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Interview   

Steven Wilson renvoie l’état d’esprit du metal à la fonderie


Il y a des interviews qui sont tellement intéressantes que l’on ne sait même pas comment les introduire. Vous qui nous lisez régulièrement avez certainement l’habitude de voir les citations marquantes de chaque interview en-dessous de chaque photo. Vous n’avez pas idée à quel point cela a été difficile de sélectionner les meilleures de cet entretien : Steven Wilson en a des choses à dire : évolution de l’industrie du disque ou la « génération iPod », indépendance d’un artiste vis-à-vis de ses fans, la notion de créativité au sens large

Et il n’a pas sa langue dans sa poche. Récemment, il émettait de sévères critiques sur le metal, un genre qu’il ne considère plus comme créatif. Au cours du présent entretien fleuve (plus de quarante minutes), nous sommes longuement revenus sur ses propos afin de lui permettre de développer son argumentaire, sur lequel nous attendons vos réactions en commentaire.

Puis nous avons fait le tour de ses différentes actualités : son album solo (une date est d’ailleurs prévue au Bataclan de Paris le 26 octobre), son projet avec Mikael Akerfeldt (Opeth), sans oublier, bien évidemment, le futur de Porcupine Tree.

Savourez.

« Il aura fallu vingt ans d’expérimentation et d’exploration avec mes différents groupes et projets solo pour que je me sente enfin prêt à réunir tous les aspects de ma personnalité musicale et pour m’assurer que l’ensemble soit cohérent et complet, plutôt que de proposer un mélange d’idées complètement schizophrène. »

Radio Metal : Avec tous les différents projets que tu gères, comment parviens-tu à écrire différemment d’avec ton groupe principal, Porcupine Tree ?

Steven Wilson : Porcupine Tree est un groupe de quatre personnes. Même si je suis le principal compositeur du groupe, je ne perds pas de vue pour qui j’écris. J’ai une certaine idée en tête quant à ce à quoi les autres membres du groupe répondront positivement ou pas, ce qu’ils aimeront jouer ou non. Par définition, cela signifie que la musique destinée à Porcupine Tree est limitée, mais dans le bon sens du terme. Je pense que poser des limites à un groupe lui permet d’avoir une personnalité, une identité. L’identité de Porcupine Tree est définie par ce sur quoi nous pouvons nous mettre d’accord pour jouer. Mais en dehors de ça, il y a beaucoup d’autres styles que nous aimerions explorer et que nous n’explorerons pas avec Porcupine Tree. C’est vrai pour moi et pour les trois autres. D’une certaine façon, la composition pour mon album solo regroupe la musique que je ne pourrai pas demander à Porcupine Tree de jouer. C’est très libérateur car ça permet d’explorer d’autres voies et d’autres styles que je n’explorerais pas dans le groupe.

N’est-il pas frustrant de ne pas pouvoir écrire la musique que tu voudrais écrire pour Porcupine Tree ?

Ce serait frustrant si je n’avais pas mon projet solo. Si je ne travaillais que pour Porcupine Tree, oui, je serais frustré. Mais comme ce n’est pas le cas, c’est assez sympa, d’une certaine façon. Quand j’écris pour Porcupine Tree, je sais que j’écris dans ce cadre précis, et c’est une bonne chose. Cela signifie que je sais où je vais, que je sais pour qui et pour quoi j’écris. Je ne ressens aucune frustration, parce qu’à présent, j’ai aussi une carrière parallèle. En fait, j’ai plusieurs projets, mais ma carrière solo est ma priorité en dehors de Porcupine Tree. De ce point de vue, c’est une situation très saine parce que je ne connais pas la frustration que je pourrais connaître si je devais mettre tous mes œufs dans le même panier.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour démarrer une carrière solo ?

Très bonne question. La réponse est compliquée. D’une certaine façon, beaucoup des choses que j’ai réalisées au fil des années ont commencé en tant que projets solo. Porcupine Tree était un projet solo, il n’y a que moi sur les deux premiers albums. Porcupine Tree est devenu un groupe avec le temps. La même chose s’est produite avec quelques autres projets. La question serait plutôt de savoir pourquoi j’ai finalement décidé de sortir de la musique sous mon nom propre. La réponse est qu’il m’a fallu longtemps pour avoir suffisamment confiance pour réunir tous les aspects de ma personnalité musicale et pour faire en sorte que ce ne soit pas un bazar total. Cet album est très éclectique, très diversifié. Beaucoup de styles sont représentés, du progressif à l’électronique, en passant par le psychédélique, le jazz… Ce n’est pas facile de faire en sorte de réunir tout ça et d’en faire un ensemble cohérent. Il aura fallu vingt ans d’expérimentation et d’exploration avec mes différents groupes et projets solo pour que je me sente enfin prêt à réunir tous les aspects de ma personnalité musicale et pour m’assurer que l’ensemble soit cohérent et complet, plutôt que de proposer un mélange d’idées complètement schizophrène. Voilà sans doute la meilleure réponse que je puisse te donner.

