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Live Report   

Steven Wilson mérite sa couronne de roi du prog


Il fait une belle journée en ce 28 septembre 2015 lorsque le mythique Royal Albert Hall se découvre devant nos yeux ébahis. Nous sommes à Londres et bien loin des clichés de l’english fog, nombreux à converger vers ce haut lieu de la musique britannique. Le bâtiment est majestueux, il faut bien l’avouer. L’accès y est aisé avec ces nombreuses portes vous menant presque quasiment à la zone où vous êtes placés. On ne sait plus trop ce a quoi on va assister tant la salle étourdit par sa beauté, sa taille, les ors et les drapés, les loges… Pourtant il va bien se tenir ici un concert rock.

Première impression pour un show annoncé complet de longue date : il reste de nombreuses places, notamment dans les loges. La faute à d’heureux locataires de loges à l’année ayant peu d’intérêt pour notre hôte de la soirée. La scène est dressée, le matériel en place, et première surprise, l’actrice Carrie Grr présente sur les vidéos réalisées par le sieur Lasse Hoile (quand il ne travaille pour Opeth) pour illustrer le dernier album de Steven Wilson est déjà sur scène. Elle est assise et écrit sur un bureau éclairé d’un petit abat-jour. Le concert n’a pas commencé mais le sens de la mise en scène est déjà présent. A 19H45, la salle est plongée dans l’obscurité et seule la lumière du petit bureau demeure. L’actrice se redresse, se lève, enfile son manteau et quitte la scène pour laisser la place à la troupe du maître des lieux pour deux soirs de suite.

Artiste : Steven Wilson
Date : 28 septembre 2015
Salle : Royal Albert Hall
Ville : Londres [Angleterre]

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Une salle mythique
Le casting de son super groupe a évolué après la tournée européenne passée par l’Olympia. Dave Kilminster, guitariste habituellement accompagnant Roger Waters, remplace le talentueux Guthrie Govan. Derrière les fûts c’est Craig Blundell qui a la lourde tâche de suppléer l’impressionnant Marco Minnemann. Encore une fois, Steven Wilson a su s’entourer car les deux shows de Paris et Londres auxquels nous avons assisté sur cette tournée ont prouvé que les nouveaux venus ont su apporter leur touche personnelle sans proposer une relecture note pour note pour leurs parties. Les premières notes de « First Regret » résonnent sous les claviers d’Adam Holzman et le groupe entre un à un, longuement acclamé. On sent une certaine tension car il s’agit pour Steven Wilson de son deuxième Albert Hall sous son nom. L’homme étant d’un perfectionnisme rare (voire maniaque), on sent son désir de bien faire et une pression qui lui pèse. Mais cela s’envole vite dès les premiers accords de « 3 Years Older » avec un son littéralement incroyable. Est-ce grâce à l’acoustique ou l’ingénieur du son (ou les deux) ? En tout cas le rendu est très impressionnant.

Un très grand monsieur
Crédit photo – Camila Jurado Photography
Steven prend alors la parole pour annoncer que les deux soirées seront très différentes. Ce soir nous aurons droit à l’album complet Hand. Cannot. Erase. suivi d’une seconde partie mêlant anciens titres de sa carrière solo ou de Porcupine Tree avec des invités spéciaux. Jubilation car il se murmure un concert de près de trois heures. On enchaîne sur « Hand Cannot Erase », Nick Beggs à la basse est plus remuant qu’à l’accoutumée, haranguant le public pour encourager le groupe qu’on sent encore sur la réserve. Arrive « Routine », et première surprise. Steven nous présente le titre en nous rappelant que sur sa tournée il a pour habitude de s’excuser car la partie chantée par Ninet Tayeb avec lui est enregistré… « but not tonight ». Ninet le rejoint ainsi pour un « Routine » de toute beauté avec son clip très émouvant réalisé par Jess Cope et projeté en arrière plan. Elle assure tout le chant sans le partager avec Wilson qui se contente d’harmonies vocales ici et là. Une performance saluée au final.

Les titres de l’album s’enchaînent exécutés avec maestria et avec une balance du son permettant d’apprécier chaque instrument et toute la richesse de la musique jouée. Le morceau de bravoure « Regret #9 » avec son solo de clavier suivi par celui de la guitare laisse sans force la salle littéralement transportée. « Ancestral » et son final ultra heavy voit dans la fosse headbanguer côte à côte gentlemen endimanchés et metalleux chevelus. Moment fun aussi où Steven Wilson en introduisant « Happy Returns » nous fait un peu de promo gratuite en parlant de son modèle signature de guitare acoustique. Sa contribution la plus notable dans sa conception a été de designer le mot « black » dessus. Une évidence pour une guitare… noire ! Vient l’heure de la fin du premier set et un petit entracte de vingt minutes nous permet de reprendre nos esprits et crever d’impatience il faut bien le dire pour le second set.

