Steve Vai, la section rythmique tourne à plein régime, notamment grâce à un Jeremy Colson impressionnant et au bassiste Philip Bynoe tout en groove. Ce dernier aura d’ailleurs lui aussi droit à un petit espace au travers d’une prestation en slap à la fin de « Candle Power » quelques minutes avant que le cogneur de fûts nous fasse les honneurs d’un solo monstrueux. Comme à son habitude, Steve Vai ne s’est pas entouré de manchots puisque ces derniers ont d’ailleurs participé à l’enregistrement d’Inviolate aux côtés de toute une pléiade d’invités de renom (Billy Sheehan, Terry Bozzio, David Rosenthal…). Loin de se cantonner à Inviolate, le gratteux compte bien régaler le parterre de fans en faisant un tour de ses différents albums solos, à l’instar de morceaux tels que « Bad Horsie » et « Dyin’ Day » issus du milieu des années 90 ou de « Tender Surrender », « Giant Balls Of Gold » et « Whispering A Prayer » du début des années 2000. Force est de constater que ces titres n’ont pas vieilli… Preuve que la musique de Steve Vai est intemporelle ?

Dans l’antre du Bikini où résonne le déferment des notes de guitare, l’ambiance est très attentive voire même sérieuse. En effet, le public de ce soir est avant tout ici pour écouter la musique de Steve Vai et s’imprégner des mille et une ambiances des compositions. Bien entendu, les parties où la démonstration est mise en avant de façon ostentatoire sont particulièrement scrutées mais ça ne fait pas tellement bouger l’audience. Il faudra attendre la fin du set et l’arrivée de « Liberty » et « For The Love Of God » tirés de l’album classique Passion And Warfare (1990) pour que l’audience du Bikini se lâche un peu devant un Steve Vai en feu. En effet, l’homme fait le show depuis le début et n’a pas son pareil pour se mettre le public dans sa poche, notamment grâce à des expressions communicatives. Malgré toutes ces années à jouer de la guitare, on sent que le shredder a toujours cette passion en lui et qu’il ne triche pas. La communion avec ses fans est bel et bien réelle comme sur ce rappel « Taurus Bulba » de haute volée. Quelle virtuosité !

Après deux heures d’un concert intense au travers de compositions aussi ambitieuses que virevoltantes, Steve Vai quitte la scène du Bikini sous les ovations d’un public à la fois K.-O. debout et émerveillé par une telle prestation. Le guitar hero a prouvé encore une fois qu’il était un guitariste hors norme doté d’une richesse musicale phénoménale et qu’à soixante ans passés, il avait encore des choses à partager. Mais il est maintenant temps pour lui de partir en Espagne afin de mettre un point final à sa tournée européenne. Espérons que le maestro soit de retour en 2023 comme il l’a annoncé pour nous montrer de quel bois se chauffe Hydra…

Setlist :

Intro
Avalancha
Giant Balls Of Gold
Little Pretty
Tender Surrender
Lights Are On
Candle Power
Solo Dave Weiner
Building Church
Greenish Blues
Bad Horsie
I’m Becoming 2007
Whispering A Prayer
Dyin’ Day
Solo Jeremy Colson
Zeus In Chains
Liberty
For The Love Of God
Taurus Bulba



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