« Je vivais à Londres depuis mes vingt ans. J’y ai vécu deux décennies et créé de la musique en regardant par la fenêtre et en ne voyant que la banlieue, la pollution, la ville, le chaos et le stress. Il y a deux ans, j’ai déménagé à la campagne, et la différence en termes de routine quotidienne et d’état d’esprit est énorme. »

Quel était ton état d’esprit lors de la composition de ce nouvel album, Grace For Drowning ?

Très différent de n’importe quel état d’esprit que j’ai pu connaître en cours d’écriture. Il y a environ deux ans, j’ai quitté ma ville pour la première fois de ma carrière. Je vivais à Londres depuis mes vingt ans. J’y ai vécu deux décennies et créé de la musique en regardant par la fenêtre et en ne voyant que la banlieue, la pollution, la ville, le chaos et le stress. Il y a deux ans, j’ai déménagé à la campagne et la différence en termes de routine quotidienne et d’état d’esprit est énorme. Maintenant, quand je regarde par la fenêtre, je vois des arbres, des champs, des chevaux et des cours d’eau. Je travaille aussi beaucoup plus tard qu’avant. Autrefois, j’étais très discipliné : je travaillais de 11 heures du matin à 6 heures du soir tous les jours. Aujourd’hui,  je ne commence pas à travailler avant tard le soir. Composer la nuit est très différent, la campagne est particulièrement calme. Je crois que ça s’entend dans la musique. Je peux identifier un sentiment différent dans la musique en raison du changement d’environnement.

« Le problème avec le metal vient du fait que c’est devenu un terme musical générique. […] Il y a bien longtemps qu’on n’a pas vu le metal se réinventer »

Il y a quelques mois, tu as déclaré dans une interview qui tu étais las du metal. Tu as aussi affirmé que « beaucoup de metal n’était pas vraiment heavy » et que d’autres artistes parviennent à créer une ambiance heavy sur un disque sans faire appel à des guitares désaccordées. Penses-tu que l’agressivité et l’atmosphère sombre du metal soient superficielles ?

Je pense que le problème avec le metal vient du fait que c’est devenu un terme musical générique. Il y a tellement d’albums, des milliers d’albums chaque année, qui utilisent le même son de guitare ou de batterie, la même approche vocale. Je pense que la force du metal, et d’ailleurs de n’importe quel type de musique, vient de ses incursions dans des domaines différents, de son côté « borderline« . Il y a bien longtemps qu’on n’a pas vu le metal se réinventer et je pense que c’est devenu indispensable. Le metal est très bon pour se réinventer, c’est ce qui s’est passé plusieurs fois depuis une quarantaine d’années, depuis Black Sabbath, par exemple. Je dois avouer que je n’ai rien entendu de vraiment nouveau en metal depuis un moment. Je suis moins intéressé qu’avant par le vocabulaire metal standard. J’ai aussi réalisé qu’une grande partie de la musique vraiment sombre, maléfique et tordue n’était pas créée à partir de guitares heavy désaccordées. On peut en créer avec des chœurs, des instruments à vent, des mellotrons, des saxophones. Toutes ces choses se retrouvent d’ailleurs sur mon disque. Cet album est assez sombre, un peu oppressant et claustrophobe à certains moments. Toutes ces textures sombres et tordues viennent d’instruments très éloignés de l’univers standard du metal. Je ne pense pas qu’il soit encore possible de choquer les gens avec le metal. On peut prendre le son le plus distordu et le plus désaccordé possible, y ajouter des hurlements et des grognements totalement maléfiques, et le public se contenterait de hausser les épaules parce que c’est du cliché, du réchauffé. Ça n’a pas toujours été le cas.

Quand Bathory ou Burzum ont commencé il y a vingt ans, il y avait quelque chose de vraiment malsain et de choquant. Vingt ans plus tard, je suis désolé, mais le monde n’a pas besoin d’un autre groupe influencé par Burzum. Le monde n’a pas besoin d’un autre groupe de thrash influencé par Master Of Puppets. Le monde n’a vraiment pas besoin de groupes comme ça, et pourtant, des milliers se lancent chaque année, et ils n’apportent rien de neuf. Je reconnais que je ne les ai pas tous écoutés, il peut y avoir des exceptions, je ne suis pas un expert. Mais c’est comme ça que je vois les choses. Et je sais que je ne suis pas le seul parce que je discute beaucoup avec d’autres musiciens. Par exemple, Mikael (NDLR : Akerfeldt) d’Opeth n’est plus intéressé par le metal, maintenant. Je parle aussi avec pas mal de journalistes metal et je pense qu’ils ressentent la même chose. Le metal se trouve dans une phase où il doit se réinventer avant de revenir. Des gens comme Mikael et moi-même se détournent et s’efforcent de réaliser des albums avec d’autres outils musicaux. Je ne sais pas ce que tu en penses. Tu es un journaliste metal, quel est ton point de vue ?