Ninet Tayeb
Crédit photo – Camila Jurado Photography
Lumières éteintes, le groupe revient. Steven fait alors une annonce : « Il y a quatre ans j’ai enregistré un album avec un très bon ami à moi et nous n’avons jamais pu le jouer en live, ce soir pourrait être l’occasion… J’appelle à me rejoindre mon très bon ami Mikael Åkerfeld. » Ovation pour le guitariste/chanteur d’Opeth, le public conquis n’en demandait pas tant ! Alors quel titre de cet album Storm Corrosion sera joué par les deux compères ? Ce sera « Drag Ropes », avec en arrière-plan le film d’animation assez pesant racontant un sujet une nouvelle fois très gai : une pendaison ! On voit l’évidente complicité entre ces deux grands hommes du rock progressif. Malgré la relative difficulté à rentrer dans l’album, ce titre passe plutôt bien l’épreuve de la scène. On est surtout porté par la curiosité et le plaisir de ce duo live très inattendu.

On continue les réjouissances avec un titre parlant d’un tueur en série, « Index » tiré de son deuxième album solo, Grace For Drowning. Glaçant tant Steven semble habité par ce personnage qu’il dépeint à la première personne dans son texte. Une éclaircie survient dans ce spleen pourtant plaisant à écouter avec « How Is Your Life Today » tirée de son répertoire avec Porcupine Tree ! On enchaîne avec « Lazarus » des mêmes Porcupine Tree tirée du mésestimé Deadwing. Puis une rareté : un titre mis de côté pour Hand. Cannot. Erase. : « Book Of Regrets ». Une composition à tiroirs de près de douze minutes. Une sorte de condensé de l’album où l’on reconnaît quelques réminiscences des mélodies qui y sont présentes. On ne s’ennuie pas !

Mikael Åkerfeld
Crédit photo – Camila Jurado Photography
Vient « The Watchmaker » puis « Sleep Together » (Porcupine Tree) qui clôturent le deuxième set. Le public se met alors debout comme une seul homme et semble possédé par les dernières envolées lorgnant vers des mélopée arabisantes. Lors de cette standing ovation de la salle, l’émotion des musiciens est palpable et à voir les mines réjouies autour de soi, l’émotion est partagée par la salle qui a conscience d’avoir vécu un moment unique. Mais y aura t-il un rappel après ces deux heures trente déjà écoulées ? La réponse est oui avec « The Sound Of Muzak » (Porcupine Tree). Puis vient « The Raven That Refuses To Sing », final poignant avec toujours cette recherche d’associer films d’animation projetés derrière le groupe et la musique, l’un étant au service de l’autre.

Au total, ce sont plus de trois heures que le public londonien aura passé en compagnie de ce talentueux compositeur, arrangeur, ingénieur du son etc. lors de ce concert qui restera gravé dans la mémoire de tous les présents.

Merci à vous tous !
Crédit photo – Camila Jurado Photography
Setlist :

First Regret
3 Years Older
Hand Cannot Erase
Perfect Life
Routine (avec Ninet Tayeb)
Home Invasion
Regret #9
Ancestral
Happy Returns
Ascendant Here On…
Drag Ropes (Storm Corrosion) (avec Mikael Åkerfeldt)
Index
How Is Your Life Today? (Porcupine Tree)
Lazarus (Porcupine Tree)
My Book Of Regrets (non enregistrée issue des sessions de Hand. Cannot. Erase.)
Harmony Korine
The Watchmaker
Sleep Together (Porcupine Tree)

Rappels :
The Sound Of Muzak (Porcupine Tree)
The Raven That Refused To Sing

Live report : Guillaume Faurie.



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  • J’y étais. ..et je confirme le compte rendu. Juste dommage que Guthrie n’était pas présent ce soir là mais c’était fabuleux… quand aux loges? Nous avons pu en squatter une alors que nous avions des places au dernier rang, surclasser après les premières notes puisque incomplet comme dans un théâtre. C’était incroyable. Mention spéciale pour avoir eu l’honneur d assister au premier live de storm corrosion , selon moi un des moments les plus intenses du show.
    Je venais de le voir deux jours plus tôt à lille et quelques mois avant à paris, mais ce concert au royal Albert restera à jamais dans mes esprits.

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  • PUTAIN, DRAG ROPES !

    :'(

    [Reply]

  • Mon dieu, ça devait être hallucinant. Déjà en petit concert dans une salle « normale » il m’avait fait grande impression, alors là…
    Ah euh par contre, c’est « Åkerfeldt » avec un ‘t’, non ? Hérésiiie !! o( ^_^ )o

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