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Chronique   

Steven Wilson – 4½


Steven Wilson - 4½Steven Wilson est insatiable. 4½ vient s’insérer entre le récent Hand. Cannot. Erase. et le prochain opus du musicien qui ne saurait tarder. 4½ se rapproche davantage d’un mini album que d’un EP avec ses 37 minutes de musique : 4 titres issus des sessions studio de Hand. Cannot. Erase., un de The Raven That Refused To Sing (And Other Stories) (2013) et une reprise de « Don’t Hate Me » de l’album Stupid Dream (1999) de Porcupine Tree, en duo avec la chanteuse Nina Tayeb déjà présente sur Hand. Cannot. Erase. Ce qui est certain à propos de ce 4½, c’est qu’il est très difficile de faire une « indigestion » de l’oeuvre de Steven Wilson, aussi prolifique soit-il.

4½ pourrait sombrer dans l’écueil de l’EP « remplissage », servant des titres réchauffés, à l’origine écartés des efforts studio de l’artiste. En réalité 4½ prend la forme d’une friandise : exit la cohérence globale, on appréhende les titres un à un, qui révèlent à nouveau l’attention au détail toute « wilsonienne ». On retrouve bien évidemment le penchant pop-rock progressif à travers le riff accrocheur de « My Book Of Regrets », inséré dans un titre de plus de 9 minutes qui raviront les aficionados des évolutions à la Led Zeppelin, merci Guthrie Govan. « Happiness III » illustre l’affection de Steven Wilson pour les mélodies mielleuses, sans jamais tomber dans le ridicule ou le parodique. Surtout, 4½ a le mérite de démontrer une nouvelle fois la polyvalence du sieur Wilson à travers trois titres instrumentaux. « Vermilioncore » rappelle les ascendances de l’artiste, à savoir un profond respect pour l’œuvre de Frank Zappa ou King Crimson. Les nostalgiques de Porcupine Tree retrouveront un riff entraînant à l’image d’un « Blackest Eyes » sur In Absentia (2002) ou d’un « Shallow » (Deadwing, 2005). Le très progressif « Sunday Rain Sets In » désoriente par son aisance à installer une atmosphère mystérieuse via quelques notes de piano et accords. Une progression mélodique qui paraîtra familière aux habitués mais qui fait mouche à chaque fois, à croire qu’il existe une recette miracle en la matière. Que dire alors de « Year Of the Plague » ? Cette petite composition instrumentale de 4 minutes est l’incarnation même de la mélancolie, entretenant une parenté avec les ambiances proposées par Storm Corrosion. Le point d’orgue de cet EP est peut-être la reprise de « Don’t Hate Me » avec Nina Tayeb. Rien de profondément nouveau, rien de transcendant. Simplement une exécution parfaite de la chanteuse et quelques réarrangements plus en phase avec ce que Steven Wilson propose désormais qui apportent une nouvelle dimension au titre, que l’on redécouvre avec plaisir.

Il ne faut pas se tromper sur 4½, il s’agit bien de titres ne figurant pas sur les deux précédents efforts studio : ce n’est pas réellement une avancée dans le périple de Steven Wilson, plutôt un témoignage de ses acquis. Sans être superflu, 4½ n’est pas un item indispensable dans la discographie de l’artiste à vrai dire. Simplement un effort qui permet de patienter en attendant le prochain album studio. Pas essentiel mais extrêmement agréable : une friandise on vous dit.

EP , sortie le 22 janvier 2016 chez K-Scope.



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