Je suis d’accord, le metal a perdu son côté subversif, ils n’utilisent plus les guitares désaccordées pour véhiculer une véritable émotion malsaine mais parce que c’est l’usage.

Ça m’est égal si les musiciens de metal ne sont pas agressifs ou brutaux. Ce n’est pas une obligation, ils peuvent être mélodiques. Ce qui me dérange, c’est que la texture générale de la plus grande partie de la musique metal est trop générique aujourd’hui. J’aimerais voir plus de groupes expérimenter avec les bases du metal mais sans utiliser le même son de guitare ou de batterie tout le temps. Il semble y avoir un vocabulaire musical de base que tous les groupes de metal utilisent aujourd’hui. Il y a toujours quelque chose d’assez metal chez Opeth même s’il ne font pas de metal. Il y a un aspect, une sensibilité dans leur musique que l’on peut qualifier de metal. J’aime ça. Les groupes de metal pourraient développer et utiliser d’autres sons. Le son actuel ne m’intéresse pas.

Au départ, le metal était une musique très libre et représentait une rébellion. Le problème est qu’aujourd’hui, le style est devenu trop codifié : il faut jouer très vite, détester les styles comme le hip-hop ou le rap, détester le Load de Metallica, adorer Master Of Puppets, etc.

Oui, je crois que tu as raison. Ce mot que tu emploies, « règles », c’est la clé. Il ne devrait pas y avoir de règles. La musique ne peut évoluer ou se développer si elle est limitée par une série de paramètres ou de règles. Et pour moi, à l’heure actuelle, c’est le cas du metal. Il y a dix ans, le genre a connu une incroyable explosion d’inventivité et de créativité, avec des groupes comme Meshuggah, Gojira, Opeth et les groupes de metal progressif. Super musique. Et certains groupes de doom, comme Boris ou Earth, avaient un son vraiment innovant. Mais je n’ai rien entendu de novateur depuis quelques années. Je pense que tu es dans le vrai en disant qu’il y a trop de règles. Il ne devrait pas y avoir de règles en musique, c’est l’ennemi de la créativité.

Le titre de neuf minutes posté sur le site web de l’album présente une atmosphère très dérangeante, avec une mélodie de piano obsédante. Il n’y a presque pas de guitare, et pourtant, la chanson est malsaine, beaucoup plus inquiétante que n’importe quel titre de black metal. Penses-tu avoir réussi à créer le type d’ambiance que la plupart des groupes de metal ne parviennent pas à obtenir ?

Comme je l’ai déjà dit, le fait d’être heavy est plus un état d’esprit. D’une certaine façon, ça n’a rien à voir avec les guitares. Quand on écoute le premier album de Black Sabbath, qui est pour moi l’un des albums les plus heavy jamais réalisés, on se rend compte que le son est assez épars. Il y a une ou deux guitares, de la batterie, une basse et la voix. C’est quelque chose de plus profond qui rend cet album heavy. Certains compositeurs de musique classique, comme Ligeti, Scelsi ou Stockhausen, sont très heavy. Des groupes qui n’utilisent pas de guitare peuvent être beaucoup plus… Peut-être que « heavy » ne colle pas. On pourrait employer le mot « inquiétant », ou des mots comme « tordu » ou « flippant ». Parfois, c’est une simple question de tonalité, d’intervalles et d’accords. Le premier album de Black Sabbath et le premier titre de cet album sont de très bons exemples de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’intervalle du diable », un intervalle atonal qui créé immédiatement un sentiment d’angoisse et de malignité. Il a beaucoup été utilisé au fil des années, mais si on s’en sert d’une certain façon, avec une certaine instrumentation, il a beaucoup plus de pouvoir et est beaucoup plus heavy que si on le joue sur des guitares désaccordées. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire et je pense que tu as raison : cette chanson est dérangeante, bien qu’il n’y ait pratiquement pas de guitare. Elle véhicule un sentiment de malaise et d’angoisse. Et ça n’a rien à voir avec la musique heavy ou la musique diabolique ; c’est une question d’harmonies, de mélodies, d’intervalles et, surtout, d’atmosphère.

Avant de terminer sur cette question, je voulais ajouter quelque chose : les films d’horreur s’appuient souvent beaucoup sur la bande originale pour créer un sentiment de malaise et d’oppression. Combien de films d’horreur ont une bande originale metal ? Aucun ne me vient à l’esprit. Et pourtant, la musique de films d’horreur est souvent la plus tordue, la plus sombre et la plus oppressante de toutes. Il le faut bien, pour créer l’ambiance qui colle au film. La plupart des bandes originales de films d’horreur sont électroniques ou orchestrales et pourtant elles sont très sombres et oppressantes, ce qu’on peut qualifier de heavy. Je crois qu’il est important de reconnaître cet état de fait : parfois, le heavy metal n’est pas très sombre. C’est assez accessible, d’une certaine façon. Beaucoup de heavy metal est très agréable à l’oreille. Je trouve Black Sabbath et les premiers albums de Burzum plutôt malsains et dérangeants, mais aujourd’hui, le metal est accessible et plaisant par rapport à ce qu’on peut faire en musique classique ou électronique.

« Je ne pense pas que l’on puisse être créatif rien que dans un seul art. Soit on est créatif, soit on ne l’est pas. J’ai toujours des idées de films ou de livres, mais le problème, c’est que je n’ai pas le talent pour les concrétiser. »

Lasse Hoile est-il l’artiste visuel qui colle le mieux à ton univers musical ?

Je dirais que oui. Son travail capture les images que j’ai dans la tête quand je crée la musique. C’est très rare de tomber sur quelqu’un qui soit capable de représenter visuellement la musique. Expliquer la musique en termes visuels est assez compliqué, ce n’est pas facile d’exprimer ce qu’on a à l’esprit quand on compose. Alors, quand Lasse arrive à créer des images très proches de ce que j’avais imaginé, c’est un moment très spécial. J’ai de la chance de pouvoir collaborer avec lui.

Comment travailles-tu avec lui ? Est-ce qu’il se contente d’écouter la musique et de dessiner quelque chose, ou lui donnes-tu des indices ou des mots-clés ?

Nous avons une passion commune pour le cinéma. Nous avons des goûts communs, surtout en ce qui concerne les films européens obscurs et surréalistes. Parfois, je lui joue un titre et je lui demande : « Tu vois cette scène de tel film de Tarkovsky de 1972 ? Ou cette scène de tel film de Fritz Lang ? » Et il voit tout de suite exactement de quoi je parle. C’est très important, nous avons une sorte de dialogue à travers notre connaissance et notre amour partagés du cinéma européen. Il y a donc beaucoup de références au cinéma européen dans ses vidéos et dans son travail, que certaines personnes comprendront et d’autres pas. Pour nous, c’est une source fertile d’inspiration.

Quels sont les films que tu as vus récemment et qui t’ont inspiré ?

J’ai beaucoup aimé « Inception ». Tu l’as vu ? J’ai adoré, j’ai trouvé que c’était un film très intelligent. C’est un blockbuster, mais un blockbuster intelligent. D’autres films que j’ai vus récemment… J’ai aussi beaucoup apprécié « Enter The Void », un film français. Il y en a eu quelques autres, mais je ne me souviens pas.

Est-il important pour toi de toujours avoir cette dualité entre la musique et d’autres formes d’art ?

Je ne pense pas que l’on puisse être créatif rien que dans un seul art. Soit on est créatif, soit on ne l’est pas. Si on est créatif et qu’on choisit de s’exprimer par la musique, il est très naturel d’avoir des idées en termes d’art visuel ou d’écriture. On peut ne pas avoir le talent nécessaire pour les réaliser, mais… J’ai toujours des idées de films ou de livres, mais le problème, c’est que je n’ai pas le talent pour les concrétiser. Je pense cependant que cet instinct créatif que j’ai pour écrire des chansons pourrait être dirigé vers la photographie, la peinture ou les romans, si seulement j’avais le talent. La créativité est une qualité que l’on a ou pas et elle peut s’appliquer à tous les médias, à condition d’avoir les outils nécessaires.

Tu prépares un show très spécial pour présenter la musique de cet album ; c’est la raison pour laquelle il n’y aura pas de première partie. Que peux-tu nous dire concernant ce show ?

Je ne veux pas en dévoiler trop, je veux que ça soit une surprise. Mais ceux qui ont déjà vu Porcupine Tree sur scène savent déjà que le groupe aime faire appel à des films, du multimédia, des écrans, des projections, ce genre de choses. Tout ça rend le côté visuel du spectacle très important. Disons simplement que, pour la tournée solo que je prévois, j’espère amener ça au niveau supérieur. Je voudrais créer une atmosphère sombre en utilisant des écrans, des films et des projections. Je veux qu’à la seconde où les gens entrent dans la salle, il se passe quelque chose : de la vidéo, du son… C’est pour ça que je ne voulais pas de première partie. Je veux que la magie, si je peux utiliser ce mot, soit maintenue du moment où le public entre dans la salle jusqu’au moment où il en sortira. J’essaie de créer un sentiment d’immersion, comme si le public faisait partie d’un tout. Pas seulement pendant le concert, mais aussi avant et après. L’environnement tout entier fera partie du spectacle.

« Je veux que la magie, si je peux utiliser ce mot, soit maintenue du moment où le public entre dans la salle jusqu’au moment où il en sortira. J’essaie de créer un sentiment d’immersion, comme si le public faisait partie d’un tout. Pas seulement pendant le concert, mais aussi avant et après. L’environnement tout entier fera partie du spectacle. »

Tu as déclaré : « Pour moi, l’âge d’or de la musique, c’est la fin des années 60 et le début des années 70 ». C’est une opinion que tu partages avec Mikael Akerfeldt, mais également Daniel Gildenlöw de Pain Of Salvation, qui a récemment sorti un album avec un côté très seventies. As-tu déjà pensé à travailler avec lui ?

Oui, je suis un grand admirateur de Daniel. J’ai particulièrement aimé ses derniers disques et il le sait, d’ailleurs. J’adorerais. Je suis un grand fan, c’est un grand chanteur.

À propos de Storm Corrosion, ton projet avec Mikael Akerfeldt, tu as déclaré : « La musique que nous faisons ensemble n’a rien à voir avec ce que nous avons pu faire auparavant ». Peux-tu nous décrire ce que l’on peut espérer de cet album musicalement ?

J’ai affirmé ça avant Heritage et Grace For Drowning. Il va falloir que je revienne sur cette déclaration ! (rires) Je pense que Heritage et Grace For Drowning ont beaucoup en commun avec ce que nous avons fait ensemble. Pour te faire une idée, je te dirai d’écouter les deux albums et d’imaginer quelque chose d’encore plus beau, plus orchestral et spirituel. C’est aussi assez sombre, avec ce côté mélancolique que le public associe à nous deux. Mais c’est peut-être encore plus frappant et beau. En fait, l’album est presque terminé, c’est ce sur quoi je travaille en ce moment. J’ai deux titres à finir avant que Mikael parte en tournée. L’album devrait sortir en avril chez Roadrunner. Encore une fois, je ne veux pas trop en dire mais j’ai peur que ce ne soit un album anti-metal ! Si les fans de metal s’attendent à un super-groupe de metal progressif, ils vont être déçus.

Selon toi, est-il possible que les fans de Porcupine Tree et d’Opeth détestent cet album ?

Non, parce que d’une certaine façon, les fans de Porcupine Tree et d’Opeth s’attendent toujours à de l’inattendu. Et les fans des deux groupes sont assez ouverts d’esprit. Le nouvel album d’Opeth a reçu un très bon accueil des fans comme des journalistes. Tout le monde n’adhère pas, évidemment ; certaines personnes sont déçues qu’Opeth ne fasse plus de death metal. Mais, en règle générale, Mikael a été très agréablement surpris par l’accueil que l’album a reçu. Les fans de ces groupes sont très ouverts et les deux groupes ont connu leurs moments mélodiques par le passé, alors ce n’est pas complètement inattendu. Ce n’est pas comme si Slayer faisait un album orchestral ! Je pense que les fans d’Opeth et de Porcupine Tree sont habitués aux moments de beauté orchestrale. Certains seront déçus et d’autres vont adorer, c’est aussi simple que ça.

Penses-tu qu’il soit possible de vous voir sur scène avec ce projet, malgré vos plannings très chargés avec vos groupes respectifs ?

Ce n’est pas quelque chose dont nous avons parlé parce que je ne sais pas comment nous pourrions jouer la musique. Ce serait sans doute difficile, quoique pas impossible. Nous n’y avons pas réfléchi. Pour l’instant, on termine tout juste l’album et on planifie une sortie au printemps. Disons que je ne dirais pas que ça ne se fera jamais.

Peux-tu nous donner quelques informations sur le futur de Porcupine Tree ?

Nous allons nous retrouver en janvier pour commencer à écrire le nouvel album. C’est tout ce que je peux dire pour l’instant. Je ne sais pas quelle direction nous allons prendre mais ce sera quelque chose de différent des albums précédents, je pense. Je ne peux pas en dire beaucoup plus parce que je ne sais pas grand-chose moi-même !

Et peux-tu nous faire un point sur tes activités actuelles et à venir en tant que producteur ?

Je ne fais pas de production mais je fais beaucoup de mixage. Je mixe les albums d’autres groupes. J’ai mixé le nouvel album d’Opeth et le dernier disque d’Anathema. Je remixe aussi pas mal d’albums des années 70 ; j’ai par exemple travaillé sur deux albums de Jethro Tull, mixés en son surround. J’adore cette activité, ça m’amuse beaucoup. Le problème de la production, c’est qu’on s’engage parfois à travailler trois ou quatre mois avec un groupe. Je n’ai pas ce temps devant moi. Le mixage est un engagement plus court qui permet malgré tout d’être créatif et d’influencer énormément le son d’un album. J’adore faire ça et ça signifie que je peux rencontrer et collaborer avec d’autres musiciens.

« Un artiste n’est pas là pour satisfaire les désirs de son public. Ça, c’est le travail d’un amuseur. […] Être un artiste est quelque chose d’égoïste par nécessité, il faut que ça le soit. »

Dans la mesure où l’industrie de la musique a changé, penses-tu que le public d’aujourd’hui écoute encore un album en tant qu’entité ou bien qu’il ne le considère plus que comme douze chansons indépendantes sur un disque ?

Ça dépend à qui tu t’adresses. Il y a encore beaucoup de gens qui aiment l’idée d’un voyage, d’un continuum musical. Si ce n’était pas le cas, je ne vendrais pas un seul disque ! (rires) Il y a encore des gens pour qui écouter un album en tant que voyage musical est un concept important. La façon dont l’album est découpé entraîne l’auditeur dans un grand voyage, à travers des émotions, des textures et des dynamiques différentes. Certaines personnes aiment ça. Le problème vient de la génération iPod, bien sûr. Certaines personnes mettent leur iPod en aléatoire et créent leurs propres playlists. Celles-là ne comprendront jamais vraiment tout l’impact d’un album comme Grace For Drowning ou Heritage parce qu’ils ne l’écoutent pas de la façon qui reflète réellement les intentions de l’artiste. Mais dans le même temps, j’aime à penser que, même si les gens n’écoutent pas l’album dans sa totalité, les chansons parlent d’elles-mêmes. Si un auditeur écoute un titre de Grace For Drowning hors de son contexte, j’espère qu’il pensera tout de même que c’est une bonne chanson et qu’il l’appréciera. Mais pour bénéficier de l’expérience complète, à mon avis, il est préférable de s’asseoir tranquillement et de se laisser embarquer dans le voyage musical. Je pense sincèrement que ce public augmente parce que les gens commencent à se lasser de la culture iPod dans laquelle nous baignons depuis une dizaine d’années. Certaines personnes veulent plus de substance et, d’une certaine façon, ils regrettent la mort de la période des grands albums dans les années 70, avec des groupes comme Led Zeppelin ou Pink Floyd. Pourquoi est-ce qu’on ne sort plus ce genre d’albums ? Quelque part, on le fait, ce sont des groupes comme Opeth, Porcupine Tree ou moi qui les sortons. On assiste à une hausse du nombre de personnes qui apprécient vraiment cette approche de création de disques. Du moins, c’est ce qui me semble. J’espère ne pas me tromper.

Penses-tu que de nos jours, les groupes se soient découragés d’écrire de vrais albums et qu’ils se contentent maintenant d’écrire des chansons pour les poser sur un disque, parce qu’ils savent que ce disque sera écouté par la génération iPod ? Penses-tu qu’ils ne fassent plus l’effort de créer une véritable expérience musicale ?

C’est complètement idiot. Ce serait comme dire que Picasso aurait dû peindre plus d’aquarelles et de jolis couchers de soleil parce que c’est ce que les gens voulaient accrocher aux murs. Ce n’est pas ce qu’il a fait que je sache. Quand on se considère vraiment comme un artiste, on ne doit pas penser à ce que veulent les gens. Un artiste n’est pas là pour satisfaire les désirs de son public. Ça, c’est le travail d’un amuseur. Si vous voulez être des amuseurs, parfait ; allez donc amuser, donner au public ce qu’il veut. Mais un artiste ne fait pas ça. Pour moi, un artiste est quelqu’un qui crée quelque chose pour se faire plaisir. Si d’autres apprécient, c’est génial. On travaille dur pour toucher autant de gens que possible avec notre art et il n’y a aucun mal à ça. Là où ça ne va plus, c’est quand on commence à écrire de la musique en prenant en compte ce que le public attend de nous. C’est une pente très glissante. D’une certaine façon, c’est l’ennemi de la créativité. Être un artiste est quelque chose d’égoïste par nécessité, il faut que ça le soit. Il faut créer la musique de façon pure. Si d’autres apprécient, super : s’ils n’apprécient pas, dommage, mais au moins, vous pourrez dire que votre art vient du cœur et de l’âme. Je n’accepte pas cette analyse. Si certains créent de la musique pour que des gamins puissent l’écouter sur leurs iPods, mais bon sang, qu’est-ce qu’ils trouvent d’intéressant à être musiciens ? Pour moi, c’est une trahison ; c’est trahir votre don d’être capable de créer de la musique. Répondre aux désirs du plus petit dénominateur commun, c’est vil. Mais j’imagine que c’est ce que font certaines personnes, quoique je ne connaisse personne dans ce cas.

Tu as déclaré : « Nous continuons à nous battre pour infiltrer le mainstream de toutes les façons possibles ». Il semblerait que tu aies des idées très différentes par rapport aux « purs » metalleux qui pensent que la musique mainstream ne peut pas être authentique…

C’est une belle connerie. Les groupes les plus vendeurs de tous les temps, comme Led Zeppelin, Pink Floyd, les Beatles, The Who, les Doors, les Rolling Stones… La liste n’en finit pas : Neil Young, Joni Mitchell… Ces groupes comptent parmi les meilleurs vendeurs de l’histoire et c’étaient des artistes incroyables, qui ont créé la musique la plus pure et la plus authentique. Et pourtant, ils ont connu un énorme succès mainstream. Je n’adhère pas du tout à cette analyse. Si on crée quelque chose de vraiment spécial, il n’y a aucune raison pour que ça ne plaise pas à beaucoup de monde. Évidemment, on peut aussi faire quelque chose de spécial qui ne plaise qu’à un nombre limité de personnes. Ça n’a rien à voir avec la qualité de la musique, simplement avec son style. Je n’ai jamais considéré ma musique comme particulièrement avant-gardiste ou difficile d’accès. Je suppose que c’est la principale différence avec les groupes de metal : beaucoup de musiciens metal ne pourraient jamais plaire au plus grand nombre parce que c’est trop extrême.

Il y a une certaine pureté là-dedans que j’admire et que je respecte. Mais, d’un autre côté, Metallica a prouvé le contraire, non ? Le Black Album est sans doute l’album qui a eu le plus de succès, mais Master Of Puppets a également vendu des millions d’exemplaires. Et malgré ça, leur musique est très pure, c’est honnête, sans compromis. Il n’empêche que ça a été un incroyable succès mainstream. Je pense que ça dépend du type de musique. Il est sans doute réaliste de dire que certains styles doivent exister dans leur propre bulle. Pour rester purs, ils doivent rester underground. Je n’imagine pas Sunn 0))) devenir un succès mainstream et je ne voudrais pas que ce soit le cas ! Mais, dans le même temps, je pense qu’il n’y a aucune raison pour que des groupes comme Opeth ou Porcupine Tree ne puissent pas vendre un million d’albums. La musique n’est pas particulièrement inaccessible, à mon sens du moins. C’est de la belle musique que tout le monde peut apprécier. Je me console peut-être en disant ça mais c’est ce que je pense.

Interview réalisée vendredi 16 septembre 2011 par phoner
Retranscription et Traduction : Saff’

Site Internet Steven Wilson : www.swhq.co.uk
Site Internet Porcupine Tree : www.porcupinetree.com



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  • ChaosInMotion dit :

    Je pense pas que Steven Wilson balance les noms de Porcupine Tree et d’Opeth parce que ce sont des ref. mondiales. Peut-etre juste parce que ce sont les groupes dont il connait le mieux les objectifs ?

    [Reply]

  • S.W. EST vaniteux (exemple: il site plusieurs fois son groupe comme étant une référence mondiale… ) mais le fond de l’interview est intéressante. Il a raison sur beaucoup de point, mais une chose qui m’a frappé, c’est qu’il considère qu’aucun groupe de métal ne fait de vraie recherche musicale depuis plusieurs années alors que certains groupes locaux se donne a fond pour leur musique et arrive parfois des ambiances ou des sons bien a eux. Malheureusement, a cause de leurs différences musicales, ils ne parviennent pas a percer et à se faire connaître. Et les groupes amateurs qui ne crée pas leurs propres son ou ambiance font souvent la musique qu’ils aiment et comme il le dit lui même « un artiste joue la musique qu’il aime et tant mieux si il touche un public »… Pourtant, il m’a donné l’impression de détester ces groupes…

    [Reply]

  • Je suis globalement d’accord avec Steven pour l’idée que beaucoup beaucoup de groupes ressortent les recettes de Master of Puppets par exemple, alors qu’on en a pas besoin. Mais des joyaux sont sortis ces dernières années. On a le Ocean Machine: Biomech de Devin Townsend qui a une profondeur, une beauté palpable à chaque seconde d’écoute. L’antithèse même de la musique jetable. Et en 2009 on a eu Kalisia avec Cybion ( fait qui illustre bien le dégoût que j’ai pour les maisons de disques ) qui a sorti un truc vraiment original, mélangeant les genres avec perfection, 14 ans de travail c’est pas rien comme même. Je crois que Wilson est un peu vaniteux par moments.

    [Reply]

  • Je suis de son avis, le métal est arrivé à un point où il y a peu d’innovation parce que :

    -Il y a plein de groupe et les possibilités se réduisent petit à petit, c’est normal.
    -Ceux qui innovent sortent des « codes » du métal, et après on leur reproche d’être mainstream/commercial.

    C’est pas forcément mal, si le métal tourne un peu en rond, c’est parce que c’est une recette qui marche.

    Je suis d’accord que la musique classique reproduit mieux une ambiance sombre et dérangeante que le métal (après comme on l’a vu, on peut mélanger les deux pour avoir une ambiance sombre tout en conservant du punch).

    Mais, la musique oppressante, c’est un style, on peut aimer mais c’est pas une qualité indiscutable, une musique peut ne pas être sombre et juste avoir du punch, moi ça me suffit, il y a plein de groupes que je ne considère pas comme sombre et que j’adore écouter.

    Bon, il pense qu’une musique doit être sombre pour être de qualité, je ne suis pas d’accord avec ce point mais sur tout le reste, je partage son avis.

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  • Il semble avoir du mal de se rendre compte qu’il n’apprécie plus le Metal en lui-même pour ce qu’il est. Je pense que, tout bon musicien qu’il est, il confond un peu les choses. On n’a pas appelé « Metal » un style qui fait de la musique sombre, oppressante ou brutale à l’aide d’autres instruments que les guitares, la basse et la batterie. Le Metal ce n’est historiquement pas ça. D’autres genres de musique peuvent transmettre ces atmosphères et ces émotions à l’aide d’autres instruments, la musique classique en tête. Pour ma part, je continue de faire des découvertes en Metal, d’écouter des groupes qui pour moi sont tout aussi sombres que la plus tordue des BO de films d’horreur, et même s’il devient difficile d’obtenir un son bien distinct des autres étant donné le nombre impressionnant de groupes existant, je suis encore tombé hier sur un groupe qui m’a tout de suite paru présenter une recette bien à lui notamment grâce à la voix (on a tous un timbre distinct…) mais aussi grâce au talent de composition distillé. La composition : voilà bien une chose très importante que Wilson semble faire passer à la trappe, préférant parler du son des groupes, de leur prod’.
    Il n’apprécie plus le Metal (ou sa forme actuelle), soit. Mais je suis d’accord avec Impe : Steven Wilson devient pour moi un peu vaniteux et a un avis trop tranché, se permettant même de décréter que Manowar n’est pas Heavy. Au sens où il a décidé de l’entendre, peut-être pas, mais on ne va pas refaire l’Histoire pour ses beaux yeux…
    Alors il reste également un « artiste » (son album « Insurgentes » en est pour moi la preuve, même si je n’aime pas tout, on sent bien qu’il y a de la recherche), un type qui réfléchit et qui tente de poser un regard bien à lui sur la musique actuelle. Je suis d’accord avec lui sur le fait que le Metal a parfois besoin de surprises (je le répète assez souvent…), qu’il ne faut pas s’imposer systématiquement des règles et que de temps en temps, un solo de trompette bien placé ou l’utilisation de saxophone (de plus en plus répandue tiens…) me font terriblement plaisir. Mais à partir du moment où un instrument basique disparaît, comme chez Apocalyptica où les violoncelles remplacent les grattes, il manque clairement un truc pour faire du Metal. Pour moi, preuve en est que le son des violoncelles a très vite été additionné de batterie puis mixé de façon à ressembler à s’y méprendre à des guitares. Je ne dis pas qu’un morceau de Rock ou même d’Electro ne peut pas revêtir un aspect Metal (par sa composition, sa lourdeur ou le type de sonorités par exemple), mais justement : pour moi ça a dès lors un ASPECT Metal, mais ce n’en est pas foncièrement.
    Je pense donc que Wilson n’a tout simplement pas ou plus la passion du Metal et du son qui va avec (MT nous fait d’ailleurs remarquer que Porcupine Tree n’a jamais été vraiment du Metal), et ne voit dans ce style que son aspect le plus caricatural. Je trouve que c’est un peu dommage pour un musicien d’avoir ce point de vue…

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  • je suis d’accord du début jusqu’à la fin de l’interview!

    – entre autre je fais partie de ceux qui préfère écouter un album du début à sa fin.

    – je n’aime pas utiliser les ipod/mp3 dans la rue, car j’ai l’impression de m’isoler du reste du monde, d’ailleurs n’avez vous jamais eu le sentiment de passer à coté de vrais zombies lorsque vous croisez des mecs avec des écouteurs dans les oreilles ?

    – DG do PoS a fait du bon travail sur son dernier album, mais sans avoir réellement disséqué chaque chanson, pour certaines les paroles me semblaient niaiseuses…

    – le terme qui m’a le plus interpellé dans cette interview est « différent » que SW utilise 8 fois (sauf erreur de ma part, j’ai compté à l’ancienne).

    – j’aime son analyse de la situation que vit actuellement le monde du metal, je sais qu’il n’est pas le seul artiste a pensait comme ça. Ma question est, sommes-nous entrain de vivre la naissance d’une nouvelle vague ?

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  • @Shourka : sauf que Steven Wilson n’a jamais fait du metal progressif ni prétendu en faire… As-tu déjà réellement écouté sa musique ?

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  • Pas mal cette interview, mais bon, Wilson n’a jamais été vraiment fantastique dans sa maniere de faire du Metal progressif, j’espere qu’il en est conscient.

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  • Une super interview !

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  • C’est plutôt intéressant ce qu’il dit, mais à certains moments ils fait quand même vachement vaniteux et « Ouais les gens qui font pas pareil que moi et qui profitent pas de l’art comme je l’a décidé sont des imbéciles… »

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    porceleine hearth

    +1 il est dans son monde comme le moment ou il parle des petit groupe de metal il est vraiment pas motivant il donne pas envie de faire de la musique enfin du metal

  • Et une génuflexion, une !